François, nouveau pape, dans la simplicité et l’humilité

vendredi 26 avril 2013
par  Patrick BEGOS
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Les chrétiens vivent une période captivante, pleine de surprises. Elle a commencé par l’acte révolutionnaire de Benoît XVI qui a « lâché » le pouvoir plus tôt que prévu et redimensionné ainsi la papauté. Même s’il n’a pas toujours été compris, Benoît XVI a engagé plusieurs chantiers en mettant fin par exemple à la loi du silence en matière de pédophilie. Mais, il reste beaucoup à faire. Dans ses messages à la chrétienté, sa boussole a été Vatican 2. Il a mis en avant les fondements de la foi et la rencontre personnelle avec le Christ, notamment par la prière.

Un signe de rupture
Le choix du nouveau pape par les cardinaux peut également être considéré comme révolutionnaire. Une élection totalement inattendue où rien ne s’est passé selon les logiques médiatiques et les scénarios bien ficelés. Un coup d’audace d’un corps électoral composé de prélats souvent taxés de conservatisme. Le choix de Jorge Mario Bergoglio rebat les cartes, car le nouveau pape vient d’Amérique du Sud, où vivent plus de 40 % des catholiques. C’est un signe de rupture. C’est également le premier pape Jésuite qui a choisi comme nom François.
Pourquoi François ?
« Immédiatement, en relation avec les pauvres, j’ai pensé à François d’Assise, aux guerres…, à l’homme de pauvreté, de paix », répond le nouveau pape.
Le pontificat a commencé par un geste rare. En s’inclinant devant le peuple assemblé Place Saint Pierre, François a demandé de prier pour lui et rappelé ainsi une vertu souvent oubliée par les chrétiens, l’humilité. Les cardinaux ont choisi l’évêque des pauvres, un pasteur proche des petits, des persécutés, des « sans ». Ce nouveau pape est connu pour son tempérament droit et tranchant, sa sobriété, son ascétisme. En cette fin de carême, c’est un signe fort pour l’Eglise, qui a changé d’époque, peut être de siècle.

Un avenir audacieux
Les grands dossiers ne manquent pas. Le nouveau pape devra engager des réformes ou du moins des évolutions dans plusieurs domaines. D’abord le gouvernement de l’Eglise, en réduisant le pouvoir de la Curie Romaine. L’une des pistes consiste, peut être, à déléguer davantage aux Conférences nationales des Evêques, ce qui permettrait une meilleure prise en compte de la diversité de l’Eglise, à travers le monde, sans nuire à l’unité des catholiques.
Le pape François devra aussi mettre en place des solutions, face à la crise des vocations. Faut-il réformer les conditions d’accès à la prêtrise, confier plus de tâches aux laïcs, aux diacres, aux femmes, … ? Ces différentes pistes promettent un débat animé. L’unité des chrétiens à travers le monde (orthodoxes, protestants, traditionnalistes…) et le dialogue interreligieux sont également des dossiers importants.
La crise de la foi pose question. Comment annoncer les messages évangéliques dans un monde de plus en plus indifférent ? Comment faire partager les valeurs fondatrices du christianisme, la fraicheur de l’Evangile, à des sociétés désorientées par l’individualisme, les difficultés de l’emploi, … ? Comment s’adresser aux fidèles, autrement que par des interdits , notamment à ceux qui ne sont plus dans la « norme » : divorcés remariés, … ? La faible culture religieuse actuelle ne facilite pas la compréhension des dogmes et du vocabulaire de la Foi. L’avenir doit être plus audacieux avec une Eglise vivante qui attire.

François, homme de conviction
Né en décembre 1936, dans une famille de travailleurs des Chemins de fer de Turin immigrée en Argentine, Jorge Mario Bergoglio a grandi au milieu de 7 frères et sœurs, dans un milieu modeste. Le jeune Jorge décroche un diplôme de chimiste. Depuis l’âge de 20 ans, il a une grande fragilité physique, respirant avec un seul poumon. Il entre chez les Jésuites à 22 ans et en devient le provincial à 37 ans, en 1973. En 1979, il est mis « au placard » par le chef des Jésuites, Pedro Arrupe, pour n’avoir pas été assez solidaire dans le bras de fer qui oppose La Compagnie de Jésus à Jean-Paul II. la traversée du désert durera 12 ans, jusqu’au jour ou le pape le nomme évêque de Buenos-aires, en 1992. En 1998, il devient archevêque et en 2001 cardinal. Ce parcours ne lui a pas tourné la tête, il continue à défendre les pauvres en fustigeant les inégalités, utilisant les transports en commun et vivant de manière frugale. Il est considéré, aujourd’hui, comme un homme d’unité, capable d’établir des ponts entre les libéraux et les conservateurs.


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