L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

8è dimanche du T.O. [A]

Is 49,14-15. / Ps 62(61),2-3.8-9. / 1 Co 4,1-5. / Mt 6,24-34.

« Serviteurs et intendants des mystères de Dieu. » Paul nous éclaire sur la condition des apôtres. Un intendant doit rendre des comptes, il n’est pas propriétaire du message et ses vues personnelles ne peuvent aucunement le modifier. Des jugements portés sur le serviteur, seul un seul importe : le jugement de Dieu, parfait et définitif. « Il mettra en lumière ce qui est caché. » Il reste un choix majeur à faire : Choisir entre Dieu et l’Argent. Peut-on vivre sans Dieu ? Peut-on vivre sans argent ? Jésus ouvre une perspective : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice et tout vous sera donné par surcroît. » Pour nous aider à choisir, l’image des oiseaux et du lis des champs nous indique une posture. Tel l’oiseau ou le lis qui vit sa vie sans se soucier de sa parure, l’homme cherchera à accomplir durant sa vie tout ce qu’il est appelé à vivre et à réaliser. Mieux vaut laisser le lendemain s’inquiéter de lui-même. C’est la meilleure manière d’assumer le présent, d’être soi-même bien présent au monde et de s’y engager. Le Royaume se construit par l’effort, avec Jésus pour guide, le saint Esprit comme inspirateur, et les Béatitudes comme programme. Il se construit avec la complicité de Dieu, dans la confiance et l’espérance.

7è dimanche du T.O. [A]

Lévit. 19,1-2.17-18. / Ps 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13. / 1 Co 3,16-23. / Mt 5,38-48.

Moïse doit rappeler aux lévites que Dieu les a mis à part (choisis parmi les nations) pour révéler sa Bonne Nouvelle au monde. Cet appel à la sainteté rend participant à celle de Dieu et engage à ceci : pas de haine, pas de vengeance ni de rancune, et bien plus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Quel défi ! D’autant que Paul nous signale que l’Évangile est folie aux yeux des hommes. La sagesse de ce monde peine d’ailleurs à comprendre le projet de Dieu sur l’humanité tel qu’il s’est manifesté sur la croix. Nous sommes donc appelés à être saints, à adopter le sermon sur la montagne tout en vivant dans le monde. Jésus nous apprend que la loi de l’amour doit triompher sur la loi de la réciprocité. L’amour fondé sur un échange demeure un amour sous condition, spontanément humain ; il n’est pas encore à l’image de Dieu. Il pousse le commandement de l’amour jusqu’au déraisonnable : « Si quelqu’un te gifle… ». Exclure l’acte de vengeance ne suffit pas, il faut rejeter toute pensée de haine ou de rancune contre son frère. La mesure d’aimer pour Dieu c’est d’aimer sans mesure. Il nous revient alors d’aimer tout homme car il est un sanctuaire de Dieu.

6è dimanche du T.O. [A]

Sirac 15,15-20. / Ps 119(118),1-2.4-5.17-18.33-34. / 1 Co 2,6-10. / Mt 5,17-37.

Selon Ben Sirac, Dieu aurait fait l’homme avec un double penchant : le bien et le mal. Il se réfère à ce double penchant pour parler du combat que doit mener l’homme pour s’ajuster à la sagesse de Dieu. Opposée à celle du monde, selon Paul, on ne connaîtra la sagesse qu’en adhérant au Christ. Confrontée à celle des hommes, inconnue de ceux qui dominent le monde, la sagesse divine est celle de l’amour infini de Dieu pour les hommes. « Vous avez entendu… mais moi je vous le dis ». En Jésus, c’est Dieu lui-même qui intervient avec autorité devant son Peuple. La loi du 1er Testament a ouvert un chemin d’humanité qui n’arrive pas encore à se détacher d’une observance matérielle pour porter tout son fruit. Pour Jésus, l’important se passe dans le cœur de l’homme, où se loge l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi Jésus accentue les prescriptions ; il s’attache aux dispositions intérieures qui commandent les comportements. Passer de la Loi à la Foi : ce n’est plus seulement au nom de la Loi que l’on agit mais sous l’emprise d’un amour qui nous dépasse.

