L’Evangile du dimanche

L’Evangile du dimanche avec une introduction de Jean-Marie Rabain.

Podcast de RCF 22 Côtes d’Armor : l’Évangile du dimanche est lu et commenté tous les vendredis à 11h00 et 19h30 autour de la table.

1er dimanche de Carême Gn 9,8-15. / Ps 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9. / 1 Pierre 3,18-22. / Mc 1,12-15.

Les eaux et le désert sont deux lieux d’épreuves pour les hommes. Noé a affronté pendant 40 jours les eaux mortifères. C’est alors que Dieu lui annonce son intention de mettre fin au Déluge. Quant au désert, c’est un lieu ambivalent dans la Bible : habitat des forces du mal, c’est aussi le lieu choisi pour prier. On y vit des grandes rencontres et des grandes solitudes. Pour Israël, c’était le lieu de la fidélité et celui de la trahison. C’est le lieu des tentations. Marc ne décrit pas les tentations de Jésus mais désigne le désert comme lieu où l’on choisit Dieu. Nos déserts ne doivent pas nous effrayer car Dieu nous aide à tirer de nos épreuves une source inépuisable d’eau vive. Notre défi est de garder notre cap et de croire en son aide. Les temps sont accomplis : « Changez, détournez-vous de ce qui vous tient enchaînés ». Le Carême nous appelle à nous libérer de nos attirances, nos tendances, et à vivre selon l’Évangile. Nous voici invités à cultiver trois valeurs : la prière, le jeûne et le partage. Sachons en découvrir les fruits.

6è dimanche du T.O. Lévit. 13,1-2.44-46. / Ps 32(31),1-2.5.11. / 1 Co 10,31-33.11,1. / Mc 1,40-45.

La 1re lecture et l’évangile parlent respectivement de la lèpre en général et d’un lépreux en particulier. On y retrouve l’antique Loi sacerdotale et, en Marc, un geste de Jésus qui dévisse les interdits de cette loi. Dans la Bible, les maladies ou infirmités ont un sens spirituel. La cécité est aveuglement devant la vérité ; la surdité est inaptitude à entendre la Parole de Dieu ; la lèpre est une punition divine pour un grave péché non avoué. Perçu comme impur sur le plan religieux, symbole de la déchéance humaine, le lépreux est jeté hors du peuple de Dieu et même de la cité. Marc nous fait réaliser que la lèpre représente aujourd’hui tout ce qui coupe notre relation aux autres et nous empêche de vivre ensemble. Et cette séparation engendre un déficit d’amour. Pris de compassion devant cette infirmité, Jésus touche le lépreux. Sa transgression n’est pas dirigée contre la loi, mais contre le pouvoir aliénant de ses interprétations. Le lépreux est en effet victime d’un tabou social et religieux. Cette guérison a donc pour but de le réintégrer dans la communauté. Derrière la lèpre, il y a toutes nos fragilités, ce qui nous ronge de l’intérieur et nous défigure, ce qui nous empêche de Vivre. A la manière de Jésus, comment allons-nous libérer de leur lèpre les exclus que nous rencontrons ? Et nous avec ?

5è dimanche du T.O. Job 7,1-4.6-7. / Ps 147(146),1.3.4-5.6-7. / 1 Co 9,16-19.22-23. / Mc 1,29-39.

Tout réussit à Job jusqu’à ce que le malheur s’acharne sur lui sans qu’il puisse en comprendre les raisons. Sa vie n’est plus que ténèbres et tourments. Il demeure cependant tourné vers le Seigneur. Nous adhérons quelque part à la plainte de Job face aux lourds échecs, la souffrance et l’injustice. Or la réponse de Dieu serait de changer notre regard sur les faits et notre vie. Job a ainsi été amené à revoir sa relation avec les biens matériels et à reconstruire sa vie différemment. Jésus nous y invite avec Marc. Au chevet de la belle-mère de Simon, « Il la saisit par la main et la fit se lever » ; ce qui évoque l’expérience pascale. Jésus nous saisit également et nous libère de nos fièvres (nos activités effrénées manquant de sens), de tous les maux qui blessent notre humanité et nous font décliner. Quelque chose a changé : guérie, la belle-mère a renoncé à ses projets pour se mettre à servir le Christ. Quelles sont nos fièvres ? Quelles idoles nous aliènent sournoisement ? Reconstruire ma vie autrement… à commencer par quoi ?

