A bas la calotte ! Enregistrer au format PDF

Bêlement d’ouaille
Mercredi 27 février 2019 — Dernier ajout samedi 2 mars 2019

Ainsi s’écriaient les laïcards au début du XXe siècle, faisant écho à Gambetta qui affirmait « le cléricalisme, voilà l’ennemi ».

En fait, en stigmatisant les clercs catholiques, ces idées visaient l’Église. C’est encore ce qui ressort dans les Actualités.
Le pape François a surpris les chrétiens en employant le même mot « cléricalisme », mais dans un sens bien différent. Cette fois, dans sa lettre au Peuple chrétien tout entier, le pape demande d’adhérer aux racines de la Foi, rappelant le baptême qui, nous rappelle le théologien jésuite Christoph Theobald, enseignant au Centre Sèvres, « instaure un principe fondamental d’égalité entre tous les baptisés, et cela l’emporte sur tout le reste » et l’archevêque Michel Aupetit d’ajouter : « le christianisme est une religion de la liberté, mais il faut bien reconnaître que le pouvoir spirituel en son sein est parfois détourné à ces fins d’encadrement social. »
Le pape nous invite ainsi à modifier la gouvernance de l’Église Il est fini le temps où les paroissiens s’installaient dans une douce insouciance, abandonnant à Monsieur le Recteur la gouvernance, que dis-je, la gestion quotidienne de la paroisse. Que de fois les laïcs s’écrasent encore devant leurs curés, n’osant pas à les affronter ! On a vu naitre les EAP … trop souvent simples chambres d’enregistrement, où c’est le curé qui finalement décide seul. Au secours l’Esprit Saint !
Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! C’est une composante de la crise des abus sexuels dans l’Eglise. Les médias nous inondent d’informations à ce sujet confondant les abus cléricaux avec l’Eglise tout entière.
Avec courage, les victimes des pédophiles, les religieuses considérées comme harem sexuel par des prêtres et des évêques ont osé braver l’omerta. Et Dieu sait si les clercs aiment le secret !
La publication d’un livre sur l’homosexualité au Vatican révèle aussi des comportements inadmissibles et choquants. Au lieu de préciser que toutes ces turpitudes sont le fait des clercs, et non des fidèles, les médias emploient le mot Église. Dans le credo nous affirmons « je crois à la sainte Église catholique », assemblée des baptisés ; Église dont la tête est le Christ, et non le prêtre.
Oui, je crois en la sainte Église catholique … quand même !
La réunion autour du pape des présidents des Conférences nationales d’évêques a montré avec courage une certaine transparence ; gageons qu’elle sera suivie d’actes concrets. Les victimes ont eu droit à leur parole libérée, faisant mentir l’adage personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles. Pour Antigone de Sophocle, il n’avait droit qu’à la mort.
Le Christ a dit à Madame Madeleine Aumont à Dozulé : « rien ne doit être voilé de ce qui doit être révélé ». Merci à ceux qui ont bravé le silence ! Merci au pape qui n’a pas peur d’affronter des Princes de l’Église, au nom de l’Évangile.
Mais quelle honte, quel gâchis que cet étalage de mondanités, de déviances, de fautes ! Le pape y voit la marque de Satan ; ce genre d’agent ne se combat que par la prière, a dit Jésus.
Marana a tha, oui, reviens Seigneur Jésus, nettoyer les écuries du Temple.

Voir en ligne : Discours final du Pape – Sommet sur la protection des mineurs