L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

25 mars– Dimanche des Rameaux et de la Passion – Ph 2, 6-11 ; Mc 14, 1 à 15, 47 Nous entendons, ce dimanche, le récit de la passion selon Saint Marc. L’évangéliste y montre l’infinie solitude de Jésus pendant tout le temps de la Passion, une solitude qui va grandissant depuis les heures au jardin des Oliviers, au long de la nuit d’interrogatoire, de torture et le chemin du calvaire jusqu’à cette plainte du psalmiste, que Jésus reprend : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Silencieux, il est seul face à ses bourreaux, abandonné de tous. Ses disciples, dont Marc a souligné souvent l’incompréhension tout au long de l’évangile, se sont dispersés, Judas l’a trahi et Pierre renié, La nature elle-même, plonge dans les ténèbres. Abandon des hommes et de la création. Marc veut-il signifier que la foi est au cœur de ce silence, où l’homme ne peut plus que se tourner vers Dieu ? Que Dieu qui ne répond pas est pourtant là en l’homme crucifié ? Nous entendons les mots du centurion païen : « Cet homme était vraiment le fils de Dieu ! ». Étonnante parole de foi ! Nous voici invités à redire cette parole et à demeurer, face à la croix, avec les femmes qui « regardaient de loin », dans le silence et l’amour compatissant.

Cinquième dimanche de carême - Jr 31, 31-34 ; He 5, 7-9 ; Jn 12, 20-33. Le texte d’évangile selon Jean, que nous entendons aujourd’hui, nous raconte que des Grecs veulent « voir Jésus », c’est-à-dire le rencontrer. Ce sont des étrangers ; à travers eux, l’évangéliste nous invite à voir l’ouverture universelle de l’évangile. C’est l’occasion pour Jésus de dire ce qui le fait poursuivre sa route : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt… » Il signifie par là à ses disciples, et à ceux qui veulent le voir, qu’une vie toute donnée par amour portera beaucoup de fruit. De la mort surgit la vie. Ses sentiments ? De l’angoisse devant ce qui l’attend et aussi de la confiance envers son Père. l’Heure est venue pour lui, d’être élevé sur la croix, élevé par Dieu, « glorifié ». L’Heure est venue où s’accomplit pleinement l’alliance entre Dieu et les hommes, cette alliance qu’annonçait Jérémie et que Dieu inscrit au fond des cœurs : « je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes….je serai leur Dieu et eux seront mon peuple ». Dans sa réponse, Jésus dit encore que là où il est, là sera son serviteur. « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ! » Pas d’alternative. Donner sa vie engage : individuellement et solidairement avec les frères humains.

Quatrième dimanche de carême – 2 Ch 36, 14-16 ; Ep 2, 4-10. Jn 3, 14-21, Il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne, par lui la vie éternelle. Jésus reprend à son compte le symbole du serpent de bronze présenté par Moïse pour le salut de son peuple ; Au temps de Moïse, seul le peuple de l’Alliance était concerné ; ici, c’est tout homme, c’est le monde entier qui est appelé à croire pour vivre de la vie de Dieu : De plus, il ne s’agit plus d’une guérison physique, mais du don de la vie par Jésus, élevé sur la croix. « Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu …c’est par grâce que vous êtes sauvés et par le moyen de la foi. Un cadeau que nous sommes libres de recevoir ou non. Le verbe croire est répété plusieurs fois dans le texte de Saint Jean : En effet, croire, n’est-ce pas lever les yeux vers le Christ mort et ressuscité c’est-à-dire s’ouvrir au don de Dieu, choisir au cœur du quotidien, de se tourner vers la lumière, vers celui qui est chemin, vérité et vie ? Qu’en ce temps de carême, il nous en donne le désir et la force !

Troisième dimanche de carême. Ex 20, 1-17 ; I Co 1, 22-25 ; Jn 2, 13-25. Jésus pose un geste symbolique en chassant les vendeurs du temple. Sa colère vise l’idolâtrie de l’argent qui commandait le culte. La relation de Jésus à Dieu son Père n’a rien d’un marchandage, elle est pur amour et il se fâche en voyant ce qui se passe dans temple qu’il aime comme la prunelle de ses yeux, qu’il appelle « la maison de mon père ». La véritable offrande, c’est lui qui la fera au Père, en donnant sa vie, gratuitement par amour Le temple sera détruit, lui sera mis à mort, mais le 3è jour il ressuscitera et en relisant l’événement, les disciples comprennent le signe que Jésus avait voulu donner en réponse aux gens offusqués par son geste et ses paroles. Sa mort et sa résurrection : voilà le signe de la puissance de Dieu, de la sagesse suprême, au cœur de la faiblesse du crucifié. Saint Paul pourra écrire, aux chrétiens de Corinthe : les Juifs réclament les signes du Messie, le monde grec recherche une sagesse, nous proclamons un Messie crucifié. Que le Christ en ce temps de carême nous apprenne ce qu’est la relation à Dieu en esprit et en vérité : accorder notre manière de vivre à la Parole vivante du Christ.

