Au gui l’An Neuf ! Enregistrer au format PDF

Vendredi 10 janvier 2020

Une des façons traditionnelles de s’offrir des vœux à la celtique est de s’embrasser sous le gui, soit à Noël, soit le 1er janvier.

Curieuse plante que le gui, c’est un parasite, un champion de l’assistanat. IL n’existe qu’en puisant de l’énergie dans des troncs d’arbre, voire dans des mourants. Quel vampire !

De tous temps, surtout immémoriaux, le gui a joué un grand rôle dans la mythologie antique et surtout celte. Théophraste au Ve siècle avant JC, le décrivait comme chargé de nombreuses vertus thérapeutiques. On en prend dans l’hypertonie, l’épilepsie, l’artériosclérose, et de nos jours pour renforcer les défenses immunitaires dans certaines affections cancéreuses.

En fait l’usage de s’en servir en cette fin d’année vient d’une confusion ; ce ne sont pas les Trégorrois qui me contrediront. La cueillette du gui se faisait le sixième jour de la lune. Le druide chamarré de ses atours proclamait : « O Ghel an Heu » en breton bien sûr, ce qui voulait dire « Le blé germe ». Car on est en cette fin décembre en plein solstice d’hiver : tout semble mort, mais comme on le chante à l’église :

Le grain de blé est enterré Pour mourir dans l’obscurité Un jour l’épi va se lever Pour mûrir au soleil d’été.

Le solstice d’hiver est chargé d’Espérance, la mort est un passage vraiment temporaire, la vie s’y cache, bientôt viendra le printemps.

Qu’ils étaient sages nos anciens ! Les druides, comme les grecs, voyaient dans ces petites branches pleines de jolies boules de gui, un symbole quasi sacré d’immortalité, de prospérité. Un beau message pour des vœux.

Panoramix, en druide populaire se trouve donc élevé en prophète. Loin de nous l’idée de vouloir consommer du gui, même en potion magique ; le gui est aussi un poison.

Retenons que d’échanger des vœux sous la branchette de gui est un geste sympathique, et porté d’Espérance qui souligne qu’en plein hiver, il est agréable de sentir que la vie est pleine d’avenir.