Homélie du 1er novembre 2019 - double fraternité … Enregistrer au format PDF

Vendredi 1er novembre 2019 — Dernier ajout lundi 4 novembre 2019

Frères et sœurs,

Nous sommes réunis ce matin (ce soir) dans cette église pour célébrer la fête de la Toussaint. Le fait que cette fête se situe la veille de la commémoration de tous nos chers défunts, a fait de la Toussaint une fête marquée par la tristesse, la souffrance, la blessure, d’avoir perdu un être cher. Même si nous avons que nous sommes des mortels et que notre vie sur la terre est limitée dans le temps et dans l’espace, il demeure que lorsque nous sommes confrontés à la mort, à la disparition, au départ de l’un des nôtres, nous sommes touchés en plein cœur.

Dans la première lecture, le rédacteur du livre de l’Apocalypse, nous livre dans un style imagé et symbolique, sa compréhension de la vie éternelle. Or, il écrit notamment : « J’ai vu : et voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer… » En effet, célébrer la Toussaint c’est célébrer une fête joyeuse car elle est la fête d’une double fraternité : la fraternité du ciel et la fraternité de la terre.

En Jésus-Christ mort et ressuscité, nous sommes tous frères parce qu’enfant de ce même Dieu Père. Ainsi, dans la foi, nous croyons que nous vivons au quotidien cette « communion des saints » où nous sommes en même temps reliés à tous nos amis du ciel qui nous ont précédés dans le Royaume de la vie éternelle et reliés, sur terre, aux uns aux autres dans une même communion. Celui qui fait ainsi notre unité c’est Jésus-Christ, lui qui, dans son identité, est à la fois le « vrai Dieu et le vrai Homme ».

Cette double fraternité témoigne de notre double d’origine. En effet, par nos familles, nous héritons de la nature humaine qui fait de chacun de nous des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, qui sont appelés à vivre ensemble sur un même territoire et à composer pour rechercher à bien vivre ensemble, dans le respect de nos droits et de nos devoirs personnels et collectifs. D’autre part, par notre foi en Jésus-Christ qui nous montre le chemin pour se diriger vers le Dieu de la Vie et de l’Alliance, nous sommes nés à la vie de Dieu, notamment par notre plongeon dans les eaux du baptême, et par notre communion à sa vie de Ressuscité, lorsqu’Il nous nourrit de sa Parole et de son Pain de vie.

Cette double fraternité, en ces temps troublés que nous vivons, notamment par un risque de repli sur soi et de rejet de celui que nous considérons comme l’étranger, est une invitation, en cette fête de la Toussaint, à nous laisser façonner et interpeller par tous ces saints et saintes de Dieu de nos familles, de notre culture, de notre peuple, qui nous sont donnés comme des modèles de vie selon l’esprit de l’Evangile. Par toute leur vie, par leurs paroles et par leurs actes, ils ont vécu de l’esprit des Béatitudes : « Heureux, vous les pauvres de cœur car le Royaume des cieux est à vous ». (Selon Mt5) Car la sainteté n’est en aucun cas une recherche de la perfection voire même de la performance pour gagner des sommets voire même des compétitions. Elle est cette invitation que le Christ nous fait, comme autrefois à ses disciples de Galilée, de marcher à suite et de donner, au cœur de toutes nos préoccupations, la place à Dieu qui respecte notre liberté et ne s’impose pas mais désire notre bonheur, notre épanouissement, notre adhésion à cette double fraternité où nous sommes à la fois, selon les mots de Saint Paul : « citoyens du monde et citoyens des cieux. »

Frères et sœurs,

A l’intercession de tous les saints et saintes de Dieu qui nous ont précédés sur le chemin de cette vie et dont les noms sont à jamais inscrits dans le cœur de Dieu, rendons grâce dans la prière de l’Eucharistie pour tous les signes du quotidien qui vont dans le sens d’une fraternité vraie, réelle, éternelle.

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