Homélie de Pâques 2019 Enregistrer au format PDF

Samedi 20 et dimanche 21 avril 2019 - Étables sur mer et Pordic
Mardi 23 avril 2019 — Dernier ajout lundi 22 avril 2019

Frères et sœurs,

La surprise a été à son comble et empreinte d’émotions lundi soir lorsque nous étions des spectateurs impuissants face au feu qui ravageait Notre Dame de Paris. Comment l’inimaginable pouvait advenir sous nos yeux ? Comment accepter de voir tout un symbole de notre identité, de notre patrimoine, de notre histoire commune, être la proie des flammes ? Mais la surprise n’est pas l’étonnement du matin de Pâques.

En effet, sommes-nous encore capables de vivre des périodes d’étonnement ? Dans ce monde où l’information circule très vite. Dans ce monde où l’immédiat a pris le pas sur la durée. Dans ce monde où les images et les paroles se succèdent continuellement. Dans ce monde où nous laissons facilement nos sentiments, notre émotivité, prendre le pas sur la raison, sur le discernement. Dans ce monde complexe et en constante ébullition, sommes-nous capables d’étonnement ?

Étonnement de l’arrivée des femmes au tombeau.

Quelques femmes se rendent au tombeau, dès l’aurore, pour aller prendre soin du corps d’un défunt. Et voilà qu’en arrivant au tombeau, elles sont toutes étonnées de constater ce qui vient de se passer. Le tombeau n’est plus fermé. La porte est grande ouverte. Dieu nous ouvre, par son Fils, à tout jamais, la porte de la Vie. Le défunt n’est plus là. Il a disparu à leurs yeux, à leurs regards. Il est présent autrement à leur vie de femmes : Il les rejoint sur les chemins de la vie. Il s’approche d’elles, sous des formes diverses, pour leur annoncer que la Vie a triomphé de la mort, que l’Amour a triomphé de la haine.

Étonnement de Pierre et de Jean au matin de Pâques.

Cette expérience d’étonnement qu’elles viennent de vivre, elles ne peuvent pas la garder pour elles. Avec le don de l’Esprit, elles sont entraînées à témoigner de la Bonne Nouvelle : Le Christ est ressuscité, Alléluia !
Voici qu’à leur tour, à la suite de ces femmes, symboles de la vie donnée, de tout enfantement, les disciples Pierre et Jean accourent au tombeau pour confirmer leur étonnement. « Il vit et Il crut », nous dit l’évangéliste St Jean. « Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé », nous dit l’évangéliste St Luc.
L’incroyable, l’impensable, vient de se réaliser. Alors que la mort de Jésus-Christ sur la Croix avait été vécue par certains comme un scandale et par d’autres comme une folie, et que cette mort anéantissait tous les projets, voici que le tombeau ouvert vient manifester une étonnante nouvelle : Dieu, en son Fils Jésus, nous fait entrer dans son projet, par un lien de vie et d’amour que rien ne pourra défaire. Avec le Premier-né du matin de Pâques, nous sommes entraînés dans le sanctuaire du Dieu de l’Alliance où il nous fait entrer en tant que personnes sacrées, personnes dont la vie de maintenant, d’hier et de demain, est pleinement enveloppée de la lumière de la Résurrection.

Étonnement de ce que Dieu continue de faire pour nous et avec nous…

Oui, en ce jour de Pâques, Dieu nous invite, à la suite des premiers disciples, à entrer dans cette attitude d’étonnement. L’étonnement nous oblige à nous laisser bousculer en tout notre être intérieur et à faire de la place à la nouveauté. Que signifie aujourd’hui, dans notre monde, cette capacité à s’étonner ? C’est déjà, s’étonner par les beautés et les joies que Dieu nous procure dans notre quotidien, lors d’une naissance, lors de la demande d’un baptême (comme celui que va vivre Clémence dans un instant), lors d’une embauche, lors d’une guérison. C’est à la fois s’étonner et savoir le remercier. C’est aussi, s’étonner des progrès que moi-même ou les autres nous accomplissons dans ce cheminement. Non pas pour en tirer de la gloire ! Mais pour souligner que par une confiance en moi, dans les autres, Dieu, Père de Jésus-Christ, m’aide à m’accomplir, à m’épanouir, et à mettre mes charismes au service du plus grand nombre, contribuant ainsi à un plus d’humanité, à un plus de justice, à un plus de vérité.
Continuer de s’étonner de la Résurrection du Christ-Jésus, pour que cet événement ne soit pas cantonné dans une histoire du passé, comme un magnifique souvenir. Le pape François dans l’exhortation qui vient de paraître suite aux synodes des jeunes, écrit notamment, parlant du Christ : « S’il vit, alors il pourra être présent dans ta vie, à chaque moment, pour la remplir de lumière. (…) Car Il n’est pas seulement venu, mais il vient et continuera à venir chaque jour pour t’inviter à marcher vers un horizon toujours nouveau. » (N°125) Oui, frères et sœurs, en ces jours où nous sommes meurtris dans notre chair, laissons le Christ nous remettre sur un chemin d’espérance pour qu’Il continue de nous étonner des merveilles qu’il accomplit en chacun de nous, des merveilles qu’il accomplit par le déploiement des qualités, des charismes de chacun, au service de l’ensemble.

Rendons grâce ce soir (ce matin), pour ce Dieu de la Vie qui continue de nous surprendre et qui, en son Fils Jésus et le don de l’Esprit Saint, ne cesse de faire « toutes choses nouvelles », et nous invite à œuvrer pour le Bien.

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