Homélie de la Veillée de Noël 2018

Lundi 24 décembre 2018
Mercredi 26 décembre 2018 — Dernier ajout mardi 8 janvier 2019

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi »

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi »

Chers amis, voilà les premiers mots de la liturgie de la Parole de cette nuit sainte. Ce peuple dont parle le prophète Isaïe comme nous l’avons vécu dans la veillée tout à l’heure, c’était autrefois les Galiléens déportés en Assyrie, plongés dans les ténèbres de l’humiliation et de la souffrance. Aujourd’hui, nous nous identifions aisément à ce « peuple qui marchait dans les ténèbres » avec tout ce que nous vivons de déstabilisant : réchauffement climatique, pauvreté, crime, injustice maladies incurables, xénophobie, familles en difficulté… je ne voudrais parler de la crisse que nous traversons actuellement dans le pays… Autant d’inquiétudes et de souffrances humaines qui défigurent l’humanité et la plongent plus que jamais dans les ténèbres. Et c’est justement dans cette nuit enténébrée, nuit sans lune ni étoile, que l’enfant Jésus choisit de naître.

Je nous invite à regarder, contempler et méditer le mystère de ce petit enfant dont nous fêtons la naissance à Bethleem… C’est l’hiver. Joseph et Marie ont été invités à un recensement auquel ils n’avaient pas accès, parce que pauvres. Et personne n’a voulu les accueillir, ni dans les maisons, ni dans les auberges. Ils ont dû ressentir en ce moment, ce que pouvait signifier pauvreté, rejet, manque de générosité et de solidarité. Ils n’avaient alors qu’à se contenter de l’inconfort de l’étable : le froid d’hiver, de la cohabitation des animaux, des moustiques, des chiques… Et c’est dans ces conditions que le Fils de Dieu nait. L’autre jour, à la célébration avec les maternelle de l’école Notre-Dame j’ai demandé : « qui étaient témoins de la naissance de Jésus ? » ils m’ont unanimement répondu : c’est le mouton, l’âne, le bœuf… Et ils avaient raison. En dehors des deux parents Marie et Joseph, les animaux de l’étable et leurs bergers étaient les seuls témoins de l’événement inédit. J’aurais volontiers voulu être l’âne ou le bœuf ce jour-là.

Au-delà de ce que cela représente comme cène, voyons comment Dieu nous aime ! Voyons comment il se donne à nous. Il se dépouille de tout pour descendre dans notre condition humaine, comme un petit enfant dans la mangeoire des animaux…

A l’occasion de cette fête, je sais qu’il y a beaucoup de familles, beaucoup d’amis qui se sont retrouvées ensemble pour fêter. Et c’est bien beau. J’imagine la joie que cela apporte aux uns et aux autres… Mais je voudrais que cette fête soit vraiment pour chacun et pour tous une vraie source de joie et de bonheur qui ne s’arrêtent pas à cette fête, mais pour toute la vie. Je voudrais surtout que ces moments qui nous rassemblent puissent nous aider à mieux nous aimer, mieux nous ouvrir et accueillir la tendresse de Dieu qui nous rejoint dans tous les moments de lumière et d’obscurité que nous pouvons traverser. Le dessein de Jésus en venant dans le monde et dans des conditions si pénibles est d’être accessible à tous (nous l’avons entendu tout à l’heure dans la crèche).

Un chant de Noël dit que Jésus dans la crèche pleurait le péché d’Adam. Mais je pense qu’aujourd’hui il lui arrive de continuer à pleurer notre indifférence, si ce n’est pas notre complicité face au monde qui souffre de toutes sortes de maux. Il pleure tous les affamés, les sans abris, les exilés et tous ceux qui souffrent, victimes de l’insouciance et de la mauvaise volonté de l’homme. Il pleure les feux que nous allumons partout dans le monde. Il pleure si nous manquons d’engagement en tant que chrétien. Il pleure s’il ne trouve pas assez de place dans nos cœurs pour venir y rester et vivre avec nous.

Mais il se réjouit, il jubile de joie de nous voir heureux, et semer autour de nous rien que de la joie, rien que du bonheur, rien que de la paix. Il se réjouit quand il trouve dans le fond de notre cœur une petite place qui lui est réservée.

Bonne fête à tous et à toutes, et que le petit enfant divin de Bethléem soit toujours avec vous.

Documents à télécharger