L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

25è du Temps ordinaire - Is 55-6-9 ; Ps 77 ; Ph 1, 20-27 ; Mt 20, 1-16 ; « Cherchez Dieu tant qu’il se laisse trouver » : la quête de Dieu connaît des moments favorables : moment de silence, moment où l’on se laisse toucher par une parole, où l’on revient à l’essentiel… où l’on revient vers Dieu. Cela peut arriver n’importe quand. Si nous disons que Dieu est loin, absent, n’est-ce pas que nous perdons le goût de le chercher ? Pour Dieu, tout moment de la vie, du début à la fin, peut être favorable ; il invite à produire de bons fruits dès le matin ou le soir venu. Sa logique en effet n’est pas la nôtre : « le Seigneur est riche en pardon car vos pensées ne sont pas mes pensées » nous dit-il par la voix d’Isaïe. Jonas ne le comprenait pas et s’irritait contre Dieu qui, selon lui, pardonnait trop rapidement à tous les Ninivites. La parabole qui nous est offerte ce dimanche, nous dit que celui qui est sorti au coucher du soleil est appelé à travailler lui aussi et à cueillir les mêmes fruits que d’autres, embauchés à la première heure. Un appel à la confiance !

24è Du Temps ordinaire - Ps 102 ; Si 27, 30-28,7 ; Rm 14, 7-9 ; Mt 18, 21-35. Les textes de ce jour appellent le chrétien à s’ouvrir au pardon qui vient de Dieu. Ainsi le psalmiste bénit-il le Seigneur qui « pardonne toutes ses offenses ». Ben Sirach fonde l’importance du pardon sur l’Alliance de Dieu avec l’homme : Cette alliance qui commence avec la création et témoigne d’un Dieu fidèle qui accorde aux humains sa miséricorde au long des siècles. « Le Seigneur a pitié de toute créature…souviens-toi de l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas ». S’ouvrir au pardon de Dieu rend capable de donner et de par-donner à son tour : c’est ce que nous pouvons retenir de la parabole proposée par Jésus aujourd’hui. Le « débiteur impitoyable » dont il est question ne comprend sans doute pas vraiment la grâce qu’il a reçue, quand il agit sans pitié envers son frère. « Appartenir au Seigneur », comme l’enseigne Saint Paul, n’est-ce pas s’engager sur le difficile et parfois très long chemin de la compassion et du pardon ?

23è du Temps ordinaire - Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20. En exil à Babylone, Ezéchiel est invité à devenir guetteur pour Dieu et guetteur pour son peuple. Écouter attentivement la Parole de Dieu et la transmettre à ses frères afin qu’ils gardent au cœur l’espérance de retourner au pays des Pères : voilà la mission que le prophète a reçue de Dieu. Jésus, guetteur pour le Royaume, envoyé par le Père, s’est engagé jusqu’à l’extrême pour que tous aient la vie ; Il conclut ainsi la parabole de la brebis perdue : « votre Père qui est aux cieux ne veut qu’aucun de ces petits ne se perde ». Cette vigilance a été confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui. Comment vivre cette vigilance qui est en même temps solidarité ? La page de l’évangéliste pour ce dimanche invite à privilégier dans les relations, l’écoute, la parole vraie et libre, le dialogue engagé coûte que coûte avec ceux qui nous ont fait du tort. Le Christ ressuscité nous assure de sa présence, et c’est lui qui réalise notre communion chaque fois que nous faisons un pas vers l’autre : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

« Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes »

21è dimanche du T.O. Is 22,19-23. / Ps 138(137),1-2a.2bc-3.6a.8. / Rm 11,33-36. / Mt 16,13-20.

Isaïe relate la destitution d’un haut fonctionnaire qui, dans sa recherche de pouvoir, se préoccupait plus de se faire creuser un sépulcre que de sa mission de gouvernement de la cité de Jérusalem. Isaïe se tourne alors vers un Israélite, capable de garantir le progrès et l’avenir de son peuple. La clé symbolise un pouvoir très étendu. Quant à Paul, il pointe trois ressources propres à Dieu : la richesse, la sagesse et la science, mises au service d’un amour inépuisable. Ces ressources sont à notre portée, et dans la mesure où tout disciple, riche sage et savant, reste désintéressé, il peut rayonner de la richesse de Dieu dont il est enrichi. Simon-Pierre n’avait, lui, qu’une conviction : Tu es le Christ ! Ce qui va le propulser là où il ne s’y attendait pas. Désormais, il sera le rocher de fondation pour l’Église de Jésus ; il lui appartient d’ouvrir aux hommes l’accès au Père. A notre niveau, humblement, nous sommes des pierres de fondation, soit pour la famille que nous avons fondée, soit pour l’œuvre qui nous est confiée.

20è dimanche du T.O. Is 56,1.6-7. / Ps 67(66),2b-3.5abd.7b-8. / Rm 11,13-15.29-32. / Mt 15,21-28.

