Le creux

le billet d’humeur de Kerprat
mardi 12 février 2013
par  Kerprat
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Avoir un creux ou être creux ce n’est pas la même chose.
Un petit creux, une petite faim, ce n’est pas préoccupant.
Être creux pour un discours, c’est ne rien dire d’intéressant … l’infamie en somme.

Pourtant ce mot creux mérite quelque attention. Il signifie le vide, un vide positif qui ne demande qu’à se remplir. Que serait un vase qui ne serait pas creux, il n’aurait pas de raison d’être !.
Le creux a donc vocation à recevoir, à accueillir. Le creux de l’épaule, siège de la tendresse ; le creux de la main, l’ intimité, la délicatesse.
L’enfant recueille la coccinelle dans le creux de sa main, un endroit bien douillet.
Le graveur aime travailler en creux, la taille douce. Comme le tapissier qui noue les fils à l’envers. Œuvre ingrate d’être à rebours, mais une fois finie, quel chef-d’œuvre !
Il nous a été dit que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ; ce n’est pas évident quand on se regarde dans le miroir en toute lucidité.
Peut-être devrions-nous, comme le graveur, nous laisser modeler en creux : faire le vide pour recevoir, accepter le martèlement du poinçon pour repousser vers l’extérieur et agrandir ainsi la capacité de notre creux.
Saint Augustin qui aimait les formules choc n’a-t-il pas qualifié d’heureuse la faute d’Adam et Ève ? C’est le paradoxe de l’amour, plus on se reconnaît pécheur, donc vide d’amour, plus on est apte à recevoir la Miséricorde divine. Dieu aime nous voir en vacance … en vacance d’avoir. Hélas, le jeune homme riche s’en alla, tout triste … car il avait de grands biens.

Notre « civilisation » est marquée par la soif d’avoir, de plénitude, ce qui encombre le cœur de l’homme.
Alors vive le creux qui dans son vide permet d’accueillir notre prochain et ainsi la grâce divine.


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