Homélie du 28e dimanche ordinaire - B - 14 octobre 2018 -

Lundi 15 octobre 2018 — Dernier ajout lundi 22 octobre 2018

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?

Chers amis,
voilà la question que le jeune homme de l’évangile se pose, la question que chacun de nous personnellement, je pense bien, se pose : Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? Certainement que le jeune homme murmurait en lui cette question depuis un bon moment. Et aujourd’hui, il tombe sur une belle occasion, il rencontre Jésus, le bon Maître, qui allait son chemin, enseignant, nourrissant et guérissant tous ceux qu’ils rencontraient et se disposaient à recevoir ses services.

Le jeune homme a bien compris le sens de son existence : notre vie sur terre est une préparation à la Vie Éternelle. Et en tant qu’habitant sur terre, on ne peut pas espérer mieux. Rien de plus important ne peut nous préoccuper. Alors il pose au Christ la question qui lui tient à cœur : Que faut-il faire pour avoir la vie éternelle ? Même au temps de Jésus, beaucoup étaient loin de ce souci. Aussi une telle démarche ne pouvait que réjouir le Seigneur, surtout qu’elle vient d’un cœur sincère qui n’a pas peur des efforts : « J’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse » dit cet homme.

Devant cette bonne volonté, cette détermination, le Christ laisse transparaître sa joie profonde. Posant son regard sur lui, « il se mit à l’aimer ». Mais la démarche de la foi, est toujours dynamique, le Seigneur nous demande chaque fois de faire un pas de plus, évidemment en avançant. Le Christ conduit alors le jeune homme désormais amis à aller un peu plus loin, pour que son désir du ciel soit parfait : « une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi ». Voilà les paroles de confiance et d’amitié que le Christ adresse à ce jeune homme qu’il commence à aimer. Mais malheureusement, nous dit l’évangile, l’ami s’en alla tout triste car il avait de grands biens.

Chers amis, je pense que cet évangile nous rejoint aujourd’hui dans notre contexte où nous sommes vaincus à vivre dans une société gagnée par les richesses de ce monde. À travers cet homme, c’est à chacun de nous que Jésus s’adresse aujourd’hui : « Va, vends tout ce que tu as puis viens et suis-moi ». Autrement dit : « Vide-toi un peu, trouve-moi une place dans ton cœur, dans ta vie, dans ta maison… ». Avec l’évolution du monde, nous avons tellement de choses que nous pouvons facilement tomber dans la tentation de croire que ces choses nous apportent sécurité, qu’une grande corde nous soutient. Karl Marx, dans son ignorance, disait que la religion est l’opium du peuple. Et malheureusement, beaucoup continue de penser ainsi, de croire que l’homme se suffit à lui-même, qu’il n’a besoin ni de Dieu ni de personne. Et pourtant, l’actualité nous montre tous les jours que notre vie, de pauvre ou de riche, ne tient qu’à un fil qui très souvent n’est pas assez solide pour porter le poids. Et Dieu est là pour renforcer, pour nous aider, à la simple condition qu’il trouve de place en nous. Mère Thérèse de Calcutta disait : « Dieu ne peut remplir ce qui est déjà rempli d’autres choses » Le Christ nous dit aujourd’hui qu’il nous faut renoncer à beaucoup de choses, créer en soi et autour de soi un certain vide. Ce vide sera rempli par Jésus lui-même. En d’autres termes, il ne s’agit plus seulement de suivre une loi, d’observer des commandements, mais de suivre quelqu’un. C’est un choix qui exige un certain dépouillement, un choix au milieu des choix. Déjà la première lecture nous a fait part du choix de Salomon dont nous connaissons bien la vie et le contexte : Salomon qui vient de succéder à son père David sur le trône royal de Juda suite à des intrigues et aux meurtres de ses frères. Il se rend compte de la très lourde charge qui l’attend. Alors, devant toutes les richesses et la gloire qu’un roi devrait avoir, il préfère demander à Dieu de lui donner un cœur ouvert et attentif pour pouvoir gouverner ce grand peuple qui lui est donné. C’est ainsi qu’il pourra recevoir la sagesse qui saura le guider dans le gouvernement de son peuple. La sagesse est comme un trésor extraordinaire. Elle n’est pas une conquête de la raison mais un don de Dieu. Elle est sans cesse présente et agissante dans la vie des hommes. Elle n’attend qu’une chose, c’est que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. Mais pour l’acquérir, il faut être prêt à renoncer, à quitter pour suivre le Christ. Nous sommes dans la semaine missionnaire mondiale. Et le Pape insiste que chaque chrétien prenne effectivement part à cette mission universelle de l’Eglise. Et pour le faire, il nous faudra sûrement quitter beaucoup de choses, nos conforts, nos familles, notre terre, nos opinions…. Il nous faudra concevoir la vie autrement. Il nous faudra veiller chaque jour à réponde à cette invitation pressante que le Seigneur lance à chacun. J’ai soif de toi, viens !

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