4è dimanche du Temps ordinaire – Dt 18, 15-20 ; 1Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28 Une parole d’autorité est une parole à laquelle on peut accorder crédit, qui est fiable. Quand il enseigne, Jésus ne récite pas une leçon, il est le cœur de cette parole, Parole de Dieu même, déjà présente au jour de la création : Dieu dit…et cela fut ! La Parole de Jésus, une parole de commencement : elle libère celui qui est sous l’emprise de forces du mal et qui n’est pas libre de parler et lui ouvre le chemin d’une vie nouvelle. Son autorité est au service de la libération des hommes et des femmes qui l’entourent. La Parole de Jésus, une parole de vérité : en Jésus, pas d’écart entre ce qu’il dit et fait. Il manifeste ici sa victoire sur Satan au désert après son baptême. Le démon de ce récit savait tout cela mais Jésus lui interdit de dire qui il est ; en effet, il ne suffit pas de savoir des choses sur lui pour avoir la foi ; trop s’enfermer dans ce qu’on connaît déjà, empêche de s’ouvrir à ce qui est nouveau. Que sa Parole nous touche, qu’elle rejoigne notre expérience afin que nous soyons attachés au Christ sans partage, comme le dit Paul aux chrétiens de Corinthe.

3è dimanche du Temps ordinaire - Jon 3, 1-10 ; 1Co 7, 29-31. Mc 1, 14-20 « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez en l’évangile ». Chacun des éléments de cette phrase ne va pas sans les deux autres. Jésus ne les sépare pas. Le moment favorable est là, le bon moment, en sa personne s’offre le Règne d’un Dieu qui se fait proche ; voilà la Bonne Nouvelle ; et celui qui l’accueille, répond par un changement de vie et par la foi, c’est-à-dire l’ouverture de tout son être. La réponse de Pierre et André, puis de Jacques et Jean est immédiate : « ils le suivent… partent derrière lui ». A la bonne nouvelle qui fait irruption dans les cœurs, correspond un changement radical de vie. Les disciples quittent leur métier de pêcheurs pour partager ‘aussitôt’ la route de celui qui les a appelés. Ils vont devenir pêcheurs d’hommes, c’est-à-dire conduire d’autres hommes à Jésus comme eux-mêmes ont été « pris » par lui, c’est-à-dire tirés des eaux profondes, sauvés par lui. Un appel pour tout baptisé aujourd’hui près des hommes et des femmes plongés dans les conflits, les violences, la quête de sens.

Deuxième dimanche du Temps ordinaire - 1 S 3, 3b-10.19 ; Jn 1, 35-42 ; Dans la nuit, Samuel entend une voix qui l’appelle, et sur-le-champ répond « me voici » ! Elie finit par discerner dans cet événement, l’appel du Seigneur. Des siècles plus tard, sur les bords du Jourdain, André entend la parole de Jean-Baptiste « Voici l’Agneau de Dieu » et il reconnaît le messie dans l’inconnu qui passe. Pierre à son tour vient à Jésus, grâce à la parole d’André son frère, puis ce sera Nathanaël, grâce au témoignage de Philippe. Croire passe souvent par des intermédiaires. Quelles personnes nous ont permis de rencontrer le Christ, d’avancer sur le chemin de la foi ? Le Seigneur passe. Au soir de notre journée nous nous rappelons ce que nous avons vécu au fil des heures, et pouvons y discerner des clins d’œil, des appels de Dieu : des événements, des récits de la Bible, du journal, des paroles entendues dans la rue, à l’Église (ainsi en cette journée mondiale du migrant et du réfugié), ou au travail. Dieu nous parle, nous appelle à travers tout cela, à travers tout ce qui fait notre vie ; notre vocation est fait de ces appels, dont le Christ a l’initiative comme au temps des disciples. A notre tour d’inviter de sa part : »Venez et vous verrez ! »

Fête de l’Épiphanie. Is 60, 1-6 ; 2, 1-12 ; Eph 3, 2-6 ; Mt 2, 1-12 « Les nations marcheront vers ta lumière…. Tous ils se rassemblent, ils viennent vers toi… Des siècles avant l’arrivée de Jésus, Isaïe annonçait la lumière qui allait retourner les peuples, les attirer vers la cité de Dieu, en un même mouvement d’allégresse. En cette fête de l’Épiphanie, nous demandons que la lumière du Christ brille sur nous et sur le monde. Mais, ne faut-il pas commencer par sortir de chez soi pour voir la lumière ? « Les mages ne se sont pas mis en route parce qu’ils avaient vu l’étoile, mais ils ont vu l’étoile parce qu’ils se sont mis en route » dit notre pape, citant Jean Chrysostome. Hérode et les spécialistes de la loi sont restés à l’intérieur de leur palais après avoir découvert dans les Écritures ce qui concerne Jésus. A l’écoute de la parole de Dieu les mages ont repris leur route et l’étoile de nouveau a brillé. Guidés par elle, ils ont découvert le roi recherché, se sont prosternés devant lui, lui ont offert de l’or qui convient à un roi, mais aussi de l’encens qui convient à Dieu et de la myrrhe qui annonce déjà la mort. De Jésus. La rencontre de ce roi pas comme les autres les pousse à reprendre la route, une nouvelle route pour regagner leur pays.

