Sacré Cœur de Jésus

mardi 11 juin 2013
par  Bernard LE NEEL
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En ce mois de juin, traditionnellement consacré au Sacré-Cœur laissons-nous savourer et bercer en cet Amour insondable : l’Amour de Dieu et l’amour des autres.

Très tôt, Jésus fils de Joseph le charpentier de Nazareth s’avère d’un sacré caractère. Au seuil de la puberté il fugue déjouant la surveillance de ses parents lors d’un pèlerinage à Jérusalem ; la fugue c’est un peu une fuite, en tous cas une forme de rupture.
Et où le trouvent-ils ses parents ? Au Temple au milieu des Docteurs, envoyant un peu promener sa Mère. En fait il affirme, professant déjà sa mission, qu’il doit être aux affaires de son Père. Puis Jésus rentre dans le rang, travaillant le bois, et grandissant en sagesse. Long temps de maturation.

Lors de sa première sortie à Cana, au milieu de ses amis et des danses, sa mère lui pose une colle : « ils n’ont plus de vin ». Là aussi la réponse nous semble sèche « qu’y a-t-il entre toi et moi ? », sous-entendu je ne suis pas vigneron ni marchand de vin. Plus sérieusement, Jésus se lance opérant le premier signe … Il saisit donc l’occasion de manifester sa sympathie aux jeunes mariés, leur évitant la honte, et surtout sa mission divine par cette eau changée en vin, mais pas en vain !

Voyant la Maison de son Père, le Temple, transformé en tripot, il pousse une colère, renversant les tables ; on imagine la panique des changeurs ramassant leurs monnaies par terre.

Capharnaüm qui ne l’accueille pas se voit maudire « jusqu’à l’Hadès ». Voué aux gémonies !
Forte personnalité, parfois exclusif : « qui n’est pas avec moi est contre moi  », il s’affranchit de certaines règles rituelles judaïques : le Sabbath n’est pas tabou, il ose manger avec les publicains et les pécheurs notoires ; il engage la conversation seul avec une femme de Samarie.

Provocation ? ou appel en creux invitant ses auditeurs à réfléchir ?

Mais ce fort caractère est doté d’une grande sensibilité. Son humanisme éclate en cette époque : il tend la main à tous, il a pitié, et aime réconforter les siens. L’amitié sincère, il connaît, quand à Béthanie il pleure sur son ami Lazare. Il ose parler d’amour du Père pour son Fils, alors que dans la société patriarcale d’alors la tendresse n’est pas le cadet des soucis des pères.

Oui Jésus a du cœur, comme Marie qui méditait tous ces événements dans son cœur. La Bible insiste sur le cœur comme siège de l’intelligence, de la mémoire et de la volonté. Jésus s’est montré brillant philosophe puisque ses idées ont fondé et imprégné nos civilisations modernes.

Mais depuis le Moyen-âge, peut-être pour contrebalancer la montée de rationalisme, le cœur est devenu plutôt le siège de notre affectivité. Déjà Bonaventure et Scott équilibraient Thomas d’Aquin. 1675, Jésus montre à Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial ce cœur transpercé qui a tant aimé le monde, puisqu’Il l’a mené au sacrifice suprême.

Contempler le cœur de Jésus n’est pas une attitude mièvre et sentimentale. Le Jésus sacré caractère évoqué plus haut est aussi un sacré cœur : il nous manifeste l’amour de Dieu à notre égard et nous appelle à répondre. Marguerite-Marie demandera aux fidèles un supplément d’amour pour collaborer à l’œuvre de Jésus en réparant un peu les atteintes à cet amour.

L’Ecole Française de spiritualité de St Jean Eudes à Bossuet répandra cette dévotion au Cœur de Jésus, lieu symbolique de la Foi. Le Père de Foucauld prendra ce cœur « Jésus-Caritas » comme son logo.

En ce mois de juin, traditionnellement consacré au Sacré-Cœur, comme petit enfant blotti sur la poitrine d’un père ou d’une mère, laissons-nous savourer et bercer en cet Amour insondable :

« l’Amour n’est pas aimé » disait Saint François à Damiette

L’Amour de Dieu et l’amour des autres.


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