Baptisés et ministres ordonnés Enregistrer au format PDF

Lundi 20 mai 2019 — Dernier ajout vendredi 3 mai 2019

Pour comprendre les ministères dans l’Eglise, il nous faut partir du ministère de l’Eglise. Toute l’Eglise est ministérielle parce que tous les baptisés sont au service de l’annonce de l’Evangile.

Et le service, sous des formes variées, est constitutif de l’Eglise. Alors pourquoi des ministres ordonnés puisque nous possédons tous un sacerdoce commun, celui des baptisés, puisque nous participons tous, depuis notre baptême, à l’unique sacerdoce du Christ ?

Le sacerdoce des baptisés

L’Eglise est tout entière au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle, dans le prolongement du ministère du Christ et son actualisation. Pour exercer ce ministère global, l’Eglise a besoin de ministères particuliers. Pas seulement de ministères ordonnés, mais de toutes sortes de fonctions suscitées par les besoins de la mission, de la construction et de la communion d’une communauté. La variété de ces ministères est grande et de nombreux chrétiens en exercent un, de l’accueil à la catéchèse, de la communion portée aux malades à l’entretien de l’église, de l’accompagnement des familles en deuil à la préparation aux sacrements, du chant et la musique à l’aumônerie des jeunes etc … Mais le fondement de ces ministères est le même : le baptême. Autrement dit, pour exercer certaines fonctions dans l’Eglise, il n’y a pas besoin d’une ordination sacramentelle. Alors, pourquoi des ministres ordonnés ? Parce que, si dans l’Eglise, tous les baptisés sont appelés à exercer une fonction, ils ne le font ni de la même manière, ni au même titre.

Le sacerdoce ministériel

Il est question ici du ministère sacerdotal ; je n’évoquerai donc pas ce qui relève du ministère diaconal qui s’exerce sur un autre registre, celui du Christ-Serviteur.
Le ministère ordonné, spécialement sous son mode presbytéral, est là, pour signifier que l’Eglise, signe du Christ dan le monde, n’a pas sa source en elle-même. Une communauté ne peut se constituer elle-même en assemblée chrétienne. C’est le Christ, seul grand prêtre, qui la constitue. Le ministère des prêtres en est le signe ; il le manifeste, particulièrement dans la liturgie des sacrements. Collaborateurs de l’évêque, dès les débuts de l’Eglise, les prêtres se voient confier une responsabilité globale au service de tous les baptisés. Cette responsabilité se définit par trois aspects particuliers qui lui sont propres :

  • attester que c’est le Christ qui nous appelle à être ensemble les témoins de la Bonne Nouvelle.
  • se porter garant qu’une Eglise locale est bien celle des Apôtres et qu’elle est en lien avec l’évêque du diocèse.
  • Veiller à ce que la communauté locale demeure en communion avec toutes les autres communautés chrétiennes qui constituent l’Eglise.

Le prêtre n’est donc pas celui qui s’occupe de tout, en collaboration avec des laïcs. Il est celui qui, au nom du Christ, préside à la communauté, lui signifie son origine divine, garantit qu’elle est vraiment chrétienne. Il est celui qui permet à l’Eglise d’exister par la relation entre ses membres, la lecture, dans la foi, des évènements de la vie, la découverte des capacités de chacun, le non oubli des minorités, l’apprentissage à assumer les tensions entre la vérité et l’amour, le dépassement des clans et des clochers. Il rappelle sans cesse à l’Eglise son identité : Corps du Christ où tous les baptisés sont invités à prendre leurs responsabilités. Pour exercer ces tâches, le prêtre reçoit une grâce particulière donnée par le sacrement de l’ordre. L’Eglise a donc besoin de prêtres pour former, partout, d’authentiques communautés chrétiennes. Pour cela, ils ont également pour fonction d’annoncer l’Evangile, de rassembler l’Eglise, d’instruire dans la foi, de sanctifier par les sacrements. Ils veillent à l’épanouissement de la vocation des fidèles qui leur sont confiés, suscitent des ministères variés et développent l’esprit missionnaire.
Le ministère presbytéral est donc essentiel à une communauté chrétienne. Rien ni personne ne peut remplacer le prêtre puisqu’il est celui qui a reçu une grâce sacramentelle particulière pour nouer dans sa communauté, en une seule gerbe, les trois fonctions traditionnelles du peuple de Dieu : être prêtre, prophète et roi. Sans prêtre, l’Eglise n’est plus l’Eglise des Apôtres. La responsabilité de chaque communauté est donc d’appeler sans cesse au ministère presbytéral. Il y va de l’avenir de l’annonce de l’Evangile.

Voir aussi : Le ministre du baptême

Voir en ligne : Les « ministres ordonnés » : l’évêque, le prêtre et le diacre.