La Première en chemin … !

dimanche 5 mai 2013
par  Marie-Aimée ROUAUX
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Le mois de mai nous donne une fois de plus la joie de rejoindre, avec plus d’instance, Marie, Mère de Jésus, dans notre vie de chrétiens, qu’elle soit personnelle, familiale ou communautaire.

Lorsque chaque jour, nous saluons Marie par le « Réjouis-Toi », ou la formule plus habituelle de salutation « Je vous salue Marie », c’est une salutation divine que nous adressons à Marie, celle là même que le Messager de Dieu a prononcée au jour de « l’Annonciation » à Nazareth.
Nous sommes renvoyés à l’Evangile selon Luc :
En Luc (Lc 1,26s), Marie est saluée par les paroles inattendues et bouleversantes qui lui sont adressées par l’Ange Gabriel : « Réjouis-toi … le Seigneur est avec toi !  ».
Ce sont les termes mêmes par lesquels le prophète Sophonie s’adresse à la « Fille de Sion » :
« Crie de joie, Fille de Sion … Réjouis-toi et exulte de tout ton cœur, Fille de Jérusalem, le Seigneur, ton Dieu est au milieu de toi » (So 3,14-17).
Par la Parole du prophète, le Seigneur invite la « Fille de Sion » à se réjouir de son amour et de sa Présence en elle : « Le Seigneur est en toi !  ».
Cette dernière expression, qui souligne la Présence permanente et active de Dieu, trouve tout son sens dans le verbe hébreu sous-jacent qui signifie : « s’approcher au plus près ». Il désigne aussi l’intérieur d’une chose ou d’une personne. La manifestation de Dieu, en Marie, n’aurait pu, en effet, se faire plus proche qu’en cette conception, en son être féminin même, du «  Verbe fait chair ».
Marie, la Mère de Jésus, ne serait-elle pas la « Fille de Sion » dont la vocation est d’enfanter le Messie à l’instar des filles de Jérusalem ?
On retrouve cette même invitation au bonheur dans le Livre de Zacharie :
« Sois dans l’allégresse, pousse des cris de joie, Fille de Sion, car ton roi vient à toi, juste et victorieux, pauvre et monté sur un ânon … » (Za 9,9).
Ici est donné à la Fille à de Sion un autre motif de se réjouir : Voici que vient ton Roi !
Ces prophéties, dites messianiques, annoncent un Messie, pauvre et cependant victorieux. Elles s’adressent à Jérusalem, appelée la Fille de Sion et, à travers elle, à tout le peuple d’Israël. Mais selon une re-lecture chrétienne de ces prophéties, c’est la jeune Marie de Nazareth, la « comblée de grâces » (Lc 1,26), qui est invitée à se réjouir parce que son Roi, son Fils Yeshoua, le Sauveur, vient à elle, selon la promesse qui a franchi les siècles et à laquelle elle a totalement adhéré par son Oui dans la pureté de son cœur. C’est avec Marie que le peuple des croyants, élargi à l’humanité tout entière, est appelé à marcher avec son Dieu sur un Chemin d’Espérance, car le prophète l’a proclamé :
« Le Seigneur est au milieu de toi …  ».

Ainsi, Marie est-elle « bénie parmi toutes les femmes », bénie et comblée car l’Enfant de la Promesse a pris chair en elle. Elles ont préparé le chemin, toutes celles qui l’ont précédée dans cette longue lignée, ces femmes qui s’appelaient Sarah, Rébecca, Rachel ou Léa, Ruth et bien d’autres, fidèles à la Parole divine en attente de son accomplissement, dans l’obscurité souvent, dans la souffrance aussi, mais toujours envers et contre tout, dans la fidélité à la transmission de la Promesse.

Saluer Marie, lorsque nous méditons le chapelet, c’est rendre présente, dans une action de grâces, dans un vibrant Magnificat, toute cette belle histoire biblique au sein de laquelle nous avons à prendre place, au fil des jours, dans le pèlerinage de notre vie, avec Marie, la « Première en chemin ».


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