L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

« Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi » (Lc 19,38)

Messes :
Samedi 13 avril à Binic (unique sur la Communauté pastorale) à 18h30.
Dimanche 14 avril à 10h30 à Plérin et à Saint Quay Portrieux.

« Moi non plus, je ne te condamne pas »

« Je vais retourner chez mon père »

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir » : imiter la patience de Dieu

« Moïse et Élie, apparus dans la gloire, parlaient avec lui de son départ, qu’il allait accomplir à Jérusalem »

« Tous sont devenus pécheurs parce qu’un seul homme, Adam, a désobéi ; de même tous deviennent justes par un seul homme, Jésus Christ » (Rm 5,19)

« Chaque arbre se reconnaît à son fruit »

« Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux »

[« Heureux vous les pauvres ; le Royaume de Dieu est à vous »->

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8)

« Passant au milieu d’eux, il allait son chemin »

L’eau changée en vin

Du baptême du Christ à notre baptême

« Ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui »

« Il a vécu notre condition d’homme en toute chose » (PE IV)

« Le Puissant fit pour moi des merveilles »

« Par ces exhortations et bien d’autres encore, Jean annonçait au peuple la Bonne Nouvelle »

« Que soient plein d’allégresse désert et terre aride ; que la steppe exulte et fleurisse » (Is 35,1)

« Alors on verra le Fils de l’homme venir »

« Que ton règne vienne » (Mt 6,10)

33e dimanche du T.O. - Dn 12,1-3. / Ps 16(15),5.8.9-10.11. / Hb 10,11-14.18. Mc 13,24-32. Ces passages de l’Écriture (apocalypses) nous révèlent que tout ce que nous vivons a un sens, une face cachée. Qu’il s’agisse de notre conflit avec la nature ou celui qui divise les hommes, par intérêt, (...)

« Elle a tout donné »

L’amour de Dieu, source de l’amour du prochain

La communion des saints

30è dimanche du T.O. - Jér. 31,7-9. / Ps 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6. / Heb. 5,1-6. / Mc 10,46-52. Jérémie relate le message d’espérance adressé au peuple exilé d’Israël. La joie du retour au pays et la liberté recouvrée sont annoncées. Ces cris de joie trouvent écho dans le cri d’espérance de Bartimée, (...)

Le Fils de l’homme est venu pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude.

28è dimanche du T.0. Sg 7,7-11. / Ps 90(89),12-13.14-15.16-17. / Heb. 4,12-13. / Mc 10,17-30. Salomon a reçu la sagesse en réponse à sa prière. En bon roi, il considère la connaissance de Jésus-Christ comme ce qu’il y a de plus précieux pour l’homme. Cette recherche de la sagesse motive le jeune homme (...)

« Tous deux ne feront plus qu’un » (Benoît XVI)

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la »

« Le Fils de l’homme est livré … Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous »

« Tu es le Christ … Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Mc 8, 27-35)

« Il fait entendre les sourds et parler les muets »

22è du T.O - Dt 4, 1….8 ; Ps 14 ; Jc 1, 17-27 ; Mc 7, 1-23. Écouter la Parole de Dieu, la mettre en pratique conduit à la vie ; voilà ce que nous entendons dans la première lecture de ce dimanche : « maintenant, écoutez les décrets et ordonnances du Seigneur … pour que vous les mettiez en (...)

« Tu as les paroles de la vie éternelle »

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson »

Élévation de la Sainte Vierge au ciel après sa mort (la dormition et l’assomption de la Vierge).
L’Église célèbre cette fête le 15 août.

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie »

« Donne-nous de ce pain-là, toujours »

« C’est vraiment lui le grand prophète, celui qui vient dans le monde »

« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu »

« Pour la première fois, il les envoie »

« Il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là à cause de leur manque de foi »

« Je te le dis, lève-toi

« Il faut que lui, il grandisse et que moi, je diminue »

La graine tombée en terre porte beaucoup de fruit (Jn 12,24)

Le péché contre l’Esprit Saint

Dieu se donne Lui-même en nourriture

Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde

Le Feu de la Pentecôte

Septième dimanche de Pâques – Ac 1, 15-26 ; 1Jn 4, 11-16 ; Jn 17, 11-19 Jésus avait choisi douze apôtres, et ceux-ci ont jugé important, après le départ de Judas, de reconstituer leur groupe, sans doute par fidélité au choix de Jésus ; par fidélité aussi à l’Écriture : l’apôtre y lit la volonté de Dieu de remplacer Judas, « que sa charge passe à un autre » ; il est en effet urgent d’accomplir la mission confiée par Jésus ! Quelle condition doit remplir ce nouvel apôtre ? Avoir été compagnon de Jésus du début à la fin de sa vie publique pour être à même de parler de lui et témoigner à présent de sa Résurrection. L’essentiel n’est donc pas d’avoir de grandes qualités ! « Sanctifie-les » prie Jésus : pour la mission, demandons au Christ de nous remplir de sa sainteté. « Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes… » (exhortation du Pape François 2018).

Ascension du Seigneur – Ac 1, 1-11 ; Ep 4, 1-13 ; Mc 16, 15-20 Jésus est passé de ce monde à son Père. Il disparaît aux yeux de ses disciples, et ceux-ci ne restent pas regarder le ciel, figés dans la stupeur ou la nostalgie, mais retournent à Jérusalem pour y attendre, tous ensemble, « assidus à la prière », ce que Jésus leur a promis. « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous… ». Ils seront alors capables d’accomplir la mission qui leur a été confiée : « Vous serez mes témoins … Allez proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création ! ». Nous avons reçu l’Esprit Saint à notre baptême et à notre confirmation et en ces jours qui précèdent la Pentecôte, nous l’attendons encore, car notre cœur n’en a jamais fini de l’accueillir dans tous les espaces de notre vie ; nous le supplions de venir nous remplir de sa force, de son audace, pour vivre de la parole du Christ qui nous appelle aujourd’hui à témoigner et à évangéliser le monde.

Sixième dimanche de Pâques – Ac 10, 25-26. 34-35. 44-48 ; 1 Jn 4, 7-10 ; Jn 15, 9-17 Avez-vous lu le récit de la rencontre de Pierre et de Corneille dans ce dixième chapitre des Actes ? Ce récit me touche toujours autant, me surprend et m’émerveille à la fois. Après une vision qui le laisse plein d’interrogation, Pierre le bon juif d’origine accepte humblement de suivre des étrangers, des païens, jusque chez Corneille le centurion romain. Il se laisse surprendre par l’action de l’Esprit. Il comprend ce que signifie la vision qu’il a eue, il comprend que l’Esprit Saint déjoue ses plans, qu’il ne fait pas de discrimination, que ces gens devant lui sont ses frères en humanité, qu’ils sont habités par le même Esprit et appelés à recevoir le même baptême. La Bonne Nouvelle du Christ est pour tous ! Un appel pour nous à écouter la voix de l’Esprit qui nous précède sur nos chemins.

5e dimanche de Pâques Act. 9,26-31. / Ps 22(21),26b-27.28-29.31-32. / 1 Jn 3,18-24. / Jn 15,1-8. Jésus nous invite à entrer avec lui dans une alliance avec Dieu. Il nous invite aussi à nous laisser émonder, tailler, purifier par Lui. Le mot demeurer est récurent. Jésus demeure en nous si nous sommes greffés à lui, attaché à son message et à son savoir-être. On ne jette au feu que les sarments secs qui ne laissent plus passer la sève. Dans chacune de nos vies, nous y trouvons des moments, des attitudes, des choix, qui ont été -ou sont- stériles pour notre foi et desséchants pour notre cœur. De temps à autre, il est bon de s’interroger : Qu’est-ce que je fais de la sève du Christ qui est en moi ? « Le père vous a émondés par la parole que je vous ai dite » : tout croyant travaillé par la parole de Jésus, tout disciple fermement ancré dans le commandement de l’amour se rapproche du bon sarment. Quand Dieu est accueilli en soi, quand la charité est vécue, les fruits viennent en abondance. Le secret de notre fécondité est entre nos mains. Laissons-nous soigner et émonder par Lui en toute confiance.

4e dimanche de Pâques Act. 4,8-12. / Ps 118(117),1.8-9.21-23.26.28cd.29. / 1 Jn 3,1-2. / Jn 10,11-18.

L’image biblique du berger nous parle des attitudes publiques des dirigeants, politiques ou religieux. Jésus, Bon Pasteur, a noué des relations de mutuelle connaissance avec ceux qu’il a rencontrés. Il a rendu la vue à ceux qui étaient aveuglés et repliés sur leurs ténèbres. Le bon pasteur est celui qui gouverne et conduit par de bons chemins. Il guide et fait grandir en dévoilant notre être véritable. Il prend soin de ceux qui sont sur d’autres chemins pour les guider vers le Père. Pierre nous fait découvrir que l’Esprit veut nous rendre sensible aux infirmités de l’homme contemporain et nous donner de participer à son relèvement. Nous sommes donc invités à aller à la rencontre et à l’écoute des autres, surtout des exclus. Nous pouvons devenir de bons pasteurs pour les autres, par exemple pour les victimes des organisations qui marginalisent les non-performants.

3e dimanche de Pâques Act. 3,13-15.17-19. / Ps 4,2.4.7.9. / 1 Jn 2,1-5a. / Lc 24,35-48.

Au retour des disciples à Jérusalem, la foi qui consiste à croire sans voir, n’est pas acquise. Jésus leur est apparu et a partagé un repas avec eux : cela ne suffit pas. Il doit les convaincre de sa présence réelle, les convertir et illuminer leur esprit en leur révélant le sens profond des Ecritures. Alors seulement, Jésus faisant le lien entre expériences et Ecritures, les disciples comprennent. Jésus peut donc leur parler de l’avenir et du rôle-clé qu’ils y joueront. Luc veut nous faire comprendre que la foi ne vient pas à maturité d’un coup ; elle se forge à partir d’expériences et cela suppose de notre part une ouverture, un accueil permanent. Notre foi s’appuie sur celle des apôtres qui ont accompagné Jésus dans sa mission ; ils l’ont vu, touché, et ont mangé avec lui après sa résurrection. Persévérons avec confiance sur notre itinéraire de foi.

2e dimanche de Pâques Act. 4,32-35. / Ps 118(117),2-4.16ab-18.22-24. / 1 Jn 5,1-6. / Jn 20,19-31.

A Pâques, nous avons contemplé un tombeau vide et ouvert, source de joie. Aujourd’hui, l’évangile s’ouvre sur des portes verrouillées par des disciples repliés. Quel contraste ! Jésus vient alors les rejoindre dans le climat de mort dont ils restent prisonniers. « La paix soit avec vous. ». Cette parole vient les booster pour les libérer de leur culpabilité et, leur donnant son Esprit Saint, Jésus les investit de ses pouvoirs. Il devra revenir la semaine suivante et convaincre Thomas, qui reste extérieur à l’Événement. Il n’est pas physiquement enfermé mais veut s’appuyer sur une expérience objective. Le refus de croire sans voir, manifesté par Thomas, est censé interroger le lecteur que nous sommes. Ce passage de la peur à la foi représente un itinéraire typique que nous avons à parcourir sans cesse, au fil des événements que la vie nous fait traverser. Aujourd’hui, pour effectuer ce passage du doute à la foi, nous avons souvent besoin de la visite du Christ. Notre seule tâche est de l’accueillir pour nous apporter la paix… et la foi.

« On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

« Voici que je fais l’univers nouveau » (Ap 21,5)

25 mars– Dimanche des Rameaux et de la Passion – Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 à 15, 47 Nous entendons, ce dimanche, le récit de la passion selon Saint Marc. L’évangéliste y montre l’infinie solitude de Jésus pendant tout le temps de la Passion, une solitude qui va grandissant depuis les heures au jardin des Oliviers, au long de la nuit d’interrogatoire, de torture et le chemin du calvaire jusqu’à cette plainte du psalmiste, que Jésus reprend : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Silencieux, il est seul face à ses bourreaux, abandonné de tous. Ses disciples, dont Marc a souligné souvent l’incompréhension tout au long de l’évangile, se sont dispersés, Judas l’a trahi et Pierre renié, La nature elle-même, plonge dans les ténèbres. Abandon des hommes et de la création. Marc veut-il signifier que la foi est au cœur de ce silence, où l’homme ne peut plus que se tourner vers Dieu ? Que Dieu qui ne répond pas est pourtant là en l’homme crucifié ? Nous entendons les mots du centurion païen : « Cet homme était vraiment le fils de Dieu ! ». Étonnante parole de foi ! Nous voici invités à redire cette parole et à demeurer, face à la croix, avec les femmes qui « regardaient de loin », dans le silence et l’amour compatissant.

Cinquième dimanche de carême - Jr 31, 31-34 ; He 5, 7-9 ; Jn 12, 20-33. Le texte d’évangile selon Jean, que nous entendons aujourd’hui, nous raconte que des Grecs veulent « voir Jésus », c’est-à-dire le rencontrer. Ce sont des étrangers ; à travers eux, l’évangéliste nous invite à voir l’ouverture universelle de l’évangile. C’est l’occasion pour Jésus de dire ce qui le fait poursuivre sa route : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt… » Il signifie par là à ses disciples, et à ceux qui veulent le voir, qu’une vie toute donnée par amour portera beaucoup de fruit. De la mort surgit la vie. Ses sentiments ? De l’angoisse devant ce qui l’attend et aussi de la confiance envers son Père. l’Heure est venue pour lui, d’être élevé sur la croix, élevé par Dieu, « glorifié ». L’Heure est venue où s’accomplit pleinement l’alliance entre Dieu et les hommes, cette alliance qu’annonçait Jérémie et que Dieu inscrit au fond des cœurs : « je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes….je serai leur Dieu et eux seront mon peuple ». Dans sa réponse, Jésus dit encore que là où il est, là sera son serviteur. « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ! » Pas d’alternative. Donner sa vie engage : individuellement et solidairement avec les frères humains.

Quatrième dimanche de carême – 2 Ch 36, 14-16 ; Ep 2, 4-10. Jn 3, 14-21, Il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne, par lui la vie éternelle. Jésus reprend à son compte le symbole du serpent de bronze présenté par Moïse pour le salut de son peuple ; Au temps de Moïse, seul le peuple de l’Alliance était concerné ; ici, c’est tout homme, c’est le monde entier qui est appelé à croire pour vivre de la vie de Dieu : De plus, il ne s’agit plus d’une guérison physique, mais du don de la vie par Jésus, élevé sur la croix. « Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu …c’est par grâce que vous êtes sauvés et par le moyen de la foi. Un cadeau que nous sommes libres de recevoir ou non. Le verbe croire est répété plusieurs fois dans le texte de Saint Jean : En effet, croire, n’est-ce pas lever les yeux vers le Christ mort et ressuscité c’est-à-dire s’ouvrir au don de Dieu, choisir au cœur du quotidien, de se tourner vers la lumière, vers celui qui est chemin, vérité et vie ? Qu’en ce temps de carême, il nous en donne le désir et la force !

Troisième dimanche de carême. Ex 20, 1-17 ; I Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25. Jésus pose un geste symbolique en chassant les vendeurs du temple. Sa colère vise l’idolâtrie de l’argent qui commandait le culte. La relation de Jésus à Dieu son Père n’a rien d’un marchandage, elle est pur amour et il se fâche en voyant ce qui se passe dans temple qu’il aime comme la prunelle de ses yeux, qu’il appelle « la maison de mon père ». La véritable offrande, c’est lui qui la fera au Père, en donnant sa vie, gratuitement par amour Le temple sera détruit, lui sera mis à mort, mais le 3è jour il ressuscitera et en relisant l’événement, les disciples comprennent le signe que Jésus avait voulu donner en réponse aux gens offusqués par son geste et ses paroles. Sa mort et sa résurrection : voilà le signe de la puissance de Dieu, de la sagesse suprême, au cœur de la faiblesse du crucifié. Saint Paul pourra écrire, aux chrétiens de Corinthe : les Juifs réclament les signes du Messie, le monde grec recherche une sagesse, nous proclamons un Messie crucifié. Que le Christ en ce temps de carême nous apprenne ce qu’est la relation à Dieu en esprit et en vérité : accorder notre manière de vivre à la Parole vivante du Christ.

2è dimanche de Carême Gn 22,1-2.9a.10-13.15-18. / Ps 116(115),10.15.16ac-17.18-19. / Rm 8,31b-34. / Mc 9,2-10.

Le sacrifice d’Isaac peut entacher notre représentation de Dieu. Or on sait qu’Il interdit les sacrifices humains. Ce texte est donc lu comme le récit de la confiance absolue d’Abraham en Dieu, et aussi de la conversion de son regard sur Dieu. « Prends ton fils unique… » La barre est haute mais la confiance d’Abraham est inébranlable. Ce qui l’amène à comprendre autrement le sacrifice : « Laisse-le vivre, sans jamais oublier que Je te l’ai confié et qu’il est appelé à vivre sa vie ». Autre contexte avec Marc, où Dieu parle. Jésus est accablé par les foules à guérir et la méprise dont il est l’objet. Sentant approcher sa mort à cause du rejet de son message, Jésus prend avec lui ses amis intimes et monte sur une montagne pour prier avec eux. C’est là que le Père se dévoile à eux. La lumière éclatante de la Transfiguration évoque l’union de Jésus avec Dieu. Le regard transformé d’Abraham sur Dieu, un Jésus transfiguré sous les yeux de ses amis, ces récits nous renvoient à notre propre vie. Nous avons besoin de prendre de la hauteur par rapport à ce que la vie nous donne à vivre et aux événements qui affectent aujourd’hui l’humanité. L’éclatante Lumière est secrètement à l’œuvre dans tout ce que nous avons à traverser. La Parole peut nous recréer et tout ce que nous manifesterons de cette Parole sera transfiguré.

1er dimanche de Carême Gn 9,8-15. / Ps 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9. / 1 Pierre 3,18-22. / Mc 1,12-15.

Les eaux et le désert sont deux lieux d’épreuves pour les hommes. Noé a affronté pendant 40 jours les eaux mortifères. C’est alors que Dieu lui annonce son intention de mettre fin au Déluge. Quant au désert, c’est un lieu ambivalent dans la Bible : habitat des forces du mal, c’est aussi le lieu choisi pour prier. On y vit des grandes rencontres et des grandes solitudes. Pour Israël, c’était le lieu de la fidélité et celui de la trahison. C’est le lieu des tentations. Marc ne décrit pas les tentations de Jésus mais désigne le désert comme lieu où l’on choisit Dieu. Nos déserts ne doivent pas nous effrayer car Dieu nous aide à tirer de nos épreuves une source inépuisable d’eau vive. Notre défi est de garder notre cap et de croire en son aide. Les temps sont accomplis : « Changez, détournez-vous de ce qui vous tient enchaînés ». Le Carême nous appelle à nous libérer de nos attirances, nos tendances, et à vivre selon l’Évangile. Nous voici invités à cultiver trois valeurs : la prière, le jeûne et le partage. Sachons en découvrir les fruits.

6è dimanche du T.O. Lévit. 13,1-2.44-46. / Ps 32(31),1-2.5.11. / 1 Co 10,31-33.11,1. / Mc 1,40-45.

La 1re lecture et l’évangile parlent respectivement de la lèpre en général et d’un lépreux en particulier. On y retrouve l’antique Loi sacerdotale et, en Marc, un geste de Jésus qui dévisse les interdits de cette loi. Dans la Bible, les maladies ou infirmités ont un sens spirituel. La cécité est aveuglement devant la vérité ; la surdité est inaptitude à entendre la Parole de Dieu ; la lèpre est une punition divine pour un grave péché non avoué. Perçu comme impur sur le plan religieux, symbole de la déchéance humaine, le lépreux est jeté hors du peuple de Dieu et même de la cité. Marc nous fait réaliser que la lèpre représente aujourd’hui tout ce qui coupe notre relation aux autres et nous empêche de vivre ensemble. Et cette séparation engendre un déficit d’amour. Pris de compassion devant cette infirmité, Jésus touche le lépreux. Sa transgression n’est pas dirigée contre la loi, mais contre le pouvoir aliénant de ses interprétations. Le lépreux est en effet victime d’un tabou social et religieux. Cette guérison a donc pour but de le réintégrer dans la communauté. Derrière la lèpre, il y a toutes nos fragilités, ce qui nous ronge de l’intérieur et nous défigure, ce qui nous empêche de Vivre. A la manière de Jésus, comment allons-nous libérer de leur lèpre les exclus que nous rencontrons ? Et nous avec ?

5è dimanche du T.O. Job 7,1-4.6-7. / Ps 147(146),1.3.4-5.6-7. / 1 Co 9,16-19.22-23. / Mc 1,29-39.

Tout réussit à Job jusqu’à ce que le malheur s’acharne sur lui sans qu’il puisse en comprendre les raisons. Sa vie n’est plus que ténèbres et tourments. Il demeure cependant tourné vers le Seigneur. Nous adhérons quelque part à la plainte de Job face aux lourds échecs, la souffrance et l’injustice. Or la réponse de Dieu serait de changer notre regard sur les faits et notre vie. Job a ainsi été amené à revoir sa relation avec les biens matériels et à reconstruire sa vie différemment. Jésus nous y invite avec Marc. Au chevet de la belle-mère de Simon, « Il la saisit par la main et la fit se lever » ; ce qui évoque l’expérience pascale. Jésus nous saisit également et nous libère de nos fièvres (nos activités effrénées manquant de sens), de tous les maux qui blessent notre humanité et nous font décliner. Quelque chose a changé : guérie, la belle-mère a renoncé à ses projets pour se mettre à servir le Christ. Quelles sont nos fièvres ? Quelles idoles nous aliènent sournoisement ? Reconstruire ma vie autrement… à commencer par quoi ?

4è dimanche du Temps ordinaire – Dt 18, 15-20 ; 1Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28 Une parole d’autorité est une parole à laquelle on peut accorder crédit, qui est fiable. Quand il enseigne, Jésus ne récite pas une leçon, il est le cœur de cette parole, Parole de Dieu même, déjà présente au jour de la création : Dieu dit…et cela fut ! La Parole de Jésus, une parole de commencement : elle libère celui qui est sous l’emprise de forces du mal et qui n’est pas libre de parler et lui ouvre le chemin d’une vie nouvelle. Son autorité est au service de la libération des hommes et des femmes qui l’entourent. La Parole de Jésus, une parole de vérité : en Jésus, pas d’écart entre ce qu’il dit et fait. Il manifeste ici sa victoire sur Satan au désert après son baptême. Le démon de ce récit savait tout cela mais Jésus lui interdit de dire qui il est ; en effet, il ne suffit pas de savoir des choses sur lui pour avoir la foi ; trop s’enfermer dans ce qu’on connaît déjà, empêche de s’ouvrir à ce qui est nouveau. Que sa Parole nous touche, qu’elle rejoigne notre expérience afin que nous soyons attachés au Christ sans partage, comme le dit Paul aux chrétiens de Corinthe.

3è dimanche du Temps ordinaire - Jon 3, 1-10 ; 1Co 7, 29-31. Mc 1, 14-20 « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez en l’évangile ». Chacun des éléments de cette phrase ne va pas sans les deux autres. Jésus ne les sépare pas. Le moment favorable est là, le bon moment, en sa personne s’offre le Règne d’un Dieu qui se fait proche ; voilà la Bonne Nouvelle ; et celui qui l’accueille, répond par un changement de vie et par la foi, c’est-à-dire l’ouverture de tout son être. La réponse de Pierre et André, puis de Jacques et Jean est immédiate : « ils le suivent… partent derrière lui ». A la bonne nouvelle qui fait irruption dans les cœurs, correspond un changement radical de vie. Les disciples quittent leur métier de pêcheurs pour partager ‘aussitôt’ la route de celui qui les a appelés. Ils vont devenir pêcheurs d’hommes, c’est-à-dire conduire d’autres hommes à Jésus comme eux-mêmes ont été « pris » par lui, c’est-à-dire tirés des eaux profondes, sauvés par lui. Un appel pour tout baptisé aujourd’hui près des hommes et des femmes plongés dans les conflits, les violences, la quête de sens.

Deuxième dimanche du Temps ordinaire - 1 S 3, 3b-10.19 ; Jn 1, 35-42 ; Dans la nuit, Samuel entend une voix qui l’appelle, et sur-le-champ répond « me voici » ! Elie finit par discerner dans cet événement, l’appel du Seigneur. Des siècles plus tard, sur les bords du Jourdain, André entend la parole de Jean-Baptiste « Voici l’Agneau de Dieu » et il reconnaît le messie dans l’inconnu qui passe. Pierre à son tour vient à Jésus, grâce à la parole d’André son frère, puis ce sera Nathanaël, grâce au témoignage de Philippe. Croire passe souvent par des intermédiaires. Quelles personnes nous ont permis de rencontrer le Christ, d’avancer sur le chemin de la foi ? Le Seigneur passe. Au soir de notre journée nous nous rappelons ce que nous avons vécu au fil des heures, et pouvons y discerner des clins d’œil, des appels de Dieu : des événements, des récits de la Bible, du journal, des paroles entendues dans la rue, à l’Église (ainsi en cette journée mondiale du migrant et du réfugié), ou au travail. Dieu nous parle, nous appelle à travers tout cela, à travers tout ce qui fait notre vie ; notre vocation est fait de ces appels, dont le Christ a l’initiative comme au temps des disciples. A notre tour d’inviter de sa part : »Venez et vous verrez ! »

Fête de l’Épiphanie. Is 60, 1-6 ; 2, 1-12 ; Eph 3, 2-6 ; Mt 2, 1-12 « Les nations marcheront vers ta lumière…. Tous ils se rassemblent, ils viennent vers toi… Des siècles avant l’arrivée de Jésus, Isaïe annonçait la lumière qui allait retourner les peuples, les attirer vers la cité de Dieu, en un même mouvement d’allégresse. En cette fête de l’Épiphanie, nous demandons que la lumière du Christ brille sur nous et sur le monde. Mais, ne faut-il pas commencer par sortir de chez soi pour voir la lumière ? « Les mages ne se sont pas mis en route parce qu’ils avaient vu l’étoile, mais ils ont vu l’étoile parce qu’ils se sont mis en route » dit notre pape, citant Jean Chrysostome. Hérode et les spécialistes de la loi sont restés à l’intérieur de leur palais après avoir découvert dans les Écritures ce qui concerne Jésus. A l’écoute de la parole de Dieu les mages ont repris leur route et l’étoile de nouveau a brillé. Guidés par elle, ils ont découvert le roi recherché, se sont prosternés devant lui, lui ont offert de l’or qui convient à un roi, mais aussi de l’encens qui convient à Dieu et de la myrrhe qui annonce déjà la mort. De Jésus. La rencontre de ce roi pas comme les autres les pousse à reprendre la route, une nouvelle route pour regagner leur pays.

Fête de la Sainte Famille Gn 15,1-6.21,1-3. / Ps 105(104),1b-2.3-4.5-6.8-9. / Heb. 11,8.11-12.17-19. / Lc 2,22-40.

Abraham et Sarah nous indiquent la foi qui met en route vers l’inconnu. La démarche de Marie et de Joseph y ressemble, motivée par les prescriptions religieuses de l’époque. Ils rencontrent Syméon et Anne -des témoins de la sagesse et du discernement spirituel- qui reconnaissent dans l’enfant la réalisation des promesses de Dieu et annoncent la rupture entre le temps de l’attente et les temps de l’accomplissement. Syméon et Anne les propulsent plus loin que le rite accompli : la naissance de Jésus, humble et discrète, contient toute la promesse d’une humanité renouvelée. Luc fait ainsi de la présentation au Temple un événement théologique qui annonce l’accomplissement de l’espérance d’Israël. Avec l’enfant Jésus, le Salut s’ouvre et la Lumière s’allume pour tous les peuples. Que cette Lumière éclaire nos familles pour grandir et apprendre à aimer de tout notre cœur, de toute notre force et de toute notre intelligence. Nous serons alors des semeurs d’espérance.

4è dimanche de l’Avent 2 Sam. 7,1-5.8b-12.14a.16. / Ps 89(88),2-3.4-5.27.29. / Rm 16,25-27. / Lc 1,26-38. Comme David, nous pourrions être surpris par Dieu car son projet de demeure n’est pas le nôtre. Dieu a préparé une demeure éternelle, qui n’est pas de ce monde, et face à la tentation de circonscrire la présence de Dieu dans un objet ou un édifice, nous voilà invités à revoir nos schémas. La demeure que Dieu souhaite, c’est la création toute entière, la communauté des humains. Le mystère de l’Incarnation accomplit cette promesse, avec Marie de Nazareth. Marie a accepté avec confiance de devenir une demeure pour le Seigneur, et son acte de foi en fait la première pierre de cette demeure. Ce privilège sera celui de tout homme et toute femme qui s’engage avec foi pour l’œuvre de Dieu. Le oui de Marie a débouché sur une naissance exprimant fragilement la nouveauté de l’amour qui donne la vie et crée du nouveau sur la Terre. Dieu prit chair et devint réalité. En Jésus, Dieu ne naît pas dans un monde harmonieux et paisible, mais dans un monde dominé par le mal et l’injustice. Mais sa naissance vient raviver nos gestes d’amour, de compassion, de fraternité, de justice et de paix. Si la nouveauté de Noël est encore capable de bouleverser notre cœur et de raviver notre espérance, alors il convient de la répandre dans notre monde de ténèbres. Aujourd’hui encore, le Fils de Dieu cherche à nous habiter.

3è dimanche de l’Avent Is 61,1-2a.10-11. / Lc 1,46b-48.49-50.53-54. / 1 Thess. 5,16-24. / Jn 1,6-8.19-28.

Isaïe, en son temps, annonçait aux juifs que le Messie tant annoncé par les Écritures était au milieu d’eux mais ils ne le reconnaissaient pas. Jean-Baptiste reprend le message à sa manière : Oui, Il est là celui que vous attendez, mais vous ne pouvez le reconnaître sans une conversion intérieure. Il se tient déjà au milieu de nous (en nous) et il faut aménager le chemin de notre cœur pour le rencontrer, en misant par exemple sur une écoute plus attentive de sa Parole, et des semences de paix et de justice autour de nous. Paul nous indique des pistes : veiller à ne pas éteindre l’Esprit, à ne pas nous laisser envahir par nos angoisses et nos peurs ; s’éloigner de toute espèce de mal. En ce temps d’Avent, qu’allons-nous choisir de changer en nous pour relever ce défi proposé par Paul ?

2è dimanche de l’Avent Is 40,1-5.9-11. / Ps 85(84),9ab-10.11-12.13-14. / 2 Pierre 3,8-14. / Mc 1,1-8. Isaïe proclame que c’est dans le désert que nous trouverons Dieu en chemin. Ce lieu hostile, rappelant la sortie d’Égypte, représente un passage de la mort à la vie, une résurrection. Jean-Baptiste concrétise l’oracle d’Isaïe. Il prêche dans le désert qui est très peuplé : « Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui… ». Il nous invite ce dimanche à traverser nos déserts pour accéder à la liberté. Pierre accentue l’exhortation : « Vivez dans la sainteté et la piété… pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix ». La semaine dernière, nous étions invités à veiller. Aujourd’hui, il nous est demandé de préparer le chemin pour accueillir Dieu. Et le désert n’est pas celui qui entoure Jérusalem, mais celui qui entoure notre cœur. Si nous élaguons ce qui encombre notre cœur, il nous sera donné de voir les abîmes ou les montagnes qui nous barrent la route vers Dieu.

1er dimanche de l’Avent

Is 63,16b-17.19b.64,2b-7. / Ps 80(79),2-3bc.15-16a.18-19. / 1 Co 1,3-9. / Mc 13,33-37. Après la longue période vécue en exil, le peuple d’Israël a espéré une vie nouvelle dans des conditions de justice et de paix. Mais les comportements n’ont pas fondamentalement changé à Jérusalem, où Dieu semble absent. Isaïe appelle donc à un ressaisissement. Aujourd’hui encore, l’Avent nous rappelle que Dieu est bien vivant au milieu de nous, et que nous avons reçu le don de Dieu pour renouveler nos vies. Ce don de Dieu est cependant fragile comme l’Enfant de Bethléem ; il semble facile de dire oui au baptême, mais il est exigeant d’être fidèle dans la durée. Dieu est comme un homme parti en voyage et il nous a confié sa maison. Or, nous sommes tous guettés par l’assoupissement de notre conscience. Soyons plutôt des veilleurs de Dieu même dans nos nuits, nos moments de doute. Où en sommes-nous dans notre rôle de veilleur ?

Le Christ, roi de l’univers. Ez 34, 11…17 ; Ps 22 ; Mt 25, 31-46 Ezéchiel nous présente Dieu sous les traits d’un berger qui veille avec tendresse sur chacune de ses brebis. Le psalmiste chante en écho : le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer . Selon les évangiles, Jésus prend à son compte la même image du berger. Il peut le faire puisque le Père lui a tout soumis C’est lui qui apprête pour nous la table de l’Eucharistie. Son Esprit nous guide, nous rappelant ses paroles, nous aidant à les comprendre, nous donnant la force d’affronter et vaincre le mal. Dans la parabole que nous entendons aujourd’hui, Jésus nous dit à quel signe il reconnait notre foi et notre amour pour lui. En effet, Il est parmi les personnes affamées, sans-logis, sans vêtements, sans liberté, indignées ou désespérées… Si Jésus s’identifie à eux, s’il est là, parmi eux, aujourd’hui, alors l’Eglise est donc là aussi puisque l’Eglise dit la présence du Christ, qu’elle en est le sacrement. La parabole ne sépare pourtant pas l’humanité en deux catégories, les bons et les justes d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre. Chacun de nous a en lui-même sa part de lumière et sa part d’ombre Notre liberté est en jeu. L’humanité, dont nous faisons partie nous est confiée. Puisse la parole de Dieu nous le rappeler sans cesse et nous garder vigilants !

33e du T.O. Pr 31, 10…31 ; I Th 5, 1-6 ; Ps 127 ; Mt 25, 14-30 Confiance, bonheur, deux mots qui peuvent monter du cœur à la lecture des textes offerts pour ce dimanche. Le livre des Proverbes nous dit que la femme remplie de la sagesse de Dieu (remplie de A à Z : une lettre de l’alphabet précède chaque verset), crée du bonheur, au cœur des tâches quotidiennes. La parabole de Jésus que rapporte Matthieu nous parle-t-elle aussi de bonheur ? Celui-ci est dans la confiance accordée par l’homme qui laisse ses biens à ses propres serviteurs, des sommes importantes, à chacun selon ses capacités. Il l’est également dans la confiance des serviteurs qui remettent le fruit de leur travail en même temps que ce qu’ils avaient reçu au départ. Entre dans la joie de ton maitre, s’entendent-ils dire, comme s’il s’agissait d’entrer dans un lieu (le lieu de Dieu !) Qu’en est-il du troisième ? Il ne parle pas de la confiance accordée mais comment il voit son maître : dur, avare, profitant du travail des autres. Peut-être a-t-il eu peur de se voir enlever ce qu’il pouvait gagner pendant l’absence du maître ? A présent, il perd tout ; mais, n’ayant plus rien, il peut encore repartir de zéro. L’espérance n’est pas morte. La parabole laisse ouvertes des portes afin de nous permettre d’en choisir une. Celle de la confiance ou celle de la peur ?

32è du T. O. - Sg 6, 12-16 ; 1 Th 4, 13-18 ; Mt 25, 1-13 La Sagesse, c’est Dieu lui même, Dieu qui désire la vie pour l’homme. Si l’homme de son côté recherche la Sagesse, alors cette rencontre produit la vie. Saint Paul affirme sa foi en la vie avec le Christ, face aux doutes de sa communauté de Thessalonique : Jésus est mort et ressuscité… ceux qui se sont endormis, Dieu les emmènera avec son Fils… nous serons pour toujours avec le Seigneur. La parabole de l’évangile, exprime le désir d’entrer dans la vie de Dieu, dans son royaume qui n’est pas un lieu : ouvre-nous ! disent les cinq jeunes filles de la parabole qui attendent à la porte. C’est une parabole d’espérance : le texte dit : Il en est du royaume des cieux comme dix jeunes filles toutes les dix sont donc appelées à faire partie du royaume ! Il ne sera pleinement accompli que lorsque toutes y entreront. Nous sommes à la porte comme cinq d’entre elles et attendons ; plus précisément, il s’agit peut-être d’une part de nous-même, celle qui n’est pas prête et attend. La réponse du maître nous est adressée : veillez ! Que l’Esprit du Christ garde notre attente active et que l’huile du désir et de l’amour ne manque pas !

30è dimanche du temps ordinaire Ex. 22,20-26. / Ps 18(17),2-3.4.20.47.51ab. / 1 Thess. 1,5c-10. / Mt 22,34-40.

Dieu est à la source des commandements dans la 1re lecture, et il y avait bien d’autres recommandations et interdits dans les Écrits du 1er Testament. Jésus rend simple ces commandements et l’enseignement des prophètes se réduisent au commandement d’aimer Dieu, de nous aimer nous-mêmes et les autres, avec tout ce que nous sommes et ce que nous avons. L’amour du prochain est prioritaire mais aimer Dieu est le premier et le plus grand commandement. Le commandement d’amour sera pour toujours au cœur du message chrétien. Le piège qui nous guette est de hiérarchiser, de choisir, de prendre le risque d’une sélection. Les commandements de Jésus ne se trouvent pas dans le texte fondateur de la Loi -les 10 commandements- mais ils commencent par le même ordre, celui d’aimer.

29è dimanche du temps ordinaire Is 45,1.4-6. / Ps 96(95),1a.3.4-5b.7-8a.9a.10ac. / 1 Thess. 1,1-5b. / Mt 22,15-21. Alors que Jésus enseignait dans le Temple, l’entrée en scène des pharisiens et des hérodiens relate le piège qu’ils lui tendent en vue de le supprimer. Les pharisiens attendaient une réponse au dilemme du « permis-défendu ». La réponse adroite de Jésus nous invite à garder l’autonomie de notre conscience et à ne pas perdre de vue le Royaume. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu : c’est le reconnaître comme notre créateur, le suivre du plus profond de notre être et collaborer à la construction d’une société juste et pacifique. Rendre à César ce qui est à César, c’est assumer la réalité humaine. Nous sommes libres d’obéir à Dieu et aux lois humaines, mais libres de résister à ces lois lorsqu’elles se placent contre Dieu et son dessein. Cyrus était sans le vouloir un envoyé de Dieu. On peut en déduire que quiconque agit dans le sens d’une libération véritable des hommes accomplit l’œuvre de Dieu.

28è dimanche du temps ordinaire Is 25,6-10a. / Ps 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. / Philip. 4,12-14.19-20. / Mt 22,1-14.

Le Jour du Seigneur, souvent évoqué par les prophètes comme celui d’un jugement redoutable, est en fait dévoilé comme le Jour du Salut : une vie toute nouvelle qui s’apparente à un somptueux festin préparé par Dieu et destiné à tous les peuples. Ce repas célèbre la fin de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. La parabole des invités au festin pointe pourtant un échec de la relation que Dieu a voulu établir avec son peuple élu. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il y a le travail, les affaires, les projets… Les activités se présentent toujours plus absorbantes. Nous répondons aux appels de la société. Faisons-nous de même avec Dieu ? La parabole va plus loin avec la nécessité de revêtir le vêtement de noces. La tenue exigée est celle du service, de la lampe allumée ; ce qui nous renvoie à notre baptême et nous engage à suivre le Christ. Dieu ne cesse de nous dire : Tout est prêt : venez au repas de noce !

27è dimanche du temps ordinaire Is 5,1-7. / Ps 80(79),9-10.13-14.15-16a.19-20. / Philip. 4,6-9. / Mt 21,33-43. Décrivant tout ce que le propriétaire a fait pour sa vigne, Isaïe nous révèle l’espérance de Dieu dans son investissement pour son peuple, et son immense déception quand il ne récolte que de mauvais fruits (violences et injustices). Par sa propre histoire, Israël met en scène la parabole du drame vécu par toutes les sociétés qui bafouent « le droit et la justice ». Ces fruits attendus par Dieu, à partir de bons plants, ne sont pas au rendez-vous. Jésus reprend la parabole de la vigne d’Isaïe mais, alors que celui-ci incriminait la vigne, ce sont les vignerons qui sont mis en cause car ils s’approprient les fruits de la vigne. Jésus nous dit d’abord que ce monde ne nous appartient pas. Fruit de la fécondité divine, il est fait pour porter du fruit, de la vie, du bonheur. Et les fruits dépendent de nous. Cette parabole révèle aussi ce qui se passe lorsque la volonté des hommes est de dominer le monde et les autres à leur profit personnel, soit par la force ou par de subtils asservissements économiques. Enfin, la parabole passe de la vigne à la pierre angulaire pour nous avertir que le Royaume sera enlevé à ceux qui exercent le pouvoir en dominant, et tous ceux que l’on crucifie seront avec le Christ la pierre angulaire de tout l’édifice.

26è dimanche du temps ordinaire Ezéc. 18,25-28. / Ps 25(24),4-5ab.6-7.8-9. / Philip. 2,1-11. / Mt 21,28-32. Ezéchiel nous rassure : Dieu ne nous enferme pas dans nos refus. Chaque individu est responsable de sa conduite et doit en répondre tout au long de sa vie, mais à tout moment il peut se convertir. Avec Dieu, l’avenir est toujours ouvert ; il s’écrit à chaque occasion de se repentir et de se tourner vers Lui. Pourquoi les prostituées et les publicains ont-ils cru à la parole de Jean ? Parce qu’ils savaient qu’ils n’atteindraient jamais par eux-mêmes leur vérité humaine et les conditions pour retrouver leur dignité. Jésus nous indique là que ni le statut social, ni le prestige ne sont déterminants pour l’entrée dans le Royaume, dans la vigne du Père. Il nous donne aussi à penser que le fils obéissant et son frère se retrouvent souvent dans la même personne, selon les circonstances de la vie. Le salut n’est jamais acquis une fois pour toutes, mais soyons convaincus que la présence constante de Dieu à nos côtés nous invite à rejoindre sa vigne et à y travailler.

25è du Temps ordinaire - Is 55-6-9 ; Ps 77 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16 ; « Cherchez Dieu tant qu’il se laisse trouver » : la quête de Dieu connaît des moments favorables : moment de silence, moment où l’on se laisse toucher par une parole, où l’on revient à l’essentiel… où l’on revient vers Dieu. Cela peut arriver n’importe quand. Si nous disons que Dieu est loin, absent, n’est-ce pas que nous perdons le goût de le chercher ? Pour Dieu, tout moment de la vie, du début à la fin, peut être favorable ; il invite à produire de bons fruits dès le matin ou le soir venu. Sa logique en effet n’est pas la nôtre : « le Seigneur est riche en pardon car vos pensées ne sont pas mes pensées » nous dit-il par la voix d’Isaïe. Jonas ne le comprenait pas et s’irritait contre Dieu qui, selon lui, pardonnait trop rapidement à tous les Ninivites. La parabole qui nous est offerte ce dimanche, nous dit que celui qui est sorti au coucher du soleil est appelé à travailler lui aussi et à cueillir les mêmes fruits que d’autres, embauchés à la première heure. Un appel à la confiance !

24è Du Temps ordinaire - Ps 102 ; Si 27, 30-28,7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35. Les textes de ce jour appellent le chrétien à s’ouvrir au pardon qui vient de Dieu. Ainsi le psalmiste bénit-il le Seigneur qui « pardonne toutes ses offenses ». Ben Sirach fonde l’importance du pardon sur l’Alliance de Dieu avec l’homme : Cette alliance qui commence avec la création et témoigne d’un Dieu fidèle qui accorde aux humains sa miséricorde au long des siècles. « Le Seigneur a pitié de toute créature…souviens-toi de l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas ». S’ouvrir au pardon de Dieu rend capable de donner et de par-donner à son tour : c’est ce que nous pouvons retenir de la parabole proposée par Jésus aujourd’hui. Le « débiteur impitoyable » dont il est question ne comprend sans doute pas vraiment la grâce qu’il a reçue, quand il agit sans pitié envers son frère. « Appartenir au Seigneur », comme l’enseigne Saint Paul, n’est-ce pas s’engager sur le difficile et parfois très long chemin de la compassion et du pardon ?

23è du Temps ordinaire - Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20. En exil à Babylone, Ezéchiel est invité à devenir guetteur pour Dieu et guetteur pour son peuple. Écouter attentivement la Parole de Dieu et la transmettre à ses frères afin qu’ils gardent au cœur l’espérance de retourner au pays des Pères : voilà la mission que le prophète a reçue de Dieu. Jésus, guetteur pour le Royaume, envoyé par le Père, s’est engagé jusqu’à l’extrême pour que tous aient la vie ; Il conclut ainsi la parabole de la brebis perdue : « votre Père qui est aux cieux ne veut qu’aucun de ces petits ne se perde ». Cette vigilance a été confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui. Comment vivre cette vigilance qui est en même temps solidarité ? La page de l’évangéliste pour ce dimanche invite à privilégier dans les relations, l’écoute, la parole vraie et libre, le dialogue engagé coûte que coûte avec ceux qui nous ont fait du tort. Le Christ ressuscité nous assure de sa présence, et c’est lui qui réalise notre communion chaque fois que nous faisons un pas vers l’autre : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

« Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes »

21è dimanche du T.O. Is 22,19-23. / Ps 138(137),1-2a.2bc-3.6a.8. / Rm 11,33-36. / Mt 16,13-20.

Isaïe relate la destitution d’un haut fonctionnaire qui, dans sa recherche de pouvoir, se préoccupait plus de se faire creuser un sépulcre que de sa mission de gouvernement de la cité de Jérusalem. Isaïe se tourne alors vers un Israélite, capable de garantir le progrès et l’avenir de son peuple. La clé symbolise un pouvoir très étendu. Quant à Paul, il pointe trois ressources propres à Dieu : la richesse, la sagesse et la science, mises au service d’un amour inépuisable. Ces ressources sont à notre portée, et dans la mesure où tout disciple, riche sage et savant, reste désintéressé, il peut rayonner de la richesse de Dieu dont il est enrichi. Simon-Pierre n’avait, lui, qu’une conviction : Tu es le Christ ! Ce qui va le propulser là où il ne s’y attendait pas. Désormais, il sera le rocher de fondation pour l’Église de Jésus ; il lui appartient d’ouvrir aux hommes l’accès au Père. A notre niveau, humblement, nous sommes des pierres de fondation, soit pour la famille que nous avons fondée, soit pour l’œuvre qui nous est confiée.

