De Plérin à St Jacques de Compostelle Enregistrer au format PDF

Dimanche 7 octobre 2018

Alain Focon de Plérin est un passionné de vélo, il vient d’effectuer le chemin de St Jacques de Compostelle.

Alain Focon de Plérin est un passionné de vélo, il vient d’effectuer le chemin de St Jacques de Compostelle.

Président pendant 6 années du club des cyclotouristes de Plérin, Alain est un adepte des grandes distances. Il a déjà à son actif : 3 Paris-Brest, un tour de Bretagne, les châteaux de la Loire …. Il adore découvrir les paysages par les petites routes et les routes secondaires.

Votre dernier challenge : pourquoi St Jacques de Compostelle ?

Je suis toujours à la recherche d’un défi. Deux collègues m’ont parlé du circuit du Camino Français conduisant à St Jacques, alors je me suis dit pourquoi pas ? Nous avons mis un an à préparer notre projet.

Vous dites « nous » ?

Oui car j’ai préparé ce circuit avec mon épouse. Elle m’a accompagné avec le camping car. C’était aussi un défi pour elle, car elle ne l’avait jamais conduit auparavant.

Comment vous organisiez vous ?

Je roulais entre 80 et 150 km par jour selon les difficultés de l’étape et je rejoignais mon épouse le midi et le soir. Je reconnais que j’ai effectué ce challenge avec un certain confort comparé aux pèlerins qui, avec le sac sur le dos, doivent trouver un hébergement chaque soir.
J’ai traversé la France de Plérin à St Jean-Pied-de-Port, puis les Pyrénées par le col de Roncevaux et enfin j’ai pris le Camino Français pour la partie espagnole. Cette dernière partie nous conduit à travers les villes : de Pamplune, Logrono, Burgos puis la région de la Méseta et les montagnes espagnoles du Léon et enfin la Galice.

Quelles étapes vous ont le plus marqué ?

Les étapes qui m’ont le plus marqué ce sont le col de Roncevaux et la croix de fer après Fonce Badon.
Roncevaux c’est une étape de montagne. Le franchissement des Pyrénées est un passage obligé, une épreuve physique et morale, mais c’est une étape fascinante.
La croix de Fer, dressée à 1500m, dans un décor de landes, dégage une atmosphère particulière. Au pied de cette croix les pèlerins déposent la pierre portée dans leur sac à dos. Cette pierre apportée par chacun représente les faiblesses, les défauts, toutes les choses dont on veut se décharger … On y trouve toutes sortes d’objets : des pierres, des chaussures, des doudous, des rubans …..
Sur le chemin nous rencontrons beaucoup de jeunes et des pèlerins du monde entier. Nous sommes bien accueillis partout ou nous passons, on nous encourage et parfois nous offre à boire. Nous faisons tamponner notre crédencial à chaque étape.
L’arrivée à Santiago est pleine d’émotion. Enfin le but est atteint. La ville fourmille de pèlerins. Il règne une atmosphère de retrouvailles pour ceux qui se sont croisés, un jour ou l’autre sur le chemin.
La cathédrale ne désemplit pas et nous sommes étonnés de la dimension de l’encensoir qui se balance au dessus de nos têtes. On se sent en communion avec les pèlerins présents.
A Santiago le plus long a été de récupérer la Compostella. Ce document certifie que nous avons bien fait la totalité du chemin. Vu le nombre important de pèlerins la file d’attente est très longue.
Pour que notre périple soit complet nous avons été jusqu’au Cap Finistère, Autrefois les pèlerins y brûlaient leurs vieux vêtements en signe de renouveau.

Quel bilan faites-vous de ce chemin ?

Ce chemin est porteur de sens. On ne revient pas indemne, on est transformé. Cela nous donne envie d’une vie plus simple.
Pour mon épouse et moi même cela a été un défi. Nous l’avons préparé à deux et nous avons atteint notre objectif.
Je suis prêt à renouveler ce chemin même pour accompagner quelqu’un qui le souhaiterait.
Alain passionné de vélo est prêt à d’autres défis tant que la santé le lui permettra.