L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

3è dimanche du Temps ordinaire - Jon 3, 1-10 ; 1Co 7, 29-31. Mc 1, 14-20 « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez en l’évangile ». Chacun des éléments de cette phrase ne va pas sans les deux autres. Jésus ne les sépare pas. Le moment favorable est là, le bon moment, en sa personne s’offre le Règne d’un Dieu qui se fait proche ; voilà la Bonne Nouvelle ; et celui qui l’accueille, répond par un changement de vie et par la foi, c’est-à-dire l’ouverture de tout son être. La réponse de Pierre et André, puis de Jacques et Jean est immédiate : « ils le suivent… partent derrière lui ». A la bonne nouvelle qui fait irruption dans les cœurs, correspond un changement radical de vie. Les disciples quittent leur métier de pêcheurs pour partager ‘aussitôt’ la route de celui qui les a appelés. Ils vont devenir pêcheurs d’hommes, c’est-à-dire conduire d’autres hommes à Jésus comme eux-mêmes ont été « pris » par lui, c’est-à-dire tirés des eaux profondes, sauvés par lui. Un appel pour tout baptisé aujourd’hui près des hommes et des femmes plongés dans les conflits, les violences, la quête de sens.

Deuxième dimanche du Temps ordinaire - 1 S 3, 3b-10.19 ; Jn 1, 35-42 ; Dans la nuit, Samuel entend une voix qui l’appelle, et sur-le-champ répond « me voici » ! Elie finit par discerner dans cet événement, l’appel du Seigneur. Des siècles plus tard, sur les bords du Jourdain, André entend la parole de Jean-Baptiste « Voici l’Agneau de Dieu » et il reconnaît le messie dans l’inconnu qui passe. Pierre à son tour vient à Jésus, grâce à la parole d’André son frère, puis ce sera Nathanaël, grâce au témoignage de Philippe. Croire passe souvent par des intermédiaires. Quelles personnes nous ont permis de rencontrer le Christ, d’avancer sur le chemin de la foi ? Le Seigneur passe. Au soir de notre journée nous nous rappelons ce que nous avons vécu au fil des heures, et pouvons y discerner des clins d’œil, des appels de Dieu : des événements, des récits de la Bible, du journal, des paroles entendues dans la rue, à l’Église (ainsi en cette journée mondiale du migrant et du réfugié), ou au travail. Dieu nous parle, nous appelle à travers tout cela, à travers tout ce qui fait notre vie ; notre vocation est fait de ces appels, dont le Christ a l’initiative comme au temps des disciples. A notre tour d’inviter de sa part : »Venez et vous verrez ! »

Fête de l’Épiphanie. Is 60, 1-6 ; 2, 1-12 ; Eph 3, 2-6 ; Mt 2, 1-12 « Les nations marcheront vers ta lumière…. Tous ils se rassemblent, ils viennent vers toi… Des siècles avant l’arrivée de Jésus, Isaïe annonçait la lumière qui allait retourner les peuples, les attirer vers la cité de Dieu, en un même mouvement d’allégresse. En cette fête de l’Épiphanie, nous demandons que la lumière du Christ brille sur nous et sur le monde. Mais, ne faut-il pas commencer par sortir de chez soi pour voir la lumière ? « Les mages ne se sont pas mis en route parce qu’ils avaient vu l’étoile, mais ils ont vu l’étoile parce qu’ils se sont mis en route » dit notre pape, citant Jean Chrysostome. Hérode et les spécialistes de la loi sont restés à l’intérieur de leur palais après avoir découvert dans les Écritures ce qui concerne Jésus. A l’écoute de la parole de Dieu les mages ont repris leur route et l’étoile de nouveau a brillé. Guidés par elle, ils ont découvert le roi recherché, se sont prosternés devant lui, lui ont offert de l’or qui convient à un roi, mais aussi de l’encens qui convient à Dieu et de la myrrhe qui annonce déjà la mort. De Jésus. La rencontre de ce roi pas comme les autres les pousse à reprendre la route, une nouvelle route pour regagner leur pays.

Fête de la Sainte Famille Gn 15,1-6.21,1-3. / Ps 105(104),1b-2.3-4.5-6.8-9. / Heb. 11,8.11-12.17-19. / Lc 2,22-40.