20è dimanche du T.O. Is 56,1.6-7. / Ps 67(66),2b-3.5abd.7b-8. / Rm 11,13-15.29-32. / Mt 15,21-28.

L’exil a jeté le peuple élu hors frontières, le mêlant à des gens de toutes nations et d’autres cultes. Le Salut étant proche, Isaïe invite le peuple à observer le droit et à pratiquer la justice. Comprenons le mot justice comme la perfection que l’homme peut et doit atteindre… Observer la Shabbat, s’abstenir de toute action mauvaise ». Le salut offert par Dieu est donc ouvert à tous ceux qui s’ajustent en se conformant à l’Alliance. Le prophète préfigure l’attitude de Jésus qui s’intéresse non seulement aux seuls fils d’Israël mais aussi à tout étranger (non Juifs). L’évangile de ce dimanche illustre son désir d’ouvrir sa Bonne Nouvelle du Salut aux païens. La Cananéenne a compris cela et pose un acte d’humilité (se comparer au petit chien), un acte de confiance en l’Amour Miséricordieux du Seigneur. Ce fut la clé d’une guérison… à distance.

Assomption de la Vierge Marie Apoc. 11,19a.12,1-6a.10ab. / Ps 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16. / 1 Co 15,20-26. / Lc 1,39-56.

La 1re lecture et l’évangile ont en commun d’annoncer les prémices d’une ère nouvelle. Nous passons d’une vision fantastique à la rencontre illuminée de deux femmes. La naissance de l’enfant, futur berger des peuples, inaugure le combat entre l’Envoyé de Dieu et les puissances du Mal. Paul nous rappelle aussi que le Christ « prémices » a ouvert le chemin de la Vie, la voie de Dieu. Il est prémices de tous ceux qui croient en lui et sont ouverts à la force créatrice de son Esprit d’amour. Si cette force vient de Dieu, il faut encore que ce don soit accueilli par l’homme. Marie est donc le symbole de l’humanité qui accueille et collabore à l’Humanité divine de Jésus. L’Esprit Saint a voulu que le premier dialogue sur l’espérance du monde fût celui de deux femmes enceintes, images de confiance en l’avenir. Marie est pour chacun de nous le Modèle de disponibilité qui fait accéder au Père et à son Salut.

19è dimanche du T.O. 1 Rois 19,9a.11-13a. / Ps 85(84),9ab-10.11-12.13-14. / Rm 9,1-5. / Mt 14,22-33.

Pour plaire à Dieu, Élie vient de supprimer les prophètes des autres dieux. Or Dieu lui signifie qu’il n’est dans aucune violence ; Il est dans le murmure d’une brise légère, dans la douceur et le silence d’une relation personnelle. Cette théophanie préfigure la nouvelle Alliance, l’avènement de Jésus-Christ. Notons le parallèle entre l’expérience D’Élie à l’Horeb et celle de Moïse : une marche de 40 jours, l’eau et le pain fournis par Dieu et son appel. A propos d’appel, nous voici sur les eaux du lac de Tibériade. Jésus marche sur les eaux (ce qui signifie qu’il domine les forces du mal) et invite Pierre à faire de même, à participer à son œuvre. Confiant dans la Parole de Jésus, Pierre s’y aventure mais il doute sur ses capacités et prend peur : il s’enfonce. L’image vaut pour nous et pour l’Église en général. Ce combat contre des éléments contraires est notre condition sur cette terre. Or Jésus nous invite à participer au Salut qu’il nous apporte, et à se laisser envahir par la force de l’Esprit qui, comme une brise légère, nous aide à persévérer.

Transfiguration du Seigneur Dn 7,9-10.13-14. / Ps 97(96),1-2.4-5.6.9. / Mt 17,1-9.

Jésus les emmène à l’écart (pour prier). Il fut transfiguré, métamorphosé… On pense alors à la vision de Daniel. Matthieu nous renvoie à l’expérience de Moïse au Sinaï : une montagne, un visage lumineux, une théophanie. La présence des deux figures du 1er Testament désigne Jésus comme l’accomplissement de la Loi et des prophètes. Pierre, heureux de cet instant, voulait s’installer dans cette situation privilégiée. Il nous arrive parfois d’être ébloui en vivant des moments intenses, et de chercher à faire durer ces moments… mais il faut retrouver les réalités de la vie quotidienne. La transfiguration dévoile la nature réelle, l’identité du Christ, et révèle aux disciples que ce qu’ils ont vu du passé est en fait une anticipation de ce qui a déjà commencé à se manifester. Moïse et Élie s’effacent devant Jésus qui apparaît alors comme l’acteur d’une nouvelle étape de la Révélation. La Nouvelle Alliance consiste à croire en l’œuvre de grâce manifestée en Jésus, présent aujourd’hui à nos côtés.

30 juillet – 17è dimanche - I R3, 5…12 ; Ps 118 ; Mt 13, 44-52. Que répondrais-je si Dieu me posait cette question qu’il adressait à Salomon : « demande-moi ce que tu veux ! » ? Salomon fraîchement couronné, après une course au pouvoir bien sombre, est désemparé au début de son règne. Que répond-il à Dieu ? « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien et le mal ! ». Dieu va le combler au-delà de ses désirs. Le Royaume qu’inaugure Jésus est aussi une affaire de discernement. Les quatre paraboles qui nous sont proposées montrent des hommes qui ont fait un choix décisif : celui qui vend tout ce qu’il possède pour acheter un champ ; le négociant de perles fines, le pêcheur qui trie les poissons de son filet, tous discernent ce qui sera le meilleur. Mais où est ce trésor ? Les choses cachées, dont parle Jésus n’est-ce pas sa personne elle-même ? Il se donne à rencontrer. Un cœur attentif, un cœur qui aime saura sans doute mieux discerner où, quand, et comment le reconnaître et choisir de le suivre.

23 juillet - 16è dimanche - Sg 12, 13…19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43. Notre vie est mêlée d’ombres et de lumières : le mal oppresse le monde, chaque jour abondent les actes de violence ; mais nous sommes aussi témoins de gestes de solidarité, de pardon ; ce que nous vivons personnellement est également mêlé ; un combat se livre sans cesse en nous-mêmes, pour que gagne la vie, pour que ne soit pas étouffé par l’ivraie, le bon grain de la bienveillance, de la miséricorde, de l’ouverture aux autres. Notre Dieu est tendresse et pitié chante le psalmiste ; il est le jardinier qui travaille la terre de notre cœur ; il est aussi le soleil qui fait germer et lever le bon grain et brûle l’ivraie. Seigneur, Tu as pénétré tes fils d’une belle espérance » reconnait l’auteur de la Sagesse ». Nous voici invités à le croire et à devenir patients vis-à-vis de nous-mêmes et des autres ! Que l’Esprit de Dieu, qui vient au secours de notre faiblesse, garde vive notre espérance !

15è dimanche - Is 55, 10-11 ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23 Jésus aime utiliser des paraboles, des sortes de fables, pour se faire comprendre. Assis dans une barque, face à la colline il peut observer les paysans au travail, semant les grains de blé à tous vents et cette figure du semeur le fait penser au don de Dieu : sa Parole, telle une semence, est proposée à tous, elle produit du fruit, cent pour un ou trente pour un selon la mesure et selon les dispositions de chacun. Cette parole m’est offerte aussi comme à tous. Je sais que je l’accueille tantôt avec intérêt et joie tantôt dans l’indifférence ou l’ennui. Quels fruits produit-elle ? Joie ? Espérance ? Désir de me tourner vers l’autre ? Isaïe nous assure que la parole agit efficacement. Saint Paul, dans sa lettre aux chrétiens de Rome, compare cette action de Dieu à un enfantement des croyants et de la création tout entière. L’Esprit Saint nous habite et travaille jour après jour à notre délivrance.

14è dimanche - Za 9, 9-10 ; Rm 8, 11-13 ; Mt 11, 25-30 ; Le prophète Zacharie annonce la venue d’un roi-messie juste et humble, à Jérusalem, monté sur un âne. Les premiers chrétiens, et les évangélistes, relisant ces pages, y ont vu la figure de Jésus, acclamé avant sa Passion, lors de son entrée à Jérusalem. Ce royaume de justice, d’humilité et de paix, Jésus l’a proclamé et inauguré par sa manière d’aimer, à travers ses paroles et ses actes Il le propose sans l’imposer, aux cœurs humbles qui seuls peuvent comprendre sa parole et l’accueillir. « Vous êtes heureux », leur dit-il et lui-même se réjouit de la foi des petites gens, et rend grâces. Jésus se dit aussi émerveillé d’être en communion avec Dieu, son Père. Comment devenir pauvres et humbles de cœur, abandonner ses sources et verrous de sécurité, la soif de toutes sortes de pouvoir et de violence ? Comme l’ont fait les premiers disciples, mettons-nous à l’école du Christ : sa Parole nous tiendra liés à lui, pour accomplir la même mission et trouver le même bonheur.

Accueillir …

Les textes bibliques de ce premier dimanche des vacances nous adressent des paroles fortes sur l’accueil. Tout au long de cette période d’été, nous aurons l’occasion d’accueillir ou d’être accueillis en famille. Nous rencontrerons des personnes différentes venues d’ailleurs …

Voir aussi : Venez à l’écart et reposez-vous !

12è dimanche du T.O. Jér. 20,10-13. / Ps 69(68),8.10.14.30-31.33-34. / Rm 5,12-15. / Mt 10,26-33.

Paul nous montre l’histoire de l’humanité dominée par deux personnages : Adam et Jésus-Christ. La loi assurant la liaison entre l’un et l’autre. Le 1er homme aura donné accès, dans son propre être et sa descendance, à la puissance du mal. Paul considère la mort comme une conséquence des transgressions individuelles, c’est-à-dire la participation consciente de tous les hommes au péché originel. Il y a certes la chute de l’humanité en Adam et la responsabilité individuelle de chaque humain. Cependant, si l’action négative du péché originel a causé la mort de tous, on peut avec raison affirmer que l’action positive de la grâce surabondante de Dieu aura un effet supérieur en étendue et en puissance. La grâce de Dieu se répand incessamment et poursuit son action salutaire au sein de toutes les générations humaines. « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé. » : la lumière est déjà victorieuse ! Celui qui est à craindre est le maître de la mort et de la vie, c’est-à-dire Dieu. Ne pas craindre, c’est oser parler, être confiant et se référer au jugement final : le Mal n’a de pouvoir que sur le corps, tandis que Dieu dispose de la vie éternelle et son jugement peut perdre l’homme (l’âme et le corps). Soyons assurés que Jésus rendra témoignage devant Dieu pour ses innombrables disciples.

Saint Sacrement Deut. 8,2-3.14b-16a. / Ps 147,12-13.14-15.19-20. / 1 Co 10,16-17. / Jn 6,51-58.

Les Sages d’Israël associaient symboliquement le pain et le vin à la nourriture spirituelle. L’Eucharistie est nécessaire -comme la nourriture au corps humain- pour orienter autrement notre vie terrestre et accéder à la vie éternelle. Paul ne dit pas : cette coupe est le sang du Christ mais communion au sang du Christ. La coupe est symbole d’union et de joie… et d’un sort commun. Participant au Corps du Seigneur, on prend part aux bienfaits du sacrifice du Christ et aux conditions de disciple. La communion au corps et au sang du Christ est le signe et l’aliment de l’unité entre les hommes, mais également communion à sa vie de Fils de Dieu. A l’eucharistie nous sommes unis comme les grains de blés moulus ensemble font un même pain. Par ailleurs, insistant sur la chair, Jean nous incite à relier l’eucharistie à l’incarnation du Verbe, le partage du pain à celui de la Parole. Jésus conclut son discours en mentionnant la manne ; il met en contraste cet aliment provisoire avec le pain vivant qui procure la vie éternelle.

Solennité de la Très Sainte Trinité

Ex. 34,4b-6.8-9. / Dn 3,52.53.54.55.56. / 2 Cor. 13,11-13. / Jn 3,16-18. Père, fils, souffle, sont des mots qui rejoignent nos expériences humaines pour parler de la Trinité. Dieu est donc Celui qui fait être : le Père, Créateur de toute vie. Jésus est Celui qui se reçoit comme Fils et accepte totalement sa condition de Révélateur du Père. Enfin, l’Esprit, actif mais impalpable, rejoint tout homme dans sa vie pour le guider dans sa croissance humaine. Qu’ont-Ils en commun ? Le don de soi : le Père nous donne le Fils, le Fils nous donne sa Vie et l’Esprit est insufflé, répandu. Dieu confesse à Moïse sa miséricorde aimante et sa fidélité. Il manifeste un élan de générosité expansive qui fait exister l’autre au sein de la Trinité ; ce qui s’applique aussi dans toute relation humaine. Dieu est avec Moïse, dans l’obscurité, donc invisible à l’œil humain. Dans nos obscurités, nous reconnaissons souvent la présence de Dieu après les faits. La lettre aux Corinthiens nous assure que l’amour du Père, la grâce de Jésus-Christ, et l’action de l’Esprit pour la cohésion de la communauté sont indissociables, et c’est l’Esprit qui nous encourage à nous aventurer à la suite de Jésus Christ.

Prière pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit

7è dimanche de Pâques – Ac 1, 12-14 ; 1P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b- 11a Après le dernier repas avec ses disciples, Jésus prie son Père, avant de se rendre au Jardin des Oliviers. Plusieurs fois, le verbe « donner « revient dans sa prière. Ce que le Père lui a donné, il le donne à son tour. Le Père qui lui a donné tout pouvoir, lui a aussi donné ses disciples. Jésus prie pour ceux que le Père lui a donnés, là en Palestine, et aussi pour ceux des temps à venir, c’est-à-dire, pour nous-mêmes. Nous sommes en quelque sorte des cadeaux du Père à son Fils ! Et il en est fier : « je trouve ma gloire en eux ! », dit-il. A son tour, le Christ nous donne l’Esprit. Après le départ de Jésus, les disciples rentrent à pied à Jérusalem. Ils se rendent à la « chambre haute », le cénacle, un lieu qui leur est familier. Ils ont besoin sans doute de se soutenir mutuellement dans le désarroi où ils se trouvent, de prier ensemble, dans l’attente de l’Esprit promis. Avec eux et à leur suite, demandons le don de l’Esprit.

6è dimanche de Pâques - 1P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21 ; Ac 8, 5…17 « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements » : ainsi, aimer, selon les mots de Jésus que nous rapporte l’évangile de Jean, n’est pas d’abord un sentiment mais la fidélité à la Parole de Dieu. Philippe, en Samarie, transmet ce qu’il a reçu : l’amour en actes et en paroles. Pierre et Jean y viennent à leur tour, imposent les mains aux nouveaux baptisés et l’Esprit saint qu’ils reçoivent, construit leur communion. L’Esprit est appelé ici le Défenseur. C’est l’Esprit qui donnera aux disciples la force de garder les commandements de Jésus, qui assurera leur défense quand frapperont les persécutions. Il continue de nous habiter de sa force, pour que nous sachions rendre compte de notre espérance. Que l’Esprit nous défende contre les peurs et les méfiances, qu’il ranime notre confiance en Jésus ressuscité et en sa Parole !

5è dimanche de Pâques - 1P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12 ; Ac 6, 1-7 Dans son dialogue avec Philippe, l’un des douze, Jésus se définit comme le chemin, la vérité, la vie. L’image du chemin est fréquente dans les psaumes. Avec le psalmiste, le priant demande avec confiance : « fais-moi connaître tes chemins, Seigneur ! ». Jésus, est le chemin, le seul, qui conduit au Père. Jésus, vrai homme qui marche à nos côtés, est aussi le Fils de Dieu qui ne fait qu’un avec le Père. Pierre, dans sa lettre, présente Jésus comme la pierre angulaire, et les baptisés, des pierres vivantes, nécessaires à la construction de l’Église, corps du Christ. Les apôtres ont été soucieux dès le début, de veiller sur l’unité de ce corps. Les Actes nous disent qu’à l’intérieur de la jeune communauté de Jérusalem, ils avaient très tôt partagé les responsabilités : celle du service de la Parole, celle du service de l’accueil et de la distribution des biens. Et tous appartiennent à une même communion.

4è dimanche de Pâques - Jn 10, 1-10. ; 1P 2, 20-25 ; Ac 2, 14…41 Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus se révèle « bon berger ». Image familière à ses auditeurs que celle du berger et du troupeau. Mais les pharisiens ne veulent pas comprendre que Jésus est le seul berger capable de rassembler les brebis, à l’inverse des mauvais bergers qui les dispersent, qui excluent ceux qui croient en lui. Les chrétiens de la « diaspora » à qui s’adresse la lettre de Pierre sauront ce qu’il en coûte de suivre le Christ, de faire partie de son troupeau, du peuple de Dieu. Et bien des chrétiens le savent encore aujourd’hui ! Pierre les encourage à tenir bon, à garder confiance, car le Christ, le berger qui les a rassemblés en donnant sa vie, veille sur eux. En cette journée mondiale de prière pour les vocations, prions pour que les jeunes découvrent la joie de servir et que grandisse en eux le désir de remettre leur vie à Dieu, à l’image de Jésus, le bon berger.

3è dimanche de Pâques Act. 2,14.22-33. / Ps 16(15),1.2a.5.7-8.9-10.11. / 1 Pierre 1,17-21. / Lc 24,13-35. Deux disciples de Jésus viennent de quitter Jérusalem pour retourner chez eux. C’est le chemin de l’anéantissement. La libération politique d’Israël n’a pas eu lieu et le prophète Jésus est mort sans résistance. Or, ils vont vivre une conversion. Jésus adopte une stratégie intéressante. 1. Il rejoint les gens sur les routes de leurs vies, à partir du doute et jusqu’à destination. 2. Il écoute le déroulé de leur vie, leurs espoirs et déceptions. Il leur explique que l’expérience du vide est nécessaire pour comprendre et rebondir. 3. Il donne les clés pour comprendre l’Ecriture et éclairer leur cheminement intérieur. 4. Il donne le goût d’aller plus loin dans la connaissance du Père, dans la foi. Nous pouvons adopter cette démarche : - pour nous-mêmes, en acceptant le compagnonnage de l’Esprit. – pour accompagner notre prochain sur son chemin d’humanité.

Dimanche de Pâques Act. 10,34a.37-43. / Ps 118(117),1.2.16-17.22-23. / Coloss. 3,1-4. / Jn 20,1-9. Le premier jour de la semaine est une manière pour Jean d’annoncer une création nouvelle. Le projecteur est fixé sur le disciple bien-aimé : Il vit et il crut. Notre foi consiste alors à voir en profondeur des signes qui disent la présence active du Vivant… absent à nos yeux mais présent avec les yeux de la foi. Ce message nous est adressé : Ce matin, c’est de toi qu’il s’agit. Es-tu prêt à ressusciter ? Le peuple de Dieu est fondé ce passage de la mort à la vie, en toute épreuve, à tout moment fort de sa vie.

Dimanche des Rameaux Is 50,4-7. / Ps 22(21),8-9.17-18a.19-20.23-24. / Philip. 2,6-11. / Mt 26,14-75.27,1-66. Si les autres évangiles montrent Jésus entrant à Jérusalem en triomphateur, ici l’accent est porté sur Jésus qui maîtrise les événements pour accomplir sa mission. A travers lui, le Père se rend visible. Derrière son silence, il y a une détermination : accomplir la volonté du Père. Il incarne aussi le disciple d’Isaïe : celui qui se laisse instruire par la Parole de Dieu, persécuté à cause de sa foi et résistant aux épreuves. Écouter la Parole, c’est vivre dans la confiance : de tout mal, de toute épreuve, Dieu fait surgir du bien et la vie. Matthieu pointe que c’est dans sa faiblesse que Jésus manifeste sa vraie grandeur : l’amour infini de Dieu. Il souligne un paradoxe : ceux qui auraient dû être les plus proches de Jésus l’ont méprisé et livré à la mort. Ce sont des païens qui ont dit Sa vérité : « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu ! »

« Jésus pleura. Les Juifs se dirent : Voyez comme il l’aimait »

4è dimanche de Carême - 1S 16, 1-13 ; Ep 5, 8-14 ; Jn 9, 1-41. La parole de Dieu est eau vive et elle est aussi lumière pour les yeux. Elle donne à Samuel le prophète, de découvrir les vues de Dieu, si différentes de celles des hommes Les chrétiens d’Éphèse « illuminés « par le Christ, sont appelés à vivre en fils de la lumière. Croire Jésus sur parole a entrainé l’aveugle-né de l’évangile sur un chemin de lumière. Jésus lui applique de la boue sur les yeux et lui dit d’aller se laver à la piscine ; il y va et cette confiance lui sauve la vie ; elle le pousse ensuite à s’engager personnellement et prendre des risques pour défendre son sauveur, qu’il n’a pas encore vu, face à des gens aveuglés par leurs certitudes ; un homme lui a ouvert les yeux, cela vaut bien un sabbat bousculé ! Les yeux guéris perçoivent déjà une autre lumière et les mots de la foi toute neuve surgissent : c’est un prophète ! Il en paye le prix, car le voilà exclu de la synagogue. Faire confiance au Christ engage décidément sur un chemin semé de risques, parfois de mépris et d’exclusion. Croire en Jésus sur parole mène finalement l’aveugle à la lumière de la rencontre. Le chemin de l’aveugle est un peu notre chemin. Le baptême nous a plongés un jour dans la lumière du Christ, mais il faut toute notre vie, pour reconnaître Celui qui nous parle.

3è dimanche de Carême – Ex 17, 3-7 ; Rm 5, 1-2.5-8 ; Jn 4, 5-42. Le livre de l’Exode nous montre les Hébreux assoiffés dans le désert, en proie aussi aux doutes, aux tentations. Leur créateur et sauveur pourtant reste fidèle, et par l’intermédiaire de Moïse, fait jaillir l’eau du rocher. Jean situe la rencontre de Jésus et d’une femme de Samarie près d’un point d’eau, le puits de Jacob. Le puits est un lieu de vie dans les terres arides, il est aussi un lieu de rencontre, même pour des gens que tout sépare comme les juifs et les samaritains ; pour les uns comme pour les autres, le puits évoque encore la loi, don de Dieu par excellence ; la loi est l’eau qu’il leur faut boire et assimiler pour qu’elle devienne vivifiante pour toute la personne. Le puits est un point de rencontre ; depuis plus d’un an, dans notre diocèse, des personnes assises sur la margelle d’un puits, parlent de leur foi, de la vie du monde et de l’Église, se laissent interroger, le temps d’un synode. La rencontre produit des fruits : une porte s’ouvre entre des frères ennemis. Rencontrer Jésus a étanché la soif de la femme de Samarie. Peu à peu elle accueille le don de Dieu et elle devient missionnaire : elle court vers les gens de son pays leur annoncer la nouvelle. Elle attire tout un peuple au Christ. L’Esprit, don du Père et du Fils, souffle où il veut. Qu’il pousse chaque baptisé à sortir vers d’autres puits !

2è dimanche de carême – Transfiguration – Gn 12, 1-4 ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9. La montagne, dans la bible est un lieu privilégié de rencontre avec Dieu. Jésus y emmène trois disciples, les mêmes qui l’accompagneront sur le Mont des Oliviers. Il y a là Elie et Moïse, deux personnages importants, deux grandes figures qui récapitulent tout l’Ancien Testament. Le Christ, lui, accomplit les Ecritures pleinement dans son « Exode », c’est-à-dire dans sa mort et sa résurrection. De la nuée, Dieu appelle Pierre, Jacques et Jean à écouter son Fils. Tout disciple est invité d’abord à écouter la Parole. Jusqu’à présent, Pierre n’a pas voulu entendre que Jésus allait souffrir. Dresser une tente signifie s’installer, arrêter la marche. Mais Dieu invite les trois amis à continuer la marche avec celui qui annonce la passion et la croix pour demain ; ce visage éblouissant de lumière coïncide avec celui défiguré qu’ils verront à Gethsémani ; c’est le même visage de Jésus qui demeure le Fils bien-aimé au jour du baptême comme au jour du calvaire. Jésus a sans doute reçu ces paroles sur la montagne comme un réconfort du Père, alors qu’il est en route vers Jérusalem. Que la lumière de ce jour éclaire notre chemin jusqu’à Pâques aux jours de découragement et de tristesse, comme aux jours de confiance et de joie !

1er dimanche du carême – Gn 2, 7-9.3,1-7 ; Rm 5, 12-19 ; Mt 4, 1-11. Jésus a reçu du Père sa mission, au moment du baptême dans le Jourdain. Pour autant, son chemin n’est pas tout tracé d’avance ! Il lui faudra choisir de vivre sa mission de Fils en toute liberté et passer par l’épreuve. L’évangéliste Matthieu parle de 40 jours dans le désert et pour sa communauté, ces mots évoquent les 40 années de ses ancêtres dans le désert, les épreuves, les doutes, les révoltes, l’idolâtrie. Jésus vit l’épreuve, les tentations, celles de son peuple dans le désert, tout au long de son chemin, jusqu’à la croix ; plusieurs pages des évangiles disent l’attente des foules, de ses disciples même, de tous ceux qui rêvaient d’un messie triomphant : Si tu es le Fils de Dieu… ! Ne va pas à Jérusalem… descends de la croix ! . La réponse de Jésus ? Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain… Tu ne mettras pas Dieu à l’épreuve, tu te prosterneras devant lui seul. La Parole de Dieu, il la reprend à son compte ; il incarne cette Parole, partageant la condition de ses frères humains, donnant sa vie, en totale communion avec Dieu. Que la Parole éclaire notre regard sur Dieu et sur le monde qu’il aime, qu’elle guide nos choix sur le chemin vers Pâques !

8è dimanche du T.O. [A]

Is 49,14-15. / Ps 62(61),2-3.8-9. / 1 Co 4,1-5. / Mt 6,24-34.

« Serviteurs et intendants des mystères de Dieu. » Paul nous éclaire sur la condition des apôtres. Un intendant doit rendre des comptes, il n’est pas propriétaire du message et ses vues personnelles ne peuvent aucunement le modifier. Des jugements portés sur le serviteur, seul un seul importe : le jugement de Dieu, parfait et définitif. « Il mettra en lumière ce qui est caché. » Il reste un choix majeur à faire : Choisir entre Dieu et l’Argent. Peut-on vivre sans Dieu ? Peut-on vivre sans argent ? Jésus ouvre une perspective : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice et tout vous sera donné par surcroît. » Pour nous aider à choisir, l’image des oiseaux et du lis des champs nous indique une posture. Tel l’oiseau ou le lis qui vit sa vie sans se soucier de sa parure, l’homme cherchera à accomplir durant sa vie tout ce qu’il est appelé à vivre et à réaliser. Mieux vaut laisser le lendemain s’inquiéter de lui-même. C’est la meilleure manière d’assumer le présent, d’être soi-même bien présent au monde et de s’y engager. Le Royaume se construit par l’effort, avec Jésus pour guide, le saint Esprit comme inspirateur, et les Béatitudes comme programme. Il se construit avec la complicité de Dieu, dans la confiance et l’espérance.

7è dimanche du T.O. [A]

Lévit. 19,1-2.17-18. / Ps 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13. / 1 Co 3,16-23. / Mt 5,38-48.

Moïse doit rappeler aux lévites que Dieu les a mis à part (choisis parmi les nations) pour révéler sa Bonne Nouvelle au monde. Cet appel à la sainteté rend participant à celle de Dieu et engage à ceci : pas de haine, pas de vengeance ni de rancune, et bien plus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Quel défi ! D’autant que Paul nous signale que l’Évangile est folie aux yeux des hommes. La sagesse de ce monde peine d’ailleurs à comprendre le projet de Dieu sur l’humanité tel qu’il s’est manifesté sur la croix. Nous sommes donc appelés à être saints, à adopter le sermon sur la montagne tout en vivant dans le monde. Jésus nous apprend que la loi de l’amour doit triompher sur la loi de la réciprocité. L’amour fondé sur un échange demeure un amour sous condition, spontanément humain ; il n’est pas encore à l’image de Dieu. Il pousse le commandement de l’amour jusqu’au déraisonnable : « Si quelqu’un te gifle… ». Exclure l’acte de vengeance ne suffit pas, il faut rejeter toute pensée de haine ou de rancune contre son frère. La mesure d’aimer pour Dieu c’est d’aimer sans mesure. Il nous revient alors d’aimer tout homme car il est un sanctuaire de Dieu.

6è dimanche du T.O. [A]

Sirac 15,15-20. / Ps 119(118),1-2.4-5.17-18.33-34. / 1 Co 2,6-10. / Mt 5,17-37.

Selon Ben Sirac, Dieu aurait fait l’homme avec un double penchant : le bien et le mal. Il se réfère à ce double penchant pour parler du combat que doit mener l’homme pour s’ajuster à la sagesse de Dieu. Opposée à celle du monde, selon Paul, on ne connaîtra la sagesse qu’en adhérant au Christ. Confrontée à celle des hommes, inconnue de ceux qui dominent le monde, la sagesse divine est celle de l’amour infini de Dieu pour les hommes. « Vous avez entendu… mais moi je vous le dis ». En Jésus, c’est Dieu lui-même qui intervient avec autorité devant son Peuple. La loi du 1er Testament a ouvert un chemin d’humanité qui n’arrive pas encore à se détacher d’une observance matérielle pour porter tout son fruit. Pour Jésus, l’important se passe dans le cœur de l’homme, où se loge l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi Jésus accentue les prescriptions ; il s’attache aux dispositions intérieures qui commandent les comportements. Passer de la Loi à la Foi : ce n’est plus seulement au nom de la Loi que l’on agit mais sous l’emprise d’un amour qui nous dépasse.

5è dimanche du T.O. [A] Is 58,7-10. / Ps 112(111),1a.4.5a.6.7-8a.9. / 1 Co 2,1-5. / Mt 5,13-16.

Isaïe rappelle les attitudes élémentaires de la fraternité, des manières d’être qui donnent vie aux autres, et font jaillir lumière et force au cœur de celui qui les vit. L’homme de justice sera lumière des nations dans la mesure où il donnera l’exemple du partage avec les plus malheureux et de la lutte contre l’injustice et l’exploitation des faibles. Le Christ nous veut ainsi : du sel pour la saveur, de la lumière pour voir clair. Nos œuvres sont sel lorsqu’elles donnent de la saveur à tout ce qui nous entoure ; elles sont lumière car elles éclairent ceux qui traversent des ténèbres. Rendre une nouvelle saveur à la vie dans le monde : c’est ce que Jésus attend de ses disciples, des hommes et des femmes comme tout le monde mais dont la vie aura cette qualité, à l’image du sel qui se repère dès que l’on goûte un aliment. Relever le goût de la vie, la nôtre et celle des autres.

4e du temps ordinaire – So 2, 3…3, 13 ; I Co 1, 26-31 ; Mt 5, 1-12. Le prophète Sophonie, dans les années 640 avant Jésus-Christ voit venir le « Jour du Seigneur » et la ruine de Jérusalem. Il voit aussi subsister un Reste, un peuple de petits et de pauvres, qui chercheront refuge dans le nom du Seigneur et non dans leur propre richesse. Dieu a d’autres critères de choix que le monde, Paul le sait et il invite les chrétiens de Corinthe, qui ne sont ni savants, ni puissants, mais « d’origine modeste, méprisés de tous » à mettre leur orgueil dans le Christ Jésus. Lui, Jésus, le pauvre par excellence, « doux et humble de cœur », nous apprend à regarder toute chose à sa manière, à nous émerveiller comme lui de la présence du Royaume dans le cœur de ceux qui l’écoutent. Il proclame « heureux » ces gens humbles et pauvres, qui accueillent son message et aiment à sa manière, le cœur vide d’orgueil, habités par la douceur et la miséricorde, assoiffés de justice, artisans de paix, ouverts à la lumière qui vient de Dieu et des autres. Neuf fois « heureux » ! Autant de chemins que l’Esprit ouvre aujourd’hui devant nous pour construire un monde selon le cœur de Dieu.

3e du temps ordinaire. - Is 8, 23-9, 3 ; Ps 26 ; I Co 1, 10…17 ; Mt 4, 12-23. « Le peuple a vu se lever une grande lumière ». Les paroles d’Isaïe et celles de Matthieu se répondent, soutenues par le chant du psalmiste « le Seigneur est ma lumière et mon salut ». Les premiers disciples, pêcheurs du Lac de Galilée, ont été éblouis par cette lumière et ils ont tout quitté pour suivre Jésus qui les appelle et marche devant eux. Il compte sur eux, ses témoins, il les associe à sa mission de sauveur… « Venez » leur dit-il « je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Si, en espérance, la promesse de Dieu à la terre, est accomplie une fois pour toutes, il reste à la faire advenir jour après jour. « Aussitôt », répète l’évangéliste, car il est urgent que répondent ceux qui sont appelés, et que se lèvent les témoins. Saint Paul est conscient de cette urgence. Il presse les chrétiens de Corinthe d’éteindre toute jalousie, rivalités, disputes… et de trouver leur unité dans le Christ et son Evangile ; c’est le même appel qui est lancé par toutes les Eglises chrétiennes en cette semaine de l’unité, en ce 500e anniversaire de Luther ! Appel lancé aussi à notre diocèse en Synode.

2e dimanche du temps ordinaire – Is 49, 3, 5-6 ; I Co 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34. « Tu ne voulais ni offrande, ni sacrifice, j’ai dit voici, je viens ». De qui le psalmiste parlait-il ? Les chrétiens y voient la figure du messie. Tout comme ils l’ont reconnu dans le serviteur dont parle Isaïe, celui qui rassemble son peuple, celui qui est « la lumière des nations ». Jean, l’évangéliste, présente dès le début de son évangile, par la voix de Jean le Baptiste, l’Agneau de Dieu. La figure de l’Agneau renvoie à la nuit où les Israélites, sur le point de sortir de l’Égypte, immolèrent des agneaux dont le sang mis sur les maisons les préserva de la mort. Quand Jean Baptiste dit : Voici l’Agneau de Dieu - il voit déjà, par avance, Jésus en croix au moment où, à quelques pas de là, on immolait les agneaux pour la Pâque. Il signifie que Jésus est le véritable Agneau pascal, le libérateur. Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde ! : nous le chantons ensemble chaque dimanche, à l’eucharistie. Le Christ seul peut atteindre la racine du mal au cœur de l’homme et il en montre le chemin, le sien, celui de la confiance et de l’amour.

Épiphanie du Seigneur – Is 60, 1-6 ; Ep 3, 2-3.5-6 ; Mt 2, 1-12 Noël : les bergers reçoivent l’annonce d’un sauveur ; Épiphanie : l’humanité entière, en la figure des mages, reçoit l’annonce du sauveur. Dieu se manifeste à toute l’humanité. Même la galette des rois, toute ronde rappelle que Jésus, comme le soleil, est lumière pour le monde. Après le retour des déportés de Babylone à Jérusalem, le prophète Isaïe s’émerveille devant la radieuse cité sainte qui voit se rassembler la multitude des peuples. Tous les hommes, écrit Paul aux chrétiens d’Éphèse, « partagent la même promesse ». Tous sont sauvés par le Christ. Matthieu avait-il en vue la vision d’Isaïe ? Peut-être veut-il nous dire que Jérusalem, avant de devenir la cité radieuse, sera la ville du refus de Jésus ? Il écrit : « Tout Jérusalem fut pris d’inquiétude » Le roi, les scribes, qui connaissent les Écritures, qui savent où Jésus est né, ne bougent pas, ne se réjouissent pas, au contraire. Les mages, des païens, remplis de joie, suivent l’étoile. Humbles et disponibles, ils rencontrent Jésus, et s’en vont l’annoncer sur leurs terres lointaines.

1er janvier 2017 – Nb 6, 22-27 ; Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21 Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage…qu’il t’apporte la paix ! Que souhaiter de mieux pour nos proches et pour le monde ? Cette parole de Dieu nous vient du Livre des Nombres : les prêtres du temple prononçaient ces mots à la fin des cérémonies liturgiques. Tout y est centré sur le Seigneur, de qui vient tout bienfait. Huit jours après Noël, nous fêtons Marie, mère de Jésus. Paul ne la nomme pas ; en une sobriété étonnante et unique il écrit de Jésus : « né d’une femme ». Marie est aussi notre mère, mère de l’Eglise qui est le corps du Christ complet. Le récit de Luc nous la présente, disponible et confiante, offrant son fils à Dieu. En effet, par le rite de la circoncision les parents signifiaient l’appartenance à Dieu de leur enfant. Jésus dira plus tard à son Père, en parlant des disciples –et donc aussi de nous : « ils sont à Toi » (Jn 17). En lui, avec lui et par lui, nous sommes de la famille de Dieu.

Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit) Is 9,1-6. / Ps 96(95),1-2a.2b-3.11-12.13. / Tite 2,11-14. / Lc 2,1-14.

« Exulte de joie » crie Isaïe au peuple en grande détresse, pour annoncer que l’impossible va se réaliser. Une grande lumière resplendit de façon inattendue et détruit toute forme de guerre et d’oppression. Le Sauveur de l’humanité nous a été donné par Dieu. Comme preuve, Isaïe nous révèle les titres de cet enfant. C’est alors la délivrance de l’esclavage, l’avènement de la liberté. Tels sont les effets de la lumière qui précède Celui qui vient. Il naîtra de Marie dans des conditions d’extrême pauvreté. La Bonne Nouvelle sera adressée prioritairement à des bergers, rejetés de la société. Jésus n’est pas seulement un petit d’homme mais aussi le Fils de Dieu. Il vient dire la proximité de Dieu en rejoignant les pauvres, les souffrants, tous ceux que la société laisse de côté. En Jésus, Dieu s’invite dans le cœur de tout homme de bonne volonté pour lui donner la Vie et la paix. Il vient aussi redonner l’espérance au monde et nous révéler que l’Amour qui donne et se donne jusqu’au bout est la seule valeur qui compte. Il désire nous rendre libres de toute forme d’esclavage, de l’orgueil et de l’égoïsme, et nous enseigne à rejeter les désirs mondains pour mener une vie de sobriété, de justice et de sainteté.

4è dimanche de l’Avent Is 7,10-14. / Ps 24(23),1-2.3-4ab.5-6. / Rm 1,1-7. / Mt 1,18-24.

Par l’oracle de l’Emmanuel, Isaïe incite le roi Akhaz à garder confiance en Dieu, alors qu’il est menacé -lui et sa dynastie- par deux rois dont celui d’Israël. Il lui annonce que Dieu lui adressera un signe : la naissance d’un enfant dans la famille royale, et que la coalition ennemie sera anéantie. En Matthieu, dans un contexte d’occupation romaine, l’ange stimule aussi la confiance en annonçant la naissance de Jésus. Il rassure Joseph le Juste -l’enfant à naître vient de l’Esprit Saint et non pas d’un autre homme- et lui révèle sa mission : prendre Marie comme épouse et reconnaître son enfant qui vient de Dieu. Jésus est donc introduit dans la descendance de David sans antécédents humains. Ainsi, le Christ ne peut être défini uniquement par une hérédité humaine mais aussi par son essence divine, sur l’initiative de Dieu. Comme Joseph, invité à se dépasser dans sa paternité idédite, l’Avent nous pousse à nous dépasser dans notre marche laborieuse vers notre pleine humanité.

3è dimanche de l’Avent Is 35,1-6.10. / Ps 146(145),7-10. / Jacques 5,7-10. / Mt 11,2-11. Isaïe emploie des images-chocs pour annoncer le retour d’exil : la revivification du désert, couvert de fleurs ; celle des hommes, guéris de leurs maladies et de leurs infirmités. C’est le fruit de l’intervention salvatrice de Dieu dans l’histoire. Il annonce aussi la « revanche » de Dieu, c’est-à-dire de l’amour, au grand bénéfice de tous ceux qui se trouvent en état de manque et ceux qui se reconnaissent petits et conscients de leur manque de l’essentiel. Entre le Messie justicier annoncé par Isaïe ou Jean, et Jésus, annonçant la Bonne Nouvelle en guérissant malades et infirmes, l’écart est grand. Jean se met alors à douter de l’identité de Jésus… qui l’invite, en citant les Ecritures à vérifier par lui-même. Jésus présente Jean comme le messager ultime venu préparer le jour du Seigneur. Après lui commence l’avènement du Royaume et son accomplissement. De fait : le loup ne côtoie pas l’agneau ; la paix ne règne pas. Cependant, nous ne sommes pas seuls sur la route mais en chemin avec le Christ pour advenir à notre pleine humanité, au cœur de ce que nous avons à vivre. Jean prépare en nous le chemin d’un exode : voici que maintenant va surgir une autre humanité, dans laquelle nous devrons renaître, habités parc le Christ.

2è dimanche de l’Avent Is 11,1-10. / Ps 72(71),1-2.7-8.12-13.17. / Rm 15,4-9. / Mt 3,1-12.

Le royaume de Juda, sous l’emprise assyrienne, suggère à Isaïe l’image d’une souche rasée d’où il voit rejaillir la vie avec la promesse d’un nouveau roi faisant régner la justice et la paix en Israël. Jean -dont l’accoutrement rappelle celui D’Élie - annonce avec les mots d’Isaïe le Messie attendu dans un contexte de désert spirituel et humain. Les représentants des autorités d’Israël, mêlés à ceux qui adoptent ce nouveau mode de baptême non inscrit dans la Loi, reçoivent l’invective de Jean : « Engeance de vipères ! » Autrement dit : « Vous êtes de la race du tentateur, le serpent de la Création ». Il les menace : il ne suffit pas d’être de la lignée d’Abraham. La conversion engage à un retour vers le Dieu de l’alliance. Il s’agit d’accueillir l’Évangile en soi et d’en vivre. Où que nous soyons, l’appel de Jean nous rejoint toujours. C’est ainsi que ces trois lectures nous mettent en posture d’attente et d’espérance.

Premier dimanche de l’Avent – Is 2, 1-5 ; Rm 13, 11-14 ; Mt 24, 37-44. « Venez… marchons à la lumière du Seigneur ». Avec ce dimanche s’ouvre une nouvelle année liturgique, et tout d’abord le chemin vers Noël. En effet, Avent signifie avènement ou venue. Comme nous aimerions vivre la venue du Seigneur, telle qu’Isaïe la décrit de la part de Dieu ! Il rassemblera tous les peuples, les épées deviendront des socs de charrue et les lances des faucilles. Le prophète invite à marcher vers ce pays, vers cette ville dont le nom signifie paix. Il invite à vivre l’espérance. Quant à Matthieu dont nous commençons aujourd’hui la lecture de l’évangile, il redit l’appel de Jésus à veiller, à se tenir prêts (Mt 24, 37-44) pour sa venue. Il vient de manière imprévisible et souvent silencieuse. Il s’invite dans nos espoirs et nos découragements, nos souffrances, nos amours et nos joies… C’est là qu’il vient parler à chacun ! Rester vigilants, est une épreuve ; car nous risquons de nous endormir. Paul, lui, parle de combat pour que gagne la lumière. Il est temps dit-il de se réveiller et de mettre le vêtement du Christ, celui reçu au baptême ; ce n’est pas un gilet pare-balles, selon Paul, il s’agit de se vêtir de la « cuirasse de la foi et du casque de l’espérance ».

Fête du Christ Roi de l’univers ; 2 S 5, 1-3 ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43 Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude. Jésus le Christ est au centre de la lettre de Paul aux chrétiens de Colosse. Homme- Dieu, il réconcilie tous les êtres dans sa paix. En lui le pardon de Dieu nous est donné. Par le don de sa vie, il abat tous les murs de haine. Dans le monde, des murs sont érigés encore et toujours entre les pays, en particulier les murs « anti-immigration ». Si le Christ a détruit la haine une fois pour toutes, tout reste encore à faire ; c’est par nous que continue l’avancée de la justice et de la paix, avec la force de l’Esprit. L’évangile proposé aujourd’hui nous montre quelqu’un qui s’est ouvert au pardon de Dieu, au Calvaire. Tandis que les chefs religieux criaient à Jésus : « qu’il se sauve lui-même », un malfaiteur crucifié près de lui, murmura : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » ; quand Dieu se souvient, c’est pour intervenir en faveur de son peuple, pour le sauver, comme le montre le livre de l’Exode. Aujourd’hui, Jésus se souvient et, cet homme qui se tourne vers lui reçoit en partage le royaume. Laissons-nous nous réconcilier par le Christ afin de contribuer à notre tour à son œuvre de miséricorde. « Qu’à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du règne de Dieu déjà présent au milieu de nous » (pape François)

Trente-troisième du Temps ordinaire – Ml 3, 19-20 ; 2 Th 3, 7-12 ; Lc 21, 5-19 « Voici que vient le jour du Seigneur » annonçait le prophète Malachie à son peuple découragé ; Les premières communautés chrétiennes s’attendaient au retour imminent du Christ et certains se mettaient déjà en vacances, vivant au crochet des autres. C’est pourquoi Paul leur rappelle que c’est de ce monde-ci que le Christ fait son royaume. Il n’est donc pas question de rester inactifs, « affairés sans rien faire », mais au contraire d’apporter sa part active à l’avènement du Royaume. Comme les paroles du prophète l’évangile veut aider les premiers chrétiens et ceux du 21e siècle à surmonter les épreuves qu’ils vivent. Seule une confiance tenace évitera de se laisser égarer ou effrayer par les événements qui leur arrivent : Jésus cite les tremblements de terre, les épidémies, les guerres, les faits terrifiants, les persécutions. « ils feront mettre à mort certains d’entre vous, disait-il. Des témoins meurent aujourd’hui au nom de leur foi dans le Christ, même en France. Comment cela interroge-t-il notre propre foi ?

Trente-deuxième du Temps ordinaire - 2M7, 1-2.9-14 ; 2 Th 2, 16-3,5 ; Lc 20, 27-38 « le Roi du monde nous ressuscitera ». A peine plus d’un siècle avant Jésus, nous trouvons dans l’un des livres de la Bible une affirmation claire de la foi en la résurrection des morts. Une famille torturée par le roi Antiochus Epiphane - qui voulait être révéré comme dieu - proclame sa foi au Dieu de vie, au Dieu fidèle qui rendra la vie à ceux qui sont en retour demeurés fidèles à sa Parole. La foi de ces martyrs d’Israël, la foi des martyrs de tous les temps, se fonde sur la fidélité de Dieu ; à notre tour, chaque dimanche nous affirmons dans notre credo : J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. L’évangile nous raconte une rencontre de Jésus et d’un groupe de juifs, les sadducéens : Ceux-ci ne croient pas en la résurrection et s’acharnent à poser des questions-pièges à Jésus. Ils utilisent l’Écriture pour prouver qu’ils ont raison, au lieu de la scruter ; Jésus, lui, se met à l’écoute de la Parole, et entend ce qu’elle lui révèle du Père : le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob est le Dieu des vivants, sa fidélité passe la mort. En Dieu, nous serons ses fils avec son Fils, c’est-à-dire vivants de sa vie.