2è dimanche de Carême Gn 22,1-2.9a.10-13.15-18. / Ps 116(115),10.15.16ac-17.18-19. / Rm 8,31b-34. / Mc 9,2-10.

Le sacrifice d’Isaac peut entacher notre représentation de Dieu. Or on sait qu’Il interdit les sacrifices humains. Ce texte est donc lu comme le récit de la confiance absolue d’Abraham en Dieu, et aussi de la conversion de son regard sur Dieu. « Prends ton fils unique… » La barre est haute mais la confiance d’Abraham est inébranlable. Ce qui l’amène à comprendre autrement le sacrifice : « Laisse-le vivre, sans jamais oublier que Je te l’ai confié et qu’il est appelé à vivre sa vie ». Autre contexte avec Marc, où Dieu parle. Jésus est accablé par les foules à guérir et la méprise dont il est l’objet. Sentant approcher sa mort à cause du rejet de son message, Jésus prend avec lui ses amis intimes et monte sur une montagne pour prier avec eux. C’est là que le Père se dévoile à eux. La lumière éclatante de la Transfiguration évoque l’union de Jésus avec Dieu. Le regard transformé d’Abraham sur Dieu, un Jésus transfiguré sous les yeux de ses amis, ces récits nous renvoient à notre propre vie. Nous avons besoin de prendre de la hauteur par rapport à ce que la vie nous donne à vivre et aux événements qui affectent aujourd’hui l’humanité. L’éclatante Lumière est secrètement à l’œuvre dans tout ce que nous avons à traverser. La Parole peut nous recréer et tout ce que nous manifesterons de cette Parole sera transfiguré.

1er dimanche de Carême Gn 9,8-15. / Ps 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9. / 1 Pierre 3,18-22. / Mc 1,12-15.

Les eaux et le désert sont deux lieux d’épreuves pour les hommes. Noé a affronté pendant 40 jours les eaux mortifères. C’est alors que Dieu lui annonce son intention de mettre fin au Déluge. Quant au désert, c’est un lieu ambivalent dans la Bible : habitat des forces du mal, c’est aussi le lieu choisi pour prier. On y vit des grandes rencontres et des grandes solitudes. Pour Israël, c’était le lieu de la fidélité et celui de la trahison. C’est le lieu des tentations. Marc ne décrit pas les tentations de Jésus mais désigne le désert comme lieu où l’on choisit Dieu. Nos déserts ne doivent pas nous effrayer car Dieu nous aide à tirer de nos épreuves une source inépuisable d’eau vive. Notre défi est de garder notre cap et de croire en son aide. Les temps sont accomplis : « Changez, détournez-vous de ce qui vous tient enchaînés ». Le Carême nous appelle à nous libérer de nos attirances, nos tendances, et à vivre selon l’Évangile. Nous voici invités à cultiver trois valeurs : la prière, le jeûne et le partage. Sachons en découvrir les fruits.

6è dimanche du T.O. Lévit. 13,1-2.44-46. / Ps 32(31),1-2.5.11. / 1 Co 10,31-33.11,1. / Mc 1,40-45.

La 1re lecture et l’évangile parlent respectivement de la lèpre en général et d’un lépreux en particulier. On y retrouve l’antique Loi sacerdotale et, en Marc, un geste de Jésus qui dévisse les interdits de cette loi. Dans la Bible, les maladies ou infirmités ont un sens spirituel. La cécité est aveuglement devant la vérité ; la surdité est inaptitude à entendre la Parole de Dieu ; la lèpre est une punition divine pour un grave péché non avoué. Perçu comme impur sur le plan religieux, symbole de la déchéance humaine, le lépreux est jeté hors du peuple de Dieu et même de la cité. Marc nous fait réaliser que la lèpre représente aujourd’hui tout ce qui coupe notre relation aux autres et nous empêche de vivre ensemble. Et cette séparation engendre un déficit d’amour. Pris de compassion devant cette infirmité, Jésus touche le lépreux. Sa transgression n’est pas dirigée contre la loi, mais contre le pouvoir aliénant de ses interprétations. Le lépreux est en effet victime d’un tabou social et religieux. Cette guérison a donc pour but de le réintégrer dans la communauté. Derrière la lèpre, il y a toutes nos fragilités, ce qui nous ronge de l’intérieur et nous défigure, ce qui nous empêche de Vivre. A la manière de Jésus, comment allons-nous libérer de leur lèpre les exclus que nous rencontrons ? Et nous avec ?

