Abbé Damien Ayola « Je vis des expériences, utiles pour mon ministère » Enregistrer au format PDF

Mardi 8 octobre 2019 — Dernier ajout samedi 2 novembre 2019

L’Abbé Damien Ayola est prêtre du diocèse de Djougou au Bénin, en mission sur la communauté pastorale du sud Goëlo (Notre Dame de la Mer-Étables sur Mer) depuis deux ans.

L’Abbé Damien Ayola est prêtre du diocèse de Djougou au Bénin, en mission sur la communauté pastorale du sud Goëlo (Notre Dame de la Mer-Étables sur Mer) depuis deux ans. Cet été, il est retourné dans son diocèse natal, pendant plus d’un mois.

Damien, au retour du Bénin, quelles sont tes premières impressions ?

J’étais heureux de revoir la famille, les amis, les confrères, retrouver ses habitudes … c’est d’abord un ressourcement nécessaire au niveau psychologique et moral. C’est aussi l’occasion de revoir son pays avec un œil nouveau. Ce à quoi j’étais habitué, je le vois autrement, avec des yeux colorés.
J’ai constaté que la pratique religieuse progresse, notamment de la part des jeunes qui prennent une part active dans la vie de l’Eglise. Ils participent beaucoup aux célébrations et les animent. Dans mon petit village où je suis resté, j’ai pu vivre les messes de semaine à 6 heures du matin avec un bon groupe régulier d’adultes, de jeunes et d’enfants.

Depuis le décès de Mgr Vieira, comment fonctionne le diocèse ?

Mgr Vieira, évêque de Djougou, est décédé en mars 2019. Depuis, le diocèse est géré par un administrateur apostolique, Mgr Pascal N’Koué, tout en demeurant archevêque de Parakou. Nous attendons avec foi et espérance la nomination par le Pape d’un nouvel évêque pour Djougou. Nous sommes dans une situation transitoire avec le statu quo sur certaines décisions.
Néanmoins, la préparation du jubilé est un grand projet qui mobilise le diocèse. Le diocèse de Djougou fêtera ses 25 ans en juin 2020. Nous sommes en effet une Eglise jeune et ce sera une grande fête pour tous les chrétiens, mais aussi pour nos frères et sœurs d’autres confessions, les musulmans notamment.

Comment évolue la situation politique au Bénin ?

Nous avons un gouvernement stable qui fait du « neuf ». Il y a en effet beaucoup de bouleversements dans la gestion du pays. Cela se traduit par une grande rigueur au niveau financier et un renforcement de la sécurité. Cela fait parfois des mécontents, mais on espère que cela produira de bons fruits dans l’avenir. Le pays n’est pas touché par le djihadisme mais les frontières avec le Burkina Faso et le Niger sont très surveillées.
Au niveau religieux, le pays est composé d’environ 30 % de musulmans (davantage au Nord qu’au Sud), de 35 à 40 % de catholiques et de 30 % d’autres religions (Evangélistes, protestants, témoins de Jéhovah, religion traditionnelle …). La cohabitation est pacifique entre toutes ces religions. L’Église catholique progresse, souvent au détriment de la religion traditionnelle (animistes). Il faut mettre en place de nouvelles paroisses, construire des églises, des écoles. Les vocations sont nombreuses mais restent insuffisantes par rapport aux besoins.

Cela fait maintenant deux années que tu es présent à Plérin. Que ressens tu ?

Mon séjour à Plérin est très positif. Les gens sont accueillants, bienveillants et réceptifs. Au fil des mois, je fais des expériences, très utiles pour la suite de mon ministère de prêtre ici et ailleurs.
Ici, il y a beaucoup de travail. On attend davantage de la jeunesse et des enfants. J’entends les voir plus nombreux aux cérémonies et s’y impliquer davantage. Nous devons tous être de véritables acteurs et ne pas nous contenter d’être des consommateurs de la religion. Un sacrement, comme par exemple le mariage, devrait entraîner une certaine « fécondité », une implication des jeunes mariés dans le fonctionnement de la paroisse, les mouvements, les associations d’Église, dans les célébrations … Au Bénin, les jeunes sont plus visibles, ils participent, prennent des responsabilités, animent, chantent.
Actuellement, l’essentiel de l’animation paroissiale repose sur la génération aînée. Nous demeurons cependant pleins d’espoir que « la racine de Jessé fleurira ». Pour cette rentrée 2019, un groupe d’une dizaine de jeunes couples s’est engagé dans les animations de célébrations et la catéchèse des petits enfants. Ce groupe est très ouvert et va encore s’agrandir. Les animateurs de la pasto-jeunes sont aussi à pied d’œuvre pour donner à la jeunesse le goût de l’évangile.