31e dimanche du T.O. Sg 11,22-26.12,1-2. / Ps 145(144),1-2.8-9.10-11.13.14. / 2 Thess. 1,11-12.2,1-2. / Lc 19,1-10. Paul appelle les chrétiens à se montrer fidèles à l’appel de tous les jours, au milieu des événements, et demande à Dieu d’accomplir l’œuvre de salut qu’il a commencée en eux. La question fondamentale concerne le juste comportement du chrétien qui doit faire preuve de sa foi et de son espérance là où il est. C’est ce qui est arrivé à Zachée. Chef des collecteurs d’impôts, Zachée était riche mais pas heureux. Il a découvert la source de sa souffrance : son amour de l’argent. Il était vraiment en quête pour recommencer sa vie. Son autre secret c’est de savoir reconnaître ses limites et d’agir en conséquence. Il court car Il ne veut pas laisser passer l’heure de Dieu ; dans son arbre, il guette et espère. Puisque Jésus s’invite aujourd’hui encore chez nous pour chercher et sauver en nous ce qui était perdu, ce qui nous importe jour après jour, c’est de l’accueillir avec joie.

30e dimanche du T.O. Sirac 35,12-14.16-18. / Ps 34(33),2-3.17-18.19.23. / 2 Tim 4,6-8.16-18. / Lc 18,9-14.

Un thème commun relie les textes de ce jour : la justice du Seigneur. Paul relit sa vie comme une compétition et nous rassure : le Seigneur l’a assisté sans faille. Luc nous indique que l’homme ne devient pas juste devant Dieu en dressant la liste de tout le bien qu’il fait, mais en faisant la vérité sur sa vie quelle qu’elle soit. Face à Dieu, nous pouvons exprimer notre moi satisfait, l’assurance d’être le seul digne, par nos propres efforts et à distance des autres qui se laissent compromettre. Nous pouvons aussi chercher en Dieu un confident de notre misère et rejoindre alors le sens du péché, reconnaître humblement combien le mensonge s’est installé dans nos vies. « Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » Cette prière peut nous ouvrir le chemin de la paix car elle nous situe devant Dieu dans notre vérité de créature limitée. Il restaure dans son amour ceux qui pour lui se seront abaissés dans l’humilité et le service. Comme le publicain qui s’en remet à Dieu avec confiance, laissons à Dieu un espace en nous pour créer. A partir de cet espace, Il met au monde un être nouveau, « justifié ».

29e dimanche du T.O. Ex. 17,8-13. / Ps 121(120),1-2.3-4.5-6.7-8. / 2 Tim 3,14-17.4,1-2. / Lc 18,1-8. Jésus évoque le rapport entre un juge et une veuve dont la seule arme est la persévérance pour rappeler que Dieu entend la demande de ceux qu’il aime ; il écoute le pauvre en priorité, et souligne l’importance de la persévérance dans la prière de demande. Notre travail consiste donc à accueillir ce que Dieu nous donne sans cesse. Croire, c’est comme Moïse refuser de baisser les bras et, en nous laissant imprégner par sa Parole de Vie, permettre au Seigneur de convertir nos vies. Il s’agit de nous tourner vers lui et de demeurer le cœur et les mains ouvertes. Enfin, « Le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » La réponse se rapporte à l’action du Christ dans nos vies lorsque l’on accueille sans cesse sa Parole.

28e dimanche du T.O. 2 Rois 5,14-17. / Ps 98(97),1.2-3.3-4. / 2 Tim 2,8-13. / Lc 17,11-19. La lèpre représente l’impureté et empêche toute vie sociale. De plus, être étranger éloigne davantage… or Dieu nous donne la vie et l’être sans distinction entre les hommes. Dans la 1re lecture et l’évangile, il s’agit de guérisons à distance : « Allez vous présenter aux prêtres » Les lépreux, obéissants, se mettent en route. Ils manifestent qu’ils sont habités par un germe de foi, mais la foi reste en chemin si elle n’aboutit pas à une adhésion. Neuf lépreux se contentent de leur santé recouvrée en observant la Loi. En bonne santé certes, mais pour aller où ? Naaman et le Samaritain reviennent vers celui qui est la source du don, car ce qui leur importe ce n’est pas le don reçu mais la rencontre avec celui dont la parole rend à la Vie. « Ta foi t’a sauvé. » Le Salut, c’est plus que la guérison et la réintégration sociale, c’est l’entrée dans une relation personnelle avec Dieu qui nous renvoie à une vie autre. Nous sommes tous bénéficiaires de guérisons à distance qui sont autant de moyens pour rencontrer Dieu et passer de la guérison à l’expérience du Salut.

27e dimanche du T.O. Habacuc 1,2-3.2,2-4. / Ps 95(94),1-2.6-7.8-9. / 2 Tim 1,6-8.13-14. / Lc 17,5-10. Le prophète Habacuc est témoin des injustices sociales et éprouvé dans sa foi par les violences de l’envahisseur. Il se tourne vers Dieu qui l’invite -et nous avec- à être patient dans son espérance : « Le juste vivra par sa fidélité ». Aux apôtres qui lui demandent : « Augmente en nous la foi », Jésus les invite à faire confiance en Dieu qui, à partir de notre modeste apport, peut faire des choses imprévisibles. Patience et confiance. Notre foi croît par degrés : à nous de la faire fructifier. Jésus revient ensuite sur la question du serviteur. Le secret consisterait à nous reconnaître comme de simples serviteurs au service d’une mission qui nous dépasse. Et nous ne pouvons rien donner aux autres que nous n’ayons auparavant reçu (éducation, culture). Le Christ est le Serviteur qui, après avoir servi les hommes toute la journée de sa vie, revêt encore la tenue de service. Nous pouvons aussi, au terme d’une journée -d’une vie- de travail, continuer à assurer le service du Royaume qui ne connaît pas de pause.

Vingt-sixième dimanche – Am 6, 1a. 4-7 ; Lc 16, 19-31. Amos se révolte contre l’inconscience des puissants de son époque, « ceux qui vivent bien tranquilles… vautrés sur leurs divans, mais ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ». L’homme riche de la parabole, (il n’a pas de nom et peut être chacun de nous), dans sa tour d’ivoire, vit bien tranquille et ne voit pas le mendiant qui meurt de faim devant son portail. C’est sans doute quelqu’un de bien pieux (il porte le vêtement pourpre d’un dignitaire religieux de ce temps-là), pas un méchant, et Lazare, un homme pas nécessairement vertueux. Mais cet homme riche, puissant, ne voit pas la misère de celui qui souffre à côté de lui. Deux mondes totalement étrangers. D’un côté, celui de l’indifférence, de l’autre un monde où des gens n’ont pas de quoi vivre. Pourtant, l’homme riche avait la loi, les prophètes, qui l’appelaient à ouvrir les yeux et le cœur. Quant à nous, aujourd’hui, nous avons toujours la Parole de Dieu pour nous réveiller et nous rappeler le commandement de l’amour ; elle se fait entendre à travers les Écritures bien sûr et aussi à travers les événements, les hommes, et les femmes de notre monde, proches ou lointains. Le langage du pape est direct, lui qui, cet été, invitait les jeunes à se lever de leurs canapés et à se mettre en marche.

Vingt-cinquième dimanche – Am 8, 4-16 ; 1 Tm2, 1-8 ; Lc 16, 1-13. « Vous dites : Nous allons fausser les balances, acheter le faible… ». Actualité du texte d’Amos, le prophète ! En ce jour, nous l’entendons fustiger les vendeurs malhonnêtes qui cherchent à gagner de l’argent, au détriment des plus pauvres, obligés à cette époque, de se vendre comme esclaves pour survivre. Dans le texte de Luc, nous voyons Jésus louer l’habileté d’un intendant malhonnête ; il veut faire comprendre à ses auditeurs qu’ils doivent mettre en œuvre toutes leurs capacités pour vivre en « enfants de lumière », en enfants de Dieu ! A quoi est employée leur habileté ? Sont-ils ingénieux pour trouver des solutions aux problèmes de leur temps ? L’envie de gagner de l’argent rend tant de personnes très inventives ; Nous voici invités à nous rendre créatifs nous-mêmes, pour que l’argent serve au bien de tous les hommes ! Invités en même temps à prier avec foi, pour tous, comme le rappelle Paul à Timothée. En effet, « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » ; « chacun de vous est important » a répété le pape François à Cracovie, à la messe de clôture des JMJ.

Vingt-quatrième dimanche – Ex 32, 7-14 ; 1 Tm1, 12-17 ; Lc 15, 1-32. « La colère de Dieu s’enflamma… » Des pages de la bible nous montrent l’indignation, la colère de Dieu devant le péché des hommes ; nous pouvons le comprendre et nous entrons parfois dans cette colère face à la haine, aux attentats, à la guerre, face aux parachutes dorés, aux mensonges de multinationales, aux corruptions … Aujourd’hui nous entendons aussi cette parole : « Le Seigneur renonça au mal qu’il voulait faire ». Dieu pardonne à son peuple à la prière de Moïse. Dans l’évangile, les paraboles de la pièce d’argent retrouvée, de la brebis sauvée de la mort, du fils revenu chez son père, nous aident à comprendre un peu mieux ce qu’est la miséricorde. Le Christ m’a pardonné, reconnait Paul dans sa lettre à Timothée. Il y a de la joie chez celui qui fait l’expérience du pardon ; il y a de la joie chez Dieu quand « un pécheur se convertit » et comme Paul, devient apôtre à son tour. Dieu s’indigne et Dieu pardonne.. Il y a de la joie chez Dieu qui ne calcule pas, qui donne gratuitement, et chacun de nos gestes de pardon, signifie que nous lui ressemblons.

Vingt-troisième dimanche ordinaire– Sg 9, 13-18 ; Ps 89 ; Ph 10, 12-17 ; Lc 14, 25-33. Qui peut comprendre les intentions de Dieu ? demande l’auteur du livre de la Sagesse. Mais il répond : « Tu as donné ta sagesse… tu as donné ton Esprit Saint, et nous savons ce qui te plaît ». Sagesse et Esprit saint nous ont été donnés en plénitude en Jésus. Le Tout Autre se fait par lui, le tout proche Nous avons besoin de sa lumière pour « bâtir sur le roc », « prendre la vraie mesure de nos jours », en un mot choisir de vivre en enfants de Dieu. Ainsi, Philémon devra choisir : ou accueillir son esclave, Onésime, comme l’invite Paul, en homme égal à lui en humanité et en frère dans la foi, ou bien lui fermer la porte ou encore le faire condamner puisqu’il s’est enfui de la maison de son maître. Prendre le chemin de Jésus-Christ, suppose le « préférer », selon son expression, c’est à dire : aimer à sa manière, mettant en Dieu notre sécurité dernière, non en nos biens et assurances de toutes sortes, mais en comptant sur la puissance de l’Esprit Saint à l’œuvre en nous et dans le monde.

22e dimanche du T.O. Sirac 3,17-18.20.28-29. / Ps 68(67),4-5.6-7.10-11. / Heb. 12,18-19.22-24. / Lc 14,1.7-14. Siracide nous révèle un conflit d’objectifs : la course à la fortune, aux premières places, et la sagesse de la folie de Dieu. L’auteur invite à opter pour l’humilité car elle permet d’entrer dans une relation juste avec le Seigneur alors que l’orgueil nous laisse à l’extérieur. L’idéal du sage c’est une oreille qui écoute, dit Ben Sirac. L’humilité traverse aussi Heb. 12. Dans notre vie de foi, nous n’avons pas à rechercher ou attendre de Dieu des interventions extraordinaires, mais tout simplement vivre le moment présent en restant soucieux de porter sur le quotidien un regard qui transfigure. Ce qui peut engendrer un nouveau ‘vivre ensemble’. C’est aussi à l’humilité que Jésus nous appelle en choisissant la dernière place, celle du service. Il renverse ainsi les règles mondaines comme Dieu renverse les puissants et relève les humbles. Changer de regard, pour ne plus évaluer selon le rang social, la puissance de l’avoir, du savoir ou du pouvoir, mais en adoptant les vues du Royaume. Mon ami, monte plus haut ! Le Christ veut nous voir imiter la générosité du Père.

21e dimanche du T.O. Is 66,18-21. / Ps 117(116),1.2. / Heb. 12,5-7.11-13. / Lc 13,22-30. L’épreuve nous fait passer par la porte étroite. Isaïe nous rappelle le passage par la porte inespérée de la mer rouge. Le peuple exilé découvre alors qu’il est le Témoin, signe donné pour le ralliement de toutes les nations. Face à l’épreuve, il ne s’agit pas de s’évader du réel, mais de faire de la vie une course d’endurance à la manière du Christ (Héb.12). L’épreuve est un appel vigoureux à nous redresser, à agir. L’image de la porte interpelle : si la porte est trop étroite, est-ce parce que nous sommes trop encombrés ? « Efforcez-vous » dit le Christ. Il suggère un travail sur soi : au lieu d’accumuler il s’agit de se dépouiller, quitter ses protections pour rencontrer les autres, servir. Insistance sur l’unique trésor qui vaille la peine d’y consacrer nos vies : le Royaume de Dieu. « Hâtez-vous d’entrer par la porte que je vous offre, La porte n’est pas large, et il faut s’y présenter à temps. » « Je suis la porte des brebis. Qui entrera par moi sera sauvé. »

20e dimanche du T.O. Jér. 38,4-6.8-10. / Ps 40(39),2.3.4.18. / Heb. 12,1-4. / Lc 12,49-53.

Jésus annonce un temps de crise. Il est donc venu apporter le feu qui éprouve : « Passe-moi au feu du creuset… Tu n’y trouveras que l’or précieux qui est dans mon cœur ». Nous voilà appelés à nous délester de tout ce qui nous alourdit pour traverser l’épreuve avec endurance (Heb.12), les yeux fixés sur Jésus, sans se laisser submerger par le découragement ou la démission (Jér.38). La puissance de la vie de Dieu passera dans le tissu de nos relations humaines, à commencer par la famille. Jésus nous indique qu’à partir du moment où sa parole est entrée dans la famille, elle crée une déstabilisation. Il vient couper nos liens de parenté quand ils nous ligotent, rompre les relations possessives, exclusives, les mélanges inextricables. Il maintient l’espace ouvert, la capacité de distance qui est la condition de l’amour. Sa parole vise la violence qui menace toute famille où l’on veut ne faire plus qu’un, refusant que l’enfant s’en aille ou se différencie.

19e dimanche du T.O. Sg 18,6-9. / Ps 33(32),1.12.18-19.20-22. / Heb. 11,1-2.8-19. / Lc 12,32-48.

Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Notre trésor est ce qui nous motive pour vivre ; ce vers quoi tout notre être est orienté. Le livre de la Sagesse nous invite à une relire l’actualité du mystère pascal pour discerner comment le Seigneur nous fait passer encore aujourd’hui de la mort à la vie. Nous sommes ensuite appelés à persévérer dans la foi, source inépuisable d’où jaillit toute la vie. La foi est une attitude vitale de l’être humain qui fait de son existence un pèlerinage, comme Abraham (Héb.11). Comblés du bien le plus précieux, la Parole de Dieu, nous avons la charge de la transmettre. Dieu nous propose de prendre part à son projet de sauver l’humanité : « Je t’ai beaucoup donné, c’est pourquoi je te demande beaucoup ». La reconnaissance pour la lumière reçue, qui fait vivre, nous pousse à guider notre prochain pour ne pas se perdre dans le noir.

18è dimanche temps ordinaire. - Qo 1, 2…2, 23 ; Ps 89 ; Lc 12, 13-21 Qohelet nous paraît bien pessimiste « tout est vanité » dit-il, (littéralement « tout est buée », « poursuite du vent ») ; mais à maintes reprises dans ce livre revient comme un leitmotiv : « manger, boire, trouver du bonheur dans le travail, cela vient de la main de Dieu… il donne sagesse savoir et joie… Les justes et les sages et leurs travaux sont dans la main de Dieu… ». L’important est de fonder sa foi en Lui comme sur un roc et alors tout le reste trouve sa juste place. Le récit de Luc, en nous interrogeant sur notre rapport aux biens matériels le dit peut-être aussi d’une autre manière. Amasser toujours plus pour soi-même conduit finalement à s’appauvrir dans la relation à soi-même et aux autres et devient « poursuite de vent ». La création nous vient de Dieu, nous sommes appelés à la faire fructifier, dans l’intérêt et pour le bonheur de tous. « Dieu d’amour, montre-nous notre place dans le monde, comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, par ce qu’aucun n’est oublié de toi ». Pape François, Laudato si

Dix-septième dimanche temps ordinaire – Gn 18, 30-32 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13 Abraham parle à Dieu comme à un ami, avec insistance, ténacité. Étonnante cette conception des relations entre Dieu et l’homme, plusieurs siècles avant le Christ et qui donne à voir un interlocuteur de Dieu, pouvant intervenir dans ses décisions. Ici, Abraham demande que quelques justes obtiennent le pardon de toute la ville de Sodome. Les paroles de Paul aux Colossiens, les paroles de Jésus rapportées par Luc nous rappellent qu’en nous donnant Jésus, c’est l’humanité entière que Dieu sauve et c’est ce Dieu-là que nous avons le bonheur de prier. « Notre Père qui es aux cieux… ». Avec Jésus, nous disons « notre » et non « mon » Père, Il nous apprend à nous engager pour le Règne d’un Dieu qui veut la justice, la paix, c’est-à-dire pour que gagne la vie en nous et dans notre monde. Avec Jésus, nous demandons le pain, le pardon, la résistance aux tentations, en disant « nous », et donc au nom de toute l’humanité, au nom de ceux qui n’ont pas les mots, la voix, la force de les dire. Que l’Esprit du Ressuscité nous habite et prie lui-même en nous !

Seizième dimanche du temps ordinaire – Gn 18, 1-10 ; Lc 10, 38-42 Dieu s’invite chez nous. N’est-ce pas le fil rouge des textes offerts pour ce dimanche ? Il s’invite chez Abraham, qui reconnaît la présence divine dans ses trois visiteurs. Abraham, le cœur disponible, entend une nouvelle inouïe pendant le repas de ses hôtes : il aura un fils dans sa vieillesse Il s’invite à Béthanie, Marthe et Marie sont tout entières à l’accueil de leur hôte. Marthe pour le bien recevoir, Marie pour boire chacune de ses paroles. Mieux vaut ne pas les comparer ! Jésus réagit devant l’inquiétude excessive de la maitresse de maison ; elle est sans doute si préoccupée par la préparation qu’elle pourrait oublier l’invité lui-même ; le reproche s’adresse à nous quand l’agitation, le repli sur soi ou la peur de la rencontre empêche la juste relation. Dieu s’invite chez nous. » N’oubliez pas l’hospitalité, car grâce à elle, certains sans le savoir, ont accueilli des anges » (He13, 2).

Quinzième dimanche du temps ordinaire – Dt 30, 10-14 ; Lc 10, 25 -37 La Parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique, dit le texte du Deutéronome. Des hommes, des femmes, croyants ou non, entendent aujourd’hui comme hier, au-dedans d’eux-mêmes, ce murmure d’une source qui les pousse à secourir un frère dans le besoin, sans regarder son origine, sa religion. Le samaritain dont parle Jésus, se donne corps et âme pour sauver l’homme agressé, abandonné sur le bord de la route. Il « est pris de pitié » ; ce n’est pas un étranger qu’il trouve là, c’est un frère en humanité dont il faut prendre soin, un inconnu, pourtant, le seul d’ailleurs qui ne porte pas de nom dans ce récit de Luc. Deux autres passants ont certes vu la personne en détresse, mais ont détourné le regard et pressé le pas. Peur de se salir ? De se compromettre ? De perdre du temps ? L’interlocuteur de Jésus reconnaît dans ce samaritain hérétique, méprisé, celui qui s’est fait prochain d’un autre. Le Christ n’en a-t-il pas lui-même les traits ? Et moi, de qui vais-je devenir le prochain ?

Quatorzième dimanche du temps ordinaire - Is 66, 10-14 ; Lc 10, 1-20 « Je dirigerai vers Jérusalem la paix comme un fleuve » : par la voix d’Isaïe, Dieu invite un peuple découragé, déçu, à relever la tête, à raviver son espérance. Initiative de Dieu. La paix est son œuvre. Jésus en chemin vers cette ville, dont le nom signifie paix, envoie ses disciples en mission devant lui. Mais en fait son Esprit les précède et a semé le bon grain ! En effet, il les envoie comme « ouvriers pour la moisson », une « moisson abondante ». Les disciples et missionnaires de tous les temps récoltent donc ce qu’un autre a semé… Ils n’ont pas à s’encombrer de bagages, mais à recevoir la paix qui vient de lui, le Christ, et l’apporter dans les villages qu’ils traversent. Ils vont annoncer le Règne de Dieu « qui est tout proche », soigner, guérir, chasser les démons. Certains ne les accueilleront pas, ils rencontreront la haine, l’insécurité, diverses tentations. Cette page d’évangile nous les montre fiers, tout heureux de raconter ce qu’ils ont vécu. Leur joie semble réconforter Jésus, puisqu’il s’émerveille de l’action victorieuse de Dieu en eux et dans les « tout-petits » (10, 21), qui accueillent sa Parole.

13e dimanche du T.O. 1 R 19,16-21. / Ps 16(15), 1-2.5.7-8.9-10.11. / Ga 5,1.13-18. / Lc 9,51-62. Jésus appelle. L’appel traverse les textes de ce jour et intervient au cœur des activités ordinaires. Lorsque l’appel se fait entendre, Élisée et Jésus nous apprennent qu’il faut tout laisser pour l’annonce de la Bonne Nouvelle. C’est vrai pour des vocations exceptionnelles, mais chacun de nous est aussi appelé à une nouveauté de vie absolue. L’appel de Paul nous met en garde contre le mauvais usage de notre liberté, acquise par le Christ. Exercée sans contrôle, guidée par la faiblesse humaine (la chair), elle conduit aux désirs égoïstes. Paul nous indique alors deux voies possibles : celle de l’amour au service d’autrui, qui conduit à la vie ; celle de l’égoïsme, qui conduit à la destruction. La lutte qui se joue dans notre cœur entre ces deux voies se gagne avec l’aide de l’Esprit qui nous ouvre à la véritable liberté. Quant à Jésus, il nous enseigne que l’on ne peut être utile pour le Royaume de Dieu que si on regarde en avant : L’avenir à construire est devant nous. Il n’ignore pas que le passé peut empêcher d’envisager normalement le futur. C’est pourquoi il proclame très fermement le pardon de tous les péchés. Dieu se charge de notre passé pour nous permettre d’avancer, et nous appelle à construire l’avenir par des œuvres porteuses de vie.

12e dimanche du T.O. Za. 12,10-11.13,1. / Ps 63(62),2abcd.2e-4.5-6.8-9. / Ga 3,26-29. / Lc 9,18-24. Tu es le Christ, le Messie de Dieu ! Que dit-on de moi ? Que dites-vous.. Pour vous, qui suis-je ? Ces questions traversent l’ensemble des lectures de ce jour. Jésus ne rejette pas la confession de foi de Pierre, mais recadre ses disciples. Si pour vous je suis le Messie, je suis bien l’Envoyé promis par Dieu et annoncé par les Prophètes : le Chemin, la Vérité et la Vie. Jésus sait qu’il n’y aura pas d’autre chemin que celui de l’amour extrême pour vaincre le mal à la racine. Il nous avertit : garder sa vie pour soi équivaut à pencher vers la mort, mais sortir de soi pour aller vers les autres est un chemin de libération et de résurrection. « Vous avez revêtu le Christ », dit Paul. Cette image d’un habit nouveau, endossé au baptême, nous renvoie à la source de purification de la 1re lecture, et à l’exigence d’une vie nouvelle à l’image de Jésus. Tout comportement du croyant est transformé parce qu’il est inspiré de l’intérieur par le Christ. Tout cela nous amène à réfléchir sur notre propre identité de disciple aujourd’hui missionnaire.

11e dimanche du T.O. 2 Sam 12,7-10.13. / Ps 32(31), 1-2.5.7.11. / Ga 2,16.19-21. / Lc 7,36-50.8,1-3. Ta foi t’a sauvée ! Le prophète Nathan ouvre habilement les yeux du roi David sur ses méfaits et sur les conséquences de sa conduite si personne ne vient briser l’engrenage de la violence mortelle. Il lui révèle cependant un Dieu miséricordieux dont le pardon dépasse le don et offre une vie nouvelle. Quant à Paul, sa pratique de la Loi ne l’a pas sauvé mais l’a enfermé dans une étroitesse d’esprit. Sa rencontre avec Jésus lui a fait réaliser que nous sommes sauvés à partir de notre foi au Christ et non par la seule pratique de la Loi. Il ne s’agit pas alors de transgresser la loi, mais de l’accomplir puis de vivre selon notre foi au Christ et sa Loi de l’amour. Sa loi se vérifie pour la femme pécheresse qui manifeste à Jésus une énorme considération. Devant Simon indigné, Jésus opère comme Nathan pour l’amener à réviser son jugement : la loi n’aurait pas sauvé cette femme mais l’aurait condamnée, alors que sa repentance, son amour et sa foi lui ont ouvert le salut. Le pharisien est révélé à lui-même : limité par la loi. Quant à la femme : croyante, elle est réhabilitée devant Dieu.

10e dimanche du T.O. 1 R 17,17-24. / Ps 30(29), 2.4.5-6.11.12a.13b. / Ga 1,11-19. / Lc 7,11-17. Dieu s’est manifesté. Dieu est en capacité de donner et de redonner la vie à l’homme. Le prophète Elie et Jésus sont revêtus de cette même puissance. Lorsque la vie est redonnée aux deux fils, la veuve proche d’Elie et la foule qui entoure Jésus à Naïm perçoivent dans ce retour à la vie la présence agissante de Dieu. Jésus redonne au fils de la veuve un supplément de temps de vie terrestre ; ce qui n’est pas une résurrection. En effet, quand Jésus ressuscite, il ne reprend pas sa vie antérieure, marquée par la précarité et la finitude, mais une vie autre, nouvelle et éternelle, qui n’est plus de l’ordre de ce monde. La veuve de Naïm, qui symbolise toute la détresse humaine, ne demande rien. L’intervention de Jésus, affecté par la situation, signifie alors que le salut de Dieu nous vient gratuitement, sans référence à nos mérites mais parce qu’il nous aime, et son amour est générateur de vie. Il opère en nous son œuvre de résurrection face aux lourdes épreuves.

29 mai – Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - 1Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17 Jésus après avoir partagé le dernier repas, choisit d’aller jusqu’au bout du don de lui-même. Geste et parole de Jésus sont inséparables. L’apôtre Paul l’a bien compris et a transmis fidèlement ce qu’il a lui-même reçu des amis de Jésus. C’est le récit du dernier repas de Jésus que nous entendons aujourd’hui, le plus ancien, et que Paul transmet à sa communauté de Corinthe : pour lui montrer que la vie du croyant doit également être en cohérence avec la célébration eucharistique ; en effet, certains, lors des assemblées, ont terminé le repas quand les derniers arrivent et restent affamés à la porte. Paul est scandalisé par leurs divisions. En effet, le partage, l’unité découlent directement du mystère de l’eucharistie. En donnant sa vie, en demandant de partager le pain de vie, en mémoire de lui, le Christ nous appelle aujourd’hui, à avoir une vie « eucharistique », c’est-à-dire à choisir le partage et la communion, à vivre ce que nous célébrons.

Fête de la sainte Trinité – Pr 8, 22-31 ; Rm 5, 1-5 ; Jn 16, 12-15 Plusieurs voix proposent, à travers les textes de ce jour, d’entrer en communion avec Dieu Père, Fils et Esprit. La voix de la Sagesse chante la présence d’amour de Dieu, créateur dès le commencement, qui trouve sa joie dans l’alliance avec les hommes et invite à la confiance. La voix de Paul réveille l’espérance et la paix des croyants, leur rappelant que Dieu les a fait entrer dans " le monde de la grâce", le monde de Dieu, par le Christ.. La voix de l’évangéliste loue l’action de l’Esprit qui rappelle aux baptisés les paroles de Jésus et leur donne la force de les porter, les "guidant vers la vérité tout entière » Le signe de croix que nous faisons dit de manière visible notre foi de chrétiens en Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit Saint.

Fête de la Pentecôte – Ac 2, 1-11 ; Jn 14, 15…26 Après la résurrection, les disciples de Jésus, remplis de la force de l’Esprit, se mettent à parler à la foule. Des juifs d’origine diverse, entendent et comprennent l’évangile dans leur langue maternelle. C’est Pentecôte quand l’Esprit aujourd’hui fait résonner en nous l’évangile, quand il n’est plus, pour nous, écrit en langue étrangère mais devient lumière pour notre vie. La diversité de Babel relatée par la Genèse n’apportait que la confusion, dans la diversité des langues. A la Pentecôte, l’Esprit rassemble les personnes. A qui les apôtres vont annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. C’est Pentecôte, quand l’Esprit nous donne de rejoindre d’autres, croyants ou non et de marcher à leurs côtés. Jésus donne le nom de défenseur à l’Esprit. C’est Pentecôte, quand l’Esprit nous défend nous-même, contre nos propres peurs, nos timidités, nos divisions. !

Septième de Pâques – Ac 7, 55-60 ; Jn 17, 20-26 Lors de la dernière Cène, Jésus prie non seulement pour ceux qui sont à table avec lui, mais encore pour tous ceux qui accueilleront plus tard sa parole. Il prie pour le monde entier. Sa prière est universelle. Jésus demande encore que les croyants puisent en Dieu leur unité. Il donne à voir le cœur de Dieu : le Père qui a envoyé son Fils bien-aimé, le Fils dont le seul désir, fut de faire connaître le Père et l’Esprit Saint, amour mutuel du Père et du Fils. Enfin, Jésus demande au Père que son Règne vienne : que le monde sache et croie que Jésus a été envoyé pour le sauver. Étienne, le premier martyr reprend en mourant la prière de Jésus sur la croix : Seigneur, reçois mon esprit…pardonne-leur.! Et notre prière ? Que contient-elle ? Une demande ? Un merci ? Une louange ? puisse-t-elle devenir comme celle de Jésus : universelle , trinitaire, missionnaire, engageant notre vie !

Sixième de Pâques – Ac 15, 1-29 ; Jn 14, 23…29 Ne soyez pas bouleversés ! Je vous donne ma paix. Puissions-nous entendre ces paroles que Jésus adresse à ses disciples avant son départ. Jésus parle de paix, et pourtant, il donne sa vie en se livrant à la violence meurtrière, une violence qui élimine l’amour, c’est à dire Dieu lui-même. Violence dont nous voyons chaque jour les effets près de nous et dans le monde. Quoiqu’il puisse nous arriver, nous sommes invités à recevoir la paix que donne le Christ. Nous posons un geste symbolique pendant l’eucharistie, avant de communier, en disant : « la paix du Christ » ; ce geste nous rappelle que la paix que nous donnons à un voisin, un ami ou à un inconnu ne vient pas de nous, qu’elle vient de plus loin, d’un cœur plus grand que le nôtre, celui du Christ qui a traversé la mort et demeure vivant parmi nous par son Esprit. La page des Actes proposée pour ce jour, nous montre que les apôtres, à l’écoute de l’Esprit, décident après discernement, de ne pas imposer aux chrétiens d’origine païenne, de règles qui mettraient en danger la paix entre les communautés.

5e dimanche de Pâques Act. 14,21b-27. / Ps 145(144),8-9.10-11.12-13ab. / Apoc. 21,1-5a. / Jn 13,31-33a.34-35. A Lystres, Paul et Barnabas ont échappé à la lapidation juive. Ils y retournent pour conforter la communauté naissante, racontant comment Dieu les avait accompagnés dans leur périple et l’accès de la foi aux païens. Ils désignent des anciens pour animer la communauté et veiller sur elle afin que nul ne se laisse désorienter face aux épreuves. L’Apocalypse conforte aussi les croyants. Le visionnaire contemple un monde renouvelé en profondeur par Dieu pour devenir le lieu où les humains peuvent vivre ensemble pacifiquement. La ville nouvelle se définit comme lieu de la consolation. Cette perspective idéale, dévoilée à une Eglise persécutée, nourrit notre espérance pour nous aider à faire face aux situations ambiguës et troublantes de notre monde. Judas a cédé au trouble et quitte Jésus. Son départ signe l’entrée de Jésus dans sa Passion glorifiante (en ce sens qu’elle engendre la Vie). Mais Jésus nous laisse un testament essentiel : « Comme je vous ai aimés, vous devez vous aussi vous aimer les uns les autres ». Aimer à notre tour, jusqu’à l’extrême du service, du pardon et de l’espérance, en prenant l’autre en charge jusque dans ses misères et ses limites.

4e dimanche de Pâques Act. 13,14.43-52. / Ps 100(99),2.3.5. / Apoc. 7,9.14b-17. / Jn 10,27-30. Une question fondamentale pour les 1res communautés chrétiennes : devaient-elles ou non ouvrir aux païens la promesse de salut réservée à Israël ? Paul, invité à prendre la parole, en profite pour annoncer les mystères du salut aux Juifs… et aux païens acquis à des règles religieuses juives. Cette prédication eut un tel retentissement qu’elle attira presque toute la ville et la forte hostilité des Juifs à l’égard de Paul. Ce qui permit à l’Église de découvrir la dimension universelle de sa mission. Jean le visionnaire évoque aussi une grande foule venue de la grande épreuve de la foi (fidélité malgré la faim, l’oppression, l’injustice) pour entourer son pasteur et accéder à la source de vie. Cette image du pasteur est dans la réponse de Jésus à ses opposants du Temple. Il leur signifie qu’il est bien le Messie et affirme : « Le Père et moi, nous sommes UN ». Nous sommes invités à suivre le Christ - notre Pasteur - jusqu’au bout de notre chemin terrestre, truffé de multiples épreuves humaines de la foi.

3e dimanche de Pâques Act. 5,27b-32.40b-41. / Ps 30(29),2.4.5-6.11.12a.13b. / Apoc. 5,11-14. / Jn 21,1-19. Pierre et ses amis sont encore sous le choc des événements de la Pâque. Flottement dans les esprits. Pierre sent qu’il faut recréer la dynamique d’équipe par l’activité. Jésus les rejoint alors au moment de l’effort infructueux et se fait reconnaître sous le signe d’une pêche abondante. Tous voient la pêche inattendue, un seul en devine l’auteur. Pierre se jette à l’eau pour rejoindre Jésus : c’est un homme tombé dans la lâcheté qui va devenir la pierre de fondation de l’Église. Jésus -mort et ressuscité- reste gênant pour l’élite des croyants. Ses disciples sont arrêtés mais leur influence se répand. Rien ne les arrête pour prolonger l’action de leur Maître. L’action salvifique de Jésus, la Résurrection les a radicalement transformés. Le texte ne dit pas que le pharisien Gamaliel a influencé le Sanhédrin ainsi : Si ce qu’ils font vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N’allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu.

2e dimanche de Pâques Act. 5,12-16. / Ps 118(117),2-4.22-24.25-27a. / Apoc. 1,9-11a.12-13.17-19. / Jn 20,19-31. La 1re communauté chrétienne est encore pleine du Souffle du Ressuscité, vivant sous le signe du partage. L’activité intense et miraculeuse des apôtres provoque la conversion d’une quantité d’hommes et de femmes. Les signes et prodiges sont la manifestation du Salut, l’accomplissement d’une parole efficace. Ce bref récit invite l’Église à être une communauté de disciples plantée au milieu du monde pour y faire entendre l’Évangile. Les lieux sont multiples pour laisser Jésus-Christ œuvrer à travers nous. Ce récit fait écho à la vision de Jean, à Patmos : porte-lumière du Ressuscité, l’Église (7 chandeliers) est appelée à manifester dans le monde Celui qui est la Lumière. Cela dit, prenons en compte notre tendance humaine. Comme les disciples, nous pouvons être témoins des merveilles de Dieu puis être captés par notre quotidien, les urgences et distractions. Nous sommes tentés de chercher Dieu ailleurs ou dans l’impossible, alors que Dieu nous attend là où il nous a placés pour réaliser ses merveilles, dans l’ordinaire de nos vies. Faut-il épuiser nos forces à chercher (toucher) Dieu, alors que nous pouvons montrer par notre vie que l’amour est plus fort que la haine, la vie plus forte que la mort.

27 mars- Dimanche de Pâques- Lc 24, 1-12 Des femmes, Marie-Madeleine, Jeanne et Marie, ont été les premières, témoins de la résurrection de Jésus, les premières à l’annoncer. Au fond d’elles-mêmes subsistent bien des doutes, de la perplexité,. « Elles baissaient le visage vers le sol », dit l’évangéliste Luc ; elles cherchaient un mort et Jésus est vivant, « rappelez-vous ce qu’il vous a dit : il faut que le Fils de l’homme soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite » leur dit l’inconnu près du tombeau. Le souvenir de ces paroles les dynamise, les relève ; alors elles se remettent en route et deviennent près de leurs amis messagères de cette incroyable nouvelle. Comme dans le récit de l’Annonciation, ce sont des femmes qui prennent le relais des anges pour annoncer ce qu’elles viennent de vivre. Luc dit que les apôtres ne croient pas leurs paroles. La foi est un cadeau de Dieu ; aux témoins, aux croyants, il est seulement demandé d’annoncer, de témoigner, non d’obliger à croire. Nous avons à notre tour reçu la parole du Christ transmise par ces premiers témoins, source de notre foi chrétienne. Que l’Esprit ouvre nos cœurs à cette Parole et nous donne de découvrir le Christ vivant chaque jour.

Dimanche des Rameaux – Lc 19, 28-40 et 22, 14-23, 56. En ce dimanche, nous accompagnons le Christ dans son entrée à Jérusalem. De nos rameaux de palme, de buis ou de laurier, nous l’acclamons, et le chantons : « hosanna » ; ce mot signifie : "sauve-nous !". Celui que nous bénissons, est le Seigneur qui peut nous donner la vie. Cette semaine, nous allons accompagner Jésus tout au long de son chemin de croix, communiant à sa souffrance, à son amour pour le Père et pour l’humanité, obéissant jusqu’à mourir ». L’évangile selon Saint Luc nous invite à vivre ces jours saints dans l’espérance. En effet, Luc est le seul à nous montrer Jésus réconforté par un ange, seul, il parle du regard de Jésus posé sur Pierre après son reniement ; c’est lui aussi qui nous rapporte les mots d’accueillante miséricorde et de réconfort que Jésus dit à l’un des larrons : aujourd’hui tu seras avec moi… » et enfin cette parole d’abandon au Père :"entre tes mains je remets mon esprit". Quelle parole nous rappeler chaque jour de cette semaine, pour être en communion avec Jésus dans le don de sa vie, avec nos frères souffrants, proches et lointains ?.

Cinquième dimanche de carême – Is 43, 16-21 ; Phi 3, 8-14 ; Jn 8, 1-11. Rien ne sert de rester figé sur le passé. Dieu fait toujours du neuf ; « je fais un monde nouveau, ne le voyez-vous pas » ? dit Dieu à son peuple, par la voix d’Isaïe. Si je laisse Dieu passer dans ma vie, rien ne sera plus comme avant ; c’est sans doute ce qui s’est passé lors de la rencontre de Jésus un jour, au temple de Jérusalem, avec des hommes venus voir Jésus, avec l’intention de le condamner en même temps qu’une femme adultère. Jésus leur propose à tous de choisir la vie. Ceux qui s’apprêtaient à lapider la femme s’en vont. Que deviendront-ils ? La parole de Jésus aura-t-elle résonné en eux et changé leur regard ? La femme, jugée, condamnée, déjà, se retrouve soudain au cœur de la miséricorde et de la lumière Jésus relève la tête pour s’adresser à elle, il lui donne la parole, la faisant enfin exister, et la parole qu’il lui dit, la libère du cercle de condamnation et de mépris, où elle est enfermée, la parole de miséricorde lui ouvre un avenir : « Va , désormais ne pèche plus ! » L’Esprit du Christ continue avec nous de faire un monde nouveau. C’est aussi un long chemin à parcourir et avec l’apôtre Paul je peux dire courageusement : « je ne suis pas encore arrivé, mais je poursuis ma course… »

Quatrième dimanche de carême – I Co 5, 17-21 ; Lc 15, 11-32. Des auditeurs de Jésus sont scandalisés de le voir accueillir les pécheurs et partager leur repas. Alors Jésus explique son attitude par une histoire, une parabole dont nous pouvons être tour à tour chacun des personnages. Est-ce que je me reconnais dans l’attitude du fils ? Il quitte la maison, dilapide ses biens, sombre dans la misère, mais il ne désespère jamais de son père, il a l’audace de revenir vers lui, même si ce n’est pas avec des intentions très pures. Ce retour le sauve et lui ouvre un nouveau chemin. Est-ce que je me reconnais dans l’attitude du père ? Pris de pitié, ouvert à la miséricorde, laissant déborder sa joie au retour du fils ? Est-ce que je me reconnais dans l’attitude du fils aîné ? Lui le fidèle, qui clame son bon droit haut et fort, mais qui ne prononce jamais le mot frère, ni le mot père, qui pour le moment, ne peut comprendre leur choix. Invité à se joindre à la fête, que va-t-il finalement décider ? Un retour est toujours possible. Le croyons-nous ? « Laissez-vous réconcilier par Dieu », rappelle Paul. Que Dieu nous accorde cette grâce puisque Lui est miséricorde.

3e dimanche de Carême Ex. 3,1-8a.13-15. / Ps 103(102),1-2.3-4.6-7.8.11. / 1 Co 10,1-6.10-12. / Lc 13,1-9. La 1re lecture raconte comment Dieu révèle à Moïse son cœur de Père. Il ne manifeste pas sa puissance mais sa proximité : « J’ai vu la misère de mon peuple ». Prenant appui sur l’expérience des Hébreux, Paul rappelle que la vie de foi est soumise à l’épreuve : « Ces choses se sont produites pour nous servir de figures, afin que nous n’ayons pas de convoitises mauvaises… ». L’appel à la conversion se profile. En Luc, Jésus nous dissuade de voir dans la mort des événements meurtriers un châtiment divin, et lance cet appel urgent à se détourner du mal. La parabole du figuier nous le rappelle autrement par une image de la bonté de Dieu. Derrière la patience du vigneron se devine celle de Dieu à l’égard de tous. Ne pas se fier aux apparences pour juger ; être patient et soigner ; différer la sanction ; donner sa chance à quelqu’un car on espère en lui : c’est pratiquer le délai de grâce divine. Cette parabole décrit nos lenteurs et nos moments de stérilité. Nous occupons le sol, nous épuisons la terre, nous bénéficions de richesses et de talents, pour quelle fécondité ? Qu’avons-nous à donner au maître venu chercher les fruits de la charité active ?

2e dimanche de Carême Gn 15,5-12.17-18. / Ps 27(26),1.7-8.9abc.13-14. / Philip. 3,17-21.4,1. / Lc 9,28b-36. La 1re lecture relate le récit de l’alliance entre Dieu et Abraham. Cette alliance a pour effet de lier Dieu au sort de la vie sur terre. Il veut que l’aventure humaine sur terre réussisse mais il a besoin de notre collaboration pour assurer son projet. Paul nous donne la clé de cette collaboration : « Imitez-moi ; mettez-vous à la recherche du Christ. » Nous voici invités à revoir nos priorités, en cohérence avec l’Evangile. Paul affirme que Dieu, en récompense, transformera nos corps mortels en corps glorieux. La seule exigence est de savoir écouter son Fils. Sa parole nous conduit à la transfiguration intérieure. Le récit de la transfiguration met en lumière la destinée ultime de Jésus, en marche vers sa Passion-Résurrection. La croix se dresse aussi sur notre chemin. Il nous est proposé d’affronter les épreuves et les échecs comme autant d’étapes à franchir dans notre lente élévation vers notre pleine humanité et vers la demeure de Dieu. L’évocation des tentes nous fait savoir qu’il n’est pas bon de rester sur les crêtes, loin des réalités. Il faut aussi redescendre dans les vallées, là où se trouvent les assoiffés espérant un geste d’évangile, une parole d’amour, un regard.

1er dimanche de Carême Deut. 26,4-10. / Ps 91(90),1-2.10-11.12-13.14-15. / Rm 10,8-13. / Lc 4,1-13. Tenaillé par la faim et la fatigue durant 40 ans, le peuple hébreu est soumis à l’épreuve de la foi dans le désert. Cette épreuve qui dure le temps d’une vie humaine, trouve écho dans la démarche du carême. La longue marche du peuple hébreu vers la liberté accompagne l’expérience éprouvante de Jésus. Elle rejoint aussi notre faim de pain, faim de vivre et d’être reconnu. Soumis nous-aussi aux tentations, la faim de pain représente nos convoitises, l’obsession de posséder ce qu’il y a de mieux. Surgit alors la tentation d’être le plus brillant, dominer, forcer l’admiration par nos exploits et nos réalisations. Des tentations, ou plutôt une seule : le culte de soi, sous une infinité de formes, qui peut aboutir à défier Dieu. Si tu es le Fils de Dieu, tu peux faire toi-même ton bonheur… choisir la puissance pour réaliser tous tes projets… et prendre des risques extrêmes, à l’égal de Dieu. Tentation de posséder : les biens, les autres, Dieu. Est-ce le but d’une vie humaine ?

5e dimanche du temps ordinaire Is 6,1-2a.3-8. / Ps 138(137),1-2a.2bc-3.4-5.7c-8. / 1 Co 15,1-11. / Lc 5,1-11. Les textes de ce jour révèlent que Dieu appelle pour associer l’homme à son projet. Son appel est précédé par une expérience. Isaïe est saisi par une théophanie éblouissante et ses lèvres sont purifiées par le feu d’un charbon ardent. Sa disponibilité est comparable à celle de Pierre et de ses compagnons. Luc fait de la pêche miraculeuse le cadre de l’appel des premiers disciples, dont Pierre sera le leader. L’attitude de Jésus montre son audace : sans y être invité, il monte à bord et enseigne les foules, puis ordonne de pêcher en eau profonde à une heure défavorable. Devant l’importance de la pêche, réaction d’effroi de Pierre, qui (comme Isaïe) réalise son indignité. L’appel de Jésus révèle que tout ce que fait Dieu pour l’humanité passe par des humains. La formule « laissant tout, ils le suivirent » dit l’incomparable pouvoir d’attraction du Maître. Dieu fait passer Isaïe et Pierre de la peur à la foi. Leur aventure met en évidence que nous avons tous, à chaque instant, à passer de la peur à la foi.

