L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

32è du T. O. - Sg 6, 12-16 ; 1 Th 4, 13-18 ; Mt 25, 1-13 La Sagesse, c’est Dieu lui même, Dieu qui désire la vie pour l’homme. Si l’homme de son côté recherche la Sagesse, alors cette rencontre produit la vie. Saint Paul affirme sa foi en la vie avec le Christ, face aux doutes de sa communauté de Thessalonique : Jésus est mort et ressuscité… ceux qui se sont endormis, Dieu les emmènera avec son Fils… nous serons pour toujours avec le Seigneur. La parabole de l’évangile, exprime le désir d’entrer dans la vie de Dieu, dans son royaume qui n’est pas un lieu : ouvre-nous ! disent les cinq jeunes filles de la parabole qui attendent à la porte. C’est une parabole d’espérance : le texte dit : Il en est du royaume des cieux comme dix jeunes filles toutes les dix sont donc appelées à faire partie du royaume ! Il ne sera pleinement accompli que lorsque toutes y entreront. Nous sommes à la porte comme cinq d’entre elles et attendons ; plus précisément, il s’agit peut-être d’une part de nous-même, celle qui n’est pas prête et attend. La réponse du maître nous est adressée : veillez ! Que l’Esprit du Christ garde notre attente active et que l’huile du désir et de l’amour ne manque pas !

30è dimanche du temps ordinaire Ex. 22,20-26. / Ps 18(17),2-3.4.20.47.51ab. / 1 Thess. 1,5c-10. / Mt 22,34-40.

Dieu est à la source des commandements dans la 1re lecture, et il y avait bien d’autres recommandations et interdits dans les Écrits du 1er Testament. Jésus rend simple ces commandements et l’enseignement des prophètes se réduisent au commandement d’aimer Dieu, de nous aimer nous-mêmes et les autres, avec tout ce que nous sommes et ce que nous avons. L’amour du prochain est prioritaire mais aimer Dieu est le premier et le plus grand commandement. Le commandement d’amour sera pour toujours au cœur du message chrétien. Le piège qui nous guette est de hiérarchiser, de choisir, de prendre le risque d’une sélection. Les commandements de Jésus ne se trouvent pas dans le texte fondateur de la Loi -les 10 commandements- mais ils commencent par le même ordre, celui d’aimer.

29è dimanche du temps ordinaire Is 45,1.4-6. / Ps 96(95),1a.3.4-5b.7-8a.9a.10ac. / 1 Thess. 1,1-5b. / Mt 22,15-21. Alors que Jésus enseignait dans le Temple, l’entrée en scène des pharisiens et des hérodiens relate le piège qu’ils lui tendent en vue de le supprimer. Les pharisiens attendaient une réponse au dilemme du « permis-défendu ». La réponse adroite de Jésus nous invite à garder l’autonomie de notre conscience et à ne pas perdre de vue le Royaume. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu : c’est le reconnaître comme notre créateur, le suivre du plus profond de notre être et collaborer à la construction d’une société juste et pacifique. Rendre à César ce qui est à César, c’est assumer la réalité humaine. Nous sommes libres d’obéir à Dieu et aux lois humaines, mais libres de résister à ces lois lorsqu’elles se placent contre Dieu et son dessein. Cyrus était sans le vouloir un envoyé de Dieu. On peut en déduire que quiconque agit dans le sens d’une libération véritable des hommes accomplit l’œuvre de Dieu.

28è dimanche du temps ordinaire Is 25,6-10a. / Ps 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. / Philip. 4,12-14.19-20. / Mt 22,1-14.

Le Jour du Seigneur, souvent évoqué par les prophètes comme celui d’un jugement redoutable, est en fait dévoilé comme le Jour du Salut : une vie toute nouvelle qui s’apparente à un somptueux festin préparé par Dieu et destiné à tous les peuples. Ce repas célèbre la fin de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. La parabole des invités au festin pointe pourtant un échec de la relation que Dieu a voulu établir avec son peuple élu. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il y a le travail, les affaires, les projets… Les activités se présentent toujours plus absorbantes. Nous répondons aux appels de la société. Faisons-nous de même avec Dieu ? La parabole va plus loin avec la nécessité de revêtir le vêtement de noces. La tenue exigée est celle du service, de la lampe allumée ; ce qui nous renvoie à notre baptême et nous engage à suivre le Christ. Dieu ne cesse de nous dire : Tout est prêt : venez au repas de noce !

27è dimanche du temps ordinaire Is 5,1-7. / Ps 80(79),9-10.13-14.15-16a.19-20. / Philip. 4,6-9. / Mt 21,33-43. Décrivant tout ce que le propriétaire a fait pour sa vigne, Isaïe nous révèle l’espérance de Dieu dans son investissement pour son peuple, et son immense déception quand il ne récolte que de mauvais fruits (violences et injustices). Par sa propre histoire, Israël met en scène la parabole du drame vécu par toutes les sociétés qui bafouent « le droit et la justice ». Ces fruits attendus par Dieu, à partir de bons plants, ne sont pas au rendez-vous. Jésus reprend la parabole de la vigne d’Isaïe mais, alors que celui-ci incriminait la vigne, ce sont les vignerons qui sont mis en cause car ils s’approprient les fruits de la vigne. Jésus nous dit d’abord que ce monde ne nous appartient pas. Fruit de la fécondité divine, il est fait pour porter du fruit, de la vie, du bonheur. Et les fruits dépendent de nous. Cette parabole révèle aussi ce qui se passe lorsque la volonté des hommes est de dominer le monde et les autres à leur profit personnel, soit par la force ou par de subtils asservissements économiques. Enfin, la parabole passe de la vigne à la pierre angulaire pour nous avertir que le Royaume sera enlevé à ceux qui exercent le pouvoir en dominant, et tous ceux que l’on crucifie seront avec le Christ la pierre angulaire de tout l’édifice.

