Bienvenue aux prêtres en service pour l’été

Bienvenue à l’abbé Léonard Munyangaju du Rwanda Enregistrer au format PDF

Dimanche 4 juillet 2021 — Dernier ajout mardi 27 juillet 2021
De gauche à droite : Abbés Roland Le Gal - Léonard Munyangaju - Charles Crispin Tshingana Mvunzi

Je suis né le 31/01/ 1982 au Rwanda (Mwendo-Ruhango). Nous sommes 12 dans la famille, dont 5 filles et 7 garçons. Je suis le fruit de la deuxième épouse de mon père, après la mort de la première. Malheureusement j’ai perdu ma mère à 4 ans, et mon père à 10 ans.

Je suis né dans une famille chrétienne. A 7 ans (l’âge scolaire), j’étais dans le mouvement d’Action Catholique, et membre de la chorale des enfants. Je suis admis au Grand Séminaire (2005-2012), et je suis ordonné prêtre le 11 août 2012 dans ma paroisse d’origine (Muyunzwe, Diocèse Kabgayi). Je suis nommé aumônier des jeunes au niveau diocésain, et une année après, la Conférence Episcopale du Rwanda m’a nommé le Secrétaire National de la Pastorale des Jeunes au Rwanda (ou Aumônier National des Jeunes) : 2013-2020. Aujourd’hui je suis étudiant à l’Université Pontificale Salésienne, la spécialisation dans la « Pastorale des Jeunes ».

Mon expérience pastorale est auprès des jeunes, et les grands moments vécus avec eux m’ont aidé à voir l’avenir de l’Église dans les mains de ceux qui sont aujourd’hui « jeunes ». Je me rappelle quelques grands moments comme la Journée Mondiale de la Jeunesse : 2013 (au Brésil), 2016 (Pologne), 2019 (Panama) ; et les autres grandes rencontres des frères de Taizé (Pèlerinage d’Espérance) : Taizé (2018), Benin (2016), Kigali (2012) ; et la participation au synode 2018 (dans la réunion pré-synodale 2018), etc.

Rwanda, un petit pays, au cœur de l’Afrique :

Situation socio-culturelle
Le Rwanda est un pays d’Afrique de l’Est : au Nord il y a l’Ouganda, le Burundi au Sud, à l’Est la Tanzanie et à l’Ouest la République Démocratique du Congo. Son paysage est caractérisé par une multitude de collines auxquelles il est souvent identifié, d’où le nom de « pays des mille collines ». Est un pays plus peuplé avec 12 millions hab., soit 525 hab. /km2 sur une superficie totale de 26 338 km2, (1/25 de la France). C’est l’un des pays les plus peuplé d’Afrique, les jeunes entre 0-30 occupent 70% de la population totale. L’alphabétisation est presque de 70%. L’histoire de ce pays est connue à partir des années 1090. Avant 1994, la population était repartie en 3 ethnies qui cohabitaient ensemble, et suite à la volonté de la reconstruction du pays après le génocide et la guerre de libération de 1994, le gouvernement a supprimé l’ethnie dans les documents officiels.
A propos de la culture, c’est un pays d’une même culture. Avant 1959, il y avait le pouvoir monarchique où tout était centré sur le roi. Depuis 1900-1918, les allemands occupaient le pays, et 1918-1962 (avec l’évènement de l’indépendance)le pays était occupé par le Belges. Les langues parlées c’est Kinyarwanda (langue maternelle et parlée partout dans le pays) et aussi une langue officielle, après c’est l’Anglais, le Français en fin le Swahili (langue de la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est).
La culture rwandaise est centrée sur la famille. La vache est un symbole de richesse et est devenue un signe de don entre les amis. Elle est utilisé dans la dot comme récompense ou cadeau de la famille de la fille. On cultive : haricots, sorgho, bananes, patate douces et maniocs. Et les boissons culturelles sont utilisées dans les cérémonies familiales : bière de banane (urwagwa), bière de sorgho (ikigage). La famille rwandaise est élargie jusqu’à la quatrième génération (parents-grands parents- arrières parents- arrière grands parents). Les autres signes des cultures,sont : les chants, proverbes, tambours, flutes, danses traditionnelle (ballets et art folkloriques) et la façon d’habillements traditionnels.

