L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

2è dimanche de l’Avent Is 40,1-5.9-11. / Ps 85(84),9ab-10.11-12.13-14. / 2 Pierre 3,8-14. / Mc 1,1-8. Isaïe proclame que c’est dans le désert que nous trouverons Dieu en chemin. Ce lieu hostile, rappelant la sortie d’Égypte, représente un passage de la mort à la vie, une résurrection. Jean-Baptiste concrétise l’oracle d’Isaïe. Il prêche dans le désert qui est très peuplé : « Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui… ». Il nous invite ce dimanche à traverser nos déserts pour accéder à la liberté. Pierre accentue l’exhortation : « Vivez dans la sainteté et la piété… pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix ». La semaine dernière, nous étions invités à veiller. Aujourd’hui, il nous est demandé de préparer le chemin pour accueillir Dieu. Et le désert n’est pas celui qui entoure Jérusalem, mais celui qui entoure notre cœur. Si nous élaguons ce qui encombre notre cœur, il nous sera donné de voir les abîmes ou les montagnes qui nous barrent la route vers Dieu.

1er dimanche de l’Avent

Is 63,16b-17.19b.64,2b-7. / Ps 80(79),2-3bc.15-16a.18-19. / 1 Co 1,3-9. / Mc 13,33-37. Après la longue période vécue en exil, le peuple d’Israël a espéré une vie nouvelle dans des conditions de justice et de paix. Mais les comportements n’ont pas fondamentalement changé à Jérusalem, où Dieu semble absent. Isaïe appelle donc à un ressaisissement. Aujourd’hui encore, l’Avent nous rappelle que Dieu est bien vivant au milieu de nous, et que nous avons reçu le don de Dieu pour renouveler nos vies. Ce don de Dieu est cependant fragile comme l’Enfant de Bethléem ; il semble facile de dire oui au baptême, mais il est exigeant d’être fidèle dans la durée. Dieu est comme un homme parti en voyage et il nous a confié sa maison. Or, nous sommes tous guettés par l’assoupissement de notre conscience. Soyons plutôt des veilleurs de Dieu même dans nos nuits, nos moments de doute. Où en sommes-nous dans notre rôle de veilleur ?

Le Christ, roi de l’univers. Ez 34, 11…17 ; Ps 22 ; Mt 25, 31-46 Ezéchiel nous présente Dieu sous les traits d’un berger qui veille avec tendresse sur chacune de ses brebis. Le psalmiste chante en écho : le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer . Selon les évangiles, Jésus prend à son compte la même image du berger. Il peut le faire puisque le Père lui a tout soumis C’est lui qui apprête pour nous la table de l’Eucharistie. Son Esprit nous guide, nous rappelant ses paroles, nous aidant à les comprendre, nous donnant la force d’affronter et vaincre le mal. Dans la parabole que nous entendons aujourd’hui, Jésus nous dit à quel signe il reconnait notre foi et notre amour pour lui. En effet, Il est parmi les personnes affamées, sans-logis, sans vêtements, sans liberté, indignées ou désespérées… Si Jésus s’identifie à eux, s’il est là, parmi eux, aujourd’hui, alors l’Eglise est donc là aussi puisque l’Eglise dit la présence du Christ, qu’elle en est le sacrement. La parabole ne sépare pourtant pas l’humanité en deux catégories, les bons et les justes d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre. Chacun de nous a en lui-même sa part de lumière et sa part d’ombre Notre liberté est en jeu. L’humanité, dont nous faisons partie nous est confiée. Puisse la parole de Dieu nous le rappeler sans cesse et nous garder vigilants !

