Rencontre avec le Dr Bérengère Massignon

Surgeon de Patrimoine à Pordic
mercredi 4 août 2010
par  Bernard LE NEEL
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Bérangère et Nicole -  voir en grand cette image
Bérangère et Nicole

Le Pardon des Sept-Saints Dormants d’Ephèse a eu lieu dimanche 25 juillet au Vieux-Marché, paroisse de Plouaret. Comme chaque année c’est un moment fort de « paix sereine » où chrétiens et musulmans évoquent et prient ces jeunes martyrs d’Asie Mineure.

Prier à la chapelle et à la fontaine, chacun en sa Foi, en se remémorant le message du Professeur Massignon c’est évidemment un accès de ferveur, en gommant les clivages culturels et religieux, sans confusion.

Les Pordicais ont depuis longtemps intégré dans leur patrimoine certains souvenirs de Massignon ; de la rue au Centre Culturel et la Ville-L’Eveque en passant par la chapelle funéraire au cimetière, le souvenir de cet illustre pordicais et de son père, est toujours vivace.

Tout en gardant ce souvenir en filigrane, il convient de vivre le présent. C’est pourquoi rencontrer la petite fille de Louis Massignon, Bérengère, c’est observer la résurgence de ce courant familial, empreint de fidélité et d’innovation.

Docteure en sociologie, Bérengère est, à 39 ans, Maître de Conférences à Science-Po, auteure d’un premier ouvrage « des dieux et des fonctionnaires » et bientôt à paraître un « Europe avec ou sans Dieu ? ». Faisant partie du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités du CNRS, elle se trouve au confluent de la sociologie et de la science politique. Elle connaît bien le milieu des Institutions Européennes et bien placée pour observer les prises de position et les états des lieux religieux des différents pays européens. Elle témoigne de l’importance des religions dans les relations humaines et évoque une « porosité entre le religieux et le politique ».
C’est un fait bien connu que l’Europe s’est sécularisée, et que la laïcité devient une caractéristique des pays occidentaux ; Bérengère voit dans cette diversité, malgré le déclin de l’identification au fait chrétien, une interpellation puissante de la pluralité qui suscite des marqueurs d’identité. De son point de vue « géographique » de l’ensemble de l’Europe, elle nous fait entrer dans le processus de construction européenne, qu’elle qualifie de « laboratoire ».

Qu’en 1984, lors du combat sur l’Ecole (Loi Savary) elle se mît à étudier les argumentaires des uns et des autres montre bien l’honnêteté intellectuelle et le courage profondément chrétien. Elle a aussi participé à la rédaction de l’encyclopédie catholique THEO.

Sans entrer dans ses analyses, un peu absconses pour nous, retenons que bon sang ne saurait mentir.

Fille de Nicole Massignon, qui, elle, est engagée dans l’héritage spirituel de Massignon, et qui a été longtemps fonctionnaire internationale, Bérengère a été marquée par la vocation européenne de sa maman, c’est une de ses racines.

Fille de Daniel (on se rappelle les discours de personnalités scientifiques lors des obsèques à Pordic en 2000) elle en a l’esprit scientifique, la rigueur intellectuelle et la méthodologie rationnelle.

Du grand-père elle semble avoir hérité l’ouverture d’esprit et cette attitude humaniste universelle, très foucauldienne : aller au-devant des autres, c’est une vision du monde.

Mais plus surprenant, en face cachée, apparaît une artiste, comme son arrière-grand-père Pierre Roche : sculpture et peinture compensant ce que semble être souvent le froid scientifique.

Pordic s’enorgueillit de compter dans ses ressources patrimoniales le Professeur Massignon, mais se rendre compte qu’aujourd’hui sa veine charismatique continue à surgir au Vieux-Marché et en sa descendance, c’est aussi motif de satisfaction.

On juge l’arbre aux fruits, n’est-ce pas ?

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