Quatrième du Temps ordinaire - Jr 1,4-5.17-19 ; 1 Co 12, 31-13,13 ; Lc 4, 21-30. La parole de Dieu vient déranger, bousculer la vie de Jérémie le prophète. Lui, l’homme timide et craintif devra affronter sans peur son propre peuple et les nations voisines. Mais Dieu lui dit « je suis avec toi pour te délivrer »… A Nazareth, quelques siècles plus tard : d’autres adversaires, les auditeurs de Jésus, mettent en doute sa parole : l’enfant du pays qui leur parle, ce fils du charpentier qu’ils connaissent bien, peut-il être un prophète qualifié ? Ce doute va devenir réaction violente d’exclusion aux paroles de Jésus. Ils entendent en effet que si Jésus a pu faire des miracles chez leurs voisins, c’est que ceux-ci avaient une attitude différente : ils reconnaissaient les dons de Dieu comme des dons et ne prétendaient pas avoir des droits sur lui ; ils entendent aussi que les païens, peuvent être plus proches du salut qu’eux-mêmes. parce qu’ils ont fait preuve de confiance et de miséricorde. Alors ils sont furieux ! Les deniers mots du récit laissent deviner que Jésus sera victorieux finalement. Que sa Parole nous bouscule encore et nous garde dans l’espérance !

3e du Temps ordinaire. Ne 8, 1-4. 5-6. 8-10 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 et 4, 14-21. Au temps du prophète Néhémie, le peuple, revenu de l’exil, est à nouveau sur sa terre ; les murs du temple ont été reconstruits et l’on célèbre la parole de Dieu…le prêtre ouvre le livre et tout le peuple, unanimement, proclame : « Amen ». Ce mot évoque la solidité, la stabilité, la fermeté du roc ; il est de la même famille que foi et fidélité. La page d’évangile nous montre Jésus, à la synagogue : il lit un texte d’Isaïe, l’explique et dit : « cette parole s’accomplit aujourd’hui. » Jésus, Parole vivante du Père et que porte le souffle de l’Esprit, vient à nous comme lumière, libération, vie si nous nous reconnaissons pauvres, aveugles, captifs ou opprimés : Notre « amen » tout au long de l’eucharistie, réponse de croyants à la parole entendue, dit notre foi et réalise toujours davantage notre adhésion au Corps du Christ Ressuscité.

2e du Temps ordinaire. Is 62, 1-5 ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11. Ce que nous entendons aujourd’hui du livre d’Isaïe est une véritable déclaration d’amour. Dieu parle à son peuple comme à la femme aimée : « comme la jeune mariée fait la joie de son époux, ainsi tu seras la joie de ton Dieu ». Une alliance nouvelle marquera les temps nouveaux. L’évangéliste Jean annonce lui aussi l’alliance de Dieu et de l’humanité, dès le début de son évangile, en relatant les noces de Cana. Les caractéristiques apparaissent à travers quelques expressions : « le 3e jour » : le texte biblique commence par ces mots, allusion à la vie nouvelle de la résurrection du Christ, temps où les noces de Dieu et de l’humanité seront célébrées Ce sera l’heure dont parle Jésus, celle où le projet de Dieu sera accompli pleinement Jean précise au début et à la fin que les noces ont lieu à « Cana de Galilée ». La Galilée était considérée comme le carrefour des peuples, Il nous est dit là que toute l’humanité fera l’expérience de l’Alliance. Le vin de Cana arrive jusqu’à nous pour que nous en buvions sans modération !

Baptême du Seigneur. Is 40, 1-5. 9-11 ; Tt 2, 11-14. Lc 3, 4-7. Trois évangélistes racontent l’événement du baptême de Jésus. Luc, seul, note que le peuple se faisait baptiser. Il est seul aussi à noter que Jésus priait, après avoir reçu le baptême : il se situe ici parmi les siens, partageant leur condition humaine, en même temps qu’il est en communion avec le Père. « Le ciel s’ouvrit » et en cet instant, le souffle de l’Esprit porte les mots du Père : « C’est toi mon fils ». l’Esprit descend sur Jésus comme il planait sur les eaux au premier jour de la création et il va le conduire tout au long de sa vie, pour accomplir sa mission. Le Dieu de tendresse dont parlait Isaïe, prend visage humain en Jésus. L’Esprit nous sera donné au baptême pour que nous aussi nous soyons à notre tour témoins d’un Dieu de miséricorde en toutes nos relations.

Épiphanie du Seigneur. Is 60, 1-6 ; Ps71 ; Ep 3, 2…6 ; Mt 2, 1-12. Fête de l’épiphanie : l’Église célèbre le Christ manifesté à tous les peuples de la terre. Pour signifier l’universalité de ce message, l’évangéliste Matthieu raconte ce qui est arrivé à des mages inconnus, nous n’en connaissons ni le nombre ni l’origine, mais en eux les premiers chrétiens ont vu les pays dans leur diversité marcher vers la lumière - comme l’annonçait déjà Isaïe. Ils ont su interpréter les signes des temps, pour eux celui de l’étoile, puis se sont laissés guider par les Ecritures jusqu’à Bethléem, jusqu’au Christ. Ce récit nous dit que le Christ rassemble en lui les pays avec leurs cultures leurs ethnies, leurs religions. Mais les paroles d’Hérode cachent la soif de pouvoir, la jalousie et la haine. Les mages ne prennent pas ce chemin. Et nous, quel est notre choix ? En tout cas, nous sommes invités, pour l’année qui commence, à nous ouvrir à la miséricorde et à l’espérance dans nos relations avec les autres et avec la terre, notre « maison commune ».

Fête de la Sainte Famille - 27 décembre 2015 1 Sam. 1,20-22.24-28. / Ps 84(83),2-3.5-6.9-10. / 1 Jn 3,1-2.21-24. / Lc 2,41-52. La 1re lecture et l’évangile se font écho. Anne, la mère de Samuel, monte au sanctuaire pour offrir un sacrifice annuel et s’acquitter de son vœu exaucé par Dieu pour la naissance de son enfant. Elle confie Samuel au Seigneur. Les parents de Jésus font la même démarche sacrificielle pour la Pâque, sans envisager de consacrer leur fils au Seigneur. Le récit de Luc présente à la fois une manifestation du mystère de Jésus et l’incompréhension de ses plus proches. « C’est chez mon Père que je dois être. » Jésus affirme clairement sa filiation divine. « Ne le saviez-vous pas ? » L’auteur nous apprend que Marie ne comprend pas tout de suite ; elle retient tout, s’interroge et cherche à comprendre. Il nous invite à adopter cette posture. Retenons que Jésus signifie à ses parents qu’il doit être auprès de son Père mais il retourne aussitôt avec eux à Nazareth. Il n’est pas resté dans le Temple de pierre, préférant se mettre au service de ses proches.

Nativité de Jésus-Christ - jeudi 24 décembre 2015 Is 9,1-6. / Ps 96(95),1-2.2-3.11-12.13. / Tite 2,11-14. / Lc 2,1-14.

Les ténèbres font allusion au royaume de David, divisé depuis la mort de Salomon et menacé au Nord par les Assyriens. Isaïe stimule alors l’espérance : c’est dans ce pays qu’apparaîtra le Messie libérateur, comme une grande lumière. La guerre est terminée ; un enfant de descendance royale est né. Cette naissance manifeste la fidélité de Dieu à ses promesses pour son peuple. Elle se concrétise dans le récit de Noël. Luc commence par le récit d’un projet d’envergure universelle, celui de l’empereur César-Auguste voulant recenser toute la terre. Ce projet est mis en parallèle avec la naissance d’un petit enfant dans une étable. Contraste saisissant. Face à l’urgence, il n’y avait pas de place pour eux. Inattendu, le Messie naît dans un ‘‘non-lieu’’ à l’écart de la salle commune. Ironie du récit : le recensement passif de Jésus va manifester son statut de Messie. Autre ironie : les bergers, symbole des plus petits que l’on exclut à l’échelle universelle, sont les premiers destinataires du salut offert à tous.

4è Dimanche de l’Avent Michée 5,1-4a. / Ps 80(79),2ac.3b.15-16.18-19. / Heb. 10,5-10. / Lc 1,39-45. Ce passage du livre de Michée est célèbre car la tradition chrétienne y a vu l’annonce de la naissance de Jésus. Le prophète a vécu la prise de Samarie et le siège de Jérusalem, ces heures sombres où Dieu semblait absent de son peuple. Il évoque Béthléem Ephrata où David reçut l’onction de Samuel. « C’est de toi que sortira celui qui doit gouverner Israël » : ce retour aux origines et ce verbe sortir nous renvoient à l’Exode pour annoncer un nouveau commencement. La nouveauté va se révéler avec Marie qui se presse d’aller voir sa cousine. Elisabeth semble au centre de la scène mais la figure centrale est celle de Marie qui porte en son sein le Seigneur. Remplie d’Esprit Saint, Elisabeth s’écrie tel un prophète pour dévoiler ce qui est caché. Ses mots sont une révélation de Dieu, une interprétation authentique de ce qui germe en Marie. Ce texte nous révèle ce qu’est le mystère de la Visitation : la révélation de l’un vient réveiller le meilleur de ce porte l’autre. Dieu vient habiter le mystère de nos rencontres.

3è Dimanche de l’Avent Soph. 3,14-18a. / Is 12,2-3.4bcd.5-6. / Philip. 4,4-7. / Lc 3,10-18. La joie culmine dans les textes de ce dimanche. Sophonie souligne l’allégresse de Jérusalem qui est sauvée et celle du Seigneur qui trouve sa joie en Sion. Dieu enveloppe cette cité de son amour et ne l’enferme pas dans son passé. Comme Sion, il peut nous renouveler par son amour ; ce qui suscite notre joie dans l’attente de Noël. Joie aussi chez Paul qui nous appelle à manifester notre bienveillance auprès de tous. Avec Luc, avançons alors sur notre chemin de conversion. Les événements annonçant la fin sont imminents ; Jean annonce le salut ainsi que son auteur. Il est urgent de se convertir pour être prêts à accueillir l’événement et la rencontre du Sauveur. Les exigences sont radicales. Notons que les conseils de Jean portent sur le comportement social -le partage- et concernent tous les hommes. L’annonce du salut, proche et source de joie, est le fil rouge de ce dimanche.

« Préparez le chemin du Seigneur »

Ier dimanche de l’Avent

Jr 33, 14-16 ; Ps 24 ; 1 Th 3, 12-4, 2 ; Lc 21, 25-28. 34-36

Une nouvelle année liturgique commence, appelée année C : nous lirons l’ évangile selon Luc. Jérémie adresse de la part de Dieu, une parole d’espérance, une « parole de bonheur : quelqu’un naitra chez David » qui apportera sécurité, justice, droit et paix. Et pourtant cette annonce est faite à un moment où Jérusalem est assiégée ; le pays ruiné parait sans avenir. L’évangéliste Luc écrit des mots tout aussi réconfortants « redressez-vous, relevez la tête ». à l’adresse des chrétiens de sa communauté persécutée. Invitation à tenir bon dans les doutes, les combats, à garder confiance en Dieu qui vient. Un « germe de justice » est promis, c’est le nom même de Dieu : « le Seigneur est notre justice » dit le psalmiste. Qu’en attendons-nous pour Noël ? Devenons des veilleurs, pour déceler en nous et autour de nous des signes de la venue du Christ !

22 novembre Fête du Christ-Roi - Dn 7, 13-14 ; Ps 92 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33-37 « Le Seigneur est roi », c’est le message de tous les textes de ce dimanche. Quelques heures avant de mourir, Jésus rencontre Pilate. Ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes, pourrait-on dire. A la question de son interlocuteur, « Es-tu le roi des juifs » Jésus répond « ma royauté n’est pas de ce monde » . A la lecture des évangiles, nous comprenons que son royaume n’a rien à voir avec l’ambition, la prise de pouvoir, les dominations de toutes sortes . Pourtant ce royaume n’est pas étranger à notre monde. Jésus dit encore à Pilate : « je suis venu en ce monde ». Il a assumé notre humanité jusqu’au bout et son royaume concerne la vie humaine dans toutes ses dimensions. Il y révèle l’amour de Dieu, la vérité de son être, et chacun est invité à être comme lui « de la vérité », c’est-à-dire à « écouter sa voix ». S’engager au service de la vérité, prendre parti, choisir son camp : certains chrétiens le font au prix de leur vie aujourd’hui .

15 novembre – 33è dimanche - Dn 12, 1-3 ; Ps 15 ; He 10, 11…18 ; Mc 13, 24-27 Les textes de ce jour relatent des événements dans un langage « apocalyptique » ; les mots, les images sont codés, c’est un genre littéraire, familier de la littérature juive et chrétienne pour relater de grandes persécutions (du 6è siècle av. J-C au 2è s. après J-C), soulignant aussi la puissance et la majesté de Dieu. De tels récits délivrent toujours un message d’espérance : la vie, le salut, finissent par avoir le dernier mot. Ainsi le prophète Daniel annonce : « Michel, le chef des anges se lèvera, … ton peuple sera délivré », et Marc encourage sa communauté chrétienne de Rome persécutée, l’invitant à reconnaître les signes de la venue du Christ, comme la sève nouvelle et l’éclosion des bourgeons annoncent l’été. Quant au psalmiste, il chante : « Tu ne peux m’abandonner à la mort ! » Quel message d’espérance allons-nous recevoir de la Parole de Dieu en ces jours où l’actualité nous arrive en des images aussi violentes qu’au temps de Daniel et de Marc ? Quel message d’espérance allons—nous partager comme nous y invite notre pape François ?

8 novembre – 32è dimanche du temps ordinaire- 1R17, 10-16 ; Ps 145 ; He 9, 24-28 ; Mc 12, 18-44 Les veuves dans la Bible, ce sont des personnes pauvres, aux droits souvent bafoués… Celle de Sarepta, dont nous parle la première lecture avait seulement de quoi cuire encore une galette pour elle et son fils quand Elie la rencontre et lui demande à manger. C’est une étrangère et elle fait confiance en donnant ce qui lui reste pour vivre. La veuve aux 2 piécettes lui ressemble-telle ? , Jésus la repère à Jérusalem, dans le temple au milieu de la foule . Elle est pourtant bien silencieuse et discrète ! Jésus entend les deux pièces qui tombent dans le tronc. Il perçoit la vérité de ce don. Cette femme a donné de son nécessaire, remarque-t-il devant ses disciples, elle n’est pas de ces gens riches dont il vient de parler qui veulent être vus et qui s’enrichissent sur le dos des petits, qui exigent le peu que les pauvres ont pour vivre. il rappelle ici avec d’autre mots la béatitude « heureux les pauvres de cœur » ? Ce récit se situe peu de temps avant la Passion. Ce don de la femme préfigure celui que lui-même fera de sa vie en vérité. Quelle est la qualité de nos dons ?. Quand nous en faisons, donnons-nous aussi un peu de notre vie ?

Fête de tous les saints – Ap 7, 2-14 ; 1 Jn 3, 2- ; Ps 23 ; Mt 5, 1-12. « Heureux les pauvres de cœur » : Jésus incarne cette béatitude ; il se dira « doux et humble de cœur «  ; être pauvre de cœur signifie que l’on a assez d’humilité pour avoir confiance en Dieu, en son Esprit ; cela signifie aussi vouloir le bonheur de tous, à travers le service de ceux que nous approchons ; c’est ce que Jésus a fait, se recevant tout de Dieu son Père, se faisant serviteur de ses frères jusqu’au bout, artisan de paix, miséricordieux…Il nous dit « heureux » parce que nous mettons nos pas dans les siens, Heureux, ou encore « en marche » comme dit une autre traduction puisqu’aussi bien le bonheur du vrai disciple ne nous habite pas encore totalement. Le texte de l’Apocalypse est déjà le chant du bout du chemin, mais aussi le chant de l’Eglise, tout au long de sa marche, chaque fois que, à cause du Christ, la douceur et la paix, la miséricorde, la confiance et la vérité sont victorieuses de la violence et de la haine, du mépris et du mensonge.

30è dimanche du T.O. Jér. 31,7-9. / Ps 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6. / Heb. 5,1-6. / Mc 10,46-52. Jérémie et le psalmiste nous invitent aux retours dans la joie et à l’Essentiel. Ils incitent à chercher Dieu sur des chemins inconnus, pour passer de la captivité à la liberté. L’expérience de l’épreuve, éclairée par la lumière différente que Dieu braque sur les réalités, nous fait voir autrement notre vie. Cris de joie avec Jérémie, cri d’espérance d’un aveugle vers Jésus. La cécité de cet aveugle symbolise le cheminement des humains, celui de la foi à travers les épreuves. Passage de l’ombre à la lumière, de la souffrance à la joie, la guérison de Bartimée met en scène le relèvement de la personne fraîchement illuminée par le passage de Jésus. Comme Bartimée, dont Jésus a ouvert les yeux du cœur, chaque catéchumène, chaque croyant, peut connaître cette illumination en faisant l’expérience de la foi. La Parole de Dieu nous y invite chaque jour.

29è dimanche du T.O. Is 53,10-11. / Ps 33(32),4-5.18-19.20.22. / Heb. 4,14-16. / Mc 10,35-45. Le serviteur souffrant dont parle Isaïe ne nous rassure guère. Sacrifié pour réparer les fautes d’un peuple ingrat, le sort du Juste préfigure ici celui de Jésus. Ce n’est certes pas Dieu qui s’est plu à broyer son serviteur, mais c’est parce que son serviteur a connu cette situation extrême que Dieu s’est approché de lui et l’a rendu Juste aux yeux de tous. La lettre aux Hébreux conforte la Grandeur de Jésus ; il est l’intermédiaire unique, la passerelle entre ceux qui viennent de la misère humaine et la richesse de l’amour du Père. Il est passé par les souffrances humaines et peut donc nous secourir efficacement, mais sans toutefois céder aux tentations et au péché dont l’homme s’est rendu coupable. La recherche de grandeur -pour l’éternité- anime les deux frères disciples de Jésus. Oui, ils suivront Jésus et connaîtront la mort quand l’heure sera venue. Quant aux places d’honneur, c’est Dieu qui en dispose selon ses critères, sachant que ceux qui gouvernent sont manœuvrés par les puissants et peuvent opprimer. Nous sommes appelés à nous mettre en situation de serviteur, mettant nos dons reçus de Dieu au service de tous. Le meilleur de nous-même, ce n’est pas ce que nous gardons mais ce que nous donnons.

28e dimanche du T.0.

Sg 7,7-11. / Ps 90(89),12-13.14-15.16-17. / Heb. 4,12-13. / Mc 10,17-30. Salomon a reçu la sagesse en réponse à sa prière. « Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres.. ». Homme comme les autres, il considère la connaissance de Jésus-Christ comme la seule vraie richesse. Puissions-nous espérer que tous ceux qui ont une responsabilité de gouvernement (et chacun de nous) s’approprient cette belle prière. Cette recherche de la sagesse, relayée par le Psaume, caractérise le jeune homme riche qui souhaite accéder à la vie éternelle. Jésus le renvoie aux commandements de la Torah. « Tout cela, je l’ai observé.. » Jésus pose alors sur lui son regard aimant, manifestant sa tendresse pour celui qu’il va appeler à aller plus loin dans son itinéraire de vie. « Va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras alors un trésor au ciel. Puis, viens, suis-moi. » L’appel est trop fort pour le jeune homme, bridé dans ses limites. Les richesses matérielles peuvent rendre difficile l’accès au Salut ; la possession de nombreux biens peut nous conduire à l’écart de ‘‘petits’’ faits quotidiens de partage, de fraternité, de solidarité, qui nous rapprochent du Salut. Mais Marc nous rassure : tout est possible à Dieu.

27è dimanche du T.O. Gn 2,18-24. / Ps 128(127),1-2.3.4-5.6. / Heb. 2,9-11. / Mc 10,2-16. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul… » L’homme sans parole et sans amour, ce n’est pas bon. Dieu crée alors la femme ; il donne à l’homme la possibilité de connaître le bonheur et de construire son existence avec un être qui lui sera égal et complémentaire. Egale, car la femme est ‘‘prise du côté de l’homme’’, et complémentaire car elle est une partie de lui-même dont il ne pourra jamais se séparer. Pour connaître le bonheur, le psalmiste nous incite à être à l’écoute du Seigneur et vivre du travail de ses mains. Une longue vie est promise à l’homme et un avenir pour la cité. Cela ne paraît pas si simple, et la controverse de Jésus avec les pharisiens le montre. Jésus remonte alors aux écrits de la création pour dire ce qu’il juge essentiel : l’égal responsabilité entre l’homme et la femme. Il pointe aussi la dureté du cœur de l’homme, figé dans ses attitudes, pour insister sur la nécessité de se laisser déplacer par l’influence de Dieu. L’allusion aux enfants, confiants et ouverts, renforce son propos. L’homme est une créature inachevée. Par la femme, Dieu lui a donné la possibilité de s’achever dans la rencontre de l’autre, à tout moment de la vie.

Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire - Nb 11, 25-29 ; ps18 ; Jc 5, 1-6 ; Mc9, 38-48 « L’Esprit souffle où il veut !. » Moïse, lors de la longue marche dans le désert, se réjouissait que l’Esprit se manifeste en-dehors de la tente de la rencontre ; il souhaitait même qu’il soit répandu sur tous. : « Ah ! si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux pour faire de son peuple un peuple de prophètes ! ». Personne n’a le monopole de l’Esprit Saint « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ! », disait Jésus. Tous les efforts accomplis par les hommes de bonne volonté pour plus de justice, de vérité, de paix contribuent à la venue du Royaume de Dieu. Dans l’Église coexistent des sensibilités, des mouvements divers qui portent du fruit. Nous sommes invités à ouvrir notre cœur à la liberté créatrice de l’Esprit de Dieu. La deuxième partie de l’évangile de ce jour souligne l’importance de la solidarité, de l’entraide dans la communauté chrétienne, avec une attention particulière envers les plus faibles, ceux dont la foi est plus fragile. En ce jour du pardon de Notre-Dame de la Mer, n’est-ce pas l’occasion de nous ouvrir à la diversité et aux richesses de ceux que nous allons rencontrer ?

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire Sg 2, 12….20 ; Ps 53 ; Jc 3, 16 à 4, 3 ; Mc 9, 30-37 Le texte de la Sagesse oppose les malfaisants et l’homme juste : celui-ci est une contestation vivante, permanente de ceux qui méditent et font le mal ; le psalmiste est sans doute l’un de ces innocents que l’on voudrait éliminer ; Jésus dérangera lui aussi par ses paroles de vérité, ses gestes de libération ; l’ hostilité, la haine croissantes de ses adversaires le conduiront au calvaire. Jalousie et violence mènent à la mort rappellera l’apôtre Jacques dont les paroles restent malheureusement bien actuelles : « Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez » Une fois pour toutes, le Christ a détruit la haine et la mort et il conduit à la vie ceux qui croient en lui. L’évangile que nous entendons aujourd’hui nous dit que l’accueillir, c’est prendre le chemin, non de la violence, de la puissance dominatrice, mais de l’humilité et du service des autres. « Si quelqu’un veut être le premier qu’il soit le serviteur de tous ». Ses disciples le comprendront après la Résurrection et à leur tour se feront serviteurs et donneront leur vie pour lui.

Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire : Is 50, 5-9 ; ps 114 ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35 Le texte d’Isaïe appartient aux chants du Serviteur. Les chrétiens, relisant ces chants voient la figure du Christ dans le serviteur présenté par le prophète. Au cœur de sa souffrance, celui-ci parle ainsi : « je sais que je ne serai pas confondu, il est proche celui qui me justifie ». Jésus, met, lui aussi, toute son espérance en Dieu son Père, qui le fera passer de la mort à la vie. Pierre, lui, mettra du temps à comprendre que la vie est un don, et que pour son maître cela signifie le passage par la mort ; sa profession de foi « Tu es le Christ, » restera pourtant creuse, tant qu’il ne mettra pas ses pas dans ceux d’un Jésus qui va vers la croix, tant qu’il ne lâchera pas ses images de puissance et d’honneur pour consentir à changer son regard et prendre sa place de disciple. Lors de l’eucharistie nous affirmons aussi notre foi et, éclairés par la mort et la résurrection du Christ, nous accueillons peu à peu dans nos choix quotidiens, sa manière de pensée, de servir les autres, comme nous y invite l’apôtre Jacques en ce dimanche. L’Evangile appelle cela « Sauver sa vie ».

Vingt-troisième du temps ordinaire Is 35, 4-7 ; ps 145 ; Jc 2, 1-5 ; Mc 7,31-37 Isaïe annonce la venue d’une ère nouvelle de la part de Dieu ; Dans un univers recréé, plus de bêtes féroces ni de terre aride, les « libérés y marcheront » dans l’allégresse. La page de Marc ne parle pas de promesse mais déjà de la réalisation du projet de Dieu par Jésus ; il nous montre une foule s’émerveillant devant l’action divine grâce aux gestes de Jésus « Il fait entendre les sourds et parler les muets" ; en fait, ici un seul homme est guéri de sa surdité : Jésus le prend à part de la foule. Veut-il nous dire que chaque personne est unique ? Que chacun est ainsi invité à rencontrer le Christ personnellement et à se laisser libérer par lui ? Cet homme ouvre ses lèvres et ses oreilles à la parole de Jésus et il peut maintenant renouer les relations avec ses proches, rendre possible ou renforcer la communion fraternelle. Nous redémarrons une année ; comment allons-nous répondre à l’invitation du Christ : « ouvre-toi » ? En accueillant ceux qui sont différents, qui n’ont pas nos manières de penser ou de faire, nous contribuerons à construire la fraternité, à recréer le monde avec le Christ.

22è dimanche du T.O. Deut. 4,1-2.6-8. / Ps 15(14),2-3a.3cd-4ab.4-5. / Jacques 1,17-18.21b-22.27. / Mc 7,1-8.14-15.21-23. Avant son entrée en terre promise, rappelant au peuple le parcours effectué depuis l’Egypte, Moïse révèle le secret de cette aventure : Dieu était présent auprès de son peuple à chaque instant de son histoire. « Écoute Israël » : la rencontre personnelle avec Dieu, vécue dans une écoute, engage dans des comportements concrets. Le tout est d’appliquer cette Loi et ne pas y toucher. De même, Jacques pousse son auditoire à devenir des réalisateurs de la Parole. Il est nécessaire qu’elle s’épanouisse dans les œuvres. Il ne suffit pas de l’entendre, ni seulement de la méditer, encore faut-il la refléter dans nos actes. « La religion pure et sans tache est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et se garder du monde pour ne pas se souiller. » dit Jésus. La source véritable de l’impureté est dans le cœur de l’homme et non dans les gestes qu’il pose. Si la pureté réside plutôt dans la droiture du cœur, elle caractérise aussi tout païen fidèle à sa conscience.

21è dimanche du T.O. Josué 24,1-2a.15-17.18b. / Ps 34(33),2-3.16-17.18-19.20-21.22-23. / Ephés. 5,21-32. / Jn 6,60-69. Au temps de Josué, chaque peuple avait son dieu, et il était normal de changer de dieu quand on changeait de territoire. Israël fait exception : Yahvé est le Dieu d’Israël et son Dieu l’accompagne dans ses pérégrinations. De plus, Yahvé est le Dieu de tous les peuples et Israël a pour mission de leur annoncer. Ce récit relate le moment où les 12 tribus d’Israël sont invitées à professer leur appartenance à Yahvé en excluant toutes les divinités locales. Fils de ce dieu universel, c’est bien le Christ qui est l’exemple du don parfait, dit Paul. Il donne sa vie pour son épouse, l’humanité. « Soyez soumis les uns aux autres », dit-on aux jeunes époux. Cette soumission du Christ n’a rien d’oppressif ni d’asservissant mais elle épanouit dans une communion parfaite des cœurs et des volontés. Ce signe de l’amour du Christ va jusqu’à l’offrande en sacrifice pour les hommes ; ce qui choque les scribes. Jésus met fin définitivement à des siècles de sacrifices passant par le sang versé d’un être vivant ou le feu de produits du sol. Désormais, les croyants s’uniront à son sacrifice ultime dans le rite d’un repas fraternel et à travers des gestes de vie.

20e dimanche du T.O. Prov. 9,1-6. / Ps 34(33),2-3.10-11.12-13.14-15. / Ephés. 5,15-20. / Jn 6,51-58. La Sagesse est présentée comme une dame qui habite au cœur du peuple de Dieu et invite à la fête. On se rappelle la parabole de Jésus sur les noces d’un fils de roi. La Sagesse serait donc une image du Fils de Dieu. Inviter des gens simples nous renvoie à ceci : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs ». Ils auront accès aux biens du Royaume, décrits sous l’image d’un banquet. Avec Paul, l’accès à ces biens dépend de consignes à observer. Il invite à vérifier avec vigueur notre manière de marcher avec le Christ : vivez comme des sages ; tirez parti du temps présent ; laissez vous conduire, remplir par l’Esprit Saint ; et que la Parole soit au centre de vos vies. Relions cela à cette parole de Jésus : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde… ma chair est vraiment nourriture, mon sang est vraiment boisson ».

19è dimanche du T.O. 1 Rois 19,4-8. / Ps 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9. / Ephés. 4,30-32.5,1-2. / Jn 6,41-51. Ayant massacré les prophètes de Baal, menacé de mort par la reine Jézabel, Elie doit fuir au désert. Il y découvre la terrible épreuve de la solitude et se croit abandonné. Mais Dieu vient restaurer ses forces pour lui permettre d’accomplir une autre mission. Le découragement d’Elie devient invitation à changer son errance en pèlerinage : « Va, reprends ton chemin ». Paul nous invitait dimanche à une rupture radicale avec notre passé. Aujourd’hui, il indique des pistes pour reprendre notre chemin dans une nouvelle manière de vivre selon l’Esprit. Notre vie calquée sur celle du Christ, il s’agit de nous ajuster à la conduite de Dieu en manifestant sa miséricorde. Avec St Jean, la venue du Fils dans le monde doit être reconnue d’abord comme le don du Père aux hommes. Envoyé sous les traits d’un homme, le Fils est là pour manifester l’amour du Père. Aux hommes de reproduire son image.

Dix-septième du temps ordinaire – II R 4, 42-44 ; Eph 4, 1-6 ; Jn 6, 1-15 « Une grande foule suivait Jésus ». Quelles étaient ses motivations ? Quelle faim faisait courir ces gens-là ? Jésus sait sans doute ce qui les pousse à venir à lui et il va au devant de leur faim. Le pain qu’il partage, les rassasie tous, il en reste : on pourra encore en manger plus tard, il aura toujours du goût. La Parole qui nous est donnée aujourd’hui, n’a jamais fini de délivrer son sens et de nourrir celui qui l’accueille avec foi. De plus, ce pain que nous recevons à l’eucharistie, fait de nous tous un Corps, le Corps de l’unique Seigneur : c’est ce que nous dit saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens « il y a un seul Corps et un seul Esprit, comme il y a un seul Seigneur… ». Puissions-nous aujourd’hui entendre son encouragement à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix »

Seizième du Temps ordinaire – Jr 23, 1-6 ; Eph 2, 13-18 ; Mc 6, 30-34. « Le Seigneur est mon berger … sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer » Ce que chante le psalmiste, les apôtres s’apprêtent à le vivre sur l’invitation de Jésus. Moment à l’écart pour eux, partenaires dans la mission, mais l’événement vient bousculer ce qu’ils ont prévu. Grâce à cet événement, Jésus va se révéler comme berger, le vrai pasteur dont parlait Jérémie : les gens accourent et Jésus ne les renvoie pas il« est saisi de compassion » à la vue des gens, car ils étaient là comme des brebis sans berger » ;. Il commence ce jour-là par enseigner longuement et sa parole rassemble tous ces gens dans l’écoute d’une même bonne nouvelle. Jésus réalise le projet de Dieu : ramener les brebis dispersées, égarées. Saint Paul le dit avec force aux chrétiens d’Ephèse : « Le Christ voulait rassembler les uns et les autres en faisant la paix ». Comment en témoigner ?

Quinzième du Temps ordinaire – Am 7, 12-15 ; Eph 1, 3-14 ;Mc 6, 7-13. La Parole de Dieu appelle et envoie. Amos rappelle au prêtre de Béthel que ce n’est pas en son propre nom qu’il parle, que Dieu l’a appelé et envoyé … Jésus appelle et envoie les douze deux par deux, sans autre bagage que la Bonne Nouvelle du salut. Ils ne s’imposeront pas, la mission se vit dans un donner-recevoir : les maisons qui les accueilleront, recevront par eux la paix du Christ, et sa vie plus forte que le mal. Saint Paul, appelé par le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, et envoyé proclamer cette Bonne Nouvelle, s’émerveille devant le projet de Dieu. Il nous choisit, nous donne son Esprit et nous envoie aujourd’hui, Notre mission est celle que confie le pape cette année à l’Eglise : vivre la miséricorde. La vivre en disciples du Christ consiste en des gestes concrets, à l’exemple de ceux que Jésus accomplissait et demandait aux messagers de la Bonne Nouvelle : accueillir, réconforter, visiter, guérir, libérer, consoler, apprendre à pardonner… Une année pour que notre témoignage soit plus fort et plus efficace.

Croire en Jésus aujourd’hui

13e dimanche Temps ordinaire Sg 1,13-15.2,23-24. / Ps 30(29),2.4.5-6.11.12a.13b. / 2 Cor. 8,7.9.13-15. / Mc 5,21-43. Face au mystère du Mal qui met en échec la Vie, l’auteur de la Sagesse invite le croyant à opter pour le chemin de la vie, puisqu’il a été ‘‘créé pour l’incorruptibilité’’, à l’image de Dieu. Paul ajoute que la grâce de Dieu produit chez le croyant l’énergie et la motivation nécessaire pour manifester les réalités de son Royaume. Elle est un puissant levier pour toucher et élever les cœurs. L’allusion au partage des ressources entre Jérusalem et Corinthe nous incite à partager ce que Dieu nous a confié. Marc nous conforte aussi dans la foi en relatant ce qui est arrivé à la fille de Jaïre et à la femme hémorroïsse. La prière de Jaïre manifeste une foi profonde. Survient la femme atteinte d’hémorragies chroniques (état d’impureté légale), poussée à toucher le vêtement de Jésus. Ce contact réussi, l’hémorragie cesse. Jésus souligne la force de son acte de foi. Il rassure le père éprouvé par le décès de sa fille : « Ne crains pas, crois seulement ! ». Une injonction : « Lève-toi ! » (réveille-toi) ramène la fille à la vie. Ces deux faits donnent à réfléchir sur la force de l’acte de croire.

12e dimanche Temps ordinaire Job 38,1.8-11. / Ps 107(106),23-24.25-26.28-29.30-31. / 2 Cor. 5,14-17. / Mc 4,35-41. La question adressée à Job lui fait sentir sa petitesse et la puissance créatrice de Dieu, qui lui rappelle des faits surnaturels à vue humaine. La mer, jaillie du sein primordial (la terre) n’a pas submergé la terre car Dieu lui a assigné des limites. Paul rappelle que « Christ est mort pour tous » et pas seulement pour un cercle restreint d’initiés. Depuis, grâce à un changement vivifiant opéré par le Christ en chaque chrétien, on apprend à considérer hommes et événements avec des yeux nouveaux. Attitude salutaire face aux défis. C’est ce qui attend les disciples de Jésus, embarqués avec lui sur un lac, de nuit (propice aux forces obscures). Jésus laisse ses disciples (pêcheurs) gérer la barque mais un gros grain risque d’engloutir l’embarcation. Stupéfaction lorsque Jésus calme les eaux et la tempête ! Que reproche Jésus à ses disciples ? Leur affolement, croire que tout est perdu. Jésus oppose la foi à la lâcheté, la peur, le manque de courage. La foi demande la confiance et le courage de la mission dans la barque de l’Eglise.

11e dimanche Temps ordinaire Ezéc. 17,22-24. / Ps 92(91),2-3.13-14.15-16. / 2 Cor. 5,6-10. / Mc 4,26-34. L’image d’un rejeton pris sur un grand cèdre (message codé en situation d’exil) indique que Dieu relèvera la maison de David. Passereaux et oiseaux désignent les divers peuples de la terre venant se réfugier près du Messie. Dans cet appel à la confiance, nous comprenons qu’il s’agit de Jésus et de son règne universel. Cet appel est repris par Paul qui assure que nous pouvons avoir toujours confiance, quoi qu’il arrive, avec l’assurance que tout sera mis en lumière en présence du Seigneur lors du jugement dernier (Matt. 25). Comme celle du rejeton, l’image de la croissance du blé rend compte d’un aspect du Royaume de Dieu qui surgit. Jésus a semé et il voit pousser le Royaume de lui-même : la Parole libérée est propagée dans le monde entier. Marc nous assure que Dieu mène à bien son entreprise par une action continue, silencieuse et efficace. Il nous revient, disciples-missionnaires du Christ, de poursuivre cette œuvre de croissance.

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Ex. 24,3-8. / Ps 116(115),12-13.15-16ac.17-18. / Heb. 9,11-15. / Mc 14,12-16.22-26. Exode 24 nous place au milieu du peuple hébreu, campant au pied du Sinaï et rejoint par Moïse qui leur rapporte toutes les paroles du Seigneur. Moïse fait préparer les sacrifices en vue d’ancrer dans les esprits un signe fort manifestant une alliance entre Dieu et son peuple. Ce sacrifice n’aura lieu qu’après lecture de la Loi et une parole donnant sens au sacrifice. Le Psaume évoque ce sacrifice et nous introduit à l’Évangile. Quant à Marc, il donne un sens pascal au dernier repas de Jésus qui parle de sa mort et scelle sa mort à l’Alliance avec Dieu. Il institue l’eucharistie au cœur de ce repas. Le corps désigne la personne, le sang : la vie, et la multitude : l’ensemble des hommes. Comment cela nous rejoint-il ?

  • Faisons un petit détour par le Ps 14,4 : « Quand ils mangent leur pain, c’est mon peuple qu’ils mangent. » Quel sens donner à cette parole aujourd’hui ?
  • L’eucharistie que nous célébrons a pour but, non pas de nous donner la présence divine, mais de nous rassembler en un seul corps pour faire UN avec l’humanité entière représentée par l’assemblée, paroissiale ou autre. Nous sommes aussi invités à faire don de notre vie pour le salut du monde.

Dimanche de la Trinité – Dt 4, 32-40 ; Rm 8, 14-17 ; Mt 28, 16-20 En faisant le signe de croix, nous disons d’une manière qui n’appartient qu’à nous, les chrétiens, que Dieu est Trinité : Voilà un mot de notre foi qui parait difficile à comprendre… mais nous n’avons que nos mots humains pour nommer Dieu. Le mot Trinité n’apparaît pas dans les évangiles ; ce que le lecteur croyant perçoit, en revanche, c’est l’amour trinitaire, l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père. Cet amour a un nom, l’Esprit Saint : il est manifesté tout au long de la vie de Jésus, en particulier depuis son baptême dans les eaux du Jourdain, jusqu’à sa mort sur la croix. Il est donné à sa Résurrection, à tous ceux qui mettent en lui leur foi. Depuis les débuts de l’Eglise les nouveaux croyants sont baptisés dans cette foi trinitaire. L’Esprit « fait de vous des fils, … il atteste que vous êtes enfants de Dieu » écrit saint Paul aux Romains. C’est lui qui met sur nos lèvres la prière enseignée par Jésus, le Notre Père, et c’est lui qui nous apprend à aimer.

Dimanche de la Pentecôte - solennité – Ac 2, 1-11 ; Ga 5, 16-25 ; Jn 15, 26…16, 15 Pentecôte, fête du Ressuscité qui répand l’Esprit Saint. Ce fut comme un ouragan pour les disciples. Le souffle de la vie, de la liberté, le souffle d’un nouveau Sinaï a passé sur eux , brûlé leur cœur. Jésus avait dit à Nicodème, que celui qui est né de l’Esprit est comme le vent. Souffle de l’Esprit de Dieu qui force les disciples à sortir pour annoncer et proclamer ce qui vient de se passer pour Jésus.. Ils sortent : des fenêtres, des portes verrouillées s’ouvrent, les foules accourent, diverses, unies dans le même mouvement vers les témoins du Christ Ressuscité A leur parole, les gens venus de tous pays, langues et cultures, se parlent, s’interrogent, et, bouleversés, accueillent la Parole et reçoivent le baptême. Saint Paul énumère ce que produit l’Esprit dans le cœur disponible et accueillant du baptisé : joie, paix, patience, bonté, amour…

Septième dimanche de Pâques – Ac 1, 15-26 ; Jn 4, 11-16 ; Jn17, 11-19 Les premières pages des Actes des apôtres nous disent que Pierre dès le départ de Jésus a voulu reconstituer le groupe des douze. Sans doute par fidélité au choix de Jésus ; par fidélité aussi à l’Ecriture : l’apôtre y lit l’annonce de la mort de Judas, et la volonté de Dieu de le remplacer. Quelle condition doit remplir ce nouvel apôtre ? Avoir été compagnon de Jésus du début à la fin de sa vie publique pour être à même de parler de lui et témoigner à présent de sa Résurrection. L’essentiel n’est donc pas d’avoir de grandes qualités ! Dans l’évangile de ce jour, nous entendons Jésus confier au Père tous ceux qui croiront en lui ; nous sommes donc portés dans cette prière, nous aussi. Demandons avec le Christ et par lui, qu’il « veille » sur les chrétiens du monde entier, qu’il les « garde du mal » et que tous connaissent sa paix et sa joie.

Sixième dimanche de Pâques – Ac 10, 25-26. 34-35. 44-48 ; 1 Jn 4, 7-10 ; Jn 15, 9-17 La Bonne Nouvelle de Jésus s’adresse à tous, portée de manière imprévisible par l’Esprit Saint. L’apôtre Pierre en fait l’expérience quand il entend Corneille, un centurion romain et toute sa maison, clamer les merveilles de Dieu. Lui-même vit une conversion du regard : Force lui est de reconnaître que même les païens reçoivent le don de l’Esprit, et il ne lui reste plus qu’à les accueillir dans la communauté des croyants. Dieu choisit Pierre pour que sa parole se propage, et que l’Eglise s’ouvre à tous les peuples et toutes les cultures, sans discrimination ! Choisis nous-mêmes, nous pouvons choisir le Christ à notre tour en toute liberté et aimer de l’amour que son Esprit met en nous. N’est-ce pas cela « donner du fruit et un fruit qui demeure » ?

Cinquième dimanche de Pâques – Ac , 26-31 ; 1 Jn 3, 18-24 ; Jn 15, 1-8 La vigne, une image privilégiée de l’Alliance entre Israël et Dieu dans le premier Testament et que reprend l’évangéliste Jean. Pour lui, aimer en actes et en vérité est le signe manifeste qu’on entre dans l’Alliance et qu’on porte du fruit. Les premiers chrétiens qui accueillent Paul, jusque là leur persécuteur acharné, en donnent un bel exemple, grâce à l’action et à la parole de Barnabé « l’homme du réconfort ». Nous sommes invités à agir ainsi. Mais si notre cœur nous accuse de ne pas aimer assez, nous entendons aujourd’hui que « Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toute chose ». Lui sait aimer et il importe d’abord de croire en son amour et de l’accueillir ! L’évangile de ce jour nous rappelle aussi qu’on ne peut demeurer dans cet amour du Christ et porter du fruit, sans fréquenter assidûment sa Parole.

Quatrième dimanche de Pâques : Le bon Pasteur Act. 4,8-12. / Ps 118(117),1.8-9.21-23.26.28cd.29. / 1 Jn 3,1-2. / Jn 10,11-18. La guérison d’un infirme et la proclamation de la résurrection du Christ amènent Pierre devant le sanhédrin, à qui il va déclarer que la guérison a eu lieu ‘‘par le nom de Jésus’’. Le discours de Pierre reflète bien les tensions du moment entre la récente Eglise née de la Pentecôte et les autorités juives. Pierre rappelle que Jésus est devenu la pierre d’angle méprisée des bâtisseurs (chefs d’Israël) : « En nul autre que lui il n’y a de salut. » Cette affirmation rejoint, en St Jean, le thème du Bon Pasteur : il rassemble, il guide et fait grandir, il nourrit et donne sa vie pour ses brebis. Une forte insistance sur le verbe connaître pointe l’expérience intime de communion et de partage. Le pasteur est celui qui gouverne et conduit par de bons chemins, en vue du bien commun. Notons que le public auquel Jésus se donne englobe un public universel. Le pouvoir de Jésus -de donner et de reprendre sa vie- exprime la force du don et l’accomplissement de ce que le Père a voulu pour apporter la vie aux hommes.

Troisième dimanche de Pâques Act. 3,13-15.17-19. / Ps 4,2.4.7.9. / 1 Jn 2,1-5a. / Lc 24,35-48.

Pierre rappelle avec virulence l’erreur fatale de jugement du peuple envers Jésus. Evoquant une circonstance atténuante à la situation (l’ignorance), il appelle son auditoire à se convertir et à se tourner vers Dieu en vue de la rémission des péchés. La lettre de St Jean reprend ce thème de la rémission des péchés. St Luc s’attache au caractère corporel de la Résurrection. Jésus apparaît à nouveau à ses disciples qui croient voir en lui un être irréel. Il montre ses plaies, mange devant eux du poisson grillé, mais n’est plus soumis aux lois de l’espace et du temps ; ce qui provoque de sérieuses difficultés chez ses amis, encore incrédules : « ils restaient saisis d’étonnement ». Le crucifié, ressuscité au matin de Pâques, est entré dans le monde de Dieu avec son humanité totalement transfigurée. Cet épisode constitue l’aboutissement de la mission de Jésus et le point de départ de celle des disciples : A vous d’en être les témoins.

Deuxième dimanche de Pâques : Portes ouvertes Act. 4,32-35. / Ps 118(117),2-4.16ab-18.22-24. / 1 Jn 5,1-6. / Jn 20,19-31.