33e du T.O. Pr 31, 10…31 ; I Th 5, 1-6 ; Ps 127 ; Mt 25, 14-30 Confiance, bonheur, deux mots qui peuvent monter du cœur à la lecture des textes offerts pour ce dimanche. Le livre des Proverbes nous dit que la femme remplie de la sagesse de Dieu (remplie de A à Z : une lettre de l’alphabet précède chaque verset), crée du bonheur, au cœur des tâches quotidiennes. La parabole de Jésus que rapporte Matthieu nous parle-t-elle aussi de bonheur ? Celui-ci est dans la confiance accordée par l’homme qui laisse ses biens à ses propres serviteurs, des sommes importantes, à chacun selon ses capacités. Il l’est également dans la confiance des serviteurs qui remettent le fruit de leur travail en même temps que ce qu’ils avaient reçu au départ. Entre dans la joie de ton maitre, s’entendent-ils dire, comme s’il s’agissait d’entrer dans un lieu (le lieu de Dieu !) Qu’en est-il du troisième ? Il ne parle pas de la confiance accordée mais comment il voit son maître : dur, avare, profitant du travail des autres. Peut-être a-t-il eu peur de se voir enlever ce qu’il pouvait gagner pendant l’absence du maître ? A présent, il perd tout ; mais, n’ayant plus rien, il peut encore repartir de zéro. L’espérance n’est pas morte. La parabole laisse ouvertes des portes afin de nous permettre d’en choisir une. Celle de la confiance ou celle de la peur ?

32è du T. O. - Sg 6, 12-16 ; 1 Th 4, 13-18 ; Mt 25, 1-13 La Sagesse, c’est Dieu lui même, Dieu qui désire la vie pour l’homme. Si l’homme de son côté recherche la Sagesse, alors cette rencontre produit la vie. Saint Paul affirme sa foi en la vie avec le Christ, face aux doutes de sa communauté de Thessalonique : Jésus est mort et ressuscité… ceux qui se sont endormis, Dieu les emmènera avec son Fils… nous serons pour toujours avec le Seigneur. La parabole de l’évangile, exprime le désir d’entrer dans la vie de Dieu, dans son royaume qui n’est pas un lieu : ouvre-nous ! disent les cinq jeunes filles de la parabole qui attendent à la porte. C’est une parabole d’espérance : le texte dit : Il en est du royaume des cieux comme dix jeunes filles toutes les dix sont donc appelées à faire partie du royaume ! Il ne sera pleinement accompli que lorsque toutes y entreront. Nous sommes à la porte comme cinq d’entre elles et attendons ; plus précisément, il s’agit peut-être d’une part de nous-même, celle qui n’est pas prête et attend. La réponse du maître nous est adressée : veillez ! Que l’Esprit du Christ garde notre attente active et que l’huile du désir et de l’amour ne manque pas !

30è dimanche du temps ordinaire Ex. 22,20-26. / Ps 18(17),2-3.4.20.47.51ab. / 1 Thess. 1,5c-10. / Mt 22,34-40.

Dieu est à la source des commandements dans la 1re lecture, et il y avait bien d’autres recommandations et interdits dans les Écrits du 1er Testament. Jésus rend simple ces commandements et l’enseignement des prophètes se réduisent au commandement d’aimer Dieu, de nous aimer nous-mêmes et les autres, avec tout ce que nous sommes et ce que nous avons. L’amour du prochain est prioritaire mais aimer Dieu est le premier et le plus grand commandement. Le commandement d’amour sera pour toujours au cœur du message chrétien. Le piège qui nous guette est de hiérarchiser, de choisir, de prendre le risque d’une sélection. Les commandements de Jésus ne se trouvent pas dans le texte fondateur de la Loi -les 10 commandements- mais ils commencent par le même ordre, celui d’aimer.

29è dimanche du temps ordinaire Is 45,1.4-6. / Ps 96(95),1a.3.4-5b.7-8a.9a.10ac. / 1 Thess. 1,1-5b. / Mt 22,15-21. Alors que Jésus enseignait dans le Temple, l’entrée en scène des pharisiens et des hérodiens relate le piège qu’ils lui tendent en vue de le supprimer. Les pharisiens attendaient une réponse au dilemme du « permis-défendu ». La réponse adroite de Jésus nous invite à garder l’autonomie de notre conscience et à ne pas perdre de vue le Royaume. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu : c’est le reconnaître comme notre créateur, le suivre du plus profond de notre être et collaborer à la construction d’une société juste et pacifique. Rendre à César ce qui est à César, c’est assumer la réalité humaine. Nous sommes libres d’obéir à Dieu et aux lois humaines, mais libres de résister à ces lois lorsqu’elles se placent contre Dieu et son dessein. Cyrus était sans le vouloir un envoyé de Dieu. On peut en déduire que quiconque agit dans le sens d’une libération véritable des hommes accomplit l’œuvre de Dieu.

