Homélie du 2e dimanche de Pâques - Année C - Enregistrer au format PDF

Dimanche 28 avril 2019 - Étables sur Mer -
Lundi 29 avril 2019 — Dernier ajout samedi 27 avril 2019

Chers amis,

Le récit de l’Evangile de cette octave de Pâques se situe au soir même du jour de la Résurrection, au moment même où cette Bonne Nouvelle n’était pas encore connue de tous, pas même des apôtres excepté Pierre et Jean qui ont eu le courage et le bonheur d’aller et de remarquer le vide du tombeau. Nous pouvons alors imaginer l’angoisse dans laquelle ils pouvaient se trouver maintenant que le Maître a été arrêté, mis à mort, enterré. Nous pouvons imaginer la peur qu’ils pouvaient avoir par rapport à leur propre sécurité…
Mais heureusement, comme une lueur d’espoir, la foi était encore allumée dans leur cœur, la charité du collège des apôtres qui avait éclaté à l’arrestation du maître renaquit de ses cendres. Voilà pourquoi, malgré les événements, malgré la peur, ils ont eu à cœur de se rassembler pour prier, les portes closes tout de même. Et c’est dans cette ferveur enténébrée d’angoisse que le Ressuscité leur apparaît et les salut : « La paix soit avec vous ».

Chers amis, je pense bien que la sérénité, la persévérance dans l’épreuve, la paix de la part du Seigneur, c’est effectivement ce dont les disciples avaient le plus besoin en ce moment où leur espoir s’était comme envolé aux éclats. C’est ce dont les premières communautés chrétiennes avaient besoin pour témoigner de la joie du Ressuscité. Et nous avons vu dans la première lecture comment ces communautés vivaient de la paix et de la joie du Seigneur, dans l’amour fraternel : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ».

Depuis quelques mois, nous avons été ébranlés par des événements assez tristes que traverse notre société, notre église, impliquant même des personnalités morales … et au début de la semaine sainte, la Cathédrale de Paris qui brûle à grandes flammes … et au quotidien, des incompréhensions, des doutes, parfois des colères, des frustrations, même au cœur de notre Eglise. Et alors, il peut nous sembler que l’Eglise brûle, qu’elle n’est plus crédible, il peut même nous arriver de penser que nous nous sommes trompés de tromper de chemin …
Chers amis, en cette fête de Pâques, comme à ses disciples fugitifs, revenus à la confiance, le Seigneur vient à la croisée des nos chemins quotidiens, de nos questionnements, de notre manque de foi et nous dit : « La Paix soit avec vous », ou si vous voulez, s’adressant à chacun de nous, il nous dit : « La paix soit avec toi ».

Cette salutation du Christ qui n’est pas commune à notre langage humain. Je voudrais que nous la recevions comme un message solennel qui vient nous dégager de tout ce qui nous tient enfermés, éloignés ou même tombés et étalés à terre, ce message qui nous dit de faire rayonner autour de nous la lumière que lui, le Ressuscité, fait briller en nous, cette lumière qui est joie et paix. Le Pape François disait, il n’il y a pas longtemps : La joie de savoir que Jésus est vivant, l’espérance qui remplit le cœur ne peuvent être contenues. Nous croyons en un Ressuscité qui a vaincu le mal et la mort. Ayons le courage de sortir pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie.

Au mois de mars, nous avons vécu une semaine exceptionnelle de festival qui nous a fait beaucoup réfléchir sur le sens de la vie communautaire, et nous avons insisté pour que chacun de nous, membres de la grande famille de Dieu, soit véritablement accueilli et accueillant, dans toute la vie de l’Eglise. Au regard de la vie des premières communautés chrétiennes, tout le monde disait : « voyez comme ils s’aiment ». Puissions-nous donner à notre monde d’aujourd’hui l’occasion en nous regardant vivre de pouvoir dire : « Voyez comme ils s’aiment ».

Documents à télécharger