Abraham et Sarah nous indiquent la foi qui met en route vers l’inconnu. La démarche de Marie et de Joseph y ressemble, motivée par les prescriptions religieuses de l’époque. Ils rencontrent Syméon et Anne -des témoins de la sagesse et du discernement spirituel- qui reconnaissent dans l’enfant la réalisation des promesses de Dieu et annoncent la rupture entre le temps de l’attente et les temps de l’accomplissement. Syméon et Anne les propulsent plus loin que le rite accompli : la naissance de Jésus, humble et discrète, contient toute la promesse d’une humanité renouvelée. Luc fait ainsi de la présentation au Temple un événement théologique qui annonce l’accomplissement de l’espérance d’Israël. Avec l’enfant Jésus, le Salut s’ouvre et la Lumière s’allume pour tous les peuples. Que cette Lumière éclaire nos familles pour grandir et apprendre à aimer de tout notre cœur, de toute notre force et de toute notre intelligence. Nous serons alors des semeurs d’espérance.

4è dimanche de l’Avent 2 Sam. 7,1-5.8b-12.14a.16. / Ps 89(88),2-3.4-5.27.29. / Rm 16,25-27. / Lc 1,26-38. Comme David, nous pourrions être surpris par Dieu car son projet de demeure n’est pas le nôtre. Dieu a préparé une demeure éternelle, qui n’est pas de ce monde, et face à la tentation de circonscrire la présence de Dieu dans un objet ou un édifice, nous voilà invités à revoir nos schémas. La demeure que Dieu souhaite, c’est la création toute entière, la communauté des humains. Le mystère de l’Incarnation accomplit cette promesse, avec Marie de Nazareth. Marie a accepté avec confiance de devenir une demeure pour le Seigneur, et son acte de foi en fait la première pierre de cette demeure. Ce privilège sera celui de tout homme et toute femme qui s’engage avec foi pour l’œuvre de Dieu. Le oui de Marie a débouché sur une naissance exprimant fragilement la nouveauté de l’amour qui donne la vie et crée du nouveau sur la Terre. Dieu prit chair et devint réalité. En Jésus, Dieu ne naît pas dans un monde harmonieux et paisible, mais dans un monde dominé par le mal et l’injustice. Mais sa naissance vient raviver nos gestes d’amour, de compassion, de fraternité, de justice et de paix. Si la nouveauté de Noël est encore capable de bouleverser notre cœur et de raviver notre espérance, alors il convient de la répandre dans notre monde de ténèbres. Aujourd’hui encore, le Fils de Dieu cherche à nous habiter.

3è dimanche de l’Avent Is 61,1-2a.10-11. / Lc 1,46b-48.49-50.53-54. / 1 Thess. 5,16-24. / Jn 1,6-8.19-28.

Isaïe, en son temps, annonçait aux juifs que le Messie tant annoncé par les Écritures était au milieu d’eux mais ils ne le reconnaissaient pas. Jean-Baptiste reprend le message à sa manière : Oui, Il est là celui que vous attendez, mais vous ne pouvez le reconnaître sans une conversion intérieure. Il se tient déjà au milieu de nous (en nous) et il faut aménager le chemin de notre cœur pour le rencontrer, en misant par exemple sur une écoute plus attentive de sa Parole, et des semences de paix et de justice autour de nous. Paul nous indique des pistes : veiller à ne pas éteindre l’Esprit, à ne pas nous laisser envahir par nos angoisses et nos peurs ; s’éloigner de toute espèce de mal. En ce temps d’Avent, qu’allons-nous choisir de changer en nous pour relever ce défi proposé par Paul ?

2è dimanche de l’Avent Is 40,1-5.9-11. / Ps 85(84),9ab-10.11-12.13-14. / 2 Pierre 3,8-14. / Mc 1,1-8. Isaïe proclame que c’est dans le désert que nous trouverons Dieu en chemin. Ce lieu hostile, rappelant la sortie d’Égypte, représente un passage de la mort à la vie, une résurrection. Jean-Baptiste concrétise l’oracle d’Isaïe. Il prêche dans le désert qui est très peuplé : « Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui… ». Il nous invite ce dimanche à traverser nos déserts pour accéder à la liberté. Pierre accentue l’exhortation : « Vivez dans la sainteté et la piété… pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix ». La semaine dernière, nous étions invités à veiller. Aujourd’hui, il nous est demandé de préparer le chemin pour accueillir Dieu. Et le désert n’est pas celui qui entoure Jérusalem, mais celui qui entoure notre cœur. Si nous élaguons ce qui encombre notre cœur, il nous sera donné de voir les abîmes ou les montagnes qui nous barrent la route vers Dieu.