Economie
Le Rwanda, est un pays pauvre de l’Afrique subsaharienne. Plus de la moitié de la population vit de l’agriculture : c’est une agriculture non mécanisée sauf quelques plantations des grands propriétaires du thé, du riz, du café, de blé. Le niveau de vie est minime puisque le PIB est moins de 2 dollars par jour)., Les personnes qui arrivent à trouver un emploi, sont payées le minimum d’un dollar par jour, sinon les autres reste travailler pour faire vivre la famille (cultiver les champs).
La grande majorité de la population vit à la campagne. Elle, s’occupe de l’agriculture, de l élevage : Chaque famille a une vache et quelques petits bétails (chèvre, porcs, etc.) afin de fournir du fumier pour les cultures. Dans les petites agglomérations, il y a du commerce de détail, de l’artisanat et aussi de l’agriculture aux environs. Les villes y compris la capitale, sont les lieux où l’ on trouve les emplois dans différents secteurs (publics ou privés) où chacun a envie d’habiter. La migration des citoyens est fréquente (surtout chez les jeunes) de la campagne vers la ville (exode rural).
Les deux secteurs en avance, sont l’éducation et la santé. L’accès à l’éducation est presque gratuit jusqu’au niveau secondaire (Twelve Years Basic Education, 12YBE) . Avec le système de mutuelle de santé, le peuple a l’accès aux soins de base, par conséquent l’espérance de vie a augmenté depuis 2010, aujourd’hui il est autour de 68 ans en 2017,contre de 56,6 ans en 2015.

Les religions
Aujourd’hui, on compte plus de 1600 religions et sectes au Rwanda, mais celle qui sont reconnues par l’Etat c’est environ 900. Beaucoup de ces religions sont nées après 1994 avec des motifs différents. L’Eglise Catholique compte aujourd’hui 9 diocèses, 201 paroisses, environ 943 prêtres diocésains, 183 prêtres religieux, 2634 religieux et religieuses au service de la mission dans le pays et cela après 120 ans d’’évangélisation (1900). C’est une Eglise qui a traversé des moments difficiles entre autre le Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 et ses conséquences néfastes

La reconstruction du pays
Pour construire il faut se réconcilier, et comme pour monter, il faut d’abord descendre ! Le Rwanda a traversé une nuit de solitude, de trahison, d’angoisse, une nuit de désespérance, comme beaucoup le disent d’absence de Dieu. Oui Jésus a vécu cette expérience sur la croix jusqu’à ce que son cri soit écouté par ses bourreaux. Où était Dieu ? Il parait que Dieu était en train de préparer la place pour les accueillir. La violence collective a exterminé les innocents. Les orphelins, les veufs, les collines nues en témoignent.
Mais heureusement Dieu n’a pas abandonné son peuple, grâce à l’Église,à la volonté du gouvernement et des organisations internationales, le peuple est arrivé au niveau de la réconciliation. Le grand péché aujourd’hui pour un rwandais c’est de lui demander son ethnie, surtout pour les jeunes générations. Même, si il y a encore aujourd’hui des personnes qui se comporte Hutu ou Tutsi publiquement, ou qui le sentent intérieurement, ils ne peuvent bloquer le chemin de l’unité.la réconciliation a commencé et elle est appréciée. Les rwandais sans une exclusion aucune ont accès aux services indispensables tels que les études, la santé, l’emploi et la liberté religieuse.

La visite du président Macron, le 27-28 mai 2021
Cette visite officielle du Président E. Macron dans le pays des mille collines était attendue par beaucoup de rwandais. D’une part pour rétablir les relations diplomatiques Paris-Kigali recommencées par Sarkozy en 2010, d’autre part pour entendre la position de la France sur l’histoire du Rwanda depuis 1990, est plus particulièrement en 1994.
C’est vrai que c’est une vision politique entre deux pays, mais le peuple veut pour le moment une bonne relation qui n’oublie pas notre histoire, mais qui veut construire notre avenir, sans pour autant oublier le rôle de la France dans le développement du pays : l’éducation, la culture, l’économie etc.
Le président Macron face aux journalistes internationaux a montré sa volonté de collaboration avec Kigali et aussi sa compassion envers le peuple rwandais surtout pour ceux qui ont perdu les leurs durant le Génocide. On dit que c’est un président qui a laissé un héritage de milles citations dans un pays des mille collines. Nous voulons une politique qui unit et réconcilie le peuple non seulement du Rwanda, mais aussi celui de l’Afrique des Grands Lacs. Et c’est l’un des devoirs et le souhait de l’Église à travers la Commission de la Justice et paix.

Merci à l’abbé Léonard pour son témoignage.

Nous aurons aussi la joie d’accueillir :

L’abbé Charles Crispin Tshingana Mvunzi de la Congrégation de la Société des Missions Africaines, originaire du Congo Kinshasa viendra pour la deuxième fois dans notre paroisse du 30 juin au 31 juillet Voir les articles :
Abbé Charles Crispin Tshingani des Missions Africaines à Lyon
L’abbé Charles Crispin Tshingana Mvunzi

L’abbé Kosi Espoir Agidi prêtre étudiant à Paris au service du diocèse d’Evry-Corbeil Essonne du 1 août au 31 août. Voir les articles :
Abbé Kosi Espoir Agidi du diocèse d’Evry-Corbeil-Essonnes
L’abbé Kosi Espoir Agidi

Voir en ligne : Rwanda