Homélie du 30e ordinaire B - Dimanche 28 octobre 2018 Enregistrer au format PDF

Lundi 29 octobre 2018 — Dernier ajout dimanche 28 octobre 2018

… un texte que nous connaissons bien … presque trop bien. Le connaissant ou croyant bien le connaître, nous manquons parfois de curiosité pour le regarder au plus près et y découvrir des richesses qu’une lecture superficielle ne nous avait pas permis de déceler… ce n’est pas simplement un miracle de plus fait par « charité », « en passant », c’est un geste que Jésus pose volontairement pour faire passer un enseignement … notons aussi que dans l’évangile de Marc, c’est le dernier miracle noté.

La scène se passe sur la route que Jésus prend pour aller de Césarée de Philippe à Jérusalem où il va vivre sa passion … et sa résurrection … Rien que le lieu de Jéricho est important : c’est là que le peuple hébreux sous la conduite de Josué qui avait pris la suite de Moïse, c’est par Jéricho que le Peuple de Dieu entre en Terre Promise ; c’est à Jéricho que nous trouvons aussi Zachée … lui aussi d’une certaine manière, il était aveugle et Jésus va lui ouvrir les yeux du cœur !
Sur le bord de la route : un aveugle qui en plus est mendiant

  • aveugle : il est enfermé dans les ténèbres : ce sont les autres qui le guident pour se déplacer
  • mendiant : il est enfermé dans sa pauvreté : ce sont les autres qui le font vivre de leur charité.
  • assis au bord de la route : voué à l’immobilité. Sans doute que quelqu’un l’amenait là le matin et le ramenait chez lui le soir.

Apprenant que c’était Jésus qui passait, il se met à crier « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ». Lui, l’aveugle, avec les yeux de son cœur, il est capable de reconnaître en Jésus non pas simplement le fils de Joseph le charpentier, comme beaucoup le voyaient, mais le Messie, le fils de Dieu. Lui, Bartimée, voit plus clair que les autres. Il n’a rien à perdre, tout à gagner, il ose le lien entre lui le mendiant et Jésus le maître, le rabbi…
Jésus ne rejette personne ; il le fait appeler et en une phrase, toute la vie de cet homme va basculer !
Il jette son manteau qui pourtant devait bien lui servir… peut-être à recevoir les pièces de monnaie … il n’en a plus besoin
Il bondit et court vers Jésus : enthousiasme sans équivoque témoignant d’un grand espoir et d’une grande foi, espoir et foi qui se traduisent dans sa demande : « Seigneur, fais que je vois ».
L’homme se met à voir et il suit Jésus sur la route, …. ce dont n’avait pas été capable le jeune homme riche. Il suit Jésus non parce que Jésus l’a guéri mais parce que sa guérison est le signe que Jésus est bien le Messie … dès lors, rien n’est plus important que de le suivre en laissant tout (// appel des apôtres : « laissant tout, ils le suivirent ».

Dans notre liturgie, nous avons de nombreux chants évoquant ce passage des ténèbres à la lumière dans une dynamique de marche :

  • « ouvre mes yeux, Seigneur , … je suis l’aveugle sur le chemin… je veux te suivre » ;
  • « Peuple de baptisé, marche vers ta Lumière » ;
  • « peuple de Lumière appelé pour témoigner » ;
  • « Fais-nous marcher à ta lumière » ;
  • « Lumière des hommes nous marchons vers Toi » ;

C’est bien la proposition de l’Eglise. De même que la foule qui suivait Jésus à Jéricho, nous sommes aujourd’hui la foule qui suit Jésus pour qu’il nous mène à la lumière entière, complète et nous avons besoin d’entendra la même question que celle posée à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » et nous avons besoin de lui donner la même réponse : « Seigneur, fais que je vois … fais que je sache te reconnaître comme le sauveur, le Messie, celui qui comble mon attente la plus profonde, la plus intérieure, là où je me reconnais fille ou fils de Dieu ».

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