26è dimanche du temps ordinaire Ezéc. 18,25-28. / Ps 25(24),4-5ab.6-7.8-9. / Philip. 2,1-11. / Mt 21,28-32. Ezéchiel nous rassure : Dieu ne nous enferme pas dans nos refus. Chaque individu est responsable de sa conduite et doit en répondre tout au long de sa vie, mais à tout moment il peut se convertir. Avec Dieu, l’avenir est toujours ouvert ; il s’écrit à chaque occasion de se repentir et de se tourner vers Lui. Pourquoi les prostituées et les publicains ont-ils cru à la parole de Jean ? Parce qu’ils savaient qu’ils n’atteindraient jamais par eux-mêmes leur vérité humaine et les conditions pour retrouver leur dignité. Jésus nous indique là que ni le statut social, ni le prestige ne sont déterminants pour l’entrée dans le Royaume, dans la vigne du Père. Il nous donne aussi à penser que le fils obéissant et son frère se retrouvent souvent dans la même personne, selon les circonstances de la vie. Le salut n’est jamais acquis une fois pour toutes, mais soyons convaincus que la présence constante de Dieu à nos côtés nous invite à rejoindre sa vigne et à y travailler.

25è du Temps ordinaire - Is 55-6-9 ; Ps 77 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16 ; « Cherchez Dieu tant qu’il se laisse trouver » : la quête de Dieu connaît des moments favorables : moment de silence, moment où l’on se laisse toucher par une parole, où l’on revient à l’essentiel… où l’on revient vers Dieu. Cela peut arriver n’importe quand. Si nous disons que Dieu est loin, absent, n’est-ce pas que nous perdons le goût de le chercher ? Pour Dieu, tout moment de la vie, du début à la fin, peut être favorable ; il invite à produire de bons fruits dès le matin ou le soir venu. Sa logique en effet n’est pas la nôtre : « le Seigneur est riche en pardon car vos pensées ne sont pas mes pensées » nous dit-il par la voix d’Isaïe. Jonas ne le comprenait pas et s’irritait contre Dieu qui, selon lui, pardonnait trop rapidement à tous les Ninivites. La parabole qui nous est offerte ce dimanche, nous dit que celui qui est sorti au coucher du soleil est appelé à travailler lui aussi et à cueillir les mêmes fruits que d’autres, embauchés à la première heure. Un appel à la confiance !

24è Du Temps ordinaire - Ps 102 ; Si 27, 30-28,7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35. Les textes de ce jour appellent le chrétien à s’ouvrir au pardon qui vient de Dieu. Ainsi le psalmiste bénit-il le Seigneur qui « pardonne toutes ses offenses ». Ben Sirach fonde l’importance du pardon sur l’Alliance de Dieu avec l’homme : Cette alliance qui commence avec la création et témoigne d’un Dieu fidèle qui accorde aux humains sa miséricorde au long des siècles. « Le Seigneur a pitié de toute créature…souviens-toi de l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas ». S’ouvrir au pardon de Dieu rend capable de donner et de par-donner à son tour : c’est ce que nous pouvons retenir de la parabole proposée par Jésus aujourd’hui. Le « débiteur impitoyable » dont il est question ne comprend sans doute pas vraiment la grâce qu’il a reçue, quand il agit sans pitié envers son frère. « Appartenir au Seigneur », comme l’enseigne Saint Paul, n’est-ce pas s’engager sur le difficile et parfois très long chemin de la compassion et du pardon ?

23è du Temps ordinaire - Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20. En exil à Babylone, Ezéchiel est invité à devenir guetteur pour Dieu et guetteur pour son peuple. Écouter attentivement la Parole de Dieu et la transmettre à ses frères afin qu’ils gardent au cœur l’espérance de retourner au pays des Pères : voilà la mission que le prophète a reçue de Dieu. Jésus, guetteur pour le Royaume, envoyé par le Père, s’est engagé jusqu’à l’extrême pour que tous aient la vie ; Il conclut ainsi la parabole de la brebis perdue : « votre Père qui est aux cieux ne veut qu’aucun de ces petits ne se perde ». Cette vigilance a été confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui. Comment vivre cette vigilance qui est en même temps solidarité ? La page de l’évangéliste pour ce dimanche invite à privilégier dans les relations, l’écoute, la parole vraie et libre, le dialogue engagé coûte que coûte avec ceux qui nous ont fait du tort. Le Christ ressuscité nous assure de sa présence, et c’est lui qui réalise notre communion chaque fois que nous faisons un pas vers l’autre : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

« Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes »

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