Homélie du 26e dimanche ordinaire B - 30 septembre 2018 - Enregistrer au format PDF

Lundi 1er octobre 2018 — Dernier ajout lundi 22 octobre 2018

Chers amis,

Les textes sacrés du dimanche dernier nous avaient permis de réfléchir sur notre vie chrétienne comme une vie d’humilité, de simplicité et de service de Dieu et du prochain.

Aujourd’hui, la liturgie tient surtout à nous libérer de tout ce qui peut nous détourner de ce chemin de conversion et de vie. Le livre des nombre parle d’une certaine rivalité au sujet du don de l’Esprit. Sur la route vers la terre promise, les hébreux n’étaient qu’un peuple d’esclaves. Moïse avait été choisi par Dieu pour les conduire vers la liberté. Mais comme la charge devenait trop lourde pour lui, il a réparti son pouvoir en nommant des responsables, les 70 anciens sur qui Dieu promet de répandre son Esprit.

Mais un problème se pose : deux hommes, Eldad et Médad se mettent à prophétiser alors qu’ils ne font pas partie de ce cercle d’élus, les 70. Josué s’indigne et les dénonce à Moïse. Il leur reproche un « exercice illégal de prophétie ». Nous avons pratiquement le même scénario dans l’évangile. Jean, l’un des apôtres s’indigne de voir un homme chasser des esprits mauvais au nom du Christ et veut l’en empêcher, parce qu’il ne faisait pas partie du groupe ! Mais l’Esprit de Dieu lui, est persévérant et inventif et libre. Il va reposer sur deux hommes qui n’étaient pas présents dans l’assemblée des soixante-dix anciens, comme sur cet intrus qui ne fait pas partie des douze. Ce qui atteste que l’Esprit souffle où il veut, quand il veut, comme il veut, qu’il peut prendre des chemins de travers et agir à sa guise, hors des institutions et des institués. Nous chantons bien Dieu écrit droit avec des lignes courbes ! Josué et Jean réagissent tous les deux de la même manière. Ils considèrent que Moïse ou Jésus sont leur propriété exclusive, et qu’eux seuls, qui ont été appelés, sont légitimement habilités à parler, à libérer, à agir en leur nom. Ils veulent tracer les chemins de Dieu à la règle, droits…

Le Christ aujourd’hui nous libère contre cette vision sectaire : Qui n’est pas contre lui est pour lui, qui ne détruit pas ce qu’il a construit, construit aussi avec lui. L’esprit de Dieu n’est pas enfermé dans une institution. Cela peut nous aider aussi à voir notre manière de réfléchir notre société, notre Eglise, nos responsabilités, nos propriétés privées : c’est pour moi, c’est mon enfant, c’est ma place, c’est chez moi, c’est ce que moi, je veux… Nous sommes des chrétiens catholiques, ce qui signifient universels, sans limites ni bornes, mais évidemment sans mélange ni ambigüité non plus puisque le Christ nous prévient du scandale des petits, des faibles. Il nous recommande de réfléchir aux choix que nous faisons dans notre vie : "Si ta main ta main, ton pied, ton œil t’entrainent au péché, arrache-les et jette-les loin de toi. Il vaut mieux pour toi rentrer au ciel avec un membre en moins que d’aller tout entiers dans la perdition avec tous tes membres".

Chers amis, nous comprenons bien que le Christ ne nous parle nullement de mutilation, mais il s’en prend à nos choix, à nos chemins, à nos visions qui parfois prennent de mauvais trajectoires, déraillent et nous conduisent, loin de Dieu, loin du bon sens, loin du bien des hommes. Actuellement, nous sommes en pleine réflexion sur la bio-éthique, et moi j’ai peur…, j’ai peur qu’on porte atteinte au bien-être intégral de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes.

Laissons-nous alors envahir par la parole de Dieu. Le Christ nous demande de couper et de trancher. Il nous demande de rompre d’une manière catégorique avec ces habitudes, ces chemins, ces regards, ces idéologies et même je dirais parfois ces fonctions, ces amitiés, ces compagnies, ces clubs qui ne nous entraînent pas forcément au bien. Le Seigneur attend de nous un véritable retournement et une tension permanente vers le bien : que notre main soit toujours tendue vers lui et vers les autres, que nos pieds marchent à la suite de Jésus, que nos yeux voient les autres avec le regard même de Dieu, un regard plein d’amour et de tendresse.

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