Brit-titanique Enregistrer au format PDF

Lendemain d’un divorce, amour et mésentente cordiale.
Lundi 3 février 2020

Le divorce étant prononcé, il nous reste à recenser les biens réduits aux acquêts ; désormais place aux négociations pour partager les petites cuillers et la garde des enfants…

Il y a beaucoup à dire sur les relations entre la Bretagne et la Grande Bretagne. N’étaient les invasions de l’Ile d’Albion par les Scots, Vikings et autres nordistes, nous partageons une certaine celtitude, très vivante à Lorient.
Malheureusement, voulant se venger de la conquête de Guillaume le Conquérant au XIIe siècle, les anglais se sont installés militairement en France. Ils n’ont pas épargné la Bretagne, soutenant Jean de Montfort, contre Charles de Blois, pourtant bien défendu par le Connétable costarmoricain Duguesclin ! C’était au Moyen-âge.
Mauvaise impression d’antan ? Souvenirs de Corsaires malouins ? En tout cas un fond de mésentente « cordiale ».
Depuis ces temps Moyens-âgeux, de l’eau a coulé sous la Tamise et surtout en Bretagne.
Les guerres du XXe siècle ont vu d’heureux rapprochements entre Tommies et soldats français.Ils ont même accepté de se battre avec nous sous le bâton de maréchal français.

A Plouha, on aime évoquer la collaboration des maquis bretons avec les marins anglais dont le Père de Jane Birkin. Et les villages délaissés d’Argoat ont trouvé une nouvelle vie avec les expatriés d’Outre-Manche. N’oublions pas Dinard, si British avec ses English cottages. _ J’avoue être quand même indisposé d’entendre les anglais parler du « British Channel » alors que nous pensons que notre bras de mer est toujours « La Manche », c’est leur particularisme.

A propos de particularisme, ils sont un peu bizarres ces anglais. Ils font tout différemment : ils roulent à gauche, aiment la sauce à la menthe avec le bœuf bouilli, leur petit breakfast présente des saucisses, du bacon et des haricots. Ils ont 3 pronoms alors que nous n’en avons que 2 pour la troisième personne ; ce qui leur permet d’utiliser « it » pour un bébé et « she » pour une locomotive ! Pas étonnant que de Gaulle ait mis des réserves à leur venue à l’Europe.
N’oublions pas que ce sont des îles britanniques que nous est venu l’Évangile, Irlande et Pays de Galles, et que nos langues bretonnes et gaéliques ont des racines communes, que de villages s’appellent Kergrist, Kergus chez eux comme chez nous.

La Reine d’Angleterre recherche en ce moment un cuisinier formé à la cuisine française, ai-je lu. Que voilà un beau cadeau gastronomique et linguistique ! Alors que les animaux en anglais sont appelés vivants : ox, calf, sheep ( bœuf, veau et mouton ) dans leur assiette ils deviennent beef, veal et mutton, merci Guillaume le Conquérant, il reste un bel héritage !

Quant à moi, je continuerai pour bricoler à me servir de la clé anglaise, ou bien sûr il faut visser ou dévisser à l’envers. Et à Tréguier, j’appellerai toujours la grande tour : Tour Hastings.