Abbé Didier Samne : « J’ai été accueilli dans la foi et la joie » Enregistrer au format PDF

Lundi 9 septembre 2019 — Dernier ajout mercredi 18 septembre 2019

Le père Didier Kiswenseda Samne termine son second séjour d’été dans la paroisse. Originaire du Burkina Faso, économe dans le diocèse de Banfora, il nous parle des projets de sa région et de la situation sécuritaire de son pays.

Quels sont les nouveaux projets dans votre diocèse ?

Banfora (120 000 habitants) dispose d’une structure médicale publique mais elle n’est pas suffisante par rapport à la population. Les congrégations de sœurs assurent aussi des soins dans leurs centres de santé et de formation sociale mais il faut aller à Bobo Dioulasso, distant de 85 km, pour bénéficier des services du Centre hospitalier universitaire (CHU). Le souhait et la volonté de notre Evêque est de prendre soin des corps, spirituellement et médicalement. Le paludisme ou malaria est la maladie la plus répandue dans la région, surtout en saison hivernale. Face aux besoins de la population, le diocèse a entrepris la construction d’un nouveau centre médical à Banfora. Il sera composé d’un dispensaire, d’une pharmacie, d’une maternité, d’un centre d’imagerie médicale et d’une structure opératoire. Le financement est assuré par la Fondation papale, la CEI (Conférence des Evêques d’Italie) et des contributions locales. En tant qu’économe diocésain, je suis chargé de superviser les travaux.

Banfora a également été choisi par l’Etat pour fêter le soixantième anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso qui aura lieu le 11 décembre 2020. Dans ce cadre, des infrastructures nouvelles (routes) sont en cours de construction, l’objectif étant que la région puisse rattraper son retard et exprimer à l’avenir, son potentiel économique.

Le pays voisin, le Mali, est en guerre. Quelle est la situation sécuritaire au Burkina Faso ? Dori, la région nord du Burkina Faso, est dans une situation sécuritaire préoccupante avec la présence de djihadistes. Ils s’en sont pris à la population. Au début, ils ont visé les militaires et les policiers puis ils ont essayé de provoquer des affrontements interethniques entre Peuls et Mossis. Ils se sont attaqués aux prêtres dans cette région du nord du Burkina Faso, en massacrant des chrétiens. Tout cela engendre des déplacements de populations et de la misère. L’Etat essaie de maîtriser au mieux la situation.

En tant qu’Eglise catholique, nous contribuons à rassurer la population afin d’éviter les heurts entre chrétiens et musulmans. Au Burkina Faso, 60 % de la population sont de religion musulmane et pour le moment, la cohabitation se passe bien. J’ai moi-même des oncles musulmans et ma maman a été musulmane avant de se convertir au catholicisme.

C’est votre second séjour dans la paroisse de Notre Dame de la Mer. Que ressentez-vous ?

Au Burkina Faso, nous avons une jeune Eglise puisque l’évangélisation date des années 1900. Nous sommes dans la jeunesse de la Foi. Ici, en Bretagne, nous sommes dans la persévérance de la Foi. En France, la foi et la pratique religieuse ont traversé des siècles. C’est un peu à l’exemple d’Israël, de la promesse à la réalisation, il y a des obstacles. Des chrétiens ont abandonné, d’autres ont persévéré. Ceux qui fréquentent l’Église en France aujourd’hui ont persévéré et prient pour le salut de tous. Malgré l’héritage de la Foi que nous avons reçu, l’homme est tel qu’il est, souvent dans la faiblesse. Dieu nous prend tels que nous sommes.

Lors de mes deux séjours à Plérin, j’ai reçu un accueil chaleureux, j’ai pu échanger sur plusieurs sujets avec les paroissiens. Et grâce à l’abbé Roland (ndlr Le Gal, curé), j’ai pu visiter la Basilique Sainte Thérèse de Lisieux, grand lieu de pèlerinage français ainsi que la fabrique de cloches de Villedieu-les-Poêles. Merci à toute la communauté de Notre Dame de la Mer de m’avoir accueilli.

Après une messe d'Action de Grâcce
Après une messe d’Action de Grâcce

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