Acte 4 nous décrit une communauté idéale ; ils mettaient tout en commun et une grâce les accompagnait. La foi en Jésus-Christ et la volonté d’accomplir ses commandements, comme le rappelle St Jean, semblent à l’origine de cette situation. Il en est autrement pour les 11 disciples, puis Thomas, réfugiés et bien verrouillés. Jésus vient alors trouver les siens dans l’enceinte de la mort dont ils sont encore prisonniers. Il répand sur eux son souffle, comme au 1er jour de la création. Il les envoie, les fait passer de la fermeture à l’ouverture. Comme Dieu, et Jésus, ils peuvent remettre les péchés ; le lien est fait entre le don de l’Esprit et la mission de réconciliation. Thomas vit sous le régime du voir pour croire ; il s’appuie sur une expérience objective. Son expérience -reconnaître le Crucifié dans le Ressuscité- sera d’autant plus crédible qu’elle passe par un incrédule. Cet épisode de Thomas se termine par la promesse du bonheur pour ceux qui croient sans avoir vu.

Dimanche de Pâques - Résurrection du Seigneur. Act 10,34a.37-43 / Ps 118 (117), 1-2.16-17.22-23 / Coloss 3,1-4 / Jn 20,1-9 « Jésus de Nazareth, celui qu’ils ont crucifié, Dieu l’a ressuscité ». Cette proclamation de Pierre chez un centurion, hors réseau de Jésus, est l’amorce d’une nouvelle qui va traverser le monde et transfigurer la condition humaine. La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle dit le psaume. « Recherchez les réalités d’en-haut : c’est là qu’est le Christ.. » lance Paul aux Colossiens qui voudraient accéder à la résurrection et aux réalités du Royaume. St Jean nous renvoie au 1er jour de la semaine (jour de la Création) près d’un tombeau ouvert. L’absence de Jésus nous renvoie à la croix, devenue un passage ou une route vers une vie autre. Le Christ nous rejoint dans notre misère humaine (nos croix actuelles) pour nous en arracher et nous aider à rebondir, à re-susciter notre vie sous une forme nouvelle. L’homme ancien s’en est allé, accueillons en nous l’homme nouveau.

Dimanche des Rameaux et de la Passion – Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1-15, 47 Nous entendons, ce dimanche, le récit de la passion selon Saint Marc. Jésus, visage de Dieu parmi nous, hier transfiguré, apparaît aujourd’hui, défiguré, humilié. « il ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti…obéissant jusqu’à la mort ». Jésus aime au prix de sa vie et c’est lui que le chrétien contemple tout au long de ce récit. Se reconnaît-il dans les personnages qui contribuent à la mise à mort de Jésus ? Dans le traitre Judas qui le trahit par un baiser ? Dans l’un de ces pharisiens qui se réjouissent de faire périr un prétendu blasphémateur ? se reconnaît-il sous les traits de Pilate qui veut contenter la foule, ou bien sous les traits de Pierre qui le renie ? Est-il l’un de ces passants qui l’injurient après l’avoir acclamé ? Mais peut-être est-il un Simon de Cyrène ? Ce qui est sûr, c’est qu’ il est invité à se laisser regarder par le Christ, à choisir de le suivre dans le silence, à le rejoindre au pied de la croix et à dire avec le centurion « Vraiment cet homme était Fils de Dieu ! »

Cinquième dimanche de carême - Jr 31, 31-34 ; He 5, 7-9 ; Jn 12, 20-33. L’évangile de Jean que nous entendons aujourd’hui nous raconte que des Grecs veulent « voir Jésus ». Ce sont des étrangers ; à travers eux, l’évangéliste nous invite à voir l’ouverture universelle de l’évangile. Que répond Jésus ? « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt… » Par cette réponse à ceux qui veulent le voir, il signifie qu’une vie toute donnée par amour portera beaucoup de fruit. La mort fait surgir la vie. Pour lui, l’Heure est venue d’être élevé sur la croix, élevé par Dieu, « glorifié ». L’Heure est venue où s’accomplit pleinement l’alliance entre Dieu et les hommes, cette alliance qu’annonçait Jérémie et que Dieu inscrit au fond des cœurs : « je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes … je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » : Voir Jésus ? S’attacher à lui ? Dans sa réponse, il dit encore que là où il est, là sera son serviteur, « celui qui me sert, qu’il me suive ! ». Pas d’alternative. Qu’est-ce que cela signifie pour nous concrètement en ces jours de la Passion ?

Quatrième dimanche de carême – 2 Ch 36, 14-16 ; Ep 2, 4-10. Jn 3, 14-21, La page du Livre des Chroniques rappelle que Dieu reste le « Dieu des pères » malgré les infidélités de son peuple, et que rien ne lui est impossible pour sortir ce peuple des ténèbres de ses refus. Dieu se révèle comme celui qui sauve de la mort. Jésus est élevé par les hommes, cloué sur le bois ; mais il est aussi élevé par le Père, exalté, ressuscité. La croix, expression de la haine et de la cruauté des humains, mais plus encore, emblème de la douceur et du pardon du Christ, est le lieu même de l’amour de Dieu pour l’humanité, un amour qui est source de vie. Nous voici donc invités à lever les yeux vers le Christ en croix, à lui dire notre foi, en réponse à ce don qui nous est fait comme l’affirme Paul aux chrétiens d’Ephèse « ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu c’est par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. La foi, n’est-ce pas accueillir tout simplement le don de Dieu ?

Troisième dimanche de carême. Ex 20, 1-17 ; I Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25 . « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir de la maison d’esclavage » : cette parole fonde les neuf autres paroles de la loi reçue par Moïse. Dieu a libéré son peuple, signe par excellence de son amour. A ceux qui demandent des signes pour reconnaître en Jésus le messie, Paul répond : « nous, nous proclamons un messie crucifié » (II Co 1, 22-25). Logique de Dieu tellement étrangère à celle des humains ! A ses auditeurs, quel signe donne Jésus de l’œuvre de Dieu ? Aujourd’hui, après le signe de Cana, c’est celui du temple. Jésus fait corps avec le temple. Les hommes le détruiront mais il resurgira trois jours plus tard. La présence de Dieu n’est pas d’abord dans une construction de pierre. Et nous n’adorons Dieu "ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, mais en Esprit et en vérité, dit Jésus à la Samaritaine. La présence de Dieu aux hommes a pris corps en Jésus. Ressuscité, il continue son action par son Esprit au cœur même de l’humanité.

Deuxième dimanche de carême - Gn 22, 1…18 ; Rm 8, 31-34 ; Mc 9, 2-10. Dieu veut la vie, non la mort. Abraham en fait l’expérience, découvrant ainsi un nouveau visage de Dieu, sur la montagne, au pays de Moriah. Sur une autre montagne, Pierre, Jacques et Jean, font aussi une expérience unique, au moment où Jésus est transfiguré devant eux. Qu’auront-ils découvert ? Que Jésus est autre chose qu’un leader tout-puissant venu libérer le peuple de l’occupant. Il est le Tout Autre dans la nuée, quelqu’un qu’on ne peut s’approprier. Il est le « fils bien-aimé » de Dieu, le messie, le serviteur, comme l’appelle Isaïe, qui connaîtra la souffrance et la persécution pour sauver son peuple. Ses disciples sont invités à lui faire confiance quoiqu’il arrive : « Ecoutez-le » dit la voix venue des cieux. Au bas de la montagne, les trois disciples ne disent rien de leur expérience, selon le désir de leur maitre. C’est avec leurs questions, qu’ils retrouvent la foule, et qu’ils continuent de suivre Jésus. Ils comprendront plus tard que Jésus doit passer par la mort pour entrer dans sa gloire, dans la lumière.

1er dimanche de Carême Gn 9, 8-15 ; Ps 24 ; 1 P 3, 18-22 ; Mc 1,12-15 L’appel décisif des catéchumènes est célébré ce jour en chaque diocèse « Je vais établir mon alliance avec vous et avec tous les êtres vivants.. » dit Dieu à Noé dans le texte de la Genèse. Les nuages, menace de nouvelles pluies diluviennes, seront tenues en respect par l’arc de lumière qui signale l’alliance de Dieu avec tous les vivants. Cette promesse divine efface tout risque d’extermination par les eaux du Déluge en vue d’une nouvelle création. « Toutes les routes du Seigneur sont fidélité et vérité, pour ceux qui observent les clauses de son alliance. » Ps 24, 10. « Fais-moi connaître tes chemins Seigneur ; enseigne moi tes routes. Fais-moi cheminer vers ta vérité et enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve.. » v.4-5. Le psalmiste nous fait ainsi entrer dans ce temps donné à nouveau pour renaître. Dans l’évangile, nous voici juste après le baptême de Jésus, qui reçoit l’Esprit Saint. Ce même Esprit l’entraîne pour y surmonter les tentations de la richesse, de la puissance et de l’invulnérabilité. Au seuil de sa vie publique, soumis pendant 40 jours à la faim et à la soif, Jésus revit la tentation d’Adam et -en écho- les 40 ans de l’exode, cette traversée du désert pour passer de la servitude à la liberté. Si les temps sont accomplis du côté de Dieu, il faudra la durée de la vie de Jésus pour dévoiler son dessein de Salut et nous convaincre aujourd’hui encore de nous convertir. Il ne nous est pas demandé de nous juger ou de nous décourager mais simplement de nous ouvrir à la « Bonne Nouvelle » pour en vivre. Celle-ci reprend vie et forme à travers ce que nous vivons et effectuons. Elle nous dit que même du pire, Dieu peut faire surgir la vie.

6e dimanche du temps ordinaire - Lv 13, 1-2.45-46 ; Ps 101 ; 1 Co 10, 31-11,1 ; Mc 1,40-45 La sévérité des prescriptions du Lévitique, en 1re lecture de ce dimanche, peut nous étonner. Ces prescriptions étaient toujours en vigueur au temps de Jésus. La maladie est considérée comme la conséquence du péché, et la lèpre est l’un des symboles de la déchéance. Notons que ce n’est pas à un médecin que le lépreux doit s’adresser mais à un prêtre qui, après examen, déclarait la personne impure ou non. Alors, le lépreux était condamné à vivre à l’écart de la société.. et du culte. Exclusion totale. Le psaume relate la prière d’un malheureux qui s’épanche auprès de Dieu. La description de la situation de détresse utilise plusieurs registres : végétal, animal, corporel et naturel, pour montrer l’aspect inhumain de la souffrance. Il s’agit du peuple d’Israël qui souffre de la destruction de Jérusalem et demande au Seigneur de la reconstruire. Cela nous introduit à la supplication du lépreux… Dans le récit de guérison relaté par Marc, ni le lépreux, ni Jésus ne respectent les règles en vigueur. L’homme à genoux aux pieds de Jésus alors qu’il ne doit approcher personne ; Jésus touche le malade (geste de compassion). « Si tu le veux, tu peux me purifier » - « Je le veux, sois purifié. » . La guérison des lépreux figurait parmi les signes auxquels on reconnaîtrait l’inauguration des temps messianiques. Cependant, Jésus ajoute à son geste une injonction catégorique de silence. Il ne veut pas qu’on se méprenne sur le sens de sa messianité. Il n’est pas le magicien attendu qui supprimera tous les maux de la terre ; ses attitudes et sa mission ne seront comprises qu’à la lumière de sa Passion-Résurrection

5e dimanche du temps ordinaire - Job 7, 1-4.6-7 ; Ps 146 ; 1 Co 9, 16-19.22-23 ; Mc 1,29-39. La 1re lecture nous présente Job, un non juif abattu par la souffrance, non méritée et non expliquée. S’ajoute à cela l’absence d’une perspective de bonheur. Dans une telle situation, l’homme peut se demander s’il récolte ce qu’il a semé… et pourquoi cette souffrance. Le livre de Job ne donne pas d’explication. Le Christ ne l’expliquera pas non plus. Il est venu porter cette souffrance avec les hommes. Le verset 3 du Ps146 affirme que « Dieu guérit les cœurs brisés, il soigne leurs blessures ». Plus loin, en finale : « le Seigneur élève les humbles ». Tout cela fait écho avec l’histoire de Job, qui a expérimenté le compagnonnage de Dieu durant la période la plus sombre de sa vie. L’évangile de Marc nous situe à la sortie immédiate de la synagogue. Les expressions font du récit un reportage vivant. Remarquons aussi l’intervention et les gestes de Jésus : il la fit se lever en la prenant par la main. C’est le geste qui provoque la femme à se relever. L’essentiel est mis en valeur : Jésus est celui qui relève ! Notons que le verbe « se lever » consonne avec « se réveiller » lorsqu’il est question de résurrection dans le Nouveau Testament. Comprenons que l’autorité de Jésus est capable de remettre debout ceux qui sont malades, voire déjà morts. Plus loin, nous voyons que Jésus se retire dans un endroit désert pour prier, alors que tout le monde le cherche. Se retire t-il pour échapper aux demandeurs de signes et de guérisons magiques ? En fait, il se contente de chasser les esprits et briser les carcans qui entravent l’homme.

4e dimanche du temps ordinaire - Dt 18, 15-20 ; Ps 94 ; 1 Co 7, 32-35 ; Mc 1,21-28

« Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent.. » En 1re lecture, Moïse rappelle à son peuple l’expérience du Mont Sinaï. Il annonce que Dieu accède à la demande de son peuple en promettant qu’il suscitera un prophète « du milieu de toi, d’entre tes frères ; c’est lui que vous écouterez ». Cette précision s’adresse à un peuple qui pouvait se vouer à d’autres prophètes et d’autres cultes. Pensons au veau d’or. Ce prophète devra transmettre exactement ce que Dieu lui dira, au risque de mourir, et celui qui n’écoutera (n’obéira) pas aux paroles de ce prophète devra en répondre devant Dieu. Le Psaume 94 fait allusion à cette expérience du peuple hébreu, égaré dans le désert et le cœur endurci par les épreuves. Ne durcissons pas notre cœur mais accueillons avec joie, écoutons celui que Dieu nous envoie. L’évangile de ce jour relate la 1re intervention de Jésus dans une synagogue, à Capharnaüm. Jésus n’est pas seul ; il vient de s’associer quatre disciples, des pêcheurs. Entré dans la synagogue, il enseignait. Au milieu d’eux, il prend la posture du maître, comme celui qui a autorité. Marc, par 4 fois, insiste sur l’enseignement de Jésus pour en souligner l’originalité profonde. Ce n’est pas l’autorité de celui qui parle ‘’comme un livre’’, mais celle d’un homme ‘’envoyé’’, missionné, qui a des choses à dire et à faire au nom d’un plus grand que Lui. L’esprit impur, chassé par Jésus ne s’y est pas trompé. C’est le Saint de Dieu en personne qui parle et a autorité sur les hommes et les esprits, Celui que le peuple hébreu attendait.

25 janvier –Troisième du temps ordinaire - Jon 3, 1-10 ; Mc 1, 14-20 ; « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez en l’évangile » . Jésus ne sépare pas ces trois paroles, elles ne vont pas l’une sans l’autre. En sa personne s’accomplit le Règne de Dieu et se convertir a-t-il du sens si ce n’est à cause de l’évangile de Jésus-Christ ? Puis Jésus appelle des disciples, car il ne veut pas accomplir sa mission sans eux. Selon Marc, « ils le suivent…partent derrière lui ». Peu à peu ce chemin à la suite du maître les transformera, les convertira jusqu’à ce qu’à la Résurrection, la lumière pascale les éblouisse. Jonas, fuit devant l’appel de Dieu, mais finit par y répondre et par revenir à Ninive, porter le message de Dieu. À sa parole, tous reviennent vers le Seigneur, et changent de vie, se convertissent. Pour Jonas, les Ninivites, des païens sans foi ni loi ne devaient pas bénéficier de la miséricorde de Dieu. Mais Dieu veut que tous aient la vie. Paul, l’apôtre des nations, le comprendra après la rencontre du Christ sur le chemin de Damas ; nous fêtons son « retournement » en ce dimanche.

Deuxième du Temps ordinaire - 1 S 3, 3b-10.19 ; Jn 1, 35-42 ; Le texte du livre de Samuel et l’évangile se répondent : Quelqu’un appelle et Samuel entend une voix, sans savoir ni d’où elle vient, ni ce qu’elle veut. Il a fallu qu’Elie lui donne un nom : le Seigneur. André aurait-il reconnu le Christ si Jean-Baptiste ne lui avait dit « Voici l’Agneau de Dieu » ? Pierre à son tour vient à Jésus grâce à la parole d’André son frère. Que de personnes nous ont permis de rencontrer le Christ, d’avancer sur le chemin de la foi ! Que d’appels encore au long de nos journées ! Ils nous parviennent par les événements, les pages de la Bible, par l’Eglise (ainsi en cette journée mondiale du migrant et du réfugié), par la parole et les actions des autres, qu’ils soient chrétiens ou non. Dieu nous parle, nous appelle à travers ce que nous vivons. Mais, écouter, réfléchir, interroger, se rendre disponible et répondre librement, cela m’appartient à moi seul. « venez et voyez ! » L’invitation est claire, chargée de promesse. Les premiers disciples et tant d’autres après eux, nous peut-être, ne furent pas déçus d’y avoir répondu !

Baptême du Seigneur – Is 55, 1-11 ; 1Jn 5, 1-9 ; Mc 1, 7-11 « Ah ! si les cieux se déchiraient ! » s’écriait le prophète Isaïe. En effet, les cieux lui paraissaient fermés, Dieu lui paraissait absent, muet, faute de prophète. Des siècles plus tard, Marc relate l’expérience décisive que fait Jésus après son baptême : il voit « les cieux se déchirer ». Le croyant qui entend cette parole comprend que Dieu communique avec les hommes, se communique à eux en envoyant son Fils. Jésus entend la voix du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » . il comprend qu’il sera le roi que le peuple attendait. Jésus sent passer sur lui le souffle de Dieu, le « pneuma », l’Esprit comme un vol de colombe : son règne il l’établira, non dans la domination violente mais dans la justice, la paix, l’humble service ; Rempli d’Esprit Saint, il va maintenant accomplir sa mission de fils, d’envoyé du Père. Par le baptême nous avons été plongés avec le Christ dans sa mort, ce que symbolise l’eau versée sur nous ; nous en surgissons pour vivre d’une vie nouvelle. Celui qui croit en Jésus- Christ, dit saint Jean, est né de Dieu .

« Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » Les mages ont fait un long chemin, la nuit, pour arriver devant Jésus. À leur suite, cheminons, parfois dans la nuit de la foi, accrochés à l’étoile. Dieu est venu habiter chez nous. Dieu vient habiter en nous !

Fête de la Sainte Famille – Gn 15, 1-6. 21, 1-3 ; ps 104 ; Lc 2, 22-40 . Le livre de la Genèse, la Lettre aux Hébreux soulignent la foi d’Abraham dans le Seigneur ; il s’est fié à la Parole du Seigneur, certain qu’il resterait fidèle à l’Alliance proposée. Le psalmiste le reconnaît : « Dieu s’est souvenu de son alliance ».Marie et Joseph, selon le récit de Luc, se montrent fidèles à la loi, disons à la foi d’Israël ; ils offrent leur fils à Dieu et par ce rite, leur enfant est intégré dans la société de son temps. Syméon et Anne ont attendu le messie pendant de longues années, années remplies d’attente, de foi, d’espérance, jusqu’à la reconnaissance du Christ, lumière des nations. Emerveillés, remplis de joie, à la vue de Jésus, ils bénissent Dieu et deviennent témoins de ce qu’ils vivent près de tous ceux qui les entourent. La fête de la sainte Famille nous invite à présenter nos familles à Dieu, à veiller pour que chacun de ceux qui comptent sur nous puisse trouver notre modeste soutien dans sa croissance « en sagesse et en sainteté »

Quatrième dimanche de l’Avent - 2 Sm 7, 1…16 ; Rm 16, 25-27 ; Lc 1, 26-38. Dieu fait dire à David qu’il lui bâtira une maison c’est à dire qu’il lui donnera une descendance, un successeur : « je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils ». en lui, les chrétiens reconnaissent Jésus, fils de Dieu. De Marie, Dieu fait la demeure de son fils ; il comble de sa grâce et de sa présence cette jeune femme humble et pauvre de cœur ; en toute liberté, elle répond à l’ange de Dieu : « que tout se passe pour moi selon ta parole ! ». A sa naissance, Jésus aura pour demeure une étable, il grandira dans la maison de Nazareth ; plus tard il séjournera dans la maison de Pierre, mais il dira aussi « le fils de l’homme n’a pas où reposer la tête », et il mourra sur une croix. De l’Eglise, Dieu fait sa demeure, elle qui est appelée « Corps du Christ » ; elle le devient par chacun de nous, si nous l’accueillons. Quelle demeure préparons-nous au Christ en ce Noël 2014 ?

Troisième dimanche de l’Avent - Is 49, 1-11 ; I Th 5, 16-24 ; Jn 1, 6…28. La joie domine en ce dimanche, une joie liée à l’Esprit . Pour Isaïe, la bonne nouvelle qu’il annonce sous l’action de l’Esprit, vient chasser les peurs et redonner courage : Dieu vient guérir, délivrer, libérer son peuple. L’apôtre Paul demande à sa communauté de Thessalonique de demeurer dans la joie ; cette joie est fruit de l’Esprit, qui permet de discerner ce qui est bien, qui est lumière sur la route ; alors, ajoute Paul, « n’éteignez pas l’Esprit » Que sa flamme brûle toujours en nous et dans le monde ! Jean le Baptiste a eu la joie de reconnaître en Jésus le messie. Joie du témoin qui s’efface, qui ne garde pas pour lui les foules venues l’écouter et se faire baptiser, qui a su désigner le Christ et diriger vers lui ses disciples. Une telle humilité habitait également Marie. Sous l’action de l’Esprit saint, elle a reconnu et chanté les merveilles de Dieu accomplies en elle et pour l’humanité.

Deuxième dimanche de l’Avent. Is 40, 1-5.9-10 ; 2P 3, 8-14 ; Mc1, 1-8. « Voici votre Dieu » : c’est la bonne nouvelle que doit proclamer Isaïe. Il annonce la venue d’un roi puissant dont il faut préparer la route, et en même temps un berger plein d’attention pour ses brebis. Les premiers mots de Marc : « Commencement de la bonne nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu » ; tournent notre regard vers Jésus de Nazareth, le messie, le Seigneur. Et sans attendre, l’évangéliste présente Jean-Baptiste, en citant le prophète Isaïe, « une voix crie dans le désert : ‘préparez le chemin du Seigneur… » L’apôtre Pierre demande aux chrétiens de Rome d’attendre activement le Seigneur. C’est un Dieu patient qui vient sans retard mais qui ne veut pas faire entrer de force dans son royaume, qui propose aux baptisés de « se bouger » pour accomplir avec lui son projet de sauver les hommes (2 P) ; Ce Dieu-là dit Pierre, selon une traduction, « vous l’attendez et hâtez sa venue ». Hâter la venue de Dieu, y ai-je pensé ? Comment puis-je y contribuer ?

Premier dimanche de l’Avent. Is 63, 16-64, 16 ; 1 Co 1, 3-9 ; Mc 13, 33-37. Au désir ardent du peuple de Dieu et à son appel : « ah ! si tu déchirais les cieux, si tu descendais… » succède le cri de joie : « tu es descendu… tu viens … tu es notre Père… » . Magnifique texte d’Isaïe qui peut nous toucher, alors que monte à l’horizon la lumière de Noël. Isaïe dit encore : « Dieu vient à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie ». C’est donc dans une « veille » active et joyeuse que nous les chrétiens sommes invités à vivre ces quatre semaines à venir, jusqu’à la rencontre avec Jésus. C’est une veille dans la foi et l’espérance puisqu’ en Jésus nous avons reçu et recevons toutes les richesses, celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu », selon les mots de saint Paul aux chrétiens de Corinthe. Dieu nous parle et nous apprenons à le connaître peu à peu ! Jésus demandait à ses disciples de veiller, car il prévoyait sa Passion et sa mort, et la tentation pour ses amis de s’endormir et de le trahir. Tentations qui sont encore mes nôtres aujourd’hui. Esprit de lumière garde notre cœur éveillé et vigilant !

Le Christ, roi de l’univers. Ez 34, 11-17 ; Ps 22 ; 1 Co 15, 20-28 ; Mt 25, 31-46 Le Roi de l’univers, Ézéchiel nous le présente comme le berger de l’humanité qui veille avec tendresse sur chacune de ses brebis. Le psalmiste chante en écho « le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer ». Selon les évangiles, Jésus prend à son compte la même image du berger. Il peut le faire puisque le Père « lui a tout soumis C’est bien lui qui apprête pour nous la table de l’Eucharistie. Son Esprit nous guide, nous rappelant ses paroles, nous aidant à les comprendre, nous donnant la force d’affronter et vaincre le mal. Dans la parabole que nous entendons aujourd’hui, Jésus nous dit à quel signe il reconnaît notre foi en Lui, notre amour pour lui. En effet, Il est parmi les personnes affamées, sans-logis, sans vêtements, sans liberté, indignées ou désespérées… Si Jésus s’identifie à eux, s’il est là, parmi eux, aujourd’hui, alors l’Église est donc là aussi puisque l’Église dit la présence du Christ, qu’elle en est le sacrement. Sommes-nous de cette Église ?

33e du temps ordinaire. Pr 31, 10-31 ; I Th 5, 1-6 ; Ps 127 ; Mt 25, 14-30 Jésus n’avait pas son pareil pour raconter des histoires ! Elles ravissaient ses auditeurs ou bien les irritaient, car tel ou tel personnage leur ressemblait tellement ! Relisons plusieurs fois ce récit de Matthieu ; entrons dans les sentiments du maître puis de chacun des serviteurs ! C’est sans doute un moyen de mieux comprendre la parabole. Je peux ainsi me laisser toucher par la confiance de cet homme qui prend le risque de confier à d’autres ce qu’il a de plus précieux ; je peux me laisser habiter par la confiance de cet autre qui se sent responsable de ce qui lui a été confié, ou encore par la peur de celui qui s’enferme sur lui-même avec ce qu’il a reçu. Que veut nous dire Jésus ? Ce texte comme celui de Saint Paul, et celui des Proverbes même, ou du psaume, montrent en tout cas que la fidélité est faite de courage dans la créativité, dans la durée, dans l’espérance et l’attente de quelqu’un, et même dans le bonheur « Heureux es-tu ! A toi le bonheur ! », chante le psalmiste.

Dédicace de la basilique de Latran. I Co 3, 9-11.16-17 ; Jn 2, 13-22. La basilique du Latran, érigée vers 320 par l’empereur Constantin, est la cathédrale du Pape ; elle est considérée comme la mère de toutes les églises et en cette fête nous proclamons la communion de toutes les Eglises locales dans la communion au pape ; cette Eglise vit en chacun de nous les baptisés puisque nous en sommes les pierres vivantes. Paul rappelle aux chrétiens de Rome qu’ils sont le temple de Dieu, « le temple de l’Esprit saint ». L’évangile nous montre Jésus qui chasse les vendeurs du temple ; on en avait fait une maison de trafic, et une maison où peu de croyants pouvaient entrer ; L’Eglise, Corps du Christ, est appelée à être un lieu où les chrétiens ne marchandent pas avec Dieu mais prient en « esprit et en vérité », elle est aussi appelée à être le lieu de tous et non de quelques-uns. Comment puis-je y contribuer ?

« Dieu a fait de l’homme une image de ce qu’il est en lui-même », c’est-à-dire un vivant pour toujours, dit le livre de la sagesse, et ceci : « la main des hommes est dans la main de Dieu ». Ceux qui ont mis leur foi en Dieu sont donc invités à la confiance. Le Seigneur nous a fait pour la vie. Il est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? s’écrie le psalmiste. Paul rappelle aux chrétiens de Rome, que l’Esprit reçu au baptême les conduit et met en eux cette confiance de fils qui fait appeler Dieu « papa » d’une même voix que Jésus. L’Esprit met au cœur la liberté, dans une confiance qui remplace la peur, source d’esclavage. La page d’évangile invite à la vigilance en demeurant au service de Dieu et des autres, fidèlement ; « veillez » dit Jésus à ses disciples d’hier et d’aujourd’hui ; ainsi l’entendrons-nous frapper à notre porte. En même temps, écoutons Jésus nous dire que nous sommes heureux. La raison est donnée de ce bonheur : Lui-même nous apprête la table et se met à nous servir. A Chaque eucharistie, n’est ce pas ce que nous vivons déjà ?

Trentième dimanche. I Th 1, 5-10 ; Mt 22, 34-40. Jésus reprend la prière traditionnelle que tout juif récite chaque matin : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… ». Ce qui est nouveau c’est qu’il y associe un autre passage de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». En parlant ainsi, Jésus fait revivre l’histoire de Moïse, le don de la loi. Il dit l’Alliance. Ce ne sont pas seulement des mots, puisque peu de temps après avoir prononcé ces paroles, Jésus va entrer dans sa passion et donner sa vie sur la croix. Dieu et les hommes sont indissociables en Jésus le Christ Une autre parabole de Matthieu le rappelle : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Nos frères humains sont comme les témoins de notre amour pour Dieu. Que l’Esprit du Ressuscité nous rende capables d’aimer comme Dieu nous aime ou plutôt de l’amour même dont Dieu nous aime.

Vingt-neuvième dimanche. Mt 22, 15-21. Certains des adversaires de Jésus lui posent une question piège : « Est-il permis oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur » ? La réponse de Jésus les renvoie à eux-mêmes : ils ont dans leur poche la monnaie frappée à l’effigie de César : qu’ils rendent donc à l’empereur ce qui lui appartient, et qu’ils rendent à Dieu ce qui vient de Dieu. En fait, ce qui vient de César ne vient-il pas de Dieu ? Il est en effet la source de tout ce qui nous fait vivre. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu : remettre entre ses mains la création, notre corps et notre vie, ceux que nous aimons, tous nos frères humains. Paul rend grâces à Dieu pour les fruits qu’a produit l’annonce de l’évangile chez les chrétiens de Thessalonique : une foi active, une charité qui se donne de la peine, une espérance qui tient bon. Rendons grâces pour les fruits produits par l’écoute de la Parole de Dieu, en nous, chez les chrétiens qui nous entourent, chez ceux qui préfèrent mourir plutôt que renier leur foi au Christ., en Irak et ailleurs.

Vingt-huitième dimanche . Is 25, 6-9 ; Mt 22, 1-14. Pour redonner courage à sa communauté dans l’épreuve, Isaïe choisit de belles images : plus de deuil et plus de larmes, un gigantesque banquet rassemble les hommes définitivement réconciliés dans une paix définitive. Ainsi décrit-il la communion de Dieu avec son peuple. Matthieu reprend cette image du festin pour dire que Jésus accomplit les paroles prophétiques d’Isaïe, lui qui est venu parmi les hommes pour les rassembler en un seul peuple dans la paix. Tous sont invités, bons et mauvais, proches et lointains. La parabole de Matthieu se termine par l’exclusion : de celui qui n’a pas revêtu la tenue de noces. Parole mystérieuse pour nous ; Peut-être lui était-il demandé de reconnaître la grâce que Dieu lui fait et de se laisser revêtir par le Christ ? A l’eucharistie, le Christ nous rassemble, nous rassasie du pain de sa Parole ; nous y devenons un peu plus son corps et notre geste de paix réalise déjà symboliquement la paix que Dieu désire pour tous et engage notre volonté de faire la paix. « Heureux les invités au repas du Seigneur » ; entendrons-nous cette parole de manière neuve en ce dimanche ?

Vingt-septième dimanche du Temps ordinaire -. Is 5, 1-7 ; Ps 79 ; Mt 21, 33-43. Pour parler de l’Alliance entre Dieu et son peuple, Isaïe, le psalmiste, utilisent l’image de la vigne. Image familière que la vigne pour Israël ! Isaïe présente Dieu comme le propriétaire vigneron qui fait tout pour sa vigne, veille sur elle, en attend des fruits. Il nomme ces fruits le droit et la justice Dans l’évangile, l’attention ne porte pas d’abord sur le propriétaire de la vigne ou sur la vigne elle-même mais sur les vignerons à qui elle a été confiée et qui cherchent à s’accaparer les fruits produits, allant même jusqu’à tuer le fils du propriétaire de la vigne, venu leur demander des comptes. Cette parabole adressée aux chefs religieux décrit leur propre attitude à l’égard du peuple et à son propre égard, puisqu’ils demanderont sa mort. L’alliance pourtant n’est pas rompue définitivement ; Jésus vivant nous dit que Dieu demeure fidèle à son projet. En Jésus mort et ressuscité, « pierre angulaire « , l’Alliance est nouée avec tous les gens de bonne volonté, tous ceux qui s’ouvrent à la bonne nouvelle du Christ, y compris ceux que l’on n’attendait pas.

Vingt-sixième du Temps ordinaire ; Mt 21, 28-32 ; Ph 2, 6-11 ; Des pécheurs, des prostituées se sont convertis à la parole de Jésus, une foule de petites gens l’ont accueilli à son entrée à Jérusalem ; ce ne fut pas le cas de nombreux habitués du Temple, de spécialistes de la loi et des Écritures : à ceux-ci Jésus affirme que des personnes beaucoup moins recommandables qu’eux les précéderont dans le Royaume. L’important est l’ouverture authentique du cœur à Dieu. Pour l’expliquer, Jésus utilise la parabole des deux fils : L’un dit « oui » et ne se déplace pas, l’autre dit « non », et finalement fait la volonté du père. Qu’en est-il de notre oui et de notre non ? De l’écart entre nos paroles et nos actes, des promesses vite oubliées ? Pierre a juré sa fidélité au Christ avant de le trahir quelques heures plus tard ! Jésus, lui, n’a été que oui au Père : Lui seul a su aimer vraiment en devenant serviteur jusqu’à la mort sur la croix. Que l’Esprit nous apprenne à aimer véritablement à sa manière ; qu’il nous aide à vivre en cohérence avec notre foi !

Vingt-cinquième du Temps ordinaire. Is 55-6-9 ; Ps 77 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16 ; Dans le Royaume dont parle l’évangile, pas de sélection selon les compétences et l’ancienneté. Matthieu veut signifier ici que pour Dieu, tout homme est important, unique, aimé et accueilli, à tout moment de sa vie, avec ou sans mérites. Dieu appelle sans cesse, car, à tout moment, il y a place pour tous ; c’est une logique qui peut choquer ceux qui pensent marcher sur le droit chemin. Et le psalmiste chante : « le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait ». Le prophète Isaïe, lui, rappelle que « ses pensées ne sont pas les pensées des hommes et ses chemins ne sont pas leurs chemins ». Nous sommes invités à passer du registre du calcul à celui de la gratuité, à entrer dans une autre logique que celle de la comparaison qui engendre la jalousie, à entrer dans la logique de Dieu qui fait vivre. L’apôtre Paul, même au fond de sa prison, se sait aimé de manière unique et il s’en remet à son Seigneur pour sa vie et pour sa mort. Il choisit la confiance.

Fête de la croix glorieuse. Nb 21,4b-9 ; Ph 2,6-11 ; Ps77 ; Jn3, 13-17 Croix glorieuse, deux termes qui s’opposent radicalement. Mais derrière ces mots, il y a quelqu’un : Jésus le Crucifié que Dieu a « glorifié », « exalté », « ressuscité. ». Derrière ces mots, il y a une vie donnée, une vie qui sauve l’humanité. Pour l’évangéliste Jean, le serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert, préfigure l’élévation de Jésus sur la croix. Ceux qui levaient les yeux vers ce serpent de bronze étaient guéris. Jésus, obéissant jusqu’à mourir sur une croix emporte avec lui tous ses frères humains pour qu’ils passent de la mort à la vie. La croix du Christ, une croix glorieuse, signe des chrétiens, signe d’un amour infini. Elle nous rappelle aussi que des frères chrétiens dans le monde portent cette croix douloureusement, en Irak, en Ukraine, en Syrie ou ailleurs…

Vingt-troisième du Temps ordinaire. Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20. En exil à Babylone, Ezéchiel se fait guetteur à l’écoute de la Parole de Dieu et guetteur pour son peuple afin qu’il garde au cœur l’espérance de retourner au pays de ses Pères. C’est la mission qu’il a reçue de Dieu. Les chrétiens, par leur baptême, deviennent veilleurs à la suite du Christ, solidaires de leurs frères. Paul, l’un de ces veilleurs, rappelle aux chrétiens de Rome la « dette de l’amour » qu’ils ont les uns envers les autres. Jésus le Guetteur pour le Royaume s’est engagé jusqu’à l’extrême pour que tous aient la vie. Il conclut ainsi la parabole de la brebis : « votre Père qui est aux cieux ne veut qu’aucun de ces petits ne se perde ». Cette vigilance a été confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui. Comment vivre cette vigilance qui est en même temps solidarité ? Nous nous sentons parfois bien impuissants. Une chose est sûre : le Christ ressuscité nous assure de sa présence, réalisant notre communion chaque fois que nous faisons un pas vers l’autre : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

Vingt-deuxième dimanche - Jr 20, 7-9 ; Rm 12, 1-2 ; Mt 16, 21-27 Jésus, dans l’évangile de ce jour annonce ses souffrances et sa mort. Pierre et les autres disciples ne comprennent pas, et veulent un autre chemin pour leur maître. Jésus y reconnaît une tentation qu’il repousse vigoureusement comme il l’a fait au désert, face à Satan. Celui qui veut marcher derrière lui doit mettre ses pas dans les siens et prendre sa croix. Jérémie le prophète déjà avait su ce qu’il en coûte d’écouter la Parole de Dieu, de la laisser l’habiter et le conduire. Elle est au fond de lui « comme un feu dévorant » ; il en est de même pour Paul, dont l’amour pour le Christ le pousse à donner lui-même sa vie et à inviter ses frères chrétiens de Rome à offrir eux aussi leur vie à Dieu. Donner sa vie pour un autre peut-il se comprendre et se faire sans un feu dévorant au fond de soi ?

Vingt-et-unième dimanche - Is 22, 19-23 ; Mt 16, 13-20 Incroyable confiance de Jésus : « sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». C’est sur la parole de foi de Pierre que Jésus regarde l’avenir. Une parole de foi qui sera suivie d’un « je ne connais pas cet homme » mais aussi plus tard d’un « tu sais bien que je t’aime » C’est avec notre foi chancelante, nos doutes et nos trahisons comme fut celle de l’apôtre que Dieu continue son œuvre . « je te donnerai les clés du Royaume » dit encore Jésus. Se voir confier les clés d’une maison, c’est un pouvoir que l’on reçoit, une responsabilité lourde aussi comme le dit ce verset d’Isaïe « je mettrai sur son épaule la clé de la maison de David ! Notre baptême nous a donné notre part de pouvoir, de responsabilité dans l’Eglise. C’est avec nous que le Christ s’est engagé, lui, le Fils du Dieu vivant qui bâtit la maison et nous assure : « la puissance de la mort ne l’emportera pas » !

Vingtième dimanche - Is 56, 1,6-7 ; Ps 66 ; Rm 11, 13-15.29-32 ; Mt 15, 21-28 Pas de discrimination, pas d’exclusion pour Dieu. Sa demeure est « une maison de prière pour tous les peuples » : voilà ce que Dieu déclare par son prophète Isaïe à son peuple, peu après le retour de l’exil. Paul rappelle aux chrétiens de Rome que la miséricorde de Dieu est offerte à tous les hommes.. Quant à Jésus, il sort des frontières d’Israël et la foi d’une femme non-juive le plonge dans l’admiration. Elle lui fait peut-être aussi prendre conscience que sa mission s’étend aux nations païennes jusqu’aux extrémités de la terre.. Déjà le psalmiste chantait : »Ton chemin sera connu sur la terre, ton salut parmi toutes les nations ». La Bonne Nouvelle, la joie de l’Evangile a été répandue jusqu’à nous aujourd’hui et nous sortons à notre tour pour la communiquer à d’autres !

Dix-huitième dimanche du Temps ordinaire - Is 55, 1-3 ; Ps 144 ; Mt 14, 13-21 Surabondant, et gratuit, voilà ce que Dieu donne ; les textes de ce dimanche le répètent. Pas question ici de mérites et de dignité à gagner, pas question de banque ou de chéquier dans la relation que Dieu propose à l’humanité. »Vous qui avez soif, venez acheter sans argent, disait déjà Isaïe. Le psalmiste chante l’amour gratuit d’un Dieu de tendresse et de pitié. Jésus le signifie en plénitude par toute sa vie ; un signe nous est donné ici dans le récit de Matthieu : Jésus a pitié de la foule, partage le pain apporté ; il en reste 12 corbeilles pleines. « Nous en mangeons encore » s’exclame aujourd’hui un croyant émerveillé. Alors qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? demande saint Paul. Dieu fait tout pour que rien ne nous sépare de son amour. A nous d’y croire.

Dix-septième dimanche - I R3, 5…12 ; Ps 118 ; Mt 13, 44-52. Que répondrais-je si Dieu me disait comme à Salomon : « demande-moi ce que tu veux ! » ? Au moment de devenir roi, Salomon a demandé à Dieu la grâce de » discerner le bien et le mal », « l’art de gouverner », de préférence à la richesse et aux honneurs ; la sagesse est pour lui le bien le plus précieux et seul Dieu peut la lui donner. Salomon a prié humblement et il a été comblé au-delà de ses espérances. Savoir que demander, bien discerner, c’est peut-être moins facile qu’on le croit ! Jésus nous présente le « Règne de Dieu », c’est-à-dire, la vie avec lui comme un trésor et ce règne est aussi une affaire de discernement, car il est difficile de savoir ce qui est le meilleur, ce qui a vraiment de la valeur et nous fera avancer sur notre route. Que Dieu nous apprenne à faire les bons choix ! Qu’il nous donne son esprit de sagesse ! Le psalmiste l’avait reçu, lui qui chantait : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent »

Seizième dimanche - Sg 12, 13-19 ; Ps 85 ; Rm 8, 26-27 ; Mt 13, 24-43. Le levain qui fait lever la pâte, la graine enfouie dans la terre, qui germe peu à peu, autant d’images qu’utilise Jésus pour faire comprendre la patience de Dieu, la patience dont nous aussi avons besoin envers nous-mêmes. Le blé qui lève c’est notre écoute de la parole, nos gestes de service, même les plus humbles de notre quotidien professionnel ou familial, notre attention et notre ouverture aux autres. En même temps, c’est vrai, grandit la mauvaise herbe, c’est à dire tout ce qui nous freine, nous enferme sur nous-mêmes. Notre Dieu est tendresse et pitié chante le psalmiste ; il est le jardinier qui travaille la terre de notre cœur ; il est aussi le soleil qui fait germer et lever le bon grain et brûle l’ivraie. « Seigneur, Tu as pénétré tes fils d’une belle espérance » reconnait l’auteur de la Sagesse ». Que l’Esprit de Dieu, qui « vient au secours de notre faiblesse », garde vive notre espérance !

Quinzième dimanche Is 55, 10-11 ; Rm 8, 18-23 ; Mt 13, 1-23 ; Pour Isaïe, la Parole de Dieu est comme une pluie bienfaisante qui permet de féconder la terre. Jésus reprend cette image et parle du semeur sorti pour semer. En notre terre travaillée par la grâce, germe la Parole de Dieu, déjà elle produit du fruit, cent pour un ou trente pour un selon la mesure et selon les dispositions de chacun. Quelles sont ces dispositions quand la parole me parvient, jour après jour ou dimanche après dimanche ? Suis-je touché ? interpellé ? « L’important c’est de lire la Parole de Dieu par tous les moyens et de l’accueillir avec un cœur ouvert. Alors la bonne semence porte du fruit » (Pape François, mai 2014) Paul, dans sa lettre aux chrétiens de Rome, nous fait comprendre que si nous laissons la Parole féconder notre bout de terre, l’univers entier sera renouvelé. En effet, ce qu’a commencé le Christ, en réconciliant le monde, il nous appelle à le poursuivre Il a répandu sur nous son Esprit pour que maintenant en nous et par nous advienne un monde nouveau.

Quatorzième dimanche du Temps ordinaire - Za 9, 9-10 ; Rm 8, 9.11-13 ; Mt 11, 25-30. Le prophète Zacharie annonce la venue d’un messie juste et humble, « qui brisera l’arc de guerre » Jésus accomplit cette parole, il inaugure un royaume de justice, d’humilité et de paix Il y introduit celui qui veut bien croire en lui et le propose sans l’imposer, aux cœurs humbles qui seuls peuvent comprendre sa parole et l’accueillir. Jésus se réjouit de leur foi et en remercie le Père. Il s’adresse ici à ses disciples et ceux-ci n’était pas des enfants naïfs : pensons à Matthieu, Pierre, Jacques et Jean. Mais ils ont appris à devenir pauvres et humbles de cœur, à abandonner leurs sources de sécurité, leur soif de toutes sortes de pouvoir. Ils ont appris à « prendre sur eux le joug » de leur maître, c’est-à-dire qu’attachés à lui, ils accompliront la même mission, une mission féconde qui leur procurera le bonheur. Baptisés, nous allons à Dieu par le Christ Il invite encore aujourd’hui tous ceux qui peinent à redécouvrir que sa Parole n’est pas un pesant fardeau mais qu’elle conduit au repos et à une joie profonde.

Fête des apôtres Pierre et Paul– Ac 12, 1-11 ; II Tm 4, 6-8.17-18 ; Mt 16, 13-19. La liturgie réunit dans une même célébration Pierre et Paul, deux hommes bien différents que Dieu a choisis pour porter son message au monde. Les deux premières lectures rapportent l’action de grâces à Dieu de l’un et de l’autre. Pierre reconnaît la main de Dieu lors de sa libération de prison, et Paul, que Dieu l’a « arraché à la gueule du lion » et « rempli de force ». Le psaume 33 invite aussi à la louange du Seigneur libérateur : « Un pauvre crie, le Seigneur entend. Il le sauve de toutes ses angoisses ». Pierre et Paul, s’appuyant, non sur leurs faiblesses, mais sur la force de Dieu, ont misé leur vie sur lui, demeurant fidèles jusqu’au martyre. Le Seigneur en a fait les colonnes de l’Eglise. Puissent les chrétiens à leur suite mettre leur foi dans le Ressuscité, et porter, comme eux, la joie de l’évangile au monde !

Fête du sacrement du Corps et du Sang du Christ - Dt 8, 21 ; Jn 6, 51-58 ; 1Co 10, 16-15 Pendant les 40 années de marche dans le désert, Dieu a nourri son peuple avec la manne. Ce pain, envoyé du ciel, annonce le vrai pain de vie qu’est Jésus Jésus rompt le pain, pour le donner à ses disciples, un geste qui dit le don de sa vie pour la multitude des hommes. En recevant ce pain, nous accueillons sa vie qui nous rend capables à notre tour de la donner. Ce pain brisé nous unit au Christ mort et ressuscité, ce pain multiplié nous unit aux autres chrétiens du monde pour former le Corps du Christ. Paul rappelle à la jeune Eglise de Corinthe et à nous aujourd’hui, que le rassemblement des chrétiens au premier jour de la semaine, et la communion au même pain n’ont pas de sens si les plus faibles, les plus pauvres de leur communauté sont oubliés. Une parole toujours actuelle.