1er dimanche de l’Avent

Is 63,16b-17.19b.64,2b-7. / Ps 80(79),2-3bc.15-16a.18-19. / 1 Co 1,3-9. / Mc 13,33-37. Après la longue période vécue en exil, le peuple d’Israël a espéré une vie nouvelle dans des conditions de justice et de paix. Mais les comportements n’ont pas fondamentalement changé à Jérusalem, où Dieu semble absent. Isaïe appelle donc à un ressaisissement. Aujourd’hui encore, l’Avent nous rappelle que Dieu est bien vivant au milieu de nous, et que nous avons reçu le don de Dieu pour renouveler nos vies. Ce don de Dieu est cependant fragile comme l’Enfant de Bethléem ; il semble facile de dire oui au baptême, mais il est exigeant d’être fidèle dans la durée. Dieu est comme un homme parti en voyage et il nous a confié sa maison. Or, nous sommes tous guettés par l’assoupissement de notre conscience. Soyons plutôt des veilleurs de Dieu même dans nos nuits, nos moments de doute. Où en sommes-nous dans notre rôle de veilleur ?

Le Christ, roi de l’univers. Ez 34, 11…17 ; Ps 22 ; Mt 25, 31-46 Ezéchiel nous présente Dieu sous les traits d’un berger qui veille avec tendresse sur chacune de ses brebis. Le psalmiste chante en écho : le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer . Selon les évangiles, Jésus prend à son compte la même image du berger. Il peut le faire puisque le Père lui a tout soumis C’est lui qui apprête pour nous la table de l’Eucharistie. Son Esprit nous guide, nous rappelant ses paroles, nous aidant à les comprendre, nous donnant la force d’affronter et vaincre le mal. Dans la parabole que nous entendons aujourd’hui, Jésus nous dit à quel signe il reconnait notre foi et notre amour pour lui. En effet, Il est parmi les personnes affamées, sans-logis, sans vêtements, sans liberté, indignées ou désespérées… Si Jésus s’identifie à eux, s’il est là, parmi eux, aujourd’hui, alors l’Eglise est donc là aussi puisque l’Eglise dit la présence du Christ, qu’elle en est le sacrement. La parabole ne sépare pourtant pas l’humanité en deux catégories, les bons et les justes d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre. Chacun de nous a en lui-même sa part de lumière et sa part d’ombre Notre liberté est en jeu. L’humanité, dont nous faisons partie nous est confiée. Puisse la parole de Dieu nous le rappeler sans cesse et nous garder vigilants !

33e du T.O. Pr 31, 10…31 ; I Th 5, 1-6 ; Ps 127 ; Mt 25, 14-30 Confiance, bonheur, deux mots qui peuvent monter du cœur à la lecture des textes offerts pour ce dimanche. Le livre des Proverbes nous dit que la femme remplie de la sagesse de Dieu (remplie de A à Z : une lettre de l’alphabet précède chaque verset), crée du bonheur, au cœur des tâches quotidiennes. La parabole de Jésus que rapporte Matthieu nous parle-t-elle aussi de bonheur ? Celui-ci est dans la confiance accordée par l’homme qui laisse ses biens à ses propres serviteurs, des sommes importantes, à chacun selon ses capacités. Il l’est également dans la confiance des serviteurs qui remettent le fruit de leur travail en même temps que ce qu’ils avaient reçu au départ. Entre dans la joie de ton maitre, s’entendent-ils dire, comme s’il s’agissait d’entrer dans un lieu (le lieu de Dieu !) Qu’en est-il du troisième ? Il ne parle pas de la confiance accordée mais comment il voit son maître : dur, avare, profitant du travail des autres. Peut-être a-t-il eu peur de se voir enlever ce qu’il pouvait gagner pendant l’absence du maître ? A présent, il perd tout ; mais, n’ayant plus rien, il peut encore repartir de zéro. L’espérance n’est pas morte. La parabole laisse ouvertes des portes afin de nous permettre d’en choisir une. Celle de la confiance ou celle de la peur ?

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