Noël bientôt, Pourquoi pas Noël chaque jour ?

lundi 7 décembre 2015
par  Bernard LE NEEL
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Avec l’Avent, « l’ad-venue », nous voici dans l’attente du Christ qui est venu, qui vient et qui viendra.

Il est venu, mais Noël n’est pas un anniversaire, il vient mais pas seulement le 25 décembre, il viendra à la fin des temps, à la fin du temps.
Christ, aujourd’hui, Christ hier, etc… chantons nous ; nous sommes donc en dehors du temps, du moins du temps que l’on connaît, notre chronologie cosmique et humaine.

«  Aujourd’hui vous est né un Sauveur » annonce le messager aux bergers. N’est-ce pas toujours d’actualité cet « aujourd’hui »

Saint Luc emploi ce mot 12 fois dans son Évangile, et 10 fois dans les Actes, cela signifie quelque chose.
On se rappelle Jésus à la synagogue fermant le Livre et proclamant « La Parole s’accomplit aujourd’hui ; et affirmant à Zachée « le salut est arrivé aujourd’hui  ».

Le Salut nous est donné aujourd’hui, l’aujourd’hui de Dieu .

Dieu en créant l’univers a créé le temps, notre chronos, notre hier, notre demain. Mais pour Dieu et en Dieu, le temps n’existe pas. Son aujourd’hui est donc intemporel, et même « transtemporel », si on peut dire.

L’ambigüité de notre langage est que nous n’avons qu’un mot bien banal « le temps », les anglais sont mieux lotis qui ne confondent pas le « time » et le « weather » !
Saint Luc, lui, écrivait en grec et différenciait les sens du mot temps. Le temps-chronos qui nous est familier Luc ne l’emploie pas, il utilise le mot Kairos [1], qui veut bien dire temps, mais temps favorable, opportunité… opportunité à saisir !
Le mot Kairos est utilisé pour désigner l’action du Salut, l’intervention décisive de Dieu par l’Incarnation Rédemptrice et la Parousie finale.

Le Salut qui nous est promis et donné en Jésus-Christ n’est pas un programme ou un projet, mais un temps favorable à saisir en permanence. Ce Kairos est donc l’aujourd’hui de Dieu, le temps favorable de la rencontre.
Le Salut, clé de voute de la vie chrétienne est d’actualité brulante et permanente. Ne dit-on pas dans le Pater « donne-nous aujourd’hui le pain de ce jour » ?

Le Père Gélineau l’a bien expliqué dans le manuel de Pastorale Liturgique :

« Dans toute liturgie et dans tout sacrement, s’articulent le passé, le présent et l’avenir, « l’hier aujourd’hui et demain du temps chrétien… c’est l’aujourd’hui fécond du temps qui devient éternité. « Le Royaume est déjà là, alors que nous sommes immergés dans notre temps cosmique, et que notre histoire suit son cours. Les chrétiens sont appelés à regarder en haut (sursum corda), à dépasser une vision du temps habituel, pour vivre un temps ecclésial, puisque la création tout entière est « récapitulée en Christ ».

Pour mieux saisir l’aujourd’hui de Dieu, rien de tel que de vivre la Liturgie, qui est action « elle est, dit encore Gélineau, tout à la fois et toujours :

Mémoire mais dans le sens vivant et actuel de mémorial
Actualité, présence actuelle du Christ sous les espèces sacramentelles
Promesse : désir et attente.

Pour conclure avec le Père Gélineau :
« À des générations enfermées dans le moment présent par rupture avec le passé et par incertitude sur l’avenir, la liturgie et les sacrements réclament une rude conversion de mentalité et offrent une grande chance de vivre en vérité »

Car c’est Noël chaque jour : Un Sauveur nous nait chaque jour, l’aujourd’hui permanent, l’aujourd’hui de Dieu. Silesius, mystique du 17e siècle disait ; « Même si Jésus était né mille fois à Bethléem, en quoi cela me concernerait-il, s’il ne naissait pas aussi en moi aujourd’hui ? ».


[1Excusez ce mot savant, j’avoue l’avoir trouvé sur internet…


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