Dieu est famille … et la famille ? un peu divine ?

mercredi 6 novembre 2013
par  Bernard LE NEEL
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En Jésus nous est révélée la vie de Dieu, un Dieu Père, Fils et Esprit, Dieu-Amour. Dieu qui a tellement aimé le monde qu’Il a envoyé son propre Fils. Telle est la nouveauté et l’originalité de la Foi Chrétienne.

L’amour n’est pas un seul attribut de Dieu, mais sa caractéristique fondamentale, le nom même de Dieu.
Or le propre de l’amour est le partage, le don à l’autre ; depuis toujours son amour se dit et se donne à côté de lui que nous disons son Fils.et cet amour tous deux le partagent avec un troisième que nos nommons l’Esprit.
Dieu n’est donc pas un solitaire ! Nous croyons en un Dieu Un et Trine : mystère sacré et « sacré mystère" ,source intarissable de lumière, d’amour et de vie. une vie communautaire, vie donnée, relation, désir, de communion en Dieu.
La Bible parle toujours de Dieu de façon relationnelle : le Dieu de Jacob, le Dieu d’Isaac, le Dieu d’Isra-El, Dieu du Peuple. Dieu est qualifié de père, de mère, d’époux, des termes de la famille.

A la création de l’homme, dans la Genèse, il est dit que « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu : il les créa mâle et femelle. Il les bénit et « vit que cela était bon ».
Car « il n’est pas bon bon que l’homme soit seul ».
Adam ne pouvait pas être seul, comme un prototype, » Dieu ne serait pas Dieu s’il était solitaire, l’homme ne serait pas homme s’il était seul » ( dit J.N Bezançon in » Dieu n’est pas solitaire »).

« Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance » Les exégètes interprètent différemment ce pluriel, retenons que les Pères de l’Église y ont vu un signe de la Trinité, cette union de trois personnes.
(D’ailleurs Elohim, nom de Dieu dans la Bible est au pluriel).

Dieu a créé l’humanité en famille ; et c’est à son image. On peut donc admettre que Dieu est famille, relation d’amour entre le Père et le Fils, jaillissant dans l’Esprit.
Notre famille humaine est image modèle divin. Jésus ne dit-il pas dans la prière sacerdotale : Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme moi en eux et Toi en moi, afin qu’ils soient consommés dans l’unité ». Cette parole est souvent comprise comme à l’attention de la famille humaine, à l’humanité tout entière, mais ne pourrions-nous pas la comprendre comme destinée à la famille humaine : père-mère-enfant ?

L’Église affirme constamment la bonté foncière du mariage et de la famille, considérés comme des institutions de droit naturel.
Dès les origines du christianisme, elle a invité à vivre les réalités du mariage et de la famille « dans le Seigneur » sacralisant ainsi la cellule de base de toute société.
En France de 1972 à 1993, on est passé de 417 000 mariages par an à 254 000.
Cette désaffection du mariage n’est-elle pas un reflet de la peur de s’engager ?
Humainement parlant n’est-ce pas une gageure de s’engager ad vitam aeternam … surtout quand l’espérance de vie se prolonge ? Il faut quand même bien que les époux s’engagent en sacrement pour que ça dure « Tu es là au cœur de nos vies … ».

C’est pourquoi de Pie XI à Jean-Paul II, les papes n’ont cessé d’exhorter les fidèles a prendre au sérieux les engagements du mariage, institué en sacrement. On qualifie parfois la famille de « petite église » ou « Église domestique »*, temple à la mode trinitaire .

A l’heure où des dispositions légales et sociétales privilégient des droits individuels plutôt que communautaires, réaffirmer les valeurs sous-jacentes de la famille est une ardente exigence.
Pour le cardinal Vingt-Trois, c’est dans la famille que l’on fait l’expérience d’être aimé pour soi-même, quels que soient par ailleurs ses talents, ses qualités, ses faiblesses, ses lacunes ou ses crimes.

La famille est, en effet, le lieu privilégié d’identification, d’ humanisation , d’éducation de la personne , dans les grands moments de la vie familiale, mais aussi dans les simples repas de famille : un lieu d’échanges, d’affrontements, de joies et de peines, mais finalement un lieu où l’amour, la vie, la mort, trouvent leur sens et leur accomplissement . Ne voit-on pas dans des familles éclatées par des drames, comme par exemple la prison d’un parent, les enfants garder un lien affectif très fort ?

Il a été dit que la famille était une « institution d’amour » ; en tant que cellule de base de la société, puisse-t-elle l’être toujours, car une société et une civilisation révèlent leur degré d’humanité à la place donnée à la famille .
Avec Jean-Paul II, dans son exhortation apostolique « Familiaris consortio » donnée en 1981, concluons

  • que l’être humain est appelé à la vie par amour ( in orgasmo) les parents étant en quelque sorte co-créateurs, créateurs par délégation.
  • qu’au cours de son éducation il s’insère dans la société humaine en famille, en cette famille voulue par Dieu « à son image », le lieu par excellence de la « civilisation de l’amour » si chère à notre Bienheureux Jean-Paul..

PS :
  • Le Père Houzé de notre diocèse a été reçu par le pape en 1987, qui lui a dit « Dans votre ministère, ayez le souci particulier pour l’Église domestique. Aidez la à prier à la maison. » Le Père Houzé s’est consacré au Rosaire en famille. Notre évêque l’a nommé récemment aumônier diocésain des Équipes du Rosaire.

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