Questions à … Marie-Thérèse, Anne et Anna

des bénévoles à l’écoute des anciens
jeudi 28 février 2013
par  Patrick BEGOS
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Dans un monde qui privilégie la jeunesse, la bonne santé, la réussite, on pourrait considérer comme étant à contre-courant, l’écoute, l’attention aux personnes âgées et la lutte contre la solitude. Sans bruit, dans la discrétion, des personnes réalisent des « petites choses », dans un cadre paroissial ou associatif.

Marie-Thérèse et Anne : « Une présence d’Église »
Une messe tous les premiers mardis du mois et un temps de prière le troisième mardi, au Foyer logement La Villeneuve de Pordic. C’est l’objectif que se sont fixé Thérèse, Marie-Thérèse, Anne et Françoise. La démarche a commencé il y a une dizaine d’années, à l’initiative d’un groupe de paroissiennes. Elles préparent les textes et les chants de la messe. Pour la prière, elles s’appuient sur les textes du dimanche précédent.

De gauche à droite Marie-Thérèse Gaubert, Anne Auffray
De gauche à droite Marie-Thérèse Gaubert, Anne Auffray

Quelles sont les difficultés rencontrées ?
La messe de Février a rassemblé une dizaine de résidents, auxquels se joignent quelques personnes de l’extérieur. C’est deux fois moins qu’il y a 5 ou 6 ans. Au fil du temps, à l’EPHAD, les personnes sont de plus en plus âgées (plus de 90 ans) et dépendantes, elles ont des problèmes de locomotion, de surdité … D’où la difficulté à rassembler des participants pour les célébrations.

Qu’apportent ces accompagnements ?
Malgré tout, les bénévoles restent motivées. « Nous assurons une présence d’église au sein du Foyer-logement. C’est souvent, pour les résidents, le seul contact avec l’Église. Ils sont contents de nous voir. Nous sommes, pour eux, des repères ponctuels. Leurs visages sont heureux. Nous leur apportons une ouverture sur l’extérieur ».
La joie qui se lit sur les visages est, bien entendu, un motif de satisfaction pour l’équipe de bénévoles, malgré le constat d’une baisse des effectifs de participants.

Anne Paturel : « C’est fantastique, on apporte de la vie »
« On rit beaucoup, ce n’est pas triste. Les résidents me racontent des tas d’histoires. Comme je n’ai pas vécu en milieu rural, je découvre beaucoup de choses », témoigne Anna Paturel. D’origine anglaise, elle vit, avec son mari, à Pordic, depuis 7 ans et visite chaque semaine des résidents âgés, au Centre des Capucins de St Brieuc.

En quoi consistent les visites ?
« Quand on est femme au foyer, on a envie de sortir, de rencontrer les autres. J’ai toujours fait du bénévolat ». Depuis 15 ans, Anna est visiteuse de malades, dans le cadre de l’association nationale VMEH (Visite des Malades dans les Établissements Hospitaliers). Le Centre des Capucins (530 résidents) est organisé par bâtiments. « Le service que je visite comprend 30 lits. J’y vais tous les mercredis après-midi. Je connais tout le monde, je rends visite plus particulièrement à 7 personnes, plus 4 ou 5 autres près de qui je passe quelques minutes ».
Il ne s’agit pas d’une animation mais d’un contact individuel. « Je suis dans la chambre, face à la résidente, je viens spécialement pour elle  ». L’objectif n’est pas d’apporter des cadeaux mais d’avoir un véritable échange par la parole. Cependant, une rose est distribuée à tous les résidents, le premier jeudi de l’année et un brin de muguet au 1er mai.
Quelle est votre place par rapport aux familles ?
« Nous ne devons pas prendre la place de la famille  », souligne Anna. « Certes, un lien se crée et c’est plus facile pour les résidents de se confier à quelqu’un d’extérieur à la famille ». 30 à 40 % des personnes n’ont pas d’autres visites que la nôtre. Parfois, la famille est éloignée. Parfois elle est proche, mais elle souffre de voir la dégradation de santé de son parent. La visiteuse peut alors prendre le relais, sans s’imposer. « Dans cette action, il faut être intéressé par les gens. Il faut en avoir envie et aimer ce que l’on fait  ». Même si certains jours on est moins performant. « Il m’arrive d’écourter mes visites mais aussi de les rallonger, quand le courant passe bien et qu’il y a des choses à raconter. C’est un peu comme si on allait voir une grand mère avec qui on bavarde de choses et d’autres ».

Quel est votre ressenti ?
« C’est plus facile de rencontrer l’autre quand on arrive avec un œil neuf. Parfois, il faut des mois pour apprivoiser quelqu’un, des années pour capter un regard, parfois c’est tout de suite. C’est très personnel, j’adore ça. C’est fantastique, car on finit par former une petite famille. On apporte de la vie à des personnes qui n’ont souvent comme seul horizon que le couloir qui va de la chambre à la salle à manger ».
« Notre but est de les laisser vivre le plus longtemps possible ce qu’elles vivent. Nous venons en complément du personnel, pour réaliser ce qu’il n’a pas le temps de faire. La visiteuse peut aussi être confrontée à une certaine solitude, car elle est seule pour un service. Je n’y passe que 3 heures par semaine, d’autres bonnes volontés seraient les bienvenues ».


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