Tous S D F

lundi 22 août 2016
par  Bernard LE NEEL
popularité : 1%

Au lendemain de Mai 68, voyant de nombreux citadins fuir les villes, un journaliste s’était cru « inspiré » de rappeler l’exode de Juin 40 ! Alors qu’il s’agissait de partir en vacances.

Ce temps de vacances est en effet pour beaucoup un temps d’exode, quitter un lieu de labeur habituel pour apprécier un changement … provisoire. En somme, un besoin de se délocaliser car la détente et les loisirs sont plus bénéfiques en lieux inhabituels. Les touristes, estivants, vacanciers sont des résidents momentanés ; rien de tel qu’un changement pour apprécier, au retour, le domicile habituel.

info document -  voir en grand cette image

Vacanciers SDF, ce n’est pas une situation désagréable, car elle est choisie et éphémère.

Mais comment ne pas évoquer les vrais SDF, ces habitants des rues vivant dans la précarité absolue ? Un petit sigle de 3 lettres suffit à les désigner. On ne parle plus de chemineau, de sans-abri ou d’itinérant. Exclus de la relation sociale humaine, domicile, travail, famille, c’est une honteuse lèpre sociale nos Lazare, nos parias modernes. Cela doit nous faire mal, c’est intolérable. Car le domicile est un élément de l’identité ; dis-moi où tu habites je te dirai qui tu es.

Et si nos SDF vacanciers, campant sous la tente provisoire ou itinérant en camping-cars, donnaient un sens à notre destinée ? Cette migration contingente n’a-t-elle pas un sens plus profond ?

Nous sommes des SDF sur cette terre. Notre vie terrestre de quelques dizaines d’années est un court moment. Saint Pierre lui-même dans sa première lettre nous qualifie de « pèlerins et étrangers, ou voyageurs ». Nous sommes donc en exil sur cette terre qui n’est pas notre demeure éternelle. La Terre, et notre petit espace personnel n’est pas notre domicile pérenne !

Aux disciples inquiets de voir Jésus nomade qui Lui demandaient « Où demeures-tu ? » Jésus répondit : « les renards ont leur tanière et les oiseaux du ciel leur nid, mais le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête », car elle ne reposera que sur le bois de la Croix.

Le soir de la Résurrection, sur la route d’Emmaüs, ceux qu’on appelle les Pélerins, alors qu’ils rentraient chez eux, rencontrent un mystérieux voyageur, qui s’avère être plus qu’un pèlerin solitaire, Lui qui se dit être le chemin et la vie.

Mgr Fruchaud [1] nous a souvent rappelé nos responsabilités : nous avons les pieds sur terre, et en tant que chrétiens nous devons là où nous sommes, nous engager. Mais notre tête, et ce n’est pas une utopie, est tournée vers le ciel. Le sens de notre séjour ici-bas c’est notre Espérance, nous sommes télé finalisés par cette orientation.

Sans domicile fixe, pour l’instant,
Heureusement, il y a plusieurs demeures dans la maison du Père.


[1http://saintbrieuc-treguier.catholi…gr-Lucien-Fruchaud-1992-2010.html


Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
image Synode
Bannière denier
Bannière RCF