Fête de la Trinité - Ex 34, 4…9 ; Jn 3, 16-18 ; Au Sinaï, Dieu se présente à Moïse comme « le Seigneur tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité ». Or, ce Dieu de tendresse a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. Le Fils venu parmi nous, homme parmi les hommes, Jésus, nous a donné l’Esprit dans sa mort et sa résurrection. L’Esprit nous rappelle ses paroles et ouvre notre intelligence, notre mémoire et notre cœur à ce qu’est Dieu. Père, Fils et Esprit, trois personnes, un seul Dieu, source, modèle de toute unité. Paul appelle sur les chrétiens de Corinthe divisés, « la grâce de Jésus-Christ notre Seigneur, de l’amour de Dieu et de la communion de l’Esprit-Saint ». Leur unité, ils ne pourront l’acquérir à la force des poignets, l’Esprit peut le donner. Qu’il fasse aujourd’hui notre unité en paroisse et dans l’Eglise entière, au cœur de sa diversité !

Fête de la Pentecôte - Ac 2,1-11 ; 1 Co 12, 3…13 ; La confirmation de 19 jeunes de notre paroisse, le mois dernier, était déjà une Pentecôte. Une Pentecôte en paroisse. Nous n’avons jamais fini d’accueillir le don de Dieu ! Luc reprend des images de l’Ancien testament, pour dire l’action stupéfiante de l’Esprit : les portes verrouillées s’ouvrent, les disciples transis de peur depuis la Passion, se mettent soudain à proclamer les merveilles de Dieu. Tous ceux qui accourent de tous côtés, en comprennent les paroles dans leur langue maternelle. l’Esprit transforme les cœurs et les rassemble en un peuple nouveau qui sera appelé l’Eglise. Ce même Esprit continue à nous rassembler dans nos différences et la diversité de nos dons, en un seul Corps, comme ce fut le cas pour les chrétiens de Corinthe, à qui s’adresse Paul. Les portes s’ouvrent-elles encore ? L’Esprit pousse-t-il les croyants à dire sans peur ce qui brûle leur cœur ?

Septième dimanche de Pâques – Ac 1, 12-14 ; I P 4, 13-16 ; Jn 17, 1-11. Après le dernier repas avec ses disciples, Jésus prie son Père, avant de se rendre au jardin des Oliviers. Plusieurs fois, le verbe « donner « revient dans ses paroles Sa gloire a été d’accomplir la volonté du Père, et il l’a fait en donnant sa vie. Le Père qui lui a donné tout pouvoir, lui a aussi donné ses disciples. Jésus prie pour ceux que le Père lui a donnés, là en Palestine, et aussi pour ceux des temps à venir, c’est-à-dire, pour nous-mêmes. Nous sommes en quelque sorte des cadeaux du Père à son Fils ! Et il en est fier : « je trouve ma gloire en eux ! », dit-il. Le texte des Actes nous montre la première communauté en prière après « que Jésus s’en est allé » . Ils prient, tous ensemble, dans l’attente de l’Esprit promis par Jésus. A chaque eucharistie, avant et après la consécration, les chrétiens rassemblés continuent de demander ce don de Dieu. Car ils n’ont jamais fini de l’accueillir dans leur vie.

Sixième dimanche de Pâques - 1P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21 ; Ac 8, 5…17 « Vous me verrez vivant et vous aussi vous vivrez » promet Jésus à ses disciples Nous vivons, si l’Esprit du Ressuscité nous habite. Dans les Actes des Apôtres, c’est lui qui pousse Philippe à évangéliser les Samaritains, considérés comme des ennemis jurés du peuple juif, Pierre et Jean viendront confirmer sa mission en communiquant l’Esprit de Pentecôte à ce même peuple. Tous accueillent l’Esprit et « dans la ville il y eut une grande joie ». Habités par l’Esprit, les témoins d’hier et d’aujourd’hui ont le désir et la force de rendre compte de l’espérance qui les habite, comme le demande l’apôtre Pierre à sa communauté. Jésus ressuscité a envoyé aux croyants l’Esprit, et il l’appelle le Défenseur. Ouvrons nos cœurs à son souffle, afin qu’il défende en nous l’espérance contre nos découragements et nos vieilles habitudes.!

Cinquième dimanche de Pâques - 1P 2, 4-9 ; Jn Jn 10, 1-10 ; Ac 6, 1-7 Que d’images pour désigner Jésus et l’Eglise !. Aujourd’hui nous entendons parler de pierre : Jésus est pierre vivante, et nous sommes aussi des pierres vivantes qui servent à construire le Corps du Christ. Puis, nous entendons en réponse aux questions de Thomas, Jésus se définir ainsi : je suis le chemin, la vérité, la vie. Aux tout premiers temps après la Pentecôte, la jeune communauté de Jérusalem montre un peu comment ses membres sont pierres vivantes selon ce que l’Esprit inspire pour la mission. Les nouveaux croyants ne laissaient personne dans le besoin. Face à des inégalités dans les secours apportés aux frères de langue grecque et ceux de langue hébraïque, les apôtres convoquent toute l’assemblée des disciples ; ils rappellent les exigences de la prière, du service de la parole et du service d’entraide et proposent une organisation nouvelle en instituant des diacres, pour bien gérer ce service d’entraide. L’Esprit est créateur, innovateur avec nous.

Quatrième dimanche de Pâques - Jn 10, 1-10. ; 1P 2, 20-25 ; Ac 2, 14 … 41 Le Berger est une image familière au peuple de la Bible, et on donnait volontiers ce nom à Dieu. Jésus dit dans ce texte qu’il est la porte de la bergerie Une porte permet de passer de l’autre côté des cloisons et des murs, La lumière du Ressuscité passe par la brèche que nous continuons d’ouvrir à sa suite dans nos murs de béton, nos murs de haine, d’incompréhension, les murs à l’intérieur même de l’Eglise. « Sortons ! » répète le pape François, la joie de l’évangile appelle à sortir vers d’autres. C’est aujourd’hui le dimanche des vocations, Le Christ appelle chacun de nous à sortir pour Sa mission, habités que nous sommes par son Esprit. Pierre reprend l’image du berger et encourage les chrétiens persécutés de Rome à tenir bon, à la lumière du Christ en croix qui a confié sa vie au Père. Il est, dit-il, le berger qui veille sur nous. Le texte de Luc raconte que les auditeurs de Pierre, en écoutant raconter ce que Jésus a vécu, et ce qui s’est passé à Pâques, ont le cœur transpercé et ils sont prêts à entrer dans une vie nouvelle. Quelle parole aujourd’hui m’a touchée (e) et fait sortir ?

Troisième dimanche de Pâques - Ac 2,14-33 ; I P17-21 ; Lc 24, 13-35 Luc est le seul évangéliste à relater longuement le récit des disciples d’Emmaüs. Il nomme l’un des disciples. En ne précisant pas qui accompagne Cléophas, voudrait-il nous dire que nous sommes ce deuxième compagnon ? Ils connaissaient les Écritures et ce qu’avaient annoncé les prophètes Mais ils n’avaient pas fait le lien avec les événements qui venaient de se passer. Jésus s’étonne : « vous n’avez pas compris… vous êtes lents à croire ». Il chemine avec eux et à la lumière de ce qu’ils savent, il leur explique ce qui est arrivé : sa mort, sa résurrection. En écoutant ses paroles, leur cœur est tout brûlant. Ils le reconnaissent pendant le repas, quand il rompt le pain, et à ce signe seulement, car il a déjà disparu. Après cette expérience, les deux compagnons d’Emmaüs, tout joyeux, sont repartis en courant vers le groupe d’amis qu’ils avaient laissés à Jérusalem. Comprendre et croire , voilà les mots de Jésus : Des moyens nous sont donnés en paroisse pour lire et comprendre les textes de la Bible : regardons-nous notre vie à la lumière de ces textes proclamés et commentés chaque dimanche ? l’Eucharistie nous est offerte pour célébrer le Christ mort et ressuscité, dire notre foi en ce signe du pain rompu, nous en nourrir et partir vers notre famille, notre quartier apporter quelque chose de la vie reçue. Qu’en faisons-nous ?

Dimanche de la Divine Miséricorde Les textes de ce dimanche disent quels fruits la résurrection du Christ produit dans le cœur et la vie concrète des disciples :

  • la parole de foi et d’amour de Thomas. Il doute, mais touché par la parole du Christ, il lui dit « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 19-31)
  • la joie et la louange de Pierre : devant le don de Dieu qui fait naître une telle espérance au cœur des chrétiens, il jubile : « Béni soit Dieu …qui nous a fait renaître !.. » ; (1P 1, 3-9)
  • la vie nouvelle de la première communauté de Jérusalem (Ac 2, 42-47) : c’est-à-dire l’accueil de la Parole, la communion de cœur et d’âme, le partage des biens avec ceux qui en ont besoin, et le rassemblement pour la fraction du pain, c’est-à-dire l’eucharistie. Que la joie de ton Évangile, Seigneur, habite notre Église, comme au temps des premiers chrétiens !

Dimanche de Pâques Pâques, Fête de la Vie, fête des chrétiens, la fête unique célébrée aux premiers temps de l’Eglise ; en effet, Pâques fonde notre foi. Discret ou éclatant, le message pascal retentit dans chacune des lectures. L’évangéliste Jean (Jn 20, 1-9) nous conduit au seuil du tombeau vide avec Marie-Madeleine, puis Pierre et Jean… Tous courent, bouleversés. Que se passe-t-il en leur cœur ? De Jean il est dit : « il vit et il crut ». L’une des premières paroles de Pierre à Corneille (Ac 10, 34…43) et à sa maisonnée qui ne connaissaient pas le Christ, fut d’affirmer que Dieu a ressuscité Jésus le troisième jour, ce Jésus que les hommes avaient mis à mort. Paul rappelle aux chrétiens de Colosse qu’ils sont ressuscités avec le Christ. (Col 3, 1-4). Qu’est-ce que cela veut dire pour nous vivre en ressuscités ? Vivre en hommes vivants. Quelles que soient les formes et les forces du mal qui abîment le monde, avec l’Esprit qui a ressuscité Jésus, poser des gestes si modestes soient-ils autour de nous, pour que gagnent l’amour et le bien de l’homme, pour que gagne la vie. Seigneur, par ton Esprit, viens habiter la Galilée de nos vies !

Dimanche des Rameaux et de la Passion Jésus arrive à Jérusalem. Il entre dans sa Passion et nous allons l’accompagner. Rameaux de buis ou de laurier en mains, nous l’acclamons : « hosanna » ; ce mot signifie : "sauve-nous !" ; le Seigneur que nous bénissons, nous le supplions en même temps de nous donner le salut, la vie. La foule autour de Jésus attendait plutôt un libérateur politique, et elle devra mettre sa foi en un Dieu crucifié. Nous sommes de cette foule qui choisit ou non d’accompagner Jésus jusqu’à la croix (Mt 21, 1-11 ; 26, 14-27,66). Le chant du Serviteur souffrant (Is 50, 4-7), ainsi que le psaume 21 nous préparent à entrer dans le récit de la passion ; l’hymne de la lettre aux Philippiens (Ph 2, 6-11), rappelle ce que fut le chemin du Fils de Dieu fait homme : il n’a pas gardé le rang qui l’égalait à Dieu, il s’est « dépouillé » lui-même, il a aimé jusqu’à mourir, et le Père lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom, il a fait de lui le Seigneur de l’univers. Donne-nous Seigneur, d’aimer à ta manière !

Cinquième dimanche de Carême « Vous vivrez ! » Voilà la Bonne Nouvelle qui nous est révélée et proclamée aujourd’hui. Le Seigneur, nous dit Ezéchiel, mettra son Esprit dans le cœur des croyants afin qu’ils vivent. (Ez 37, 12-14). Paul rappelle aux chrétiens de Rome que le Père source de vie a ressuscité Jésus par son Esprit et qu’il nous fera vivre définitivement (Rm 8,8-11). L’évangéliste Jean quant à lui, nous invite à contempler trois facettes de l’identité de Jésus : Dans le récit de la résurrection de Lazare, Jésus apparaît comme le Fils ; il ne s’attribue pas le pouvoir de faire revivre, mais remercie le Père : « je savais que tu m’exauces toujours ! ». Marthe le reconnaît dans un bel acte de foi « Je sais que tu es le Fils de Dieu ! » Jésus apparaît vraiment homme, face à l’épreuve de la mort, face au deuil de Marthe et Marie. « Jésus fut bouleversé d’une émotion profonde… il pleura » Jésus, enfin, se révèle capable d’arracher à la mort : « Viens dehors ! », cria–t-il à Lazare. Et Lazare sortit de son tombeau (Jn 11, 1-45) Dieu, Père, Fils et Esprit, Seigneur de la vie, viens en aide à mon peu de foi !

Quatrième du Carême La parole de Dieu est eau vive, elle est lumière pour les yeux. Elle donne à Samuel le prophète, de découvrir les « vues » de Dieu, si différentes de celles des hommes (1S 16, 1-13). Les chrétiens d’Ephèse (Eph 5, 8-14), « illuminés » par le Christ, sont appelés à vivre en « fils de la lumière ». L’aveugle-né de l’évangile (Jn 9,1-41) a pris un chemin de lumière qui est aussi celui de la confiance : confiance sur parole qui lui fait retrouver la vue, qui lui fait s’engager personnellement et prendre des risques pour défendre son sauveur, face à des gens aveuglés par leurs certitudes ; confiance sur parole qui le mène finalement à la lumière de la rencontre. Ses yeux alors s’ouvrent totalement pour reconnaître le Seigneur dans l’homme qui l’a guéri. Le chemin de l’aveugle est un peu notre chemin. Le baptême nous a plongés un jour dans la lumière du Christ, mais il faut toute notre vie, à travers la solitude, l’obscurité, les risques, pour reconnaître véritablement Celui qui nous parle. Ouvre mes yeux, Seigneur !

Troisième de Carême Les Hébreux mouraient de soif dans le désert ; ils en venaient même à douter de l’existence de Dieu. Leur créateur et sauveur pourtant reste fidèle, et par l’intermédiaire de Moïse, fait jaillir l’eau du rocher. (Ex 17, 3-7) Au puits de Jacob, Jésus, lui, promet l’eau vive à la femme assoiffée de Samarie (Jn 4, 5-42) et cette promesse atteint tous ceux qu’elle va ensuite rencontrer : elle les invite à venir jusqu’à la source, et ils feront cet acte de foi : « C’est vraiment lui le Sauveur du monde ». Un point d’eau est devenu carrefour des peuples et lieu de salut pour tous. La promesse d’eau vive atteint les disciples et arrive jusqu’à nous dans cet « amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » au baptême (Rm 5, 1-8). A quel puits rencontrons-nous d’autres personnes ? De quelles soifs parlons-nous ? Soif d’être quelqu’un, soif de dignité, de relations vraies, de sens à la vie, soif de Dieu

Deuxième du carême Abraham entend l’appel de Dieu à quitter son pays et il part vers un pays inconnu ; en lui tous les hommes sont bénis de Dieu (Gn 12, 1-4). Paul, de sa prison à Rome, écrit à Timothée, son enfant dans la foi, (2 Tm1, 8-10), rappelant sa vocation, l’appel de Dieu à témoigner de l’Evangile… ; grâce à de tels témoins, la Parole sera proclamée à tous les peuples. Appel de Dieu aux disciples :« écoutez-le ! » (Mt 17, 1-9) ; justement, ils n’ont pas très envie d’écouter : Pierre n’a pas voulu entendre que Jésus allait souffrir… Jacques et Jean briguent les premières places « Ecoutez –le » répète la voix venue d’en-haut sur la montagne et déjà entendue sur les bords du Jourdain. Cette parole les invite à se fier à celui qui annonce les jours sombres à venir et à contempler le visage de lumière de leur maître. Jésus lui-même a sans doute reçu ces paroles sur la montagne comme un réconfort du Père alors qu’il est en route vers Jérusalem. Avec l’Esprit qui nous a été donné, nous voici au pied de la montagne, appelé chacun à dire ce que nous avons écouté, entendu. Une question nous est posée par le projet pastoral : Comment s’adresser à des personnes en marge, à la périphérie, non-croyantes ? Avons-nous déjà donné nos suggestions ?

Huitième du Temps ordinaire Au peuple exilé, tenté par le désespoir, Isaïe rappelle que Dieu ne saurait l’oublier, qu’il rentrera au pays de ses pères. (Is 49, 14-15) ; le peuple peut continuer à espérer ; il peut retrouver la paix, en s’appuyant sur Dieu son rocher, c’est ce que chante le psalmiste, qui lui, ne se laisse pas submerger par l’inquiétude. « Dieu seul est mon rocher, ma citadelle, je suis inébranlable » (psaume 61) La lettre aux Corinthiens, et l’évangile (Mt6, 24-34) invitent à la même confiance ; mais non pas à la paresse ou à la passivité ; d’ailleurs les oiseaux et les fleurs dont Dieu prend soin, ne puisent-ils pas activement dans la nature la nourriture nécessaire à leurs besoins ? Le message de Jésus dénonce le désir d’amasser toujours plus, de faire de l’argent une idole, au détriment du respect de la nature et de ses semblables, au détriment de la vie.

Septième dimanche du Temps ordinaire
« Soyez saints car moi le Seigneur votre Dieu je suis saint » (Lv 19, 1…..18). Cette parole nous est donnée ici en lien avec l’amour fraternel. Ce n’est pas une leçon de morale mais un appel : devenir image et ressemblance de Dieu selon la parole du créateur, au premier jour. Jésus ne dit pas autre chose quand il demande de renoncer à toute vengeance, toute haine « afin de devenir les fils de votre Père qui est dans les cieux « (Mt 5, 38-48). Comment le Père agit-il ? Il aime sans limite, offre sa lumière aux méchants comme aux justes, recommençant à neuf chaque jour avec chacun, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour » dit le psaume 102. Si nous aimons à sa manière, amis et ennemis, alors, nous participons, à son œuvre grâce à l’ « l’Esprit qui habite en nous « (1 Co 3, 16-23).
Envoie ton Esprit Seigneur et tout sera créé, tu renouvelleras la face de la terre .

Sixième dimanche du Temps ordinaire Devant nous à chaque instant, deux chemins se croisent : l’un va vers la vie, l’autre vers la mort. (Si 15, 15-20). Le psalmiste dit le bonheur de celui qui écoute la Parole de Dieu et s’engage ainsi sur un chemin de vie (psaume 118). Paul invite à accueillir la sagesse, l’Esprit de Dieu, qui peut apprendre à discerner les choix à faire, car lui, « voit le fond des choses »(1 Co 2, 6-10). Ainsi, c’est dans le cœur de chacun que se joue le oui ou le non à Dieu, l’ouverture ou la fermeture aux autres. Le souffle des Béatitudes donne sens à l’évangile de ce jour (Mt 5, 27-37) : Jésus est venu accomplir, c’est-à-dire vivre pleinement le projet du Père pour les hommes. Nous apprenons de lui, que le chemin de la vie est du côté de la réconciliation, de la rencontre de l’autre en vérité, du côté de l’amour. Chemin de croissance pour l’homme, vie avec Dieu, ce que Jésus appelle le Royaume.

Cinquième dimanche du Temps ordinaire

Au retour de l’exil, Isaïe (58, 7-10) : invite le peuple, à ne pas se contenter du culte mais à entrer dans l’action même de Dieu, libérateur, miséricordieux. (les œuvres de miséricorde consistaient à nourrir les affamés et vêtir ceux qui étaient nus, visiter les malades et Matthieu y ajoute l’accueil des pécheurs). C’est la lumière de Dieu lui-même qui alors habitera le croyant et à travers lui, apportera de sa douce clarté à ceux qui marchent de nuit. Le texte d’évangile proposé aujourd’hui (Mt 5, 13-16) et qui suit celui des béatitudes, nous rappelle que nous sommes sel de la terre et lumière du monde, cela consiste à vivre, selon l’esprit de Jésus lui-même, humble et pauvre, artisan de paix et de justice. Lui seul, Jésus, a vraiment vécu les Béatitudes, lui seul fut la vraie lumière. Paul en était convaincu et répétait, qu’à travers sa faiblesse, son manque d’éloquence, se manifestaient « l’Esprit du Christ et sa puissance » (1 Co 2, 1-5).

La Présentation de Jésus au Temple Jésus a partagé notre condition humaine et c’est à des humains qu’il peut porter secours dans l’épreuve ; il leur assure vie et libération ; il est un grand prêtre digne de confiance ;. Jésus, tel un pont, relie Dieu et les hommes. Voilà ce que nous dit cette belle page de la lettre aux Hébreux. Luc par la voix de Syméon décerne à Jésus d’autres titres. Messie du Seigneur, Salut pour tous les peuples, Lumière des nations, Gloire d’Israël : La si longue attente des vieillards Syméon et Anne, c’est l’attente de tout un peuple, l’attente de l’Ancien testament ; elle prend fin maintenant et les deux « veilleurs » laissent éclater leur joie et leur louange ! Jésus est lumière qui sauve les hommes. Le message de Syméon à Marie nous oriente déjà vers la Croix : Jésus sera un signe de division. Il reste signe de contraction en nous et dans le monde. Unis à la souffrance de Marie, nous croyons en la lumière de la résurrection, plus forte que nos ténèbres.

Troisième du temps ordinaire – Is 8,23-9,3 ; ps 26 ; 1 Co 1, 10-17 ; Mt 4, 12-23 Dans les textes offerts par la liturgie, celui d’Isaïe et l’évangile proclamé se répondent, soutenus par le chant du psalmiste « le Seigneur est ma lumière et mon salut ». Jésus accomplit la prophétie d’Isaïe. En lui nous reconnaissons la lumière qui a resplendi dans le pays de l’ombre, le Sauveur. Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe, que cette lumière, c’est Jésus le crucifié qui est au centre de leur foi, et fait leur unité. Matthieu, nous montre Jésus, qui, après l’arrestation de Jean le Baptiste, se retire en Galilée. C’est là que commence sa mission. Mais il ne veut pas l’accomplir seul et choisit des hommes et des femmes pour répandre l’évangile avec lui. Pierre et André, Jacques et Jean, prirent le risque de partir à sa suite et furent ses premiers compagnons. De témoin en témoin, la lumière du Christ a été transmise jusqu’à nous. Elle est un don et un appel à sortir de l’ombre de nos immobilismes, un appel à le suivre et à participer à sa mission..

Deuxième dimanche du temps ordinaire - Is 49, 3-6 ; 1 Co 1, 1-3 ; Le « serviteur de Dieu » dont parle Isaïe a conscience d’être aimé de Dieu, d’avoir reçu de lui la force pour rassemble le peuple, pour porter la lumière et le salut au monde. Les chrétiens ont vu en lui la figure de Jésus, lui envoyé par Dieu, homme au milieu des hommes, lui, le serviteur - »l’Agneau de Dieu », comme l’appelle Jean-Baptiste. Avant la communion, nous reconnaissons ensemble en lui « l’agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde » ; l’image nous vient du récit biblique de l’Exode, de la Pâque, elle évoque le pardon de Dieu, la libération et la paix. Paul rappelle aux Corinthiens leur identité de peuple saint. Nous aussi, chrétiens d’aujourd’hui, paroisse Notre-Dame-de la Mer, nous sommes avec tous les autres chrétiens du monde, le peuple saint appelé par le Christ, rassemblé en son Nom. Cette semaine de l’unité des chrétiens, nous rappelle cependant que le rassemblement selon le projet de Dieu n’est pas achevé et nous invite à prier pour qu’il se réalise.

Le baptême du Seigneur - Is 42, 1-7 ; Ac 10, 34-38 ; Mt 3, 13-17. Tout au long de son évangile, Matthieu tient à montrer à ses lecteurs que Jésus accomplit les Écritures. Il est ce serviteur annoncé par Isaïe, sur qui repose l’Esprit, souffle de Dieu. L’Esprit planait déjà au premier jour sur la création. C’est le même souffle de Dieu qui est descendu sur Jésus dans les eaux du Jourdain. ; le Fils bien-aimé reçoit du Père sa mission ; conduit par l’Esprit, il inaugure la création nouvelle. Matthieu nous dit aussi que Jésus serviteur , humble et solidaire de l’humanité en ce moment de son baptême, est le Seigneur de tous : Corneille, l’étranger de Césarée de la Mer, puis un jour les multitudes feront partie d’un peuple appelé à s’élargir aux dimensions du monde, « car Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ». Baptisés avec Jésus dans l’Esprit, nous sommes habités par le même souffle, appelés à témoigner du Christ comme les premiers témoins.

Epiphanie du Seigneur – Mt 2, 1-12 En la personne des mages, nous croyons avec Matthieu au don de Dieu à l’humanité entière, sans distinction de races, de couleurs, de pays. Le récit des mages nous invite à regarder quel fut l’accueil des hommes face à la lumière venue pour tous. Il y a les spécialistes de la loi qui scrutent les Écritures et rapportent la prophétie, mais s’en tiennent à ce qu’ils savent de l’annonce passée, sans être touchés par l’inouï du présent, sans se déplacer, puis il y a ceux qui ayant vu le signe de l’étoile, sont partis, ont cherché, interrogé ; la parole entendue pousse leurs pas, courageux et persévérants, joyeux aussi, vers Bethléem en Judée. Loin des scribes bien installés dans leur savoir ou regroupés autour d’un roi inquiet de perdre sa couronne, il y a ceux qui se regroupent autour d’un enfant vulnérable, les mains ouvertes pour offrir l’or au roi, l’encens au Seigneur Dieu, la myrrhe à Jésus, homme parmi les hommes Lumière pour tous. A travers les siècles, elle arrive jusqu’à nous. Quel accueil ? Quelle offrande ?

Quatrième de l’Avent - Mt 1, 18-24 ; Dieu, personne ne l’a jamais vu, Jésus est son visage, sa parole ; l’humanité devient par Jésus pleinement image et ressemblance de Dieu. Regarder et entendre Jésus c’est regarder et entendre Dieu. Les récits évangéliques nous révèlent qui est vraiment Jésus ; ils sont le chemin par lequel le Christ vient à nous aujourd’hui et nous rencontre. Le récit qui nous est proposé aujourd’hui est à lire dans cet esprit. Que nous dit-il de Jésus ? Que sa venue au monde n’est pas du pouvoir des hommes, qu’il est cadeau de Dieu, qu’il est Fils de Dieu. Ne nous dit-il pas aussi qu’à travers Joseph et Marie, l’humanité rend possible la venue de Jésus ? Pour que se réalise son projet, Dieu a besoin d’eux, il a besoin des hommes.

Troisième de l’Avent- Is 35,1-10 ; Mt 11, 2-11 . Qui est Jésus ? Dans cette question de Jean-Baptiste se cache peut-être un doute ou même la détresse d’un homme abandonné au fond d’un cachot ?.Il envoie ses disciples pour savoir si Jésus est celui qui doit venir, ou si l’on doit en attendre un autre. Jésus dans sa réponse, n’annonce pas un triomphe politique ou militaire, il révèle que la promesse de Dieu prend chair par lui ; ce qu’avait annoncé le prophète, lui, Jésus l’accomplit : « les aveugles voient … la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » Que cette réponse -qui signifiait à Jean-Baptiste la venue du messie attendu- nous apporte aujourd’hui joie et réconfort, tandis que peut-être nous envahit le doute devant le silence de Dieu face au mal qui sévit dans le monde.

Deuxième de l’Avent - .Is 11, 1-10 ; Rm 13, 4-9 ; Mt 3, 1-12 La communauté d’Isaïe rêvait d’un roi qui produirait la paix, la justice le droit pour les personnes humiliées, faibles et malheureuses et le psalmiste demande que Dieu accorde au roi de telles qualités. Isaïe annonce un règne nouveau, une création nouvelle où tous vivront ensemble dans la paix. Cela ne peut être que l’œuvre du roi-messie. Matthieu ne cesse de montrer du début à la fin de son livre que Jésus accomplit les Ecritures ; Jean-Baptiste apparaît comme la voix dont parlait Isaïe, il est vêtu comme le prophète Elie. Ses mots sont rudes, mais signifient que le baptême, le sien ou celui de Jésus, demande la conversion de celui qui le reçoit. Baptisés dans l’Esprit saint, nous sommes invités à vivre l’Avent en vérité, à produire de bons fruits, signes de notre conversion, signes de la création nouvelle qu’annonçait Isaïe.

Premier de l’Avent - Isaïe 2, 1-5 ; Mt 24, 37-44 ; Rm 13, 11-14 ; Nouvelle année liturgique. Nous ouvrons le livre de Matthieu, pour entendre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Qu’entendons-nous aujourd’hui ? Le Seigneur vient ! Jésus appelle chacun de nous, personne unique, à nous tenir prêt pour la rencontre, à veiller, à sortir de l’insouciance. Appel de Paul également, qui invite les premiers chrétiens à se réveiller car « la fin de la nuit est proche », appel d’Isaïe qui invite à marcher vers la ville de la paix, là où le rêve de Dieu pour l’humanité est réalisé : « les épées deviennent des socs de charrue et les lances des faucilles » : ce qui fut le slogan d’un mouvement pacifiste peut inspirer des choix aujourd’hui : transformer les outils destinés à détruire, en outils pour labourer, semer, récolter. Un beau programme d’Avent pour l’Eglise, et pour chacun de nous

Fête du Christ Roi universel de l’univers - Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43 Dans ce message aux Colossiens (1, 12-20), Paul et ses disciples proclament un magnifique Credo ! Jésus le Christ est au centre ; il réconcilie tous les êtres dans sa paix ; dans le don de sa vie, il abat tous les murs de haine. En lui, Dieu pardonne et l’humanité est pardonnée. En lui, le Royaume trouve sa plénitude. En lui, nous voyons le visage de Dieu. L’inconnu crucifié à côté de Jésus, semble avoir tout compris. Tandis que Jésus est insulté sur la croix, près de lui, le condamné murmure : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume » : celui qui a le sens de la justice et compatit à la souffrance de l’innocent, est prêt à entrer dans la vie de Dieu, le Royaume inauguré par Jésus. Il y est accueilli aujourd’hui même.

Trente-deuxième du Temps ordinaire – 2 M 7, 1. 2, 9-14 ; Lc 20,27-38
Habitués aux longues discussions, les sadducéens, ces notables juifs qui viennent trouver Jésus sont-ils mal intentionnés ? Le texte ne le dit pas. Ils ne croient pas en la résurrection et mettent devant Jésus une situation poussée à l’extrême. Jésus, lui, dans sa réponse se réfère une fois de plus à l’Ecriture.
Il affirme clairement que rien ne saurait détruire l’Alliance de Dieu avec les hommes. Le lien d’amour qui nous unit à lui traverse la mort ;. Déjà les martyrs d’Israel (première lecture), proclamaient leur foi en la résurrection. Jésus affirme tout aussi clairement qu’en ressuscitant, nous ne retournons pas à la vie antérieure, mais nous entrons dans le monde de Dieu. Ressuscités, ceux qui nous ont quittés, vivent de la vie de Dieu, une vie autre, transfigurée.
Jésus affirme enfin que Dieu est le Dieu des vivants, le Dieu de la vie ; il veut que nous vivions avec lui.

Trente et unième dimanche - Sg 11, 23-12.2 ; 2 Th 1, 11-2,2 ; Lc 19, 1-10
Juché sur la branche d’un sycomore, Zachée regarde de haut, à distance. Voir sans être vu, voilà ce qu’il voulait. Mais il est sommé de descendre. Ce n’est pas là-haut et à distance, que Jésus veut rencontrer Zachée mais bien sur terre, dans sa maison, dans ce qui fait sa vie.
Comme s’il recevait un cadeau aussi inouï qu’inattendu, il saute de son arbre et accueille Jésus avec joie dans sa maison. La maison ? ce mot l’évangéliste semble l’aimer ; Luc l’associe souvent aux mots « salut  » et «  joie  ». En effet, alors que Jésus est accueilli avec joie, il dit « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison ». Joie de changer de vie, parce que, regardé, aimé, sauvé. L’auteur de la Sagesse s’émerveillait du don de Dieu qui aime tout ce qui existe, qui aime la vie, notre vie.

30è du Temps ordinaire – Si 35, 12…18 ; Lc 18, 9-14.
Deux hommes prient. L’un est un modèle de droiture et de générosité envers les autres, de fidélité dans la pratique de la religion. Il énumère tous ses mérites devant Dieu et dit merci d’appartenir aux meilleurs ; L’autre homme implore Dieu du fond du cœur le laissant regarder sa vie ; nul besoin pour lui d’énumérer ses méfaits ; il se tient là en vérité. En priant une parabole, il est bon de se dire qu’en nous il y a de l’un et/ou de l’autre personnage, c’est moi le pharisien, qui a fait ce que Dieu demandait et même plus, heureux dans la contemplation de ce que je suis devenu, de mes mérites. A d’autres moments, je suis aussi le publicain, et devant Dieu je me reconnais bien petit, pas brillant, m’émerveillant de ce qui m’est donné par les autres et par Dieu. La prière du pauvre traverse les nuées ! s’exclame Ben Sirach

29è du temps ordinaire – Ex 17, 8-13 ; Lc 18, 1-8 .
A travers deux récits, la Parole de Dieu nous invite ce dimanche à prier sans nous décourager. : tandis que les troupes de Josué combattent durement, Moïse lève les mains vers Dieu dans une ardente prière et ses frères le soutiennent jusqu’au bout, dans la certitude que Dieu ne les abandonnera pas …
Une veuve supplie le juge de lui rendre justice, elle insiste jusqu’à ce qu’elle obtienne satisfaction : Elle est pauvre, comme toutes les veuves de son temps et n’a rien à perdre. Luc, rapportant cette parabole veut raviver la confiance des premiers chrétiens affrontés aux persécutions. Ne pas baisser les bras, mais compter sur Dieu et le soutien des frères, comme Moïse, croire que l’autre répondra comme la veuve Jésus dans ce texte de Luc, nous met en garde :« Le Fils de l’homme, quand il reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ? ».
Et en même temps nous encourage à ne pas baisser les bras !

28è du Temps ordinaire – II R 5, 14-17 ; Lc17, 11-19
Le Livre des Rois et l’évangile de Luc raconte la guérison de Naaman le Syrien, et d’un inconnu de Samarie, tous deux des étrangers et d’une autre religion que les auditeurs de ces récits. Que pouvons-nous retenir de leur expérience ? Que Dieu n’exclut personne : tous, nous sommes appelés à participer à sa vie. Chaque être humain, unique, a du prix à ses yeux ; nous sommes invités à aimer de la même manière, par-delà nos frontières, de langue, de culture, d’habitudes ….
Seul le samaritain « fit demi tour en glorifiant Dieu … rendant grâces à Jésus » Il a aussi fait demi-tour dans son cœur. Faire demi-tour, se convertir et rendre grâces (en grec : eucharistie) vont donc bien ensemble ! Peut-il d’ailleurs y avoir une eucharistie sans conversion ? Comme au lépreux guéri, il nous est dit : « Va ! » (allez !) à la fin de la messe. Qu’est-ce qui a changé en nous ? Une question que l’on peut se poser en sortant de l’église.

27è du Temps ordinaire –Ha 1, 2…2 2,4 ; Tm 1, 6…14 ; Lc 17, 5-10.
« Tu n’entends pas, gémit le prophète Habacuc devant le silence de Dieu. Le sentiment de l’absence de Dieu demeure bien éprouvant aussi, pour chacun de nous. Les psalmistes, pourtant, répètent que Dieu entend le cri des pauvres et leur répond. C’est en Jésus que Dieu nous répond pleinement, nous dit l’Evangile, nous le savons, mais cela nous ferait du bien d’entendre la voix de Dieu en direct. Habacuc « guette » la réponse du Seigneur. Il est à l’affût, grande est sa foi !
« Réveille en toi le don de Dieu », recommande Paul à un jeune responsable de communauté chrétienne. Le don de Dieu, le don de l’Esprit reçu à notre baptême et à la confirmation. C’est « un Esprit de force, d’amour, de raison ». L’Esprit peut susciter la foi nécessaire pour guetter le passage de Dieu, dans l’Ecriture, les événements. Puisse-t-elle grandir ! La foi, rappelle Jésus, ferait des merveilles, si nous en avions gros comme une graine !

Vingt-sixième dimanche – Am 6, 1a. 4-7 ; Lc 16, 19-31.
Amos se révolte contre l’inconscience des puissants de son époque qui s’enferment dans leur prospérité et ne voient pas le danger qui menace tout le peuple. L’homme riche, de la parabole, (il n’a pas de nom ; est-il aussi l’un de nous ?), dans sa tour d’ivoire, ne voit pas le mendiant qui meurt de faim devant son portail. C’est peut-être quelqu’un de bien pieux, pas un méchant, et Lazare, un homme pas nécessairement vertueux. Mais cet homme riche, puissant, ne voit pas la misère de celui qui souffre à côté de lui. Deux mondes totalement étrangers. D’un côté celui de l’indifférence, de l’autre un monde où des hommes souffrent. Pourtant, l’homme riche avait la loi, les prophètes, qui l’appelaient à changer de vie. Quant à nous, nous avons les Evangiles pour nous convertir. N’avons-nous pas aussi les appels assourdissants des hommes et des femmes de notre monde ?

Vingt-cinquième dimanche – Am 8, 4-16 ; Lc 16, 1-13.
Amos, le prophète, dénonce l’idolâtrie quelle qu’elle soit. Dans le texte de ce jour, il fustige tous ceux qui cherchent à gagner de l’argent par n’importe quel moyen. L’évangéliste Luc, se montre préoccupé par tout ce qui concerne les pauvres et le danger des richesses ; à l’argent, il donne un nom propre, « Mammon », pour bien montrer que si l’on en devient l’esclave, c’est lui qui deviendra notre maître. Jésus, dans une parabole, loue l’habileté de l’intendant malhonnête et nous dit que si les enfants de ce monde qui sont esclaves des biens matériels se montrent si habiles, combien plus habiles devrions-nous être, nous qui prétendons être les enfants de Dieu !
Sommes-nous ingénieux pour trouver des solutions aux problèmes de notre temps ? ; l’envie de gagner de l’argent rend tant de personnes très inventives ; nous voici invités à nous rendre créatifs nous-mêmes, pour que grandissent la justice et la paix !

Vingt-quatrième dimanche – Lc 15, 1-32.
Il y a de la joie chez Dieu nous dit Jésus, quand l’un de ses enfants se retourne vers lui. Les paraboles de la pièce d’argent retrouvée, de la brebis sauvée de la mort, du fils revenu chez son père veulent nous le faire comprendre.
Il y a de la joie chez Dieu qui ne calcule pas, qui donne gratuitement, sans conditions. L’étonnant est que Jésus part de ce qu’il voit autour de lui pour parler de la joie de Dieu. En effet, les paraboles commencent ainsi : "Un homme avait deux fils", « Si l’un de vous a cent brebis .. ; »Si une femme a dix pièces d’argent… » il s’agit là de l’expérience humaine, de vous et moi. Il y a quelque chose de Dieu dans notre cœur et notre vie, quand nous guettons le retour d’un enfant, d’un proche, quand nous pardonnons à celui qui nous a fait mal, quand nous faisons l’impossible pour aider quelqu’un à sortir d’un gouffre physique ou moral. Chacun de nous n’a-t-il pas été créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance ?

Bartolome esteban murillo. Le retour du fils prodigue
Bartolome esteban murillo. Le retour du fils prodigue

Vingt-troisième dimanche – Sg 9, 13-18 ; Lc 14, 25-33.
Qui peut comprendre la volonté de Dieu demande le livre de la Sagesse. Qui peut comprendre, si l’Esprit Saint ne lui est donné ? Jésus, dans l’évangile de ce jour, rappelle qu’il faut aussi y mettre du sien : s’asseoir et réfléchir longuement, avant de prendre une décision importante, ainsi celui qui veut bâtir une tour ou construire une maison ; c’est bien sûr aussi le cas de celui qui veut prendre le même chemin que Lui, le Christ. Mesurons-nous l’importance de l’engagement de la foi reçue au baptême ? Prendre le chemin de Jésus-Christ, suppose le « préférer », selon son expression, c’est à dire : aimer à sa manière, mettant en Dieu notre sécurité dernière, non en nos biens et assurances de toutes sortes, comptant sur la puissance de l’Esprit Saint à l’œuvre en nous et dans le monde.

Vingt-et-unième du temps ordinaire – Is 66, 18-21 ;Lc 13, 22-30.
Le projet de Dieu est de rassembler tous les hommes en un seul peuple, car il les bénit tous : voilà ce que nous dit le texte d’Isaïe. Jésus parle de cette communion de tous avec Dieu, à travers l’image d’un banquet. C’est Dieu qui invite, mais certains invités ne viennent pas. Librement, ils font d’autres choix ; certains, dit Jésus arrivent, frappent à la porte et ne sont pas reconnus. Il ne suffit pas de se dire proche et de parler de lui, explique Jésus. Il manque peut-être à ces invités de mettre en pratique sa parole et de donner leur vie comme lui. C’est cela sans doute la « porte étroite » dont il parle, et par laquelle il est entré. « Il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est dépouillé… » (Ph 2, 7).
Que l’Esprit reçu de lui à notre baptême nous donne la force d’accomplir ce que nous croyons et proclamons et qu’il nous conduise sur le chemin de la vie !

Vingtième du Temps ordinaire – Jr 38, 4-10 ; He 12, 1-4 ; Lc12, 49-53.
Au long des siècles passés et aujourd’hui, sous nos yeux, des témoins. Parmi eux, beaucoup n’ont pas été reçus, subirent le martyre même. De Jérémie le prophète jusqu’à l’évêque Roméro au Salvador ou les religieuses Alice et Léonie en Argentine … « une foule de témoins nous entourent  » Jésus venu pour sauver les hommes, leur apporter la vie ne fut pas reçu par les siens, il mourut sur une croix, victime de la haine des humains. Ce que soulignent la lettre aux Hébreux et la lettre de Paul aux Philippiens c’est son attitude, son obéissance, c’est à dire son écoute du Père, sa confiance en lui,. Le croyant est invité à contempler Jésus ce dimanche, au moment où il annonce son passage par la souffrance, et la décision que les croyants devront prendre face à lui ; les risques qu’ils vont encourir, les conflits qui naîtront inévitablement même au sein des familles. Bien des disciples ont tenu bon et continuent à attiser le feu que le Christ est venu allumer. Nous nous réchauffons nous aussi à ce feu et apportons notre petit bois ou nos bûches que sont nos paroles et geste de paix et d’amour, afin que le feu continue de brûler et de se répandre dans le monde.

Dix-neuvième dimanche du Temps ordinaire – Sg 18, 6-9 ; Lc 12, 32-48
Le Livre de la Sagesse évoque la nuit où Dieu est intervenu pour libérer le peuple de l’esclavage. La page d’évangile rapporte des consignes données aux responsables de la vie des communautés. Elles sont exprimées à l’aide de 3 paraboles : La première est celle des serviteurs qui attendent leur maître, la seconde compare son retour à la venue d’un voleur ; la troisième raconte l’arrivée du maître de maison et ce qu’il pense du serviteur à qui il a confié ses biens.
Elles rappellent que Dieu a chargé quelques-uns de veiller sur sa maison pour que chacun « ait sa part de blé », c’est-à-dire que chacun ait la vie. En fait, tous sont invités à prendre part au projet du maître dans une vigilance active. Le psalmiste l’avait compris qui murmurait : « mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur n’attend l’aurore » (ps 129). Comment devenir des veilleurs actifs ? Est-il d’autre réponse que celle donnée par Jésus et sa manière d’aimer ?

Dix-huitième du Temps ordinaire - Qo 1, 2 … 2, 23 ; Ps 89 ; Lc 12, 13-21
L’Ecclésiaste nous paraît bien pessimiste « tout est vanité » dit-il, (littéralement « tout est buée », « du vent ») ; il faudrait lire d’autres passages, pour ne pas rester sur cette impression, par exemple « les justes, les sages et leurs travaux sont dans la main de Dieu » ; pour l’auteur la seule valeur est la foi en Dieu et le psalmiste supplie Dieu pour vivre avec plus de sagesse : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours »
La Parole de Dieu à travers le récit de Luc interroge sur notre rapport aux biens matériels ; elle veut nous dire que les richesses viennent de Dieu : « souviens-toi que le Seigneur t’a donné la force d’arriver à la prospérité… » (Dt 8, 12-18) ; elle veut nous dire aussi que la création a été remise entre nos mains, comme à des gérants responsables et libres ; nous faisant confiance, Dieu nous demande de la faire fructifier, d’en partager les richesses, de la sauvegarder chaque jour, dans l’intérêt et pour le bonheur de tous.

Dix-septième dimanche du Temps ordinaire – Gn 18, 30-32 ; Col 2 , 12-14 ; Lc 11, 1-13
Il est quand même gonflé, Abraham ! Certes, il parle à Dieu comme à un ami, mais cette prière insistante, tenace, ressemble à un marchandage. Cela va lui permettre de comprendre que Dieu est tout-puissant en miséricorde et que l’homme peut intervenir dans son projet de sauver les hommes.
Les paroles de Paul aux Colossiens, les paroles de Jésus rapportées par Luc nous rappellent qu’en nous donnant Jésus, c’est l’humanité entière que Dieu sauve et c’est ce Dieu-là que nous avons le bonheur de prier. « Notre Père qui es aux cieux … ». Une prière que Jésus nous transmet et qui lui vient des Écritures. Il nous apprend à nous tourner vers un Dieu qui est Père, c’est-à-dire qui engendre la vie, Il nous apprend à nous engager pour le Règne de ce roi qui veut la justice, la paix, c’est-à-dire pour que gagne la vie en nous et dans notre monde. Avec Le Fils nous demandons le pain, le pardon, la résistance aux tentations … Nous formulons ces demandes en disant « nous », c’est-à-dire au nom de toute l’humanité, au nom de ceux qui n’ont pas les mots, la voix, la force de les dire.

