« Il te faut renaître »

samedi 9 mars 2013
par  Jean HAMON (Abbé)
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En lisant cette petite phrase, j’imagine que plusieurs d’entre nous vont, comme Nicodème à qui Jésus l’adresse (voir évangile St Jean 3,3), faire la grimace. C’est pourtant cette proposition que viennent d’entendre, en ce premier dimanche de carême, les quelques milliers de catéchumènes, arrivant à leur dernière étape de formation avant leur baptême à Pâques.

Dans l’Eglise des premiers siècles, seuls, les adultes étaient baptisés. Le rite du baptême les marquait fortement. Ils avaient conscience que cet événement constituait pour eux (surtout en période de persécution) une sorte de défi à relever. Librement et lucidement, ils embrassaient une vie qui voulait se conformer à la parole de Jésus, « source vivifiante ». Ils consentaient à renoncer à une certaine forme de vie, selon l’air ambiant pour en accepter une nouvelle, trouvant en Jésus leur nouvelle identité. Oui, ils avaient conscience qu’ils devenaient réellement « les enfants bien-aimés du Père  »

Tel est aussi l’enjeu que souhaitent réaliser, comme ces aînés dans la foi, nos amis catéchumènes, (dont 6 dans notre diocèse). Comme eux, ils consentent à vivre la même démarche ; ils osent entreprendre la même aventure, à la suite de Jésus. Comme eux, lors d’un cheminement sérieux et libérateur, ils ont découvert la nouveauté d’une proximité de Dieu et de son amour inconditionnel.

Baptisés de vieille date, nous voici invités à bénéficier à notre tour de cette même recherche qui peut nous conduire à « renaître ». C’est là l’essentiel de l’appel à la conversion que nous avons entendu le mercredi des Cendres. Chercher à y répondre loyalement est la meilleure manière de nous préparer à renouveler notre propre engagement, la nuit de Pâques.

Pour « renaître », quelques repères restent nécessaires. Le fait d’être baptisé nous aide-t-il à donner à notre démarche humaine la dimension évangélique qui a imprégné la sienne ? Grâce à notre baptême, nous sentons-nous plus libres pour faire face aux provocations de notre monde ? Nous donne-t-il assez de conviction pour oser dire simplement combien suivre Jésus-Christ est un point d’appui de première importance ?

Oui, à notre baptême, Dieu nous a acceptés sans condition ; il nous aime sans préjugé. Sur Lui, chacun peut bâtir sa vie. En définitive, il n’est possible de vivre vraiment notre relation privilégiée avec Dieu que si nous savons précisément ce que par Lui et pour Lui, nous sommes devenus pour de bon : ses « enfants bien-aimés ! »

On dit que Luther, pour se réveiller dans sa foi, avait gravé sur son bureau cette simple phrase : « Je suis baptisé ! » Le souvenir de notre baptême peut en effet faire circuler en nous ce dynamisme intérieur, nous remettre en contact avec la source de la vraie vie. Nous ne savons que trop les méfaits d’une vie somnolente. Pendant le carême tout se conjugue pour nous faire bénéficier d’une vie plus intense et plus confiante avec Dieu. Mais nous savons que seuls ceux qui ont soif viennent à la fontaine. C’est à cette source que sont la parole de Dieu, le partage fraternel et la démarche de vérité pour enlever nos masques, qu’une vraie renaissance peut s’effectuer en chacun. … « Il te faut renaître »


Commentaires

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« Il te faut renaître »
lundi 11 mars 2013 à 17h21 - par  Bernard LE NEEL

merci « rené »

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