Homélie du 27e dimanche ordinaire - A St Quay-Portrieux Enregistrer au format PDF

Dimanche 04 octobre 2020 (Rentrée/PF/1re des communions/ Fête de Ste Mère Théodore)
Dimanche 4 octobre 2020 — Dernier ajout samedi 3 octobre 2020

Frères et sœurs,

Le texte d’évangile que nous venons d’entendre se fait l’écho que tout au long de l’histoire les relations entre les êtres humains ne sont pas de tout repos. Ces relations peuvent être empreinte de violences, de conflits, qui ne font ni progresser le Royaume de Dieu, ni progresser la nature humaine.

Dans la Parabole que Jésus utilise pour parler de la manière dont Dieu, son Père, a voulu entrer en relation avec l’être humain, soit comme individu, soit comme peuple, ce Dieu a toujours rencontré des obstacles, des refus, des rejets. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui est arrivé à tous les prophètes qui ont précédés Jésus, dont le dernier, Jean le Baptiste ? N’est-ce pas ce qui est arrivé à Jésus à la fin de sa vie terrestre ? Au début, les personnes venaient à lui, étaient heureux de le rencontrer, de l’accueillir chez eux, et au final, lorsque ses paroles viennent à déranger les autorités politiques et religieuses, soucieuses de préserver leurs pouvoirs, il ne reste que quelques femmes pour l’accompagner sur le chemin du calvaire, même les Apôtres sont partis.

Oui, toute rencontre est délicate. Nous pouvons refuser de tendre la main à quelqu’un et d’accepter la main tendue, parce que nous avons déjà catalogué, jugé la personne. Et notre jugement est sans appel. Or, avec Jésus nous sommes appelés à vivre chaque rencontre comme une expérience de nouveauté, une expérience à vivre en douceur, à vivre en patience, en se donnant du temps pour mieux découvrir l’autre dans sa particularité, pour mieux s’apprécier mutuellement dans le respect de nos différences.

Vous les jeunes qui allez, aujourd’hui dans cette église, professer votre foi, vous ne vous êtes pas choisis. En marchant ensemble lors des rencontres, lors des temps forts, lors de la Retraite à Créhen, vous avez accepté de vous accueillir dans vos différences et de vous respecter. En famille, au collège, dans d’autres lieux de vie, vous vous retrouvez avec des personnes que vous n’avez pas choisies mais qui vous sont données à aimer, à respecter, à découvrir. Faire profession de foi ce matin, c’est redécouvrir que vous voulez avancer dans la vie en mettant votre confiance en ce Dieu, Père de Jésus-Christ, qui fait de chacun de nous des frères, des sœurs, aimés de Dieu et appelés à vivre chaque moment dans la recherche de la Paix, dans la volonté de mettre nos talents au service du plan grand nombre et en premier lieu des plus petits, des plus fragiles, des plus faibles.
Vous, les enfants (Pierre, Gabriel, Océane) qui allez, aujourd’hui, communier pour la 1re fois au Corps de Jésus, vous allez recevoir dans vos mains et dans votre corps, plus qu’un morceau de pain. L’hostie, qui est composée de la même matière que le pain (eau et de la farine), va devenir par l’appel de l’Esprit-Saint sur ce pain, le Corps de Jésus. Aussi, dans la foi, lorsque vous répondrez tout à l’heure Amen lorsque je vous montrerai et donnerai le Corps du Christ, vous direz, chacun pour vous et tous ensemble : oui, ce que je reçois c’est vraiment le Corps de Jésus autrement dit la Vie de Jésus qui me met en relation avec Dieu son Père et qui fait de moi, par cette communion, et grâce à l’Esprit Saint, d’être frère ou sœur de tous les autres amis de Jésus.

Toi, Océane, tout à l’heure tu vas être baptisée au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Par 3 fois, je verserai de l’eau sur ta tête en disant au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. C’est pour toi une invitation à croire en ce Dieu d’amour et de bonté qui désire ton bonheur et qui, par le baptême, te dit de tout son cœur : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi je mets toute ma confiance, en toi je mets tout mon amour. »

C’est dans cette relation de confiance et d’amitié que Sainte Mère Théodore, de son nom de baptême, Anne-Thérèse Guérin, s’est lancée dans l’aventure à la suite de Jésus en devenant religieuse au sein de la Congrégation des sœurs de la Providence de Ruillé sur Loir, dans la Sarthe. Envoyée ensuite aux Etats-Unis pour fonder une communauté, elle s’est laissé guider par le Christ qui lui demandait d’aller auprès des pauvres pour leur apporter soin et éducation et les ouvrir à la beauté du message de vie et d’amour de l’Evangile. Ce qui lui faisait dire : « Sans discrimination, faites du bien à tous pour l’amour de Dieu. D’abord, aimez les enfants et ensuite enseignez-les. Être charitable ne veut pas dire aimer une ou deux personnes et ignorer les autres. » (Livret de prières p.24)
En cette période troublée et troublante que nous traversons, nous demandons au Seigneur de continuer de nous manifester sa confiance en nous rassurant par les mots de St Paul : « Ne soyez inquiets de rien » et que « Le Dieu de la paix soit avec vous » (Ph4)

Aussi, par l’intercession de Ste Mère Théodore, en ce dimanche où le Pape François nous offre son encyclique sur la Fraternité, nous confions à Jésus-Christ notre prière pour que cette année pastorale soit vécue sous le signe des relations vraies, constructives, fraternelles : « Mère Théodore,
Toi qui es si sensible à l’injustice,
Prie pour notre monde si déséquilibré ;
Montre-nous à travers ton exemple, comment vivre avec justice et courage. Aide-nous à mettre notre énergie et notre créativité au service de la grande cause de l’équilibre dans notre société. »
(Prière à Ste Mère Théodore, livret de prières p.27)