5è dimanche du T.O. [A] Is 58,7-10. / Ps 112(111),1a.4.5a.6.7-8a.9. / 1 Co 2,1-5. / Mt 5,13-16.

Isaïe rappelle les attitudes élémentaires de la fraternité, des manières d’être qui donnent vie aux autres, et font jaillir lumière et force au cœur de celui qui les vit. L’homme de justice sera lumière des nations dans la mesure où il donnera l’exemple du partage avec les plus malheureux et de la lutte contre l’injustice et l’exploitation des faibles. Le Christ nous veut ainsi : du sel pour la saveur, de la lumière pour voir clair. Nos œuvres sont sel lorsqu’elles donnent de la saveur à tout ce qui nous entoure ; elles sont lumière car elles éclairent ceux qui traversent des ténèbres. Rendre une nouvelle saveur à la vie dans le monde : c’est ce que Jésus attend de ses disciples, des hommes et des femmes comme tout le monde mais dont la vie aura cette qualité, à l’image du sel qui se repère dès que l’on goûte un aliment. Relever le goût de la vie, la nôtre et celle des autres.

4e du temps ordinaire – So 2, 3…3, 13 ; I Co 1, 26-31 ; Mt 5, 1-12. Le prophète Sophonie, dans les années 640 avant Jésus-Christ voit venir le « Jour du Seigneur » et la ruine de Jérusalem. Il voit aussi subsister un Reste, un peuple de petits et de pauvres, qui chercheront refuge dans le nom du Seigneur et non dans leur propre richesse. Dieu a d’autres critères de choix que le monde, Paul le sait et il invite les chrétiens de Corinthe, qui ne sont ni savants, ni puissants, mais « d’origine modeste, méprisés de tous » à mettre leur orgueil dans le Christ Jésus. Lui, Jésus, le pauvre par excellence, « doux et humble de cœur », nous apprend à regarder toute chose à sa manière, à nous émerveiller comme lui de la présence du Royaume dans le cœur de ceux qui l’écoutent. Il proclame « heureux » ces gens humbles et pauvres, qui accueillent son message et aiment à sa manière, le cœur vide d’orgueil, habités par la douceur et la miséricorde, assoiffés de justice, artisans de paix, ouverts à la lumière qui vient de Dieu et des autres. Neuf fois « heureux » ! Autant de chemins que l’Esprit ouvre aujourd’hui devant nous pour construire un monde selon le cœur de Dieu.

3e du temps ordinaire. - Is 8, 23-9, 3 ; Ps 26 ; I Co 1, 10…17 ; Mt 4, 12-23. « Le peuple a vu se lever une grande lumière ». Les paroles d’Isaïe et celles de Matthieu se répondent, soutenues par le chant du psalmiste « le Seigneur est ma lumière et mon salut ». Les premiers disciples, pêcheurs du Lac de Galilée, ont été éblouis par cette lumière et ils ont tout quitté pour suivre Jésus qui les appelle et marche devant eux. Il compte sur eux, ses témoins, il les associe à sa mission de sauveur… « Venez » leur dit-il « je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Si, en espérance, la promesse de Dieu à la terre, est accomplie une fois pour toutes, il reste à la faire advenir jour après jour. « Aussitôt », répète l’évangéliste, car il est urgent que répondent ceux qui sont appelés, et que se lèvent les témoins. Saint Paul est conscient de cette urgence. Il presse les chrétiens de Corinthe d’éteindre toute jalousie, rivalités, disputes… et de trouver leur unité dans le Christ et son Evangile ; c’est le même appel qui est lancé par toutes les Eglises chrétiennes en cette semaine de l’unité, en ce 500e anniversaire de Luther ! Appel lancé aussi à notre diocèse en Synode.