5è dimanche du T.O. Job 7,1-4.6-7. / Ps 147(146),1.3.4-5.6-7. / 1 Co 9,16-19.22-23. / Mc 1,29-39.

Tout réussit à Job jusqu’à ce que le malheur s’acharne sur lui sans qu’il puisse en comprendre les raisons. Sa vie n’est plus que ténèbres et tourments. Il demeure cependant tourné vers le Seigneur. Nous adhérons quelque part à la plainte de Job face aux lourds échecs, la souffrance et l’injustice. Or la réponse de Dieu serait de changer notre regard sur les faits et notre vie. Job a ainsi été amené à revoir sa relation avec les biens matériels et à reconstruire sa vie différemment. Jésus nous y invite avec Marc. Au chevet de la belle-mère de Simon, « Il la saisit par la main et la fit se lever » ; ce qui évoque l’expérience pascale. Jésus nous saisit également et nous libère de nos fièvres (nos activités effrénées manquant de sens), de tous les maux qui blessent notre humanité et nous font décliner. Quelque chose a changé : guérie, la belle-mère a renoncé à ses projets pour se mettre à servir le Christ. Quelles sont nos fièvres ? Quelles idoles nous aliènent sournoisement ? Reconstruire ma vie autrement… à commencer par quoi ?

4è dimanche du Temps ordinaire – Dt 18, 15-20 ; 1Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28 Une parole d’autorité est une parole à laquelle on peut accorder crédit, qui est fiable. Quand il enseigne, Jésus ne récite pas une leçon, il est le cœur de cette parole, Parole de Dieu même, déjà présente au jour de la création : Dieu dit…et cela fut ! La Parole de Jésus, une parole de commencement : elle libère celui qui est sous l’emprise de forces du mal et qui n’est pas libre de parler et lui ouvre le chemin d’une vie nouvelle. Son autorité est au service de la libération des hommes et des femmes qui l’entourent. La Parole de Jésus, une parole de vérité : en Jésus, pas d’écart entre ce qu’il dit et fait. Il manifeste ici sa victoire sur Satan au désert après son baptême. Le démon de ce récit savait tout cela mais Jésus lui interdit de dire qui il est ; en effet, il ne suffit pas de savoir des choses sur lui pour avoir la foi ; trop s’enfermer dans ce qu’on connaît déjà, empêche de s’ouvrir à ce qui est nouveau. Que sa Parole nous touche, qu’elle rejoigne notre expérience afin que nous soyons attachés au Christ sans partage, comme le dit Paul aux chrétiens de Corinthe.

3è dimanche du Temps ordinaire - Jon 3, 1-10 ; 1Co 7, 29-31. Mc 1, 14-20 « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez en l’évangile ». Chacun des éléments de cette phrase ne va pas sans les deux autres. Jésus ne les sépare pas. Le moment favorable est là, le bon moment, en sa personne s’offre le Règne d’un Dieu qui se fait proche ; voilà la Bonne Nouvelle ; et celui qui l’accueille, répond par un changement de vie et par la foi, c’est-à-dire l’ouverture de tout son être. La réponse de Pierre et André, puis de Jacques et Jean est immédiate : « ils le suivent… partent derrière lui ». A la bonne nouvelle qui fait irruption dans les cœurs, correspond un changement radical de vie. Les disciples quittent leur métier de pêcheurs pour partager ‘aussitôt’ la route de celui qui les a appelés. Ils vont devenir pêcheurs d’hommes, c’est-à-dire conduire d’autres hommes à Jésus comme eux-mêmes ont été « pris » par lui, c’est-à-dire tirés des eaux profondes, sauvés par lui. Un appel pour tout baptisé aujourd’hui près des hommes et des femmes plongés dans les conflits, les violences, la quête de sens.

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