Clémence, nouvelle déléguée au Secours Catholique

Lundi 12 novembre 2018 — Dernier ajout dimanche 28 octobre 2018

Clémence Chicaud est la nouvelle déléguée du Secours Catholique des Côtes d’Armor. Elle nous explique les principaux axes de travail du mouvement.

Clémence Chicaud est la nouvelle déléguée du Secours Catholique des Côtes d’Armor. Elle nous explique les principaux axes de travail du mouvement.
Agée de 31 ans, Clémence Chicaud arrive de la région parisienne où elle était directrice adjointe d’un Esat (ex-CAT). « Je cherchais un travail qui ait du sens », confie la jeune femme.
« Je découvre le Secours Catholique de l’intérieur. C’est une belle et grande association où se vivent tous les jours la fraternité, la solidarité et l’entraide, grâce à l’engagement de nombreux bénévoles ».
L’un de ses objectifs est de décliner au niveau départemental, le projet national du Secours Catholique 2016-2025. « Nous voulons contribuer, dans la mesure de nos possibilités, aux changements de la société au cours des prochaines années ».

En quoi consiste ce projet national ?

D’abord faire en sorte que les savoirs des personnes et des groupes en précarité soient reconnus et partagés pour créer des connaissances et des pratiques nouvelles. Les savoirs des personnes en situation de précarité sont souvent méconnus et méprisés. Leur prise en compte est pourtant fondamentale dans la lutte contre la misère et l’exclusion. La reconnaissance et le partage de ces savoirs doivent permettre à chacun de prendre une part active dans la transformation de la société.
L’accès pour tous aux droits, notamment à l’éducation et au travail, est notre seconde priorité. Pour cela, il est important d’avoir une approche globale de la personne ou des groupes et de l’indivisibilité de leurs droits. L’accès à l’éducation pour tous permet une meilleure insertion sociale des enfants, des jeunes et des parents. Il réduit les spirales d’exclusion et de stigmatisation des familles en précarité. L’accès à un travail décent doit être effectif pour tous afin que chaque famille puisse avoir les moyens de vivre décemment.

Le projet est également axé sur les territoires ?

Les territoires marginalisés doivent être revitalisés et les inégalités territoriales réduites. Les fractures culturelles démographiques, sociales et économiques ainsi que le déficit de droits, de services, d’infrastructures, marginalisent et génèrent de fortes tensions. Nous devons renforcer les capacités des personnes et des groupes pour qu’ils puissent agir sur le développement de leurs territoires, notamment en valorisant et en croisant davantage les expériences vécues en France.
Nous sommes persuadés que le temps partagé avec les personnes est aujourd’hui aussi important voire plus important que les distributions de vêtements ou de denrées alimentaires.

Que représente le Secours Catholique sur le département ?

Trente équipes locales sont réparties dans les Côtes d’Armor, auxquelles s’ajoutent des équipes travaillant sur des thématiques comme l’Escale Famille. Au total, le Secours Catholique mobilise plus de 550 bénévoles sur le département. Mais le réseau est plutôt âgé et certaines équipes ont du mal à se renouveler. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ainsi que les idées et initiatives nouvelles.
Durant l’année 2019, les équipes locales vont être mobilisées pour définir le projet départemental 2019-2024. Nous voulons que cette démarche soit très participative et parte de la base.

Vous avez engagé une collaboration avec la CAF ?

Notre collaboration consiste à faire remonter à la Caisse d’Allocations Familiales tous les dysfonctionnements qui font que certaines personnes ne perçoivent pas leurs aides. Nous essayons de cerner où sont les points de blocages. Cela entraîne souvent un changement de regard sur les difficultés des personnes en situation de précarité.
Dans un autre domaine, celui du chèque énergie, nous essayons de voir pourquoi il n’est pas utilisé dans certaines familles. Parfois, c’est la simple présence d’un logo officiel sur l’imprimé qui fait reculer les personnes qui préfèrent ne pas demander l’aide. Notre objectif est de partir du vécu des personnes à la base et de les accompagner dans la globalité de leurs problèmes au lieu de s’occuper simplement d’une distribution de vêtements ou d’alimentation.

Comment fonctionne Escale famille à la maison St Yves ?

Ce projet mis en place en 2017 par le diocèse et le Secours Catholique vise à accueillir, en journée, des familles en précarité. Dans les faits, principalement des familles migrantes sans hébergement. L’été 2018 a été très chargé avec parfois plus de 40 personnes par jour. Nous réfléchissons actuellement pour ouvrir les portes de l’Escale Famille à un public que l’on ne voit pas, notamment des familles ayant un logement mais qui pourraient bénéficier de l’entraide de ce lieu.

Les projets locaux se poursuivent ?

Les Amarrés du Légué vont reprendre leurs rencontres tous les 15 jours à partir du 9 novembre. Les goûters conviviaux seront mis en place une fois par trimestre. Nous favorisons surtout l’accompagnement à la demande sur la paroisse de Notre Dame de la Mer avec des visites à domicile, des aides administratives et en cas de besoin, des aides financières ou des avances remboursables.

Tous ces projets nécessitent des moyens humains mais aussi financiers ?

Oui, au niveau national, le budget global du Secours Catholique s’élève à 136 millions d’euros. Dans cette somme, les dons représentent 61 millions et les legs 36 millions. Plus de 70% de nos ressources proviennent donc de la générosité du public.
Cette année, la Journée Mondiale des Pauvres (18 novembre initiée par le Pape François, correspond exactement à la Journée Nationale du Secours Catholique. Notre département n’échappe pas à la misère et à la souffrance : personnes sans travail ou avec un emploi trop irrégulier pour percevoir un salaire décent, familles mono parentales, ou subissant handicap, maladie, difficultés liées à l’âge, épreuves personnelles liées à des violences ou discriminations, migrants fuyant la misère, marginalisation, grande solitude… Ce sont autant d’appels à l’aide et au soutien.
Le pape nous invite à nous retrousser les manches avec générosité, tendresse, enthousiasme, imagination pour inventer des actions concrètes et dynamiques pour qu’une réelle solidarité se perpétue pour les plus faibles, les plus seuls, les plus abandonnés dans notre société trop souvent individualiste et matérialiste.
En décembre, pour compléter les traditionnelles bougies, les bénévoles du Secours Catholique vendront un nouveau gâteau, « le fraternel » qui vient d’être créé par le chef Damien. Ce sera l’occasion de nouvelles rencontres et la possibilité de faire un geste avant Noël.

Le 18 novembre, à l’occasion de sa quête nationale, l’appel à la Charité du Secours Catholique sera relayé dans toutes les paroisses afin de permettre à la communauté chrétienne de soutenir les actions du Secours Catholique auprès des plus démunis.
Cette année, la Journée Mondiale des Pauvres initiée par le pape François se tiendra le même jour que la journée nationale du Secours Catholique. Elle donnera à leur engagement une résonance particulière et nous rappellera combien la fraternité entre tous est essentielle. Faisons leur bon accueil.