L’exil a jeté le peuple élu hors frontières, le mêlant à des gens de toutes nations et d’autres cultes. Le Salut étant proche, Isaïe invite le peuple à observer le droit et à pratiquer la justice. Comprenons le mot justice comme la perfection que l’homme peut et doit atteindre… Observer la Shabbat, s’abstenir de toute action mauvaise ». Le salut offert par Dieu est donc ouvert à tous ceux qui s’ajustent en se conformant à l’Alliance. Le prophète préfigure l’attitude de Jésus qui s’intéresse non seulement aux seuls fils d’Israël mais aussi à tout étranger (non Juifs). L’évangile de ce dimanche illustre son désir d’ouvrir sa Bonne Nouvelle du Salut aux païens. La Cananéenne a compris cela et pose un acte d’humilité (se comparer au petit chien), un acte de confiance en l’Amour Miséricordieux du Seigneur. Ce fut la clé d’une guérison… à distance.

Assomption de la Vierge Marie Apoc. 11,19a.12,1-6a.10ab. / Ps 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16. / 1 Co 15,20-26. / Lc 1,39-56.

La 1re lecture et l’évangile ont en commun d’annoncer les prémices d’une ère nouvelle. Nous passons d’une vision fantastique à la rencontre illuminée de deux femmes. La naissance de l’enfant, futur berger des peuples, inaugure le combat entre l’Envoyé de Dieu et les puissances du Mal. Paul nous rappelle aussi que le Christ « prémices » a ouvert le chemin de la Vie, la voie de Dieu. Il est prémices de tous ceux qui croient en lui et sont ouverts à la force créatrice de son Esprit d’amour. Si cette force vient de Dieu, il faut encore que ce don soit accueilli par l’homme. Marie est donc le symbole de l’humanité qui accueille et collabore à l’Humanité divine de Jésus. L’Esprit Saint a voulu que le premier dialogue sur l’espérance du monde fût celui de deux femmes enceintes, images de confiance en l’avenir. Marie est pour chacun de nous le Modèle de disponibilité qui fait accéder au Père et à son Salut.

19è dimanche du T.O. 1 Rois 19,9a.11-13a. / Ps 85(84),9ab-10.11-12.13-14. / Rm 9,1-5. / Mt 14,22-33.

Pour plaire à Dieu, Élie vient de supprimer les prophètes des autres dieux. Or Dieu lui signifie qu’il n’est dans aucune violence ; Il est dans le murmure d’une brise légère, dans la douceur et le silence d’une relation personnelle. Cette théophanie préfigure la nouvelle Alliance, l’avènement de Jésus-Christ. Notons le parallèle entre l’expérience D’Élie à l’Horeb et celle de Moïse : une marche de 40 jours, l’eau et le pain fournis par Dieu et son appel. A propos d’appel, nous voici sur les eaux du lac de Tibériade. Jésus marche sur les eaux (ce qui signifie qu’il domine les forces du mal) et invite Pierre à faire de même, à participer à son œuvre. Confiant dans la Parole de Jésus, Pierre s’y aventure mais il doute sur ses capacités et prend peur : il s’enfonce. L’image vaut pour nous et pour l’Église en général. Ce combat contre des éléments contraires est notre condition sur cette terre. Or Jésus nous invite à participer au Salut qu’il nous apporte, et à se laisser envahir par la force de l’Esprit qui, comme une brise légère, nous aide à persévérer.

Transfiguration du Seigneur Dn 7,9-10.13-14. / Ps 97(96),1-2.4-5.6.9. / Mt 17,1-9.

Jésus les emmène à l’écart (pour prier). Il fut transfiguré, métamorphosé… On pense alors à la vision de Daniel. Matthieu nous renvoie à l’expérience de Moïse au Sinaï : une montagne, un visage lumineux, une théophanie. La présence des deux figures du 1er Testament désigne Jésus comme l’accomplissement de la Loi et des prophètes. Pierre, heureux de cet instant, voulait s’installer dans cette situation privilégiée. Il nous arrive parfois d’être ébloui en vivant des moments intenses, et de chercher à faire durer ces moments… mais il faut retrouver les réalités de la vie quotidienne. La transfiguration dévoile la nature réelle, l’identité du Christ, et révèle aux disciples que ce qu’ils ont vu du passé est en fait une anticipation de ce qui a déjà commencé à se manifester. Moïse et Élie s’effacent devant Jésus qui apparaît alors comme l’acteur d’une nouvelle étape de la Révélation. La Nouvelle Alliance consiste à croire en l’œuvre de grâce manifestée en Jésus, présent aujourd’hui à nos côtés.

30 juillet – 17è dimanche - I R3, 5…12 ; Ps 118 ; Mt 13, 44-52. Que répondrais-je si Dieu me posait cette question qu’il adressait à Salomon : « demande-moi ce que tu veux ! » ? Salomon fraîchement couronné, après une course au pouvoir bien sombre, est désemparé au début de son règne. Que répond-il à Dieu ? « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien et le mal ! ». Dieu va le combler au-delà de ses désirs. Le Royaume qu’inaugure Jésus est aussi une affaire de discernement. Les quatre paraboles qui nous sont proposées montrent des hommes qui ont fait un choix décisif : celui qui vend tout ce qu’il possède pour acheter un champ ; le négociant de perles fines, le pêcheur qui trie les poissons de son filet, tous discernent ce qui sera le meilleur. Mais où est ce trésor ? Les choses cachées, dont parle Jésus n’est-ce pas sa personne elle-même ? Il se donne à rencontrer. Un cœur attentif, un cœur qui aime saura sans doute mieux discerner où, quand, et comment le reconnaître et choisir de le suivre.

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