Seizième dimanche du temps ordinaire – Gn 18, 1-10 ; Lc 10, 38-42
Dans les textes de ce jour, trois personnes montrent un grand sens de l’hospitalité ! Abraham, Marthe, Marie. Il s’en passe des choses autour des repas dans la Bible ! Abraham, le cœur disponible, entend une nouvelle inouïe pendant le repas de ses hôtes : il aura un fils dans sa vieillesse.
A Béthanie, Marthe et Marie sont tout entières à l’accueil de leur hôte. Marthe pour le bien recevoir, Marie pour boire chacune de ses paroles. Mieux vaut ne pas les comparer !
Jésus réagit devant l’inquiétude excessive de la maîtresse de maison ; elle est sans doute si préoccupée par la préparation qu’elle pourrait oublier l’invité lui-même ; le reproche s’adresse à nous quand la peur ou l’agitation nous coupe de la relation. C’est ce que rappelle la parabole du semeur ? « Celui qui a reçu la semence dans les épines, c’est l’homme qui entend la parole, mais le souci du monde et les richesses étouffent cette parole qui ne peut faire du fruit » (Lc 8, 14)
Dieu passe et s’invite. Au milieu de nos préoccupations, est-il possible de creuser pour lui un espace d’accueil ?

Quinzième dimanche du Temps ordinaire – Dt 30, 10-14 ; Lc 10, 25 -37 ;
« La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique », dit le livre du Deutéronome : C’est bien ce qu’a compris le samaritain inconnu face à l’homme agressé, abandonné sur le bord de la route. Il est pris de pitié littéralement « saisi aux entrailles » et il agit sans se poser de questions sur les convenances, sur le permis et le défendu. Cet homme, considéré comme hérétique, méprisé, est déclaré ici par Jésus, plus proche de Dieu que les dignitaires et servants du temple, car il a fait passer le service de l’autre avant tout. Ce samaritain peut sans doute nous donner à penser, mais aussi l’hôtelier qui fait confiance, ou l’homme qui se laisse soigner, ou encore ceux qui passent leur chemin en détournant le tête.

Quatorzième dimanche du temps ordinaire - Is 66, 10-14 ; Lc 10, 1-20
Après l’exil, les juifs reviennent à Jérusalem ; cette ville dont le nom signifie paix. Ils ne reconnaissent plus la cité d’autrefois . Elle va revivre pourtant, dit le prophète Isaïe à ce peuple découragé ; Dieu même va lui apporter la paix et telle une mère, consoler ses habitants.
Jésus s’approchant de cette ville, envoie ses disciples en mission. Leur seul bagage ? : la paix ; leur message ? Annoncer le Règne de Dieu, annoncer la venue de la justice, la paix, la liberté, la joie pour les pauvres…L’accueil attendu ? Qu’on ouvre la porte, qu’on reçoive la paix, qu’on partage le pain. Je suis cet hôte aujourd’hui qui accueille dans ma maison, le messager de paix, et je suis également cet hôte, au sens de messager du Christ, qui est accueilli et apporte la paix en son nom.

Treizième dimanche du temps ordinaire – Lc 9, 51-62
Elie donne à Elisée son manteau, lui communiquant dans ce geste, sa mission. C’est à lui maintenant de répondre à l’appel sans délai. (I R 19, 16-21). Exigences qui annoncent celles posées par Jésus à ses disciples : celui qui prend la route avec lui ne regarde pas en arrière. Ceci se passe au moment où lui-même, Jésus, vient de prendre résolument la route de Jérusalem, c’est à dire le chemin de la Passion et de la croix : C’est une route difficile mais une route de liberté et de vie. L’Esprit nous y appelle aujourd’hui : Lui, peut nous apprendre à aimer, si, comme Paul le demande aux Galates, (Ga5, 1-18), nous le laissons nous remplir de sa force et de sa lumière.

Douzième dimanche du temps ordinaire - Lc 9, 18-24
De quoi Dieu nous sauve-t-il ? de la violence, de la haine, de l’égoïsme Il peut le faire par son Esprit aujourd’hui. Le prophète Zacharie (Za 12, 10-13, _ 1) annonçait la venue de cet Esprit de Dieu qui renouvellerait le cœur des croyants ; Paul affirme qu’au jour de notre baptême nous avons « revêtu le Christ », (Ga 3, 26-29), c’est-à-dire que nous vivons de la vie annoncée par le prophète, une vie nouvelle, une vie de sauvés. En fait par le Christ, cela nous est donné une fois pour toutes mais il nous reste à le vivre au jour le jour à travers nos paroles et nos actions et on en a jamais fini. Pierre fait au Christ une magnifique profession de foi. Jésus ne rejette pas ses belles paroles mais lui rappelle que le chemin du Messie va passer par la montée à Jérusalem et la mort sur la croix.

Onzième dimanche du temps ordinaire – Lc 7, 36-8, 3
David, Paul, une femme inconnue, trois personnes qui ont été touchées par Dieu, à un moment de leur vie. Dans sa lumière, ils ont reconnu leur péché, cru à son amour et à son pardon, par-delà leur infidélité. Paul peut dire, en voyant ce qui lui arrive : « ma vie, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé … » (Ga 2, 16-21)
Chez Simon, la femme inconnue a rencontré le visage de tendresse de Dieu et traversant les interdits de la convenance, de la loi, du qu’en dira-t-on, s’est jeté dans l’abîme d’amour qui lui était offert par Jésus et qui lui ouvrait un avenir. Croire en un Dieu proche, en un Dieu qui pardonne.
Cela donne la force de changer et de prendre un nouveau chemin.

Dixième dimanche du Temps Ordinaire – Lc 7, 11-17
Puissance et tendresse de Dieu ! Voilà ce que nous révèle Jésus tout au long des évangiles ; ainsi, il a pitié de la veuve de Naïm qui vient de perdre son fils, il est « saisi aux entrailles » … Mais Jésus n’en reste jamais aux sentiments, sa compassion remet debout, fait vivre, elle sauve. Par lui, Dieu visite son peuple, il intervient en sauvant, en donnant la vie, et la vie rayonne !
La rumeur d’après Luc, se répand dans les pays voisins, pays étrangers qui vont croire en Jésus ; la Bonne Nouvelle est pour tous. Elle est arrivée et continue d’arriver jusqu’à nous. Le village de Naïm, sur les pentes nord du Jabal Dahi, doit sa célébrité à l'Evangile, étant cité seulement parce que Jésus y ressuscita le fils d'une veuve.

Fête du corps et du sang du Christ – Lc 9, 11-17
Fête de l’eucharistie, du Pain de vie, du Don de Dieu, du partage… C’est tout cela que nous célébrons aujourd’hui ; c’est tout cela déjà qu’annonçaient les évangiles, dans les récits de multiplication des pains ; ainsi celui de l’évangile de Luc. Jésus avait enseigné longuement. ; il se faisait tard les disciples furent invités à rassembler les foules alors qu’eux pensaient à la dispersion, au chacun pour soi ; invités à leur donner eux-mêmes à manger, alors qu’ils pensaient aux achats.
Aujourd’hui invités à donner nous-mêmes à manger aux affamés du monde, Apportons ce que nous avons, le pain, le vin, fruit du travail des hommes, fruits de notre labeur à tous, re-donnons-les au Créateur et Père de qui nous les avons reçus ; ils deviendront corps, vie du Ressuscité, dans l’Esprit … Cette vie, nous pourrons la partager à notre tour, à tous ceux dont nous nous approchons, les affamés de toutes sortes de pains

Dimanche de la Trinité – Pr 8, 22-31 ; Rm 5, 1-5 ; Jn 16, 12-15
Le signe de croix que nous faisons dans le secret ou ensemble à l’eucharistie professe notre foi de chrétiens en Dieu Trinité . C’est Lui que nous fêtons ce dimanche.
Trois voix proposent, dans les textes de ce jour, d’entrer en communion avec Dieu Père, Fils et Esprit.
La voix de la Sagesse chante la présence d’amour de Dieu, créateur dès le commencement, qui trouve sa joie dans l’alliance avec les hommes et invite à la confiance.
La voix de Paul réveille l’espérance et la paix des croyants, leur rappelant que Dieu les a fait entrer dans " le monde de la grâce", le monde de Dieu, par le Christ..
La voix de l’évangéliste loue l’action de l’Esprit qui rappelle aux baptisés les paroles de Jésus et leur donne la force de les porter, les "guidant vers la vérité tout entière »
Il y a aussi la voix du psalmiste, la nôtre aussi peut-être, qui chante : O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom, par tout l’univers !

Dimanche de la Pentecôte – Ac 2, 1-11 ; Jn 14, 15…26
« Tous furent remplis de l’Esprit Saint ». Qu’est-ce que cela produit ?
Les disciples se mettent à parler à la foule, accourue vers eux Ces croyants d’origine diverse, entendent et comprennent l’évangile dans leur langue propre. Pentecôte, miracle de la communication réussie !
La diversité de Babel relatée par la Genèse n’apportait que la confusion, l’incompréhension dans la diversité des langues. A la Pentecôte, l’Esprit crée l’unité des croyants dans leur diversité : unité de croyants émerveillés, unité de croyants qui entendent chanter les merveilles de Dieu.
Pentecôte, miracle de l’unité !
L’Esprit de Pentecôte nous est donné au jour de notre baptême et de notre confirmation. Il nous habite souligne Paul aux chrétiens de Rome. Dans l’évangile de ce jour, Jésus lui donne le nom de Défenseur : défenseur devant nous-mêmes quand nous fermons la porte à la vie de Dieu en nous. Qu’il soit défenseur devant nous dans nos timidités et nos peurs, nos lenteurs à comprendre, nos endurcissements et divisions. Qu’il nous donne d’entendre et de comprendre la parole de Dieu et du monde. Qu’Il nous donne de parler à notre tour, en des paroles qui soient Bonne Nouvelle Enfin qu’il nous donne de bâtir l’unité, celle voulue par le Christ, dans la richesse des diversités !

Septième dimanche de Pâques – Ac 7, 55-60 ; Jn 22, 12…20
Comment prier ? Etienne, le premier martyr reprend en mourant la prière de Jésus : « Seigneur, reçois mon esprit ». « Pardonne-leur »
Lors de la dernière Cène, Jésus prie non seulement pour ceux qui sont à table avec lui, mais il porte également dans sa prière tous ceux qui accueilleront sa parole par la voix de ses messagers. Il prie pour le monde entier.
Dans sa prière, Jésus demande que les croyants puisent en Dieu leur unité. Il donne à voir le cœur de Dieu : le Père qui a envoyé son Fils bien-aimé, le Fils dont le seul désir, fut de faire connaître le Père et l’Esprit Saint amour mutuel du Père et du Fils. « Qu’ils soient un comme nous sommes un »
Enfin Jésus demande au Père que son Règne vienne : que le monde sache et croie que Jésus a été envoyé pour le sauver, que le monde se retourne, le reconnaisse et soit rempli de son amour.
Notre prière s’élargit-elle aussi aux dimensions du monde ? A qui nous adressons-nous ? au Père ? au Fils ? ou à l’Esprit ? Que demandons-nous ?

Sixième de Pâques – Ac 15, 1-29 ; Jn 14, 23…29
Avant son passage vers le Père, Jésus confie à ses amis des paroles précieuses, son Testament en quelque sorte. Il leur dit que l’aimer lui, le Christ, engage à rester fidèle à sa parole. Et seul l’Esprit, peut inscrire cette parole en leur mémoire et en leur cœur et la réveiller. Non seulement l’Esprit rappelle des paroles, des mots, mais il en révèle le sens. La page des Actes qui est également proposée ce dimanche raconte comment au Premier concile de l’Eglise, les apôtres ont su comprendre, la parole de Dieu, y rester fidèles, en discernant que l’important était de sauver la communion entre les frères.
Avant son passage vers le Père, Jésus fait don de sa paix. A l’eucharistie, nous posons un geste symbolique , le geste de paix. Par ce geste, nous signifions que la paix que nous donnons à un voisin, un ami ou à un inconnu ne vient pas de nous, elle vient de plus loin, d’un cœur plus grand que le nôtre, celui du Christ qui a réconcilié les hommes dans sa mort et demeure vivant parmi nous par sa Parole.

Cinquième dimanche de Pâques – Jn 13, 31….35
« Un commandement nouveau … »
Les mots que Jésus prononce retentissent au cours de son dernier repas. Ils sont comme un testament. Jésus parle de « gloire ». Le Fils est « glorifié » : il porte en lui tout l’amour du Père dont il rayonne ; la gloire dit quelque chose du poids de la présence aimante du Père ; puisant à cette source, nous sommes appelés à nous laisser irriguer par un courant venu de Dieu et à le rayonner autour de nous, autrement dit à aimer de l’amour que Dieu met en nous : C’est le désir de Dieu, son unique commandement « aimez-vous, comme je vous ai aimés ».
Jésus parle de son départ à ses disciples « je ne suis avec vous que pour peu de temps », il n’est donc plus visible à nos yeux, mais il nous a donné l’Esprit Saint. Baptisés, confirmés, si l’Esprit nous habite, nous aimerons à la manière du Christ.

Quatrième dimanche de Pâques – Ac 13, 14…52 ; Jn 10, 27-30
« Je leur donne la vie… »
Voici un dimanche où nous contemplons le Seigneur, bon berger. C’est une image qui veut nous dire depuis des millénaires, combien Dieu aime chacun des humains qu’il a créés, car le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Nous sommes dans sa main, précise Jésus, reprenant une expression fréquente dans l’Ancien testament et il ajoute que personne ne peut rien arracher de la main du Père. Unité profonde de Jésus et de Dieu Père. Ses auditeurs l’ont bien compris car ils veulent l’instant d’après le lapider.
Accueil ou refus de la Parole aujourd’hui comme hier. C’est une Parole de vie, pourtant, qui est offerte, celle du Christ qui a traversé la mort, et qui nous conduit vers la vie. Parole sur laquelle nous sommes appelés à tout miser. Les Actes d’apôtres nous montrent que malgré les oppositions, les persécutions, les disciples continueront avec assurance et « pleins de joie », à propager la Parole de Dieu. Les chrétiens de Syrie et ceux du monde entier ont tant besoin de s’appuyer sur cette certitude que Dieu nous tient dans sa main !

Troisième dimanche de Pâques - Jn 21, 1-19
« Ils ne savaient pas que c’était lui… »
Premier jour de la semaine. Jésus se manifeste au bord du lac de Tibériade à ses disciples : " il se donne à voir ", nous disent les récits de Pâques.
La nuit fut longue sans doute et tellement décevante pour eux car ils ramènent des filets vides. Au bout de la nuit, Jésus est là. Ils ne savent pas que c’est lui et pourtant ils se fient à sa parole et jettent à nouveau les filets. A quoi Jean a-t-il reconnu le Seigneur ? Peut-être à la surabondance de la pêche ? En tout cas son cri de foi est un signe pour ses amis et Pierre se jette à l’eau. Jésus leur demande d’apporter du poisson qu’ils ont pêché ; mais le récit nous dit aussi qu’il en avait déjà préparé ; signe que Jésus précède ses disciples, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui dans le don du pain de sa parole.
Il partage le repas avec ceux qui l’avaient abandonné. Signe de réconciliation, de communion. Et nous, à quel signe le reconnaissons-nous ?

Deuxième dimanche de Pâques - Ac 5, 12-16 ; Jn 20, 19-31
« Il répandit sur eux son souffle »
Premier jour de la semaine (« Jour un » dit le texte grec). Les disciples sont réunis. Ils ont peur ; les portes sont verrouillées. Jésus les rejoint. Sa présence leur donne paix et joie.
Jésus nous rejoint disciples d’aujourd’hui, là où nous sommes, dans nos enfermements et nos angoisses, nos doutes. Heureux sommes-nous de nous fier au témoignage de ceux qui ont fait l’expérience du Ressuscité. La béatitude est pour nous : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Jésus ne vient pas pour que les disciples restent entre eux, tout heureux ensemble ; c’est pour qu’ils ouvrent leurs portes et aillent proclamer la Bonne Nouvelle. Il souffle sur eux comme Dieu sur Adam : c’est une recréation du monde qui commence avec Jésus mort et ressuscité. Pentecôte déjà ! Les Actes d’apôtres que nous lisons tout le temps de Pâques témoignent du souffle de l’Esprit qui fait la communion des nouveaux croyants et les pousse à propager la Parole de Dieu.

Dimanche de Pâques - Ac 10, 34-43 ; Jn 20, 1-9 ; I Co 5, 6-8.
« Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes tous témoins ». Pierre s’exprimait ainsi à la Pentecôte. Jean le premier « vit et crut » devant le tombeau vide. Les autres disciples feront l’expérience de foi en Jésus ressuscité, un peu plus tard. Marie-Madeleine, elle, le reconnaîtra au moment où il l’appellera par son nom. Et nous ? Le croyons-nous vivant, aujourd’hui ? Quelle expérience en avons-nous fait ?
Quand nous nous rassemblons le dimanche, premier jour de la semaine, autour de la table de l’eucharistie, nous célébrons ensemble la mort et la résurrection du Christ. Là, nous recevons « le pain de la Pâque », la vie nouvelle qui fait de nous des témoins. Nous le sommes depuis notre baptême déjà , mais c’est peu à peu que nous choisissons de le devenir ; l’Esprit de Jésus nous donne de déchiffrer les effets de la Résurrection, chaque fois que gagne la vie en nous et par nous.

Cinquième dimanche de carême
Is 43, 16-21 ; Phi 3, 8-14 ; Jn 8, 1-11.
« Je fais un monde nouveau, il germe déjà … ne le voyez-vous pas ? » s’étonne Dieu par la voix d’Isaïe. Le monde nouveau germe lors de cette rencontre que l’évangéliste nous raconte aujourd’hui. Des scribes et les pharisiens jugent et condamnent une femme ; Jésus leur offre l’occasion de se reconnaître eux-mêmes pécheurs et de choisir la vie. La femme au milieu d’eux jugée, condamnée déjà, se retrouve soudain au cœur de la miséricorde et de la lumière ; Jésus se relève pour s’adresser à elle, il lui donne la parole, la faisant enfin exister, et la parole qu’il lui dit, la libère du cercle où elle est enfermée, lui ouvre un avenir : « Va , désormais ne pèche plus ! »
Le monde nouveau germe chaque fois que la parole de Dieu et du monde me permet d’ouvrir un avenir pour moi et pour les autres et d’aller vers plus de vie.

Quatrième dimanche de carême – Jo 5, 10-12 ; I Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-32.
Nous entendons aujourd’hui une parabole que nous connaissons bien. Le fils cadet qui n’a jamais désespéré de son père, qui a continué à l’appeler « père », qui a l’audace de revenir vers lui, même si ce n’est pas avec des intentions très pures. Ce retour l’a sauvé.
Le fils aîné, lui le fidèle, clame son bon droit haut et fort, mais il ne prononce jamais le mot frère, ni le mot père, ce père dont il ne comprend absolument pas les choix. Invité à se joindre à la fête, que va-t-il finalement décider ? Un retour est toujours possible.
Chez le père, pas de calcul, pas de condition au pardon, il est pris de pitié ; il ne parle pas de péché, mais de mort et de vie ; il ramène à la vie, à la joie celui qu’il n’a jamais cessé de considérer comme son fils. Patient envers ses deux fils, il veut les voir faire la fête ensemble et ainsi se reconnaître frères. « Laissez-vous réconcilier par Dieu », rappelle Paul, afin de devenir fils et frères.

Troisième dimanche de Carême
Ex 3,1-15 ; I Co 10,1-12 ; Lc 13, 1-9
Différents visages de Dieu apparaissent à travers les textes de ce jour : Moïse découvre un Dieu tout Autre et aussi tout proche, un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui va le libérer. Visage de Dieu qui ouvre à la confiance !
Les interlocuteurs de Jésus semblent croire à un Dieu vengeur : si les humains connaissent le malheur, c’est qu’ils ont péché. Visage de Dieu qui engendre la peur. Ceux que frappent le malheur ne sont pas de plus grands pécheurs que les autres, répond Jésus. Lui, ne donne pas d’explication à la souffrance et au malheur, il pleure avec ceux qui sont en deuil, il est pris de pitié devant celui qui est malade, exclu …il connaît lui-même le rejet, l’incompréhension, la torture et la mort violente … Il en fait son chemin vers Pâques, mettant toute sa confiance en Dieu son Père.

Fra angelico : le sermon sur la montagne - 1438-1445 - Couvent San Marco Florence.
Fra angelico : le sermon sur la montagne - 1438-1445 - Couvent San Marco Florence.

Deuxième dimanche de carême
Gn 15, 518 ; Ph 3, 17 à 4, 1 ; Lc 9, 28-36
Le récit de la transfiguration vient à notre rencontre, au début du carême, toujours un peu mystérieux, déroutant.
Pierre vient de faire cet acte de foi : « Tu es le Christ de Dieu » ; maintenant, sur la montagne, c’est le Père lui-même qui révèle : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le  »
Pierre, Jacques et Jean en ont été témoins, expérience unique pour eux, lumière sur leur chemin de foi : le visage du transfiguré les invite à rencontrer le « Tout-Autre », non celui qui est au bout de leur espérance humaine, mais qui est à recevoir comme un don. L’expérience de ce jour-là les prépare aussi à descendre de la montagne pour rejoindre d’autres visages, des visages meurtris, défigurés Elle les prépare aussi avec plus de force à suivre Jésus jusqu’au jour où ils verront son visage de crucifié.
Mais au bas de la montagne, ce sont maintenant, depuis la Résurrection, des espaces de transfiguration que les disciples sont appelés à créer avec celui qui a vaincu la mort : la maison ouverte au sans-logis, le souci du voisin handicapé, le soutien d’un prisonnier …

Premier dimanche de carême
Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13.
De nouveau, voici le temps fort du carême, un temps favorable pour avancer ensemble vers Pâques. Qu’entendons-nous aujourd’hui ? Moïse invite le peuple d’Israël à proclamer sa foi : dans cette profession de foi, il fera mémoire de sa libération, ce que Dieu lui a donné tout au long de son histoire. Il se souvient que Dieu commence par donner ; qu’ensuite seulement il demande de lui faire confiance. Jésus vit les tentations qui furent celles de son peuple dans le désert et il puise dans la mémoire de ce peuple, dans les Ecritures, la faisant sienne, la Parole même de Dieu pour répondre à la provocation du tentateur : « si tu es le fils de Dieu … ». Ses réponses disent toute sa confiance en Dieu Père et le rediront tout au long de sa vie jusqu’à ce moment où il entendra cette fois : « si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! ». A chaque eucharistie, nous sommes invités à faire mémoire en Église, de ce qui nous a été donné en Jésus le Christ. Si nous avions davantage conscience des dons de Dieu, sans doute, ferions-nous aussi confiance pour la suite, nous souvenant de cette parole que Dieu dit au psalmiste et à tout priant d’aujourd’hui : « Je suis avec lui dans son épreuve »

Cinquième du Temps ordinaire
Is 6, 1-8 ; 1Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-11.
Isaïe, Paul, Pierre : trois hommes qui se reconnaissent petits, pauvres, pécheurs, devant le Dieu saint, le Tout-Autre. Mais leur confiance et leur générosité sont à la mesure de leur humilité. Isaïe accepte de devenir messager de Dieu près de son peuple ; Pierre et ses compagnons laissent tout pour suivre Jésus ; Paul, après le chemin de Damas, consacre le reste de sa vie à témoigner du Christ Ressuscité. A notre tour, nous prenons conscience de notre faiblesse et nous voici invités à dire avec l’apôtre : " ce que je suis je le suis par la grâce de Dieu " ; et nous voici invités, aussi, dans la confiance, à avancer au large et à jeter les filets, c’est à dire à collaborer comme les apôtres à l’œuvre de Dieu, qui est de faire gagner la vie sur la mort. Nous ne pouvons rien faire sans Lui, mais Lui ne peut rien faire sans nous. La première étape, peut-être la seule, d’ailleurs qui soit nécessaire : faire confiance, et rendre notre cœur disponible, attitude qui entraînera la réponse : « je vais jeter les filets »

Quatrième Dimanche du Temps ordinaire
Jr 1,4-5.17-19 ; 1 Co 12, 31-13,13. Lc 4, 21-30
Accepter d’être prophète : une mission à risques. Jérémie, Jésus affrontent l’incompréhension, l’hostilité de leurs compatriotes, parce que la parole de Dieu dérange, bouscule. A Nazareth, dans la question des auditeurs de Jésus, pointe le doute : cet enfant du pays, ce fils du charpentier, peut-il être un prophète qualifié ? Ce doute va devenir réaction violente aux paroles de Jésus, puis exclusion, menace de mort. Pour quelle raison ? Jésus leur signifie que s’il a pu faire des miracles chez leurs voisins, c’est que ces derniers l’avaient accueilli autrement, et ensuite, que les païens se montraient plus près du salut que ceux qui se disent croyants . Pour se faire comprendre, Jésus donne l’exemple d’un étranger et d’une pauvre veuve qui ont été sauvés.
Pour nous captifs, aveugles, sourds et pauvres, d’aujourd’hui, la Parole de Dieu s’accomplit. Quel accueil lui réservons-nous ?

3e dimanche du Temps ordinaire.
Ne 8, 1-4. 5-6. 8-10 ; 1 Co 12, 12-30 ; Lc 1, 1-4 et 4, 14-21.
Un jour, cinq siècles avant le Christ, Esdras proclamait la Parole de Dieu ; les lévites traduisaient les textes dans la langue des auditeurs qui ne comprenaient pas bien l’hébreu puisqu’ils revenaient d’exil, et ils en donnaient le sens … Un jour, Jésus, à la synagogue, fait la lecture d’un texte d’Isaïe, il l’explique et dit : cette parole s’accomplit aujourd’hui .
L’évangéliste Luc a entendu et vu des témoins et il sait que Jésus ne s’est pas payé de mots, qu’Il a effectivement été bonne nouvelle pour les pauvres, lumière pour les aveugles, libération des captifs et des opprimés, vie pour tous en donnant la sienne … L’apôtre Paul nous rappelle dans une belle lettre aux chrétiens de Corinthe, que nous sommes le Corps du Ressuscité et que, par nos dons divers, nous construisons ce corps en continuant l’œuvre de vie commencée par lui.

2e dimanche du Temps ordinaire
Is 62, 1-5 ; Ps 95 ; 1 Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11.
Isaïe le prophète annonçait le temps nouveau et heureux où Dieu « épouse » son peuple. L’évangéliste Jean annonce lui aussi ce temps nouveau de la communion de Dieu et de l’humanité, dès le début de son évangile, en écrivant le récit des noces de Cana.
Ce Temps nouveau a commencé dit l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe : ils ont reçu du Christ ressuscité des dons variés en Église pour le bien de tous et l’Esprit fait leur unité. Paul le leur rappelle avec force, car les divisions menaçaient la communion . Cette semaine de l’unité nous invite aujourd’hui encore à demander pour les chrétiens, l’Esprit d’amour qui peut faire l’unité de tous et sans doute aussi à reconnaître en notre Église les dons divers Marie est là au début de la vie publique de Jésus. Elle est là au pied de la croix, à l’Heure de Jésus, c’est à dire de son passage de ce monde au Père. Qu’elle marche avec nous, sur nos chemins de foi ! Qu’elle marche avec nous sur le chemin de la communion !

Baptême du Seigneur. Is 40, 1-5. 9-11 ; Ps 103 ; Tt 2, 11-14. 3, 4-7
Jésus est baptisé par Jean. Il plonge dans la condition humaine, avec tout ce qu’elle est, belle et grande, fragile aussi, misérable parfois. Nous croyons qu’il prend toute notre vie avec lui pour la faire sortir de l’ombre, pour la faire renaître. Un don gratuit, sans considération de nos mérites.
L’Esprit descend sur Jésus, comme une colombe. Luc associe l’Esprit à un symbole de douceur et de fragilité : tel est l’Esprit qui plane sur Jésus comme il planait sur les eaux au premier jour de la création et qui va le conduire tout au long de sa vie, tel est l’Esprit qu’il nous donnera dans sa mort et sa résurrection . Tel est l’Esprit qui nous a été donné et avec qui nous participons à la création d’une terre nouvelle. Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre ! (psaume 103)

Épiphanie du Seigneur. Is 60, 1-6 ; Ps71 ; Ep 3, 2-3.5-6 ; Mt 2, 1-12.
Après l’annonce aux bergers dans la nuit de Noël, ce sont les mages, des savants, des « grands » de ce monde qui entendent aussi la Bonne Nouvelle. Elle est pour tous les hommes : c’est une lumière qui peut donner sens à leur marche, les remplir de joie, nourrir leur espérance ; ainsi en était-il du peuple exilé au temps d’Isaïe, quand il entendait la promesse d’un monde nouveau où règnerait la justice, la paix, où violence et misère auraient disparu. C’est une lumière pour les mages, chercheurs de Dieu, qui entendent à leur tour la Parole qui les guidera vers la lumière ; la voilà , ils la reconnaissent dans cet enfant-roi qui vient de naître, fragile et pauvre, dans l’obscurité d’un abri étranger.
La lumière du Christ brille pour chacun de nous, chercheur de Dieu aujourd’hui, elle brille à travers la Parole de Dieu nous venant des Écritures, du monde, des événements. Elle nous « déroute », nous déplace parfois. Va-t-elle nous guider cette année sur un nouveau chemin ?

Fête de la sainte Famille
Ils firent le pèlerinage … : Anne, venue à Silo – où se trouve l’Arche d’Alliance - pour offrir à Dieu l’enfant qu’elle a demandé et reçu. Marie et Joseph qui accompagnent Jésus pour son premier pèlerinage à Jérusalem : ils vont y vivre aussi un pèlerinage intérieur car, dans leur incompréhension, ils sont invités à passer du regard quotidien sur Jésus à la révélation du Fils de Dieu. C’est peu à peu qu’ils apprendront à le connaître, à découvrir sa vocation, sa mission. Pèlerinage intérieur également pour Jésus : il prend des distances vis à vis de ses parents, en même temps que, près d’eux, il grandit en âge et en sagesse, qu’il apprend à se mettre au service des autres et qu’il progresse dans la connaissance de son Père des cieux. Pèlerinage aussi pour nous que cette année ? Que la sainte Famille soutienne notre marche !

Quatrième dimanche de l’Avent
Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint. C’est ce qui lui permet de découvrir ce qui se passe en cette rencontre de sa cousine. Dieu agit en elle et par elle, en Marie et par Marie, et sa louange devient contagieuse puisque Marie à son tour va reconnaître comme en écho, ce que l’Esprit accomplit pour elle et pour le monde, en son Fils et par son Fils.
L’Esprit nous fait découvrir que Dieu agit en nous sur le chemin de l’Avent : il nous donne la force d’en faire un chemin de confiance, malgré les accès de découragements, un chemin d’ouverture, malgré les poings fermés, un chemin de paix, malgré les verrouillages. Déjà nous entendons peut-être au fond de nous-même en cette veille de Noël : Tu es heureuse, toi qui a cru à la Parole !

Troisième de l’Avent. So 3, 14-18 ; Ph4, 4-7 ; Lc 3, 10-18
Il est beaucoup question de joie dans les textes de ce dimanche. Le prophète Sophonie invite Jérusalem à se réjouir, car ceux qui font le mal n’auront pas le dernier mot. Ses habitants peuvent en toute confiance se laisser renouveler par le Seigneur. Il danse pour toi Paul dit également aux chrétiens de Philippes. Soyez dans la joie Le Seigneur est proche : exprimez-lui vos inquiétudes, vos demandes.
Jean-Baptiste annonce au peuple la Bonne Nouvelle , c’est à dire la venue du messie. Il baptisera dans l’Esprit saint et le feu .Le souffle de Dieu purifie, débarrasse de tout ce qui empêche d’aimer vraiment.
Alors, Que devons-nous faire ? demandent les soldats, les percepteurs. Jean le Baptiste répond : que l’on partage, que l’on cesse de frauder, que l’on ne fasse ni violence, ni tort à personne. Rien d’extraordinaire ni de surhumain … chacun est invité à accueillir le feu de l’Esprit dans sa vie de chaque jour.

Deuxième de l’Avent
Ba5, 1-9 ; Ph1, 4…11 ; Lc3, 1-6 ;
Baruch s’adresse aux communautés juives « exilées » de Jérusalem et les invite à se lever, à se réjouir ; car Dieu va les rassembler. Paul, bien qu’emprisonné, est dans la joie, en raison de ce que la communauté de chrétiens fondée par lui, a fait pour l’évangile, en raison aussi de ce que Dieu a commencé à accomplir en elle. Elle continue sa marche à la rencontre du Christ : c’est à la fois le travail de ces chrétiens, et l’œuvre de Dieu. Un petit pas de la part des hommes, et Dieu fait le reste ! Faire une brèche et Dieu abattra tout le mur, jeter une poignée de terre et Dieu comblera le ravin, donner un coup de pioche et le passage tortueux deviendra droit. Jean Le Baptiste ne dit pas autre chose. Quel petit pas allons-nous faire d’ici Noël ?

1er dimanche de l’Avent
Jr 33, 14-16 ; I Th 3, 12-4,2 ; Lc21, 25…36
J’accomplirai la promesse de bonheur : le prophète Jérémie annonce ainsi la venue du Seigneur, à un moment où le peuple se croit abandonné de Dieu. Un nouveau roi leur sera donné, « Seigneur-de-justice » est son nom. Paul réconforte des chrétiens qui ont souffert la persécution et les invite à persévérer dans leur foi, à témoigner d’un amour intense et débordant tournés vers celui qui vient. Luc dont nous ouvrons l’évangile aujourd’hui, affirme à sa communauté chrétienne qu’un monde nouveau commence avec la venue de Dieu mais qu’il n’advient pas sans nous. « Veillez », écrit-il ; il faut redresser la tête à travers tous les événements que nous vivons, c’est à dire témoigner de notre espérance en celui qui veut la vie pour nous, le bonheur pour tous. Se tenir debout, c’est l’attitude des ressuscités, mais Noël peut-il se comprendre sans la lumière de la Résurrection ?

Fête du Christ-Roi
Dn 7, 13-14 ; Ps 92 ; Ap1, 5-8 ; Jn 18, 33-37
Nous parlons de règne des armes, de la finance, des médias, signifiant par là leur influence considérable. Et le règne de Dieu ? que signifie ce titre « Jésus-Christ, souverain des rois de la terre » ? Jésus répond à Pilate : « mon royaume ne vient pas de ce monde ». Qu’est-ce donc que ce royaume ? Pour Jésus et ses contemporains, ce mot était chargé de sens. il évoquait un temps de justice et de paix, de protection des opprimés, des faibles, il évoquait l’humilité et la douceur, la confiance de tous ceux qui ne comptaient pas sur eux-mêmes, mais sur Dieu. Jésus a inauguré ce règne et nous avons entendu, il y a peu, son message : « bienheureux les pauvres de cœur, les doux, le royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3) Chacun de nos gestes en faveur de la paix, de la justice, chaque don de nous-même à cause du Christ fait avancer ce Règne de Dieu.

Trente-troisième dimanche ordinaire
Dn 12, 1-3 ; Ps 15 ; He 10, 11…18 ; Mc 13, 24-32
Des textes, ce dimanche, qui peuvent nous faire peur ! Des récits écrits pour un temps de persécutions. Les images que nous livrent Daniel et Marc appartiennent à un genre littéraire qui ne nous est pas familier, celui de l’apocalypse. Daniel veut nous rappeler que Dieu n’oublie pas son peuple, et Marc annonce aux chrétiens de Rome la victoire finale du Christ. Qu’ils ne se découragent donc pas !.
Dans différents pays, des chrétiens aujourd’hui sont persécutés pour leur foi. Nous –mêmes connaissons des crises, des désarrois, des détresses de toutes sortes. Comme hier, le même message d’espérance nous est adressé et nous rappellent que les paroles du Christ « ne passeront pas »

Trente-deuxième du temps ordinaire
1R17, 10-16 ; Ps 145 ; He 9, 24-28 ; Mc 12, 18-44
Nous entendons aujourd’hui l’histoire de deux veuves : l’une, celle de Sarepta avait, en pleine famine, offert au prophète Elie tout ce qui lui restait pour vivre ; l’autre, sous les yeux de Jésus et des disciples, donne à Dieu de cet argent dont elle a besoin pour vivre. Les deux femmes ont un cœur immense ; elles donnent de leur pauvreté, elles donnent de leur dénuement, se donnent elles-mêmes. Une invitation pour tout croyant à donner de son manque. Les paroles de Jésus aux disciples montrent quel regard Dieu porte sur une vie, sur la modestie d’un geste reconnu comme grand et beau, celui de donner ce qu’on n’a pas, sa pauvreté. Après cet événement qui a lieu à Jérusalem dans le temple, commence la passion ; La veuve pauvre révèle Jésus à lui-même : il voit dans ce geste le don qu’il va faire de sa propre vie.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34 Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre (...)

Trentième dimanche ordinaire
Jr 31, 7-9 ; Ps 125 ; He 5, 1-6 ; Mc 10, 46-52
Nous connaissons l’histoire de Bartimée. Qu’est-ce qui nous touche dans ce récit ?

  • Est-ce le cri de foi de cet homme lancé à Jésus ? Marginalisé, exclu, il n’a plus rien à perdre et il crie de plus belle quand les gens veulent lui imposer silence. Il fait partie de ces humbles qui cherchent Dieu, ce « reste d’Israel » dont parle Jérémie et que Jésus vient remplir de joie
  • Est-ce le retournement de la foule ? car c’est elle qui, après l’avoir repoussé, dit à Bartimée les paroles de vie : « confiance, lève-toi, il t’appelle ». Obéissant à Jésus, elle devient sauveur avec lui
  • Est-ce l’attitude de Jésus ? Il s’arrête parce qu’un pauvre crie, répond à son désir de vivre, exprime dans un dernier geste, avant l’entrée à Jérusalem, le sens de sa vie donnée, lui l’envoyé de Dieu, le messie des pauvres.

Vingt-neuvième dimanche ordinaire
Is 53, 10-11 ; Ps 32 ; He 4, 14-16 ; Mc 10, 35-45
Jésus vient d’annoncer qu’il va être condamné, humilié, mis à mort. Jacques et Jean, qui ont pourtant tout quitté pour le suivre, ne comprennent pas. Jésus, pensent-ils, monte vers Jérusalem et va prendre le pouvoir. Eux veulent réserver des places, les meilleures, ils sont d’ailleurs conscients de leurs mérites « nous pouvons ! »
Le pouvoir de Jésus est un service sur le chemin de l’amour. Il est serviteur en donnant sa vie.
L’évangéliste racontera qui est à droite et à gauche de Jésus sur la croix : deux bandits. Les disciples alors auront fui. A la lumière de la résurrection, Jacques et Jean comprendront les choix de Jésus, lui qui a donné sa vie « en rançon « , c’est à dire en payant de sa personne pour que tous les hommes puissent connaître une libération complète. Beaucoup de chrétiens aujourd’hui ont compris à leur tour ce que signifie pouvoir et service à la manière du Christ et en sont d’humbles témoins près de nous.

Vingt-huitième dimanche ordinaire
Sg 7, 7-11 ; Ps 89 ; He 4, 12-13 ; Mc 10, 17-30
Le roi Salomon demande à Dieu l’esprit de sagesse : « Donne à ton serviteur un cœur plein de jugement pour gouverner ton peuple … » ( 1R3, 9 ). Pour lui, ce cadeau de Dieu est le bien le plus précieux.
Dans l’évangile, un homme demande à Jésus un conseil de vie, ce qu’il doit « faire » pour « hériter la vie éternelle ». Jésus, en réponse, lui propose un trésor ; pour le recevoir, il s’agit moins de « faire » pour obtenir quelque chose en échange, que d’ouvrir les mains : ce n’est pas du donnant-donnant. Mais les mains de cet homme sont déjà pleines ; il ne peut pour l’instant lâcher prise. Peut-être un jour la Parole de Jésus le touchera au point qu’il lui fera totalement confiance :
« Perdre sa vie pour la sauver » : une parole vivante pour aujourd’hui. Pour comprendre qu’elle peut rendre heureux, il faut en faire l’expérience a remarqué une personne en préparant la liturgie.

Vingt-septième dimanche ordinaire
Gn 2, 18-24 ; Ps 127 ; He 2, 9-11 ; Mc 10, 2-16
En ce dimanche la Parole de Dieu appelle l’homme et la femme à vivre dans l’unité, à témoigner de son Alliance, à être créateur avec lui. Le psalmiste dit à l’homme qui marche sur ce chemin : « heureux es-tu, à toi le bonheur ! »
Les pharisiens, pour mettre Jésus à l’épreuve, lui posent une question sur le renvoi d’une femme par son mari ; « est-il permis … ? » Jésus, dans sa réponse, rappelle la signification de l’union de l’homme et de la femme, selon le dessein créateur de Dieu : « que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » ? Ce n’est plus de l’ordre du permis ou du défendu mais d’un désir cher au cœur de Dieu pour le bonheur de l’homme et de la femme. La lecture des évangiles nous l’apprend : Jésus veut que chacun vive, il accueille toutes les personnes quelles que soient leur conditions de vie, sa Parole est une Bonne Nouvelle qui appelle chacun à grandir.

Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire
Les dons de Dieu ne sont pas réservés à quelques-uns ! ( Nb 11, 25-29 ). Moïse en est convaincu et, parlant de ses frères, il s’exclame : « Ah, si le Seigneur pouvait mettre son esprit en eux, pour faire de tout son peuple, un peuple de prophètes ! ». Baptisés, nous devenons tous témoins par notre parole et notre vie, avec nos richesses propres et nos différences. Dans l’Eglise coexistent des personnes, des groupes ayant des sensibilités, des mouvements divers. Aucun, pourtant, n’est propriétaire de la parole de Dieu, de son interprétation, de la vérité qui est Jésus et de l’action de l’Esprit-Saint. L’Eglise elle-même n’est pas seule détentrice de la justice, de la vérité ; des incroyants posent des actes magnifiques de solidarité, nous en sommes témoins ; ils contribuent à la croissance d’un monde voulu par Dieu. L’Esprit de Dieu souffle sur qui il veut ! ( Mc 9, 38-43 ).

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire
Les disciples de Jésus discutent pour savoir qui est le plus grand et comment parvenir à la première place ( Mc 9, 30-37 ) … La réponse de Jésus ? Il donne sa vie en se faisant le serviteur de tous. Pour se faire comprendre, il met un enfant au milieu d’eux. Il invite à regarder celui qui est le plus petit, qui compte très peu, tel l’enfant à cette époque. Compter très peu, ne signifie pas s’écraser et se diminuer face à la grandeur de Dieu, mais se reconnaître maillon de la chaîne de l’humanité, un maillon parmi d’autres, et qui pourtant a un un rôle essentiel à jouer, à la place où il est. Ce rôle, ce sont tous les services que nous avons à assurer chaque jour, dans nos relations, notre travail, à la maison … Le don de notre vie est fait de ces humbles gestes et paroles du quotidien. Où et comment, suis-je, moi, « Serviteur » ?

Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire
En relisant les pages d’Isaïe, Les chrétiens, voient la figure du Christ dans le Serviteur souffrant présenté par le prophète ( Is 50, 5-9 ). Pierre, mettra du temps à comprendre le passage par la souffrance et la mort de son maître et pourtant sa profession de foi restera creuse, tant qu’il n’acceptera pas la montée vers la croix et qu’il ne mettra pas ses pas dans ceux du Christ, tant qu’il ne lâchera pas ses images de puissance et d’honneur pour consentir à changer son regard et à prendre sa juste place ( Mc 8, 27-35 ).
Nos paroles aux autres et à Dieu restent vides, nous rappelle l’apôtre Jacques, si nous ne mettons nos pas dans ceux du Christ, si nous n’accueillons sa manière de penser, au jour le jour, dans le réel de notre vie « Moi, c’est par mes actes que je montrerai ma foi. » ( Jc 2, 14-18 ).

Vingt-troisième dimanche du Temps ordinaire
Isaïe annonçait de la part du Dieu Sauveur, un monde nouveau, recréé ( Is35, 4-7 ). En voici les signes : les oreilles et les yeux s’ouvrent, les langues se délient. Alors, la communication et le vivre ensemble redeviennent possible … Jésus réalise ce projet de salut. Avec ses doigts et sa salive il remodèle en quelque sorte les oreilles et la langue d’un homme ( Mc 7, 31-37 ) : Ouvre-toi ! « dit-il, comme s’il demandait à cet homme de faire sauter tous ses verrous. Celui-ci entend personnellement la parole qui le sauve, le recrée. Les foules s’émerveillent, avec quelque chose du regard du créateur au premier jour : » Dieu vit que cela était bon ! ". Aujourd’hui, le Christ continue par son Esprit, à ouvrir nos yeux et nos oreilles. Le voulons-nous ? Alors, nous nous laisserons atteindre par les événements, la parole et les cris du monde ; alors nous pourrons à notre tour poser des gestes de recréation.

Vingt-deuxième du Temps ordinaire
Moïse transmet au peuple la loi du Seigneur pour qu’il la mette en pratique. « Ainsi, vous vivre », disait-il ( Dt 4, 1 … 8 ). L’évangile nous présente Jésus face à des hommes si désireux d’appliquer la loi de Moïse dans ses moindres prescriptions, qu’ils en oublient le sens profond, l’essentiel. Libre face à la tradition des hommes, Jésus tente de faire comprendre que ce qu’il faut purifier, c’est le cœur de l’homme , c’est là que se joue leur liberté, leurs choix véritables ( Mc7, 1 … 23 ). En mangeant avec des hors la loi, en fréquentant des étrangers, des exclus et autres gens, dits « impurs », Jésus fait tomber toutes sortes de barrières, il invite à aimer d’un amour vrai et universel
Saint Jacques rappelle que la manière pure de pratiquer la religion, d’écouter la Parole de Dieu est de venir en aide aux plus démunis de notre société ( Jc 1, 17-27 ).

Vingt-et-unième du Temps ordinaire
" Voulez-vous partir, vous aussi ? " demande Jésus aux douze, après le départ de nombreux disciples. déroutés par ses paroles sur le Pain de vie. ( Jn 6, 60-69 ).Cette question de Jésus, fait écho à celle de Josué lors de l’entrée en Terre promise : quand il s’adresse au peuple : " Choisissez qui vous voulez servir : les dieux païens ou le Seigneur ? " ( Jos 24, 1…18 ). Ce qui est en jeu, c’est de choisr : sauver sa vie ou bien la perdre dans le don de soi à la suite du Christ qui fait don de lui-même. Le choix est parfois difficile aujourd’hui comme hier et la fidélité jamais acquise. Jésus rappelle que c’est le travail de l’Esprit, un don du Père. Remplis-nous, Seigneur, de cet Esprit afin de choisir et de dire comme Pierre : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie ! »

Vingtième du Temps ordinaire
Les textes de ce jour nous parlent de vraie sagesse : dans le livre des Proverbes, elle apparaît comme une femme qui invite tous les citoyens d’une ville à venir manger le pain et boire le vin qu’elle a apprêtés ( Pr 9, 1-6 ).
Cette invitation est reprise par le Christ, sagesse vivante du Père, pain donné par le Père pour que tous aient la vie en abondance ( Jn 6, 51-58 ).
Que faisons-nous de cette invitation ? Paul, nous dit « Laissez-vous remplir par l’Esprit Saint », cet Esprit nous aidera à accueillir l’Evangile, à nous en nourrir. Il nous inspirera la manière de vivre comme des sages, en « hommes sensés, qui tirent parti du temps présent » ( Ep 5, 15-20 ).