Fête de la Sainte Famille Gn 15,1-6.21,1-3. / Ps 105(104),1b-2.3-4.5-6.8-9. / Heb. 11,8.11-12.17-19. / Lc 2,22-40.

Abraham et Sarah nous indiquent la foi qui met en route vers l’inconnu. La démarche de Marie et de Joseph y ressemble, motivée par les prescriptions religieuses de l’époque. Ils rencontrent Syméon et Anne -des témoins de la sagesse et du discernement spirituel- qui reconnaissent dans l’enfant la réalisation des promesses de Dieu et annoncent la rupture entre le temps de l’attente et les temps de l’accomplissement. Syméon et Anne les propulsent plus loin que le rite accompli : la naissance de Jésus, humble et discrète, contient toute la promesse d’une humanité renouvelée. Luc fait ainsi de la présentation au Temple un événement théologique qui annonce l’accomplissement de l’espérance d’Israël. Avec l’enfant Jésus, le Salut s’ouvre et la Lumière s’allume pour tous les peuples. Que cette Lumière éclaire nos familles pour grandir et apprendre à aimer de tout notre cœur, de toute notre force et de toute notre intelligence. Nous serons alors des semeurs d’espérance.

4è dimanche de l’Avent 2 Sam. 7,1-5.8b-12.14a.16. / Ps 89(88),2-3.4-5.27.29. / Rm 16,25-27. / Lc 1,26-38. Comme David, nous pourrions être surpris par Dieu car son projet de demeure n’est pas le nôtre. Dieu a préparé une demeure éternelle, qui n’est pas de ce monde, et face à la tentation de circonscrire la présence de Dieu dans un objet ou un édifice, nous voilà invités à revoir nos schémas. La demeure que Dieu souhaite, c’est la création toute entière, la communauté des humains. Le mystère de l’Incarnation accomplit cette promesse, avec Marie de Nazareth. Marie a accepté avec confiance de devenir une demeure pour le Seigneur, et son acte de foi en fait la première pierre de cette demeure. Ce privilège sera celui de tout homme et toute femme qui s’engage avec foi pour l’œuvre de Dieu. Le oui de Marie a débouché sur une naissance exprimant fragilement la nouveauté de l’amour qui donne la vie et crée du nouveau sur la Terre. Dieu prit chair et devint réalité. En Jésus, Dieu ne naît pas dans un monde harmonieux et paisible, mais dans un monde dominé par le mal et l’injustice. Mais sa naissance vient raviver nos gestes d’amour, de compassion, de fraternité, de justice et de paix. Si la nouveauté de Noël est encore capable de bouleverser notre cœur et de raviver notre espérance, alors il convient de la répandre dans notre monde de ténèbres. Aujourd’hui encore, le Fils de Dieu cherche à nous habiter.

3è dimanche de l’Avent Is 61,1-2a.10-11. / Lc 1,46b-48.49-50.53-54. / 1 Thess. 5,16-24. / Jn 1,6-8.19-28.

Isaïe, en son temps, annonçait aux juifs que le Messie tant annoncé par les Écritures était au milieu d’eux mais ils ne le reconnaissaient pas. Jean-Baptiste reprend le message à sa manière : Oui, Il est là celui que vous attendez, mais vous ne pouvez le reconnaître sans une conversion intérieure. Il se tient déjà au milieu de nous (en nous) et il faut aménager le chemin de notre cœur pour le rencontrer, en misant par exemple sur une écoute plus attentive de sa Parole, et des semences de paix et de justice autour de nous. Paul nous indique des pistes : veiller à ne pas éteindre l’Esprit, à ne pas nous laisser envahir par nos angoisses et nos peurs ; s’éloigner de toute espèce de mal. En ce temps d’Avent, qu’allons-nous choisir de changer en nous pour relever ce défi proposé par Paul ?

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