Homélie du 12e dimanche Ordinaire - Année A - Enregistrer au format PDF

Dimanche 21 juin 2020
Lundi 22 juin 2020

Chers amis,

En méditant le texte de Jérémie que nous venons d’entendre en première lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux différents mouvements de marche, de protestation aux Etats Unis, ici en France et un peu partout dans le monde. Comme tant d’autres, ces mouvements de protestation rendent compte de la souffrance de milliers de nos contemporains qui se voient blessés dans leur dignité, lésés dans leur humanité propre. Nous avons certainement des amis ou connaissances dans en proie à cette injustice ou justice partisane. Pour des raisons d’opinion, de politique, d’économie, de travail, de couleur de peau, de religion, on voit facilement sa tête mise à prix. Et nous-mêmes, il nous est peut-être arrivé d’expérimenter cette douleur dans notre chair, parfois venant de la nature, des vicissitudes de la vie dirons-nous, mais souvent venant plutôt de la méchanceté humaine. Comme Jérémie, on est alors à bout de souffle, parce que vivant dans une société qui ne nous accueille pas.
Chers amis, c’est dans ce monde aux contours multiples et multiformes que nous nous voyons une fois encore envoyer aujourd’hui pour annoncer l’Evangile, la Bonne Nouvelle, à tout le monde et plus précisément à ces désespérés de la vie. Il est vrai, comme toujours, nous sommes confrontés à cette réalité de tous les temps. Nous continuons à nous poser ces questions fondamentales de notre engagement : Comment confesser ou professer notre foi chrétienne dans notre vie d’aujourd’hui, aux carrefours de méfiances religieuses, de recherche de pouvoirs, de recherche de matérialisme, de la croissance de courants de pensées aux multiples facettes, de doctrines, et de l’avancée de la technologie des réseaux sociaux… ? Comment allons-nous proclamer l’Évangile dans ce monde souffrant de crises identitaire, sociale, économique, structurale et culturelle ? Tels sont les problèmes et les défis d’une mission authentique aujourd’hui à la suite et à l’invitation du Christ. Ceci confirme qu’être un disciple de Jésus n’est pas une chose aisée. Beaucoup d’entre nous attendent des paroles caressantes, des paroles qui consolident leurs positions. C’est alors qu’ils sont sous le choc des paroles prononcées par le prophète Jérémie sous forme de confessions. Certes, Jérémie en payera le prix mais sa foi en cette parole est plus forte que les menaces de ses détracteurs. Il va même prédire que ceux-ci connaîtront l’échec cuisant. Il prévoit leur sort surtout ceux qui refusent le messager de la Bonne Nouvelle. Car lui, il compte sur la fidélité et la puissance de son Seigneur. Et nous, aujourd’hui avec le Christ, dans l’évangile de Mt (Mt 10, 26-33), nous vivons une promesse exhortative pour les messagers de la Bonne Nouvelle et pour la vie des premières communautés chrétiennes secouées par des persécutions de toutes sortes. Apparemment, on est tenté de dire que cette époque n’est pas loin de la nôtre ou qu’il y a une similitude avec notre temps d’aujourd’hui sous les couleurs de l’épidémie et l’insatisfaction sociale que nous vivons.
Hier comme aujourd’hui, la peur, la panique, l’appétit de matérialisme peuvent saisir les disciples de Jésus dans ces moments déstabilisants. Le Christ, à travers l’évangéliste Mt nous parle avec fermeté : le grand risque du missionnaire serait de garder secrète la Bonne Nouvelle du Royaume qui naturellement doit être portée à la connaissance de tous les hommes et toutes les femmes. C’est pourquoi, il exhorte ses disciples à sortir de leurs communautés closes et classiques pour aller proclamer au grand jour les merveilles de Dieu. La vérité de l’évangile ne doit pas être panachée ou être marchandée aux caprices de l’esprit du monde. C’est ainsi que nos communautés chrétiennes seront jugées sur cette attitude. Pour elles, la honte ne serait ni l’échec de la prédication, ni la persécution, mais plutôt la fuite devant le risque de l’Évangile.
Bien aimés dans le Christ Jésus, nous sommes donc prévenus, efforçons-nous de suivre celui que nous aimons tant et qu’il a donné sa vie comme Don total pour nous, Jésus le Nouvel Adam par qui la mort n’a aucune emprise sur nous et par qui Dieu a répandu sa grâce et sa justice en abondance sur la multitude des hommes et des femmes dans la mouvance de son Esprit.
Chers amis, dans la foi et la confiance, avançons dans la vie et dans la foi, les armes du Christ à la main.

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