28è dimanche du temps ordinaire Is 25,6-10a. / Ps 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. / Philip. 4,12-14.19-20. / Mt 22,1-14.

Le Jour du Seigneur, souvent évoqué par les prophètes comme celui d’un jugement redoutable, est en fait dévoilé comme le Jour du Salut : une vie toute nouvelle qui s’apparente à un somptueux festin préparé par Dieu et destiné à tous les peuples. Ce repas célèbre la fin de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. La parabole des invités au festin pointe pourtant un échec de la relation que Dieu a voulu établir avec son peuple élu. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il y a le travail, les affaires, les projets… Les activités se présentent toujours plus absorbantes. Nous répondons aux appels de la société. Faisons-nous de même avec Dieu ? La parabole va plus loin avec la nécessité de revêtir le vêtement de noces. La tenue exigée est celle du service, de la lampe allumée ; ce qui nous renvoie à notre baptême et nous engage à suivre le Christ. Dieu ne cesse de nous dire : Tout est prêt : venez au repas de noce !

27è dimanche du temps ordinaire Is 5,1-7. / Ps 80(79),9-10.13-14.15-16a.19-20. / Philip. 4,6-9. / Mt 21,33-43. Décrivant tout ce que le propriétaire a fait pour sa vigne, Isaïe nous révèle l’espérance de Dieu dans son investissement pour son peuple, et son immense déception quand il ne récolte que de mauvais fruits (violences et injustices). Par sa propre histoire, Israël met en scène la parabole du drame vécu par toutes les sociétés qui bafouent « le droit et la justice ». Ces fruits attendus par Dieu, à partir de bons plants, ne sont pas au rendez-vous. Jésus reprend la parabole de la vigne d’Isaïe mais, alors que celui-ci incriminait la vigne, ce sont les vignerons qui sont mis en cause car ils s’approprient les fruits de la vigne. Jésus nous dit d’abord que ce monde ne nous appartient pas. Fruit de la fécondité divine, il est fait pour porter du fruit, de la vie, du bonheur. Et les fruits dépendent de nous. Cette parabole révèle aussi ce qui se passe lorsque la volonté des hommes est de dominer le monde et les autres à leur profit personnel, soit par la force ou par de subtils asservissements économiques. Enfin, la parabole passe de la vigne à la pierre angulaire pour nous avertir que le Royaume sera enlevé à ceux qui exercent le pouvoir en dominant, et tous ceux que l’on crucifie seront avec le Christ la pierre angulaire de tout l’édifice.

26è dimanche du temps ordinaire Ezéc. 18,25-28. / Ps 25(24),4-5ab.6-7.8-9. / Philip. 2,1-11. / Mt 21,28-32. Ezéchiel nous rassure : Dieu ne nous enferme pas dans nos refus. Chaque individu est responsable de sa conduite et doit en répondre tout au long de sa vie, mais à tout moment il peut se convertir. Avec Dieu, l’avenir est toujours ouvert ; il s’écrit à chaque occasion de se repentir et de se tourner vers Lui. Pourquoi les prostituées et les publicains ont-ils cru à la parole de Jean ? Parce qu’ils savaient qu’ils n’atteindraient jamais par eux-mêmes leur vérité humaine et les conditions pour retrouver leur dignité. Jésus nous indique là que ni le statut social, ni le prestige ne sont déterminants pour l’entrée dans le Royaume, dans la vigne du Père. Il nous donne aussi à penser que le fils obéissant et son frère se retrouvent souvent dans la même personne, selon les circonstances de la vie. Le salut n’est jamais acquis une fois pour toutes, mais soyons convaincus que la présence constante de Dieu à nos côtés nous invite à rejoindre sa vigne et à y travailler.

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