Homélie du 31e dimanche ordinaire B Enregistrer au format PDF

Dimanche 4 novembre 2018
Lundi 5 novembre 2018

On raconte qu’un jour, un étranger vint dans une commune, et constate que la plupart des associations, même chrétiennes de la commune n’aidaient que les natifs de la commune et rejetaient tout étranger, même dans le besoin urgent. Indigné et scandalisé, le visiteur s’étonne : « comment un organisme chrétien peut être si sélectif ? » et on lui répond : « Dieu a dit d’aimer les prochains et non les lointains »… Je n’ai pas la vérification des faits, mais quoi qu’il en soit, la conception du prochain n’est pas toujours facile à comprendre. Qui est mon prochain à aimer ? Et comment devrais-je l’aimer ? Ce sont les réelles questions que nous avons le droit de nous poser en ce dimanche. Et pour y répondre sans vraiment risquer de nous tromper, sans tomber dans le piège de la dialectique prochain-lointain, il nous est important et sage de voir cet amour du prochain directement lié et éclairé par celui que nous devons avoir pour le bon Dieu.

L’évangile nous présente un scribe qui demande à Jésus quel est le premier des commandements. Et la réponse du Christ est sans équivoque. Il reprend simplement le livre du Deutéronome que nous avons d’ailleurs écouté en première lecture : « Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est le seul. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force ». Ce verset extrait du long message de Moïse s’adressant au peuple de Dieu pour lui communiquer la charte de l’alliance que son Dieu conclut avec lui. Le peuple de Dieu devrait réciter ce verset au moins deux fois par jour et le graver dans son cœur. C’était surtout pour le faire rentrer pleinement dans l’esprit de l’alliance et le mettre en garde contre, entre autres dangers, la tentation d’aller vers les divinités du monde ambiant. Ces divinités qui n’ont pour rôle que de créer la zizanie entre l’homme et son créateur et entre l’homme et ses semblables. La pertinence de ce texte ancien est valable pour nous aujourd’hui. Jeudi passé, nous avons célébré ensemble et avec grande joie et grande émotion la fête de tous les saints. Et nous nous sommes réjouis de l’idée que nous serons un jour dans cette foule immense que nul ne peut dénombrer. Alors, nous avons certainement pris des résolutions de détachement, d’engagement de courage et de conversion pour ne pas rater ce rendez-vous éternel. Mais dans notre marche vers ce royaume éternel, nous pouvons basculer, nous pouvons être tentés par beaucoup d’idoles qui nous entourent.

Aujourd’hui, il y a malheureusement de plus en plus d’idoles qui happent facilement les Chrétiens : les nouvelles idéologies, la peur de s’engager et de s’affirmer chrétien, le conformisme à l’esprit mondain, le relativisme religieux, le manque de l’esprit de sacrifice, la banalisation du sacré, les sectes ésotériques…, toutes ces tendances qui nous empêchent souvent de répondre convenablement aux exigences de notre baptême.

Aimer le Seigneur son Dieu plus que tout, c’est le premier commandement, aimer son prochain comme soi-même, c’est le second qui est directement lié au premier, et tous deux constituent le compendium de tous les commandements de Dieu. Éclairés par l’amour que nous avons pour le bon Dieu, nous pouvons avoir la vraie conception du prochain. Nous pouvons comprendre que le prochain n’a patrie, ni situation sociale, ni couleur… Le prochain, c’est mon semblable qui qu’il soit.

Alors chers amis, dans tout ce que nous faisons, dans tout ce que nous vivons, qu’il nous souvienne chaque fois de nous poser cette question urgente : « En quoi ma vie consiste vraiment à aimer Dieu et le prochain ? En quoi ma vie rend gloire à Dieu et vient en aide à mon frère et à ma sœur ? » , qu’il nous souvienne de nous demander « est-ce que Dieu en me regarder vivre, parler et raisonner peut me fixer et me dire comme à ce scribe : " Tu n’es pas loin du Royaume des Cieux " ? ».

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