Dix-neuvième du Temps ordinaire
« Lève-toi et mange  » dit le Seigneur à Elie, le prophète. Alors, celui-ci put reprendre la route et continuer sa mission ( I R 19, 4-8 ). C’est à force de me nourrir que ma personne se transforme et que je vis. C’est à force de me nourrir de la Parole de Dieu et du Pain de vie du Ressuscité ( Jn 6, 41-51 ), que je finis par ressembler davantage au Christ, grâce à l’Esprit qui agit en moi et me conduit. Quelle parole entendue aujourd’hui vais-je garder dans ma mémoire et dans mon cœur pour cette semaine ? Elle pourra croiser, éclairer la parole qui me vient des autres, celle des événements, toute parole, que je relis, qui m’interroge, m’interpelle, m’appelle à vivre davantage à la manière du Christ ( Ep 4, 30-5, 2 ) …

Dix-huitième du Temps ordinaire
Au peuple révolté en marche dans le désert, Dieu donne la manne pour qu’il reconnaisse sa tendresse et reprenne confiance en celui qui les conduit ( Ex 16, 2…15 ). Aux foules qui ont faim de signes et de prodiges, Jésus offre sa vie comme du pain, un pain donné par Dieu. La manne sauvait Israel. Le pain qu’est Jésus est donné pour la vie du monde « (Jn 6, 24-35). La foule demande ce qu’il faut faire « pour travailler aux œuvres de Dieu ». _ Il n’est que de croire en ce don de Dieu qu’est le Fils de l’homme, il n’est que de venir vers Lui ; voilà l’œuvre unique nécessaire pour vivre, répond Jésus : « celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ». Ainsi, croire c’est venir vers le Christ, c’est bouger, se déplacer, faire du neuf dans sa vie, pour avancer vers la source.

Dix-septième du temps ordinaire
Une grande foule suit Jésus. Quelles sont ses motivations ? Quelle faim la fait courir ? le désir de guérison ? de voir des prodiges ? d’entendre ses paroles ? Jésus sait sans doute ce qui pousse les gens à venir à lui mais il va.au devant de leur faim. Le pain qu’il partage, les rassasie tous, il en reste (Jn 6, 1-15) : on pourra encore en manger, ce pain aura toujours du goût. La Parole qui nous est donnée aujourd’hui, n’a jamais fini de délivrer son sens, elle a toujours un goût nouveau. Qu’en est-il quand nous la partageons à notre tour ? Puisse-t-elle rassasier ceux qui ont faim de paix, de liberté, de communion ! Puisse-t-elle avoir goût de l’évangile pour tous ceux que nous rencontrons !

Quatorzième du Temps ordinaire.
Des envoyés qui pourraient se décourager : Ezéchiel est envoyé à un peuple de rebelles ( Ez 2, 2-5 ), Paul évoque des fragilités personnelles assez pesantes puisqu’il a prié 3 fois le Seigneur de l’en délivrer ; quant à Jésus, il se heurte à Nazareth au manque de foi de ses compatriotes ( Mc 6, 1-6 ). Nous pensons peut-être à tous ceux qui aujourd’hui, parents, éducateurs, catéchistes , et aussi ceux qui essaient d’être plus justes, plus vrais se font rabrouer ou ne rencontrent qu’indifférence . Les textes de ce jour peuvent nous signifier que c’est souvent par des moyens faibles que Dieu fait passer son message ; « ma puissance donne toute sa mesure dans la faibless » révèle-t-il à Paul ( 1Co 12, 7-10 ). Jésus, lui, ne s’impose pas par des miracles ; « doux et humble de cœur », il est présence d’amour parmi les hommes et Dieu en cet amour se reconnait.

Treizième du Temps ordinaire
« Dieu n’a pas fait la mort » dit le livre de la Sagesse ( Sg 1, 13…2, 24 ).
Voilà un acte de foi que proclamait l’auteur de la Sagesse et qui peut être le nôtre aujourd’hui tandis que la maladie, la guerre nous font douter souvent du Dieu vivant.
Et Jésus, visage de tendresse de Dieu, habité par sa puissance créatrice, a lutté sans cesse contre le mal, la souffrance et la mort : c’est ce que nous voyons tout au long de l’Evangile et justement dans le texte de ce jour : il n’hésite pas à suivre Jaïre pour aller « éveiller » sa petite fille, lui faire retrouver la la vie perdue ; en cours de route, il se laisse toucher par une femme qui met en Lui toute sa confiance et à qui il redonne vie et dignitédans la société. Jésus a répondu à leur désir, à leur foi. ( Mc 5, 21-43 ). Croire au Christ source de vie, cela veut dire aussi lutter aujourd’hui contre tout ce qui empêche de vivre, comme le firent autrefois les chrétiens de Corinthe invités à venir en aide à leurs frères de Jérusalem ( 1 Co 8, 7-15 ).

Nativité de Jean Baptiste
Jean porte l’annonce de celui qui doit venir ( Ac 13, 22-26 ). En fêtant sa naissance, nous signifions que nous sommes sans cesse à l’heure favorable où Dieu vient demeurer en nous et y fait germer sa vie, son salut.
Isaïe reconnaît l’amour gratuit de Dieu qui l’entoure dès avant sa naissance. Il reconnaît la Parole qui l’appelle à devenir serviteur et porte-parole de Dieu. Zacharie ( Lc 1 , 57…80 ) va reconnaître lui aussi que Dieu fait grâce - c’est ce que signifie le nom de « Jean »- que Dieu donne gratuitement. Du coup, il entre dans le projet de Dieu et sa langue se délie pour le louer et communiquer avec ses voisins ; c’est déjà comme une petite Pentcôte ! Reconnaître que Dieu fait grâce, reconnaître le don gratuit de Dieu en des naissances impossibles comme celle d’Isaac, de Samuel, celle de Jésus « né de Dieu ». Reconnaître que quelque chose naît en nous et dans le monde à tout instant, que Dieu nous fait sans cesse renaitre, donne une fécondité inattendue, imperceptible à notre existence. Oui, je crois Seigneur que cela vient de Toi, gratuitement. « … étonnantes sont tes œuvres ! » ( ps 138).

11e dimanche du Temps ordinaire
Un texte d’Ezéchiel inspire Jésus ( Ez 17, 22-24 ) dans son enseignement à ses disciples, afin qu’ils comprennent mieux sa parole ( Mc 4, 26-34 ) Que souligne ce texte ?
- Nous ne produisons pas la semence, Dieu plante le jeune rameau qui deviendra un cèdre magnifique ; C’est le Christ qui sème par nous, la semence, nous ne pouvons que la recevoir et la transmettre. Le grain fait son travail, nous avons à agir, mais c’est l’œuvre de Dieu, l’œuvre qu’il fait. Cela peut apaiser nos soucis de voir ou ne pas voir de résultats, nos inquiétudes à propos de ce que nous pourrions encore faire ou ne pas faire.
- L’arbre plus grand que tous les autres abrite un nid, image de paix, de fécondité. Tous nous sommes appelés à accueillir cette paix, cette vie qui nous vient de Dieu en Jésus-Christ. Image de la tendresse de Dieu qui nous rejoint au cœur de notre faiblesse pour que naisse et grandisse en nous la Parole.

Fête du Corps et du Sang du Christ

En cette année B, plus que le thème du pain partagé, c’est le thème du sang qui est mis en valeur par les lectures. Le sang, c’est la vie. L’homme a le pouvoir de décider de répandre le sang, ou de donner son sang pour qu’un autre vive. Il peut donner sa vie comme on donne son temps, goutte à goutte. Les textes soulignent que Dieu donne la vie à son peuple à travers l’Alliance (Ex 24, 3-8). « Le sang de l’Alliance », dit l’Exode, signifiant l’histoire d’un amour où chaque partenaire, Dieu et l’homme, donne et reçoit. Jésus reprendra cette figure. « Voici l’alliance en mon sang » (Mc 14, 12-16), annonçant la mort violente qui l’attend et en même temps l’amour qui le lie à ses frères. « Prenez et buvez », nous dit-il et nous le faisons en ce temps fort de l’eucharistie, recevant le sang, c’est à dire la vie de Jésus ressuscité , sa vie qu’il nous donne dans l’Esprit. Nous la recevons, pour la donner à notre tour. En cet acte de foi en Eglise, l’Esprit ravive chaque fois notre alliance avec le Christ et le monde. Y croyons-nous ?

Sainte Trinité
Dieu Trinité ? Qui fêtons-nous ? Un Dieu si grand « parlant au milieu de la flamme », mais aussi un Dieu qui se fait proche au point de choisir un peuple, de « venir le prendre », d’appeler chacun par son nom (Is 43, 1), de désirer pour lui bonheur et longue vie sur la terre ». Voilà ce que laisse entendre le début du Deutéronome (Dt 4, 32…40). C’est ce Dieu si grand et si proche qui nous donne Jésus dans l’Esprit, c’est ce Dieu que nous fêtons. Jésus nous parle de sa relation unique avecce Dieu-là. « Qe tous soient un comme toi Père tu es en moi et moi en eux » (Jn 17, 21). L’Esprit qui nous rappelle tout ce que Jésus nous a dit peut nous faire entrer dans cette relation, si nous nous laissons conduire par lui. (Rm 8, 14-17). Avec lui nous devenons des fils qui n’ont plus peur, des fils libres qui appellent Dieu du même nom de Père. Les textes du Nouveau Testament n’utilisent pas le mot Trinité mais parlent de ce qui relie chacune des trois « personnes ». Comme pour nous dire, en notre langage humain, quelque chose de ce Dieu en qui nous avons mis notre foi et qui est Père, Fils et Esprit.

Dimanche de la Pentecôte
" Ils furent tous remplis d’Esprit-Saint " : (Ac 2)
Cela s’entend : une sorte de vent violent, et il y a des voix : celles des apôtres qui s’étaient tues depuis la disparition du Maitre et « proclament les merveilles de Dieu » les voix de ceux qui s’approchent, attirés par la rumeur, qui s’étonnent ou se moquent. Résonnance en chacun qui entend des mots, des paroles dans sa langue maternelle.
Cela se voit : une sorte de feu qui envahit toute la maison, se pose sur chacun des hommes et femmes rassemblés et qui les envahit tout entier, leur donne des ailes, puisqu’ils sortent de la maison verrouillée, de leur peur et de leur silence.
Cela change le monde : les gens venus de tous pays, langues et cultures, se rassemblent, se parlent, s’interrogent, et, bouleversés, accueillent la Parole, reçoivent le baptême, voient leur vie transformée.
L’Esprit du Christ ressuscité veut aujourd’hui donner souffle à nos vies apeurées et faire craquer nos frontières, pour que nous devenions des témoins au cœur de notre monde.
Viens Esprit de Dieu, tu renouvelleras la face de la terre !

Septième dimanche de Pâques
" Matthias fut adjoint aux onze apôtres" (Ac 1, 15…26). Pierre s’adresse à la communauté des disciples : il faut, avant de continuer, reconstituer le groupe des douze. Aucun ne doit manquer, tant l’annonce de la Bonne Nouvelle est urgente. Pierre le fait par fidélité au choix de Jésus ; Et Judas ? il fut choisi comme les autres, par le Maître, libre de le trahir, et « de déserter sa place ». Pierre relit l’événement à la lumière de la Parole de Dieu. Quelle condition doit remplir le nouvel apôtre ? Avoir été compagnon de Jésus du début à la fin de sa vie publique pour être à même de parler de lui et témoigner à présent de sa Résurrection. On ne regarde pas les qualités de caractère et les vertus ! Mais Pierre ne décide pas tout seul : l’assemblée présente deux personnes, puis se met en prière ; enfin, le tirage au sort montre la place qu’ils veulent donner à l’Esprit-Saint dans ce choix !

Sixième dimanche de Pâques - Année B - « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis  » (Jn 15, 9-17) : Le Seigneur a l’initiative. Le livre des Actes le montre constamment sous la plume de Luc. Ainsi, l’apôtre Pierre se rend compte que l’Esprit-Saint le précède quand il entend un centurion romain et toute sa maison proclamer les merveilles de Dieu (Ac 10). C’est à ce moment qu’il reconnaît l’action de l’Esprit Saint -nouvelle Pentecôte- dans ce monde inconnu de lui. Lui-même reconnaît qu’il a vécu à sa manière une conversion, comme Corneille. Il a découvert que la Bonne Nouvelle est pour tous, que la communauté des croyants doit s’ouvrir à d’autres, par-delà les cultures, les religions, les frontières de toutes sortes, car le projet de Dieu est offert à tous indistinctement. Il ne s’agit plus de préserver sa foi et rester entre croyants. L’Eglise progresse grâce à l’Esprit dont l’action la précède. Pourquoi serait-il moins actif aujourd’hui qu’hier ? Ouvrons nos portes et nos yeux pour détecter sa présence !

Cinquième dimanche de Pâques - Année B -
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments  » dit Jésus dans ses dernières paroles à ses disciples (Jn 15, 1-8). Jésus prend l’image de la vigne, familière en Israel, pour faire comprendre à ses amis ; la communion de tous les croyants entre eux et avec lui. La vie de l’Esprit fait cette communion, en les irriguant, telle une sève, passant du cep à tous les sarments. Sans demeurer ainsi en lui –au sens de rester et aussi d’habiter-, ils ne peuvent produire un bon fruit, le vin de l’abondance et de la joie. Paul a goûté de ce vin au jour où les premiers chrétiens l’ont accueilli dans leur communauté, lui jusqu’alors persécuteur des disciples du Christ (Ac 9, 26-31). La confiance que l’Esprit a suscitée dans les cœurs, est sans doute fruit de la conversion du regard qu’ils portaient sur Paul. Sur le témoignage d’un des leurs, Barnabé, voilà que leurs doutes et leur peur disparaissent. Paul aussi peut changer de regard, se tourner totalement vers le Christ et produire du fruit en abondance. Et nous, quel vin produisons-nous ? Celui de la joie de Pâques ?

Quatrième dimanche de Pâques - Année B -
Les textes d’aujourd’hui soulignent différentes manières de dire qui est le Christ, et de dire en même temps qui nous sommes :
Déjà le psalmiste parle d’une pierre rejetée des bâtisseurs, qui devient pierre d’angle. Pierre reprend cette image dans les Actes (Ac 4, 8-12) en l’appliquant au Christ. Lui, la pierre d’angle, est le sauveur au nom de qui, les apôtres parlent et guérissent. Enfin, l’évangéliste Jean voit en lui le vrai berger (Jn 10, 11-18) qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles. L’Eglise, en ce dimanche des Vocations, retient surtout la dernière image, nous invitant à contempler le Christ qui donne sa vie pour tout homme, mais aussi à prier pour que des jeunes répondent à son appel et que tous les baptisés se découvrent responsables de la croissance du peuple de Dieu.

Deuxième dimanche de Pâques
Par deux fois, la communauté des disciples rassemblés dans une maison aux portes verrouillées entend Jésus Ressuscité lui dire « La paix soit avec vous !  » (Jn 20, 19-35). cela se passe à Jérusalem, dont le nom signifie « paix » ; c’est un don à recevoir et, en même temps, un envoi en mission. Jésus envoie ses disciples porter la paix et la réconciliation jusqu’aux extrémités de la terre. Il ne fait rien sans eux, sans nous, alors que nous sommes traversés de doutes comme Thomas. Mais Il n’est plus question de rester enfermés : la mission est urgente ! Jésus répand sur eux –et sur nous-son souffle, l’Esprit créateur de paix et de réconciliation, à porter à "tout homme". La première communauté chrétienne, décrite dans les Actes (Ac 4, 32-35) en témoigne. Que le souffle de l’Esprit ranime en nous la flamme de la foi et de l’audace missionnaire !

Dimanche de Pâques

Christ est ressuscité ! Selon les évangiles, cet événement se passe le " premier jour de la semaine " - devenu notre dimanche. Marc (16, 1-8) et Matthieu nous parlent de Marie Madeleine et d’une autre Marie face au tombeau vide. Elles tremblent, de cette crainte qui envahit les femmes et les hommes de la Bible face à quelque chose d’inouï. Ce qu’elles ont entendu et répètent aux autres disciples et aux onze ? " Il est ressuscité ". L’événement changera leur vie, et tous deviendront témoins.
Et nous ? nous entendons cette nouvelle dans la nuit ou ce matin de Pâques, elle arrive par-delà les siècles jusqu’à nous : Le Christ est vivant, « vous êtes ressuscités avec le Christ » (Col 3, 1-4) Est-ce que cela nous ébranle ? Faisons-nous l’expérience de « vivre une vie nouvelle avec le Christ « (Rm 6, 3-11) ? Anne-Sophie, Gaëlle et Agnès ont été baptisées cette nuit ; vont-elles rencontrer en nous des témoins heureux de les accueillir et de les aider sur leur chemin de foi ?

Dimanche des Rameaux et de la Passion - Année B
Nous entendons ce dimanche le chant du serviteur souffrant (Is 50, 4-7), puis le psaume 21 qui nous font déjà communier aux sentiments du Christ. Voici l’homme Jésus, Dieu parmi nous, hier transfiguré, et aujourd’hui, défiguré, humilié, obéissant jusqu’à la mort (Ph 2, 6-11). « Avec le Christ, je suis crucifié » écrivait Saint Paul du fond de sa prison ; avec le Christ sont crucifiés d’une manière ou d’une autre ceux qu’écrasent l’épreuve, la maladie, la solitude, l’injustice, la torture … La passion du Christ se poursuit sous nos yeux, et en nous peut-être. Puissions-nous ainsi mieux comprendre que nous ne sommes jamais seuls sur nos chemins de croix ; puissions-nous aussi rejoindre le Christ dans son combat contre le mal et le péché. Pour cela l’Evangile nous invite cette semaine à le contempler, à intérioriser sa montée vers le Calvaire (Mc 14, 1 à 15, 47)

Cinquième dimanche de carême - année B - Nous sommes à Jérusalem, quelques jours avant la Passion ( Jn 12, 20-23 ), Des Grecs veulent «  voir Jésus  ». Ce sont des étrangers ; à travers eux c’est toute l’humanité qui s’exprime, et dit son désir de lumière Voir Jésus ? Le connaitre ? « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt… » Voilà sa réponse . A ceux qui veulent le voir, - et en même temps à Philippe et André ses disciples, il montre quelqu’un qui donne sa vie, condition pour porter beaucoup de fruit, quelqu’un dont l’Heure est venue d’être élevé sur la croix par l’humanité et élevé par Dieu, « glorifié ». L’Heure est venue où s’accomplit pleinement l’alliance entre Dieu et les hommes, cette alliance qu’annonçait Jérémie (Jr 31, 31-34) et que Dieu inscrit au fond des cœurs : Voir Jésus ? S’attacher à lui ? Dans sa réponse, il dit encore que là où il est, là sera son servteur. Le suivre, qu’est-ce que cela signifie pour nous, en ces jours de la Passion ?

Deuxième dimanche de carême - Année B -
Sur la montagne, Abraham fait une expérience unique : il rencontre un Dieu qui veut la vie et non la mort ( Gn 22, 1…18 ). Pierre, Jacques et Jean, sur une autre montagne, font aussi une expérience unique : ils entrent un peu plus dans le mystère de Dieu qui se révèle en Jésus. Peut-être ont-ils mieux compris en ce moment que Jésus est autre chose qu’un leader tout-puissant qui va libérer le peuple de l’occupant. Il est le Tout Autre dans la nuée. Que Jésus n’est pas quelqu’un qu’on peut s’approprier. Il est donné par Dieu. « Celui-ci est mon fils bien-aimé  »
Au bas de la montagne, ils ne diront rien de leur expérience. C’est avec leurs questions qu’ils retrouvent les gens, leurs soucis, les souffrances qui les défigurent. Sous leurs yeux, ces visages, dans leur mémoire pourtant, un visage transfiguré. Ombre et lumière. Grâce à l’Esprit, ils feront un jour le lien, comprenant qui est ce Jésus ressuscité d’entre les morts, comprenant que par eux il transfigure le monde. Laissons l’Esprit nous aider à comprendre où est maintenant pour nous le lieu de la transfiguration.

Premier dimanche de carême - Année B -
En écoutant la parole au début de ce temps de carême, qu’est-ce qui résonne dans notre cœur comme une Bonne Nouvelle ? Est-ce l’annonce d’une alliance de paix conclue par Dieu avec Noé ? ( Gn 9, 8-15 ) Ou la fidélité de Dieu à cette alliance que chante le psalmiste ? ( ps 97 ) Est-ce d’avoir part à la vie du Christ ressuscité comme le proclame Pierre ? ( 1 P 3, 18-22 ).
On peut aussi se laisser toucher par l’humanité de Jésus à travers le court récit de Marc : Jésus soumis à la faim, à la soif, en proie à la tentation du pouvoir et de la puissance. Il traverse avec nous nos difficultés, nos échecs, nos souffrances ; en un mot, il vit notre combat contre les forces du mal durant 40 jours, c’est à dire symboliquement le temps d’une existence. Marc nous présente Jésus en compagnie de bêtes sauvages, signifiant par là que la réconciliation s’accomplit en lui, que les forces du mal n’ont pas le dernier mot, et que Pâques est au bout du chemin. Bonne Nouvelle !

Septième dimanche du Temps ordinaire. Année B
Que de mouvement dans ce récit de Marc (Mc 2, 1-12) ! Il est intéressant de suivre chacun des personnages et pourquoi pas, de se mettre « dans sa peau », pour voir ce qui le fait bouger : les quatre hommes, qui arrivent jusqu’à Jésus, en défonçant le toit, poussés par la confiance et sans doute l’affection, l’homme paralysé qui, remis debout, va franchir lui-même la porte, le brancard sous le bras ; la foule qui s’émerveille et rend gloire à Dieu ; Jésus enfin, qui voit la foi des porteurs, qui pardonne et guérit. Un groupe ne bouge pas cependant : les scribes présents restent enfermés dans leurs certitudes, offusqués de ce qu’ils voient et entendent. Et nous, qui entrons dans ce récit avec notre intelligence et notre cœur, qu’est-ce qui nous interpelle ? Qu’est-ce qui nous fait bouger ?

Sixième Dimanche du Temps ordinaire. Année B
Quand Jésus fait plier la loi, c’est que la vie d’un homme est en jeu. Nous le voyons aujourd’hui ému aux entrailles, " pris de pitié " devant un homme qui souffre de la lèpre (Mc 1, 40-45) ; cette maladie ronge son corps, de plus, elle l’exclut de toute vie sociale, de toute relation ; la lèpre, le péché, c’est tout un pour la société d’alors. Sans doute, Jésus est-il touché par l’audace de ce lépreux, qui n’a plus rien à perdre, qui brave les interdictions en s’approchant de lui ; alors, devant une telle confiance, il le touche, se faisant lépreux en quelque sorte et pécheur lui-même aux yeux des gens.. Et voilà que la vie gagne sur la mort, c’est elle qui est contagieuse, non la maladie et le péché !
« Mon modèle à moi c’est le Christ  » (1 Co 10, 31…), dit Paul, qui veut se faire proche de tous. Le Christ, modèle pour une Eglise de compassion, une Eglise « servante et pauvre  », afin que gagne la vie aujourd’hui.( Vatican II ). Le Christ, modèle pour chacun de nous ?

Cinquième Dimanche du Temps ordinaire Année B
Job crie sa détresse et appelle le Seigneur au secours ( Jb 7, 1…7 ). Le psalmiste ( ps 146 ) répond à ses cris : Dieu entend et « guérit les cœurs brisés  ». En Jésus, Il vient lui-même dire la tendresse du Père aux hommes. L’évangile de ce jour ( Mc 2, 29-39 ), montre son activité débordante : il guérit la belle-mère de Pierre, puis tous les malades de la ville, chasse les démons ; il accueille tous ceux qui viennent à lui, les libère, les remet debout. Jésus, visage de la compassion du Père ! Une Bonne Nouvelle pour tous, une mission urgente pour lui, semble-t-il. Mais ce n’est pas à son propre compte qu’il agit. Il reçoit sa mission de celui qui lui a dit « Tu es mon Fils bien-aimé  » et qui, en lui, manifeste sa tendresse aux hommes. Il se retire pour retrouver le Père. Jésus est l’homme de la parole qui libère, mais aussi l’homme du silence auprès de Dieu, en pleine communion avec lui et avec son peuple. Ses disciples, comme Paul, touchés par un tel amour se feront à leur tour, « serviteur de tous  » (1 Co 9, 16…23)

Quatrième Dimanche du Temps ordinaire Année B

La Parole de Jésus (Mc 1, 21-28) , une parole d’autorité ; quand il enseigne, Jésus ne récite pas une leçon, il est le cœur de cette parole, Parole de Dieu même.
La Parole de Jésus, une parole de commencement  : elle redonne vie, libère celui qui est sous l’emprise de forces du mal et qui ne peut dire sa propre parole.
La Parole de Jésus, une parole de vérité  : en Jésus, pas d’écart entre ce qu’il dit et fait.
C’est la parole du prohète, tel que l’annonçait Dieu autrefois. (Dt 18, 15-20). Le démon dans ce récit savait tout cela mais Jésus lui interdit de dire qui il est ; en effet, il ne suffit pas de savoir des choses sur le Christ pour avoir la foi ; il faut encore accueillir sa parole et commencer à mettre ses pas dans les siens, tout au long du chemin.

Troisième dimanche du temps ordinaire - Année B Aujourd’hui nous entendons de nouveau Jésus appeler des diciples (Mc 1, 14-20).
Marc comme Jean rappelle l’initiative de Jésus ; Il souligne aussi qu’il est un maître itinérant, toujours en route vers les pauvres, vers les pécheurs. Les disciples que Jésus appelle prendront ce même chemin. Cette aventure les transformera peu à peu, les convertira eux-mêmes d’abord Jonas fut aussi appelé à revenir vers Ninive, à changer son cœur et sa route et c’est bien la signification du verbe se convertir. Pour lui, les étrangers de Ninive, des païens sans foi ni loi n’avaient pas à bénéficier de la miséricorde de Dieu (Jon 3, 1-10). C’est pourtant le projet du Père : il veut le bonheur de tous ; et tous sont appelés à devenir ses enfants. Une raison de plus d’y réfléchir aujourd’hui : journée des migrants.

Deuxième du Temps ordinaire - Année B -
Le texte du livre de Samuel (1 S 3, 3b-10.19)et l’évangile (Jn 1, 35-42) se répondent : Quelqu’un appelle, et celui qui écoute entend une voix sans savoir ni d’où elle vient, ni ce qu’elle veut, une voix qui réveille un désir au fond du cœur. Il faut des personnes comme Elie, Jean-Baptiste, André pour donner un nom à cette voix : « Seigneur », « le Christ  »
Quelqu’un nous appelle aujourd’hui , cela ne peut nous parvenir qu’à travers la parole humaine … celle des événements, des Ecritures, des autres. Ecouter, réfléchir, interroger, se rendre disponible et répondre, cela m’appartient à moi seul. « venez et voyez ! » l’invitation est claire, chargée de promesse. Les premiers disciples ne furent pas déçus d’y avoir répondu !

Fête de l’Epiphanie.

Le récit des mages ( Mt 2, 1-12 ) nous invite à regarder les réponses des hommes à l’annonce de la naissance de Jésus : Il y a les spécialistes de la loi qui savent retrouver la prophétie, mais qui restent crispés autour du livre et puis il y a ceux qui marchent ; ils n’ont qu’une étoile, mais la Bonne Nouvelle est déjà en eux.
Il y a ceux qui sont installés à Jérusalem, la ville sainte, signe de la présence de Dieu. Rien ne les fera quitter ce lieu … et il y a ceux qui partent vers Bethléem en Judée, un village inconnu.
Il y a ceux qui se regroupent autour du roi Hérode, lui qui avait peur de perdre son pouvoir ; et il y a ceux qui se regroupent autour d’un enfant, les mains ouvertes, heureux de donner ce qu’ils ont de plus précieux. Des réponses diverses devant nous et en nous !

Dimanche 1er janvier 2012 – Sainte Marie Mère de Dieu En ce premier jour de la nouvelle année, accueillons pour nous et pour le monde la bénédiction de Dieu à son peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde … qu’il te découvre son visage et t’apporte la paix !  » (Nb 6, 22-27)
En ce jour de fête de Marie, Mère de Dieu, la liturgie nous fait entendre l’unique phrase de Paul à son sujet : « Dieu a envoyé son Fils : il est né d’une femme. (Ga 4, 4-7). Ces mots disent que Jésus le Fils de Dieu nous est donné par le Père, qu’il est devenu le fils de Marie, se faisant l’un de nous. Grâce à Jésus fils de Marie, notre humanité appartient à la famille de Dieu.
Une merveille que l’Esprit peut nous faire comprendre et contempler : « Marie gardait avec soin toutes ces choses et les méditait dans son cœur  » (Luc 2, 16-21),

25 décembre
Ce n’est plus le soleil qui sera pour toi la lumière du jour ; c’est le Seigneur qui sera pour toi la lumière pour toujours "
(Esaïe 60, 19)

Voici que se lève sur la paillle du monde une lumière première et dernière,
comme une coulée d’étoiles, un voile de douceur dans la nuit des cœurs.
Pour annoncer un commencement, il fallait bien un enfant !
un visage de tout-petit qui porte l’inouï :
Dieu s’entre-dit, dans notre histoire, il est à nos côtés pèlerin d’humanité.
Ceux qui goûtent cette présence sont en chemin vers leur naissance.
Ils abritent en eux une racine de lumière incomparable, à jamais inaltérable.

Poème de Francine Carillo
Francine Carillo est pasteure protestante à Genève.

24 décembre – Nativité du Seigneur
« Paix aux hommes que Dieu aime  »
La nuit de Bethléem résonne de cette merveilleuse annonce : Cette phrase ne signifie pas qu’il ya ceux que Dieu aime et les autres, mais : Paix aux hommes parce que Dieu les aime. Tout le projet de Dieu est dit là , une fois de plus : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »(Jn 3, 16). : «  Ne craignez pas  » disent les anges aux bergers.
Nous n’avons rien à craindre, même si la «  force divine du bras de Dieu  » dont parle Isaïe (Is 9, 1-6), repose dans deux petites mains d’enfant, dans une famille pauvre parmi tant d’autres ; le signe de Dieu est là (Lc 2, 1-14), et c’est dans la banalité quotidienne, voire dans la pauvreté que nous le rencontrons, que nous sommes appelés à le reconnaître. Les pauvres, les petits accueillent plus volontiers son message et avec eux nous voici invités à contempler Jésus dans son étrange berceau ; il nous indique là sans doute le moyen de lui ressembler et de « devenir enfants de Dieu  »

Quatrième dimanche de l’Avent

" Que tout se passe pour moi selon ta parole "
Ce que Marie entend d’abord dans la salutation de l’ange, c’est « réjouis-toi  » comme le signifie le mot grec « kaire » ; elle peut se réjouir car le Seigneur la comble de sa grâce, de sa présence. Le don du Père par l’Esprit est déjà réalisé de toute éternité, mais le « pas encore » est livré à la liberté de Marie. Dieu risque tout ! Et Marie est bouleversée. « N’aie pas peur », entend-elle encore.
Alors, Marie, passant de la peur à la foi, accueille la parole, et Dieu naît en elle ((Lc 1, 26-38). Grâce à son oui, sa propre parole, Il va prendre visage d’homme dans l’histoire et se faire une demeure en notre monde.
Heureux sommes-nous d’accueillir la parole de Dieu en cet Avent. En passant nous–mêmes de la peur de l’imprévu à la foi, nous risquerons notre oui, et cette parole continuera de donner visage au projet de Dieu pour les hommes.

Troisième dimanche de l’Avent :
« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas  » Les foules interrogeaient Jean le Baptiste : leur attente, leur impatience était grande, sans être pourtant bien claire, tous n’attendaient ni la même chose, ni la même personne …
Jean le Baptiste lui-même ne connaissait peut-être pas Jésus quand il a commencé à l’annoncer ; mais il n’a pas gardé pour lui les foules qui venaient à lui, il les a dirigées vers le Christ, il était la lampe et Jésus, la lumière, il était la voix qui l’annonce, il ne se présentait pas en porteur de la vérité mais tournait les cœurs vers l’homme vérité ( Jn 1,6-8.19-28 ).
Ceux que nous rencontrons nous signalent la présence du Christ d’une manière ou d’une autre, Christ amour, Christ crucifié, Christ défiguré. Il est ainsi en nous, il est venu et il vient sans cesse. L’Esprit nous fera discerner sa présence, le reconnaître et l’accueillir. " N’éteignez pas l’Esprit " nous rappelle Paul (1 Th 5, 16-24)

Deuxième dimanche de l’Avent « Voici votre Dieu  »
Tous les textes de ce jour parlent de la venue de Dieu. Isaïe annonce quelqu’un de puissant et en même temps un berger plein d’attention pour ses brebis. (Is 40, 1-5.9-10)

Pierre, rappelle que le Dieu des promesses veut le salut de tous et c’est de lui que nous attendons les « cieux nouveaux et la terre nouvelle » (2 P 3, 8-14). Les premiers mots de Marc annoncent tout son évangile : " Bonne Nouvelle de Jésus–Christ le Fils de Dieu " (Mc 1, 1-8).
Dieu vient. Isaïe, Pierre, Marc nous invitent à préparer cette venue : Nous en sommes acteurs, et c’est aussi cela la Bonne Nouvelle ! chacun est appelé à « tracer un chemin dans le désert ou à combler un ravin  » pour qu’advienne la terre nouvelle de nos relations, de nos manières de préparer Noël, la fête, les cadeaux … En effet, Dieu ne la fera pas sans nous.

Premier dimanche de l’Avent : Avec le premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique et la lecture de l’évangile de Marc. « Veillez » voilà le maitre-mot pour ce dimanche.
Veiller, car nous sommes en attente : tels ceux à qui s’adresse Isaïe (Is 63, 16-64, 16) : et pour le dire, le prophète reprend les images et les mots leur foi et de leur vie quotidienne ; un langage qui n’a pas vieilli. « Tu viens à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie et qui se souvient de Toi en suivant son chemin ». Nous avons nos propres mots pour parler à Dieu. Quand ces mots nous manquent, nous avons ceux de Jésus, comme le dit Paul, « En Lui, vous avez reçu toutes les richesses, celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu  » (1 Co 1, 3-9). Que sa Parole et que notre parole nourissent notre veille, notre attente, jusqu’à Noël !

Le Christ, roi de l’univers : Le Roi de l’univers, Ezéchiel nous le présente comme le berger de l’humanité (Ez 34, 11-17) qui veille avec tendresse sur chacune de ses brebis. Le psalmiste chante en écho « le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer » (ps 22) Jésus prend àson compte la même image du berger, (Mt 25, 31-46) Il peut le faire puisque le Père « lui a tout soumis « (1 Co 15, 20-28). Dans la parabole que nous entendons aujourdhui , Jésus nous dit à quel signe il reconnait notre foi en Lui, notre amour pour lui. En effet, Il est parmi les personnes affamées, sans-logis, sans vêtements, sans liberté, indignées ou désespérées … Si Jésus s’identifie à eux, s’il est là, parmi eux, alors l’Eglise est donc là aussi puisque l’Eglise dit la présence du Christ, qu’elle en est le sacrement. Y sommes-nous  ?

33e dimanche du temps ordinaire :
Jésus n’avait pas son pareil pour raconter des histoires ! Elles ravissaient ses auditeurs ou bien les irritaient, car tel ou tel personnage leur ressemblait tellement !
Relisons plusieurs fois ce récit de Matthieu ; entrons dans les sentiments du maître puis de chacun des serviteurs ! C’est sans doute un moyen de mieux comprendre la parabole (Mt 25, 14-30)
Je peux ainsi me laisser toucher par la confiance de cet homme qui prend le risque de confier à d’autres ce qu’il a de plus précieux ; je peux me laisser habiter par la confiance de cet autre qui se sent responsablede ce qui lui a été confié, ou encore saisir par la peur de celui qui s’enferme sur lui-même avec ce qu’il a reçu. Ne vivons-nous pas d’ailleurs chacun de ces rôles dans notre vie, cédant parfois à la peur qui paralyse, mais à d’autres moments animés d’une confiance féconde, source de joie, de dynamisme pour avancer ?

32e dimanche du Temps ordinaire.
La Sagesse « a un visage souriant … elle se laisse trouver par ceux qui le cherchent…  » (Sg 6, 12-16). Qu’est donc cette Sagesse ?
C’est Dieu lui même peut–on dire à la lecture de ce beau livre de la Bible, Dieu qui désire la vie pour l’homme. Si l’homme recherche de son côté la Sagesse, alors cette rencontre ne saurait signifier la mort ; au contraire, affirme Paul à sa communauté de Thessalonique (1 Th 4 , 13-18)° : « nous serons pour toujours avec le Seigneur  », avec le Christ mort et ressuscité La parabole que raconte Jésus (Mt 25, 1-13) ne vise pas à faire peur mais révèle quelque chose du projet de vie de Dieu : elle invite à veiller pour que jamais ne manque l’huile dans la lampe. L’huile qui a pour nom sans doute ouverture du cœur et des mains, confiance en l’autre, garde le croyant en communion avec le Seigneur … Chaque jour un peu d’huile entretiendra la petite flamme, sous le vent de l’Esprit, un peu d’huile pour que ne s’éteignent ni la foi ni l’amour, un peu d’huile pour que nous reconnaisse celui qui vient à notre rencontre.

Trente et unième dimanche Dans les textes de ce jour il est beaucoup question des guides du peuple de Dieu. Malachie, le prohète, reproche à ceux de son temps d’avoir entraîné ses frères dans l’erreur, de les avoir écartés de la route en « accommodant la loi » (Ml 1, 14…2, 10).
Jésus dénonce l’incohérence entre les paroles et la pratique des autorités religieuses de son temps qui « disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12). Il rappelle aux disciples qu’ils n’ont qu’un seul maître, lui le Christ, et un seul Père.
Quant à Paul, il a transmis la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, mais il voudrait aussi donner aux nouveaux chrétiens tout ce qu’il est. Prenons à notre compte son émerveillement : la Parole, « vous l’avez accueillie non pas comme une parole d’hommes mais comme la Parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous les croyants » (I Th 7…13). Un encouragement pour eux et pour nous !

Trentième dimanche Jésus reprend la prière traditionnelle que tout juif récite chaque matin : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… » (Mt 22, 34-40).
Il y joint un autre passage de la loi : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même  ». En parlant ainsi, il fait revivre l’histoire de Moïse, le don de la loi. Il dit l’Alliance.
Depuis plus de 2000 ans, l’humanité fait route avec ces mots-là. Qu’en avons-nous fait ? Que sommes-nous devenus avec les mots de l’Amour ? Route difficile puisqu’il s’agit d’aimer avec tout ce que je suis, ma tête et mon cœur, mon intelligence et ma force, de m’aimer moi-même et mon prochain. Les chrétiens auxquels Paul s’adresse ont pris cette route avec « la joie de l’Esprit-Saint  » (I Th 1, 5-10). Il est vrai que l’amour qui nous est commandé, nous habite déjà, donné dès le commencement. Le psaume du jour nous le rappelle : « il m’a libéré, car il m’aime  » (Ps 17)

Vingt-neuvième dimanche

Isaïe invite ses frères exilés à reconnaître le Seigneur, maître de l’histoire, qui conduit son peuple par l’intermédiaire d’un chef païen, Cyrus (Is 45, 1…6)
Certains des adversaires de Jésus lui posent une question piège : « Est-il permis oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur  » ? (Mt 22, 15-21).
La réponse de Jésus les renvoie à eux-mêmes : ils ont dans leur poche la monnaie de César : qu’ils rendent donc à l’empereur ce qui lui appartient, et qu’ils rendent à Dieu ce qui vient de Dieu. En fait, ce qui vient de César ne vient-il pas de Dieu ? Il est en effet la source de tout ce qui nous fait vivre. Faire retour à Dieu de tout ce que recevons par les César et les Cyrus de notre monde, c’est reconnaître ceux que Dieu met sur notre chemin. C’est par eux que Dieu nous parle et que nous allons à lui !

Vingt-huitième dimanche du Temps ordinaire.

Aujourd’hui, nous voici invités à un banquet (Is 25, 6-9 ), à un repas de noces, invités à la joie de la fête ( Mt 22, 1-14 ). Il ne s’agit plus de produire mais de recevoir. Invitation gratuite au mariage de Dieu et de l’humanité. Invitation qui annonce la réconciliation de tous les peuples.
Les paroles d’Isaïe, Jésus les accomplit lui venu parmis les hommes pour les rassembler en un seul peuple dans la paix.Tous sont invités, bons et mauvais, proches et lointains. Invitation, au bonheur non à l’effort et au sacrifice mais à la joie du peuple rassemblé autour du Christ. Ici, pas d’exclus : «  Heureux les invités au repas du Seigneur  » entendons-nous chaque dimanche.
[bleu]Voilà qui peut changer mon regard sur moi et sur les autres - présents et absents - quand je participe à l’Eucharistie ![/bleu]

27e dimanche ordinaire.
Le propriétaire, sa vigne et ses fermiers félons.
“ Tout ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous ”

Vingt-sixième dimanche du Temps ordinaire.

« Si le méchant se détourne de sa méchanceté, il sauvera sa vie« , prévient Dieu, par la voix de son prophète Ezéchiel (Ez 18, 25-28). Jésus, après avoir rencontré Matthieu et la femme pécheresse, affirme aux gens du Temple et aux spécialistes de la loi et des Ecritures que les publicains et les prostituées les précéderont dans le Royaume. L’important est le retournement authentique vers Dieu. Pour l’expliquer, Jésus utilise la parabole des deux fils, (Mt 21, 28-32) : L’un dit oui et ne se déplace pas, l’autre dit non, et finalement fait la volonté du père. Les refus peuvent se transformer en oui, la conversion est toujours possible ! Mais qu’en est-il des oui dits trop légèrement, des incohérences dans la vie, des promesses vite oubliées ? Ainsi Pierre jure sa fidélité au Christ avant de le trahir quelques heures après ! Jésus, lui, n’a été que oui au Père : Lui seul a su aimer vraiment en devenant serviteur jusqu’à la mort et la mort sur la croix (Ph 2, 6-11). Que l’Esprit rende nos actes logiques avec notre foi ; qu’il nous apprenne et nous aide à dire oui du fond du cœur et à le vivre vraiment !

Vingt-cinquième dimanche du Temps ordinaire :
Dans le Royaume dont parle l’évangile, (Mt 20, 1-16), il n’y a ni premier ni dernier ; tout sujet y est considéré pour lui-même par le roi qui veut que chacun soit embauché et comblé, de manière unique. « L’œil mauvais  » compare les mérites respectifs et de cette comparaison naît la jalousie. A chacun, Dieu , maître du Royaume, veut donner le maximum et il appelle à toute heure, à tout âge, en tout lieu ; il y a place pour tous ; c’est une logique qui peut choquer ceux qui pensent marcher sur le droit chemin. Mais, rappelle le Seigneur, par la voix du prophète Isaïe (55-6-9), ses pensées ne sont pas les pensées des hommes et ses chemins ne sont pas leurs chemins. L’apôtre Paul même au fond de sa prison, se sait aimé de manière unique et il s’en remet à son Seigneur pour sa vie et pour sa mort (Ph 1, 20-27).

Vingt-quatrième dimanche du Temps ordinaire.

Le psalmiste bénit le Seigneur qui « pardonne toutes tes offenses  »
(ps 102) Ben Sirach nous invite à nous tourner vers Dieu et à penser à l’Alliance face à. ceux qui nous ont offensés (Si 27, 30-28,7).
Jésus, lui, selon l’évangile de Luc, s’en remet à Dieu son Père, sur la croix et il intercède pour ceux qui l’ont mis à mort : « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font  ». Il sait que l’homme ne se réduit pas à ce qu’il fait, à son péché, et ce regard est sauveur.
L’évangile de ce jour (Mt 18, 21-35), invite le chrétien à porter ce même regard sur les autres, un regard qui permettra de renouer des relations constructives. Nos pardons participent ainsi à celui de Dieu qui ne veut que la vie pour chacun de nous …

Vingt-troisième dimanche du Temps ordinaire :
Le Seigneur fait du prophète Ezéchiel un « guetteur » pour la maison d’Israel afin que le peuple se convertisse et vive. (Ez 33, 7-9). Il en est responsable devant Dieu. Les chrétiens, par leur baptême, deviennent veilleurs à la suite du Christ. Paul, l’un de ces veilleurs, rappelle aux chrétiens de Rome la « dette de l’amour » qu’ils ont les uns envers les autres. (Rm 13, 8-10). Jésus le Guetteur pour le Royaume s’est engagé jusqu’à l’extrême pour que tous aient la vie, et il continue par son Esprit de veiller … Il nous encourage aujourd’hui et nous assure de sa présence, réalisant notre communion chaque fois que nous faisons un pas sur le chemin de la réconciliation : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18, 15-20)

28 août – Vingt-deuxième dimanche du Temps ordinaire Jésus dans l’évangile de ce jour annonce ses souffrances et sa mort.(Mt 16, 21-27).
Pierre et les autres disciples ne comprennent pas, et veulent un autre chemin pour leur maître. Jésus y reconnaît une tentation qu’il repousse vigoureusement comme il l’a fait au désert, face à Satan. Celui qui veut marcher derrière lui doit mettre ses pas dans les siens et prendre sa croix, sa propre croix. Jérémie le prophète déjà avait su ce qu’il en coûte d’écouter la Parole de Dieu, de la laisser l’habiter et le conduire (Jr 20, 7-9). C’était un fou de Dieu, tout comme le psalmiste qui chante : «  l’amour vaut plus que la vie  » (psaume62), tout comme Paul également (Rm 12, 1-2), dont le seul but est d’adhérer au projet de Dieu. Selon lui, c’est là l’adoration véritable.

Jésus disait à la foule cette parabole :« Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui (...)

Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut (...)

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