2e dimanche du temps ordinaire – Is 49, 3, 5-6 ; I Co 1, 1-3 ; Jn 1, 29-34. « Tu ne voulais ni offrande, ni sacrifice, j’ai dit voici, je viens ». De qui le psalmiste parlait-il ? Les chrétiens y voient la figure du messie. Tout comme ils l’ont reconnu dans le serviteur dont parle Isaïe, celui qui rassemble son peuple, celui qui est « la lumière des nations ». Jean, l’évangéliste, présente dès le début de son évangile, par la voix de Jean le Baptiste, l’Agneau de Dieu. La figure de l’Agneau renvoie à la nuit où les Israélites, sur le point de sortir de l’Égypte, immolèrent des agneaux dont le sang mis sur les maisons les préserva de la mort. Quand Jean Baptiste dit : Voici l’Agneau de Dieu - il voit déjà, par avance, Jésus en croix au moment où, à quelques pas de là, on immolait les agneaux pour la Pâque. Il signifie que Jésus est le véritable Agneau pascal, le libérateur. Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde ! : nous le chantons ensemble chaque dimanche, à l’eucharistie. Le Christ seul peut atteindre la racine du mal au cœur de l’homme et il en montre le chemin, le sien, celui de la confiance et de l’amour.

Épiphanie du Seigneur – Is 60, 1-6 ; Ep 3, 2-3.5-6 ; Mt 2, 1-12 Noël : les bergers reçoivent l’annonce d’un sauveur ; Épiphanie : l’humanité entière, en la figure des mages, reçoit l’annonce du sauveur. Dieu se manifeste à toute l’humanité. Même la galette des rois, toute ronde rappelle que Jésus, comme le soleil, est lumière pour le monde. Après le retour des déportés de Babylone à Jérusalem, le prophète Isaïe s’émerveille devant la radieuse cité sainte qui voit se rassembler la multitude des peuples. Tous les hommes, écrit Paul aux chrétiens d’Éphèse, « partagent la même promesse ». Tous sont sauvés par le Christ. Matthieu avait-il en vue la vision d’Isaïe ? Peut-être veut-il nous dire que Jérusalem, avant de devenir la cité radieuse, sera la ville du refus de Jésus ? Il écrit : « Tout Jérusalem fut pris d’inquiétude » Le roi, les scribes, qui connaissent les Écritures, qui savent où Jésus est né, ne bougent pas, ne se réjouissent pas, au contraire. Les mages, des païens, remplis de joie, suivent l’étoile. Humbles et disponibles, ils rencontrent Jésus, et s’en vont l’annoncer sur leurs terres lointaines.

1er janvier 2017 – Nb 6, 22-27 ; Ga 4, 4-7 ; Lc 2, 16-21 Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage…qu’il t’apporte la paix ! Que souhaiter de mieux pour nos proches et pour le monde ? Cette parole de Dieu nous vient du Livre des Nombres : les prêtres du temple prononçaient ces mots à la fin des cérémonies liturgiques. Tout y est centré sur le Seigneur, de qui vient tout bienfait. Huit jours après Noël, nous fêtons Marie, mère de Jésus. Paul ne la nomme pas ; en une sobriété étonnante et unique il écrit de Jésus : « né d’une femme ». Marie est aussi notre mère, mère de l’Eglise qui est le corps du Christ complet. Le récit de Luc nous la présente, disponible et confiante, offrant son fils à Dieu. En effet, par le rite de la circoncision les parents signifiaient l’appartenance à Dieu de leur enfant. Jésus dira plus tard à son Père, en parlant des disciples –et donc aussi de nous : « ils sont à Toi » (Jn 17). En lui, avec lui et par lui, nous sommes de la famille de Dieu.

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