Homélie du 32e dimanche du temps ordinaire – Année A Enregistrer au format PDF

Dimanche 8 novembre 2020
Dimanche 8 novembre 2020 — Dernier ajout samedi 7 novembre 2020

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure »

Chers amis,
L’occasion des célébrations de la Toussaint le week-end passé et de la commémoration des défunts le lendemain, comme les différentes célébrations de funérailles auxquelles nous participons souvent nous ont certainement rappelé la dure réalité de la mort et sûrement que nous avons pu penser à la nôtre un jour. La mort, c’est évident qu’on ne l’aime pas, on ne la souhaite pas. Mais c’est aussi vrai qu’elle demeure une réalité inévitable. Dans la situation inédite que nous vivons depuis près d’un an, comme dans tant d’autres, les gouvernants et le monde de la santé veillent pour que les gens ne meurent pas. Mais malgré tout, la réalité nous est toujours mitoyenne : des hommes et des femmes de nos familles et de notre entourage meurent, et nous aussi, cela fait peut-être peur, c’est sûr qu’un jour nous passerons de l’autre côté. La théologie chrétienne nous enseigne qu’en plus de cette fin particulière de chaque homme à son heure, il y aura une heure commune où toute la création sera récapitulée dans le Christ (cf. Ep 1, 10).
Au fil des années, beaucoup se sont amusés à pronostiquer des dates auxquelles cette fin du monde adviendrait. Plus près de nous en date, d’aucuns auraient vu dans la pandémie actuelle un signe visible de cet événement ré-capitulateur. Mais ne nous y trompons pas, le Christ nous dit que lui-même ne connait pas : « Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » (Mt 24,36). Saint Paul aussi nous avertit : « Au sujet de la venue du Seigneur, il n’est pas nécessaire qu’on vous parle de délais ou de dates. Vous savez très bien que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit » (1Th 5, 1). L’essentiel n’est donc pas pour nous de savoir quand adviendra notre mort ni quand sera le retour du Christ. C’est d’ailleurs le message fort que nous recevons dans l’évangile de ce dimanche : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».
La parole de cet évangile peut nous déconcerter un peu si nous nous attardons sur les détails de l’époux qui vient en retard ou des cinq vierges dites sages qui refusent de pratiquer l’aumône. Allons donc à l’essentiel : comprenons bien ce que le Seigneur veut nous enseigner dans cette parabole, c’est qu’il est bon de commencer une bonne œuvre, une bonne vie, une sainte vie, mais qu’il ne suffit pas de commencer, encore faut-il prendre les moyens de durer dans la bonne posture, de se tenir toujours prêts, de « veiller ». Les différents personnages et éléments de la parabole sont très représentatifs et significatifs :
L’époux, c’est le Christ,
Les noces, c’est la parousie, le retour du Christ, la fin du monde,
Les vierges représentent notre communauté-épouse de Dieu,
L’huile est celle du baptême qui a fait de nous les enfants de Dieu, avec tout ce qu’elle comporte comme ressource, comme ferment pour faire toujours briller notre vie.
La lampe, c’est la vie que nous avons reçue de Dieu et qui est appelée à briller chaque jour de la Parole de Dieu mise en pratique.
Le sommeil symbolise tous ces moments de manquements et de faiblesses : tiédeurs, paresses, lassitudes, indifférences, manque de charité … oubli de Dieu. Il nous arrive de passer des jours et des semaines sans une pensée à Dieu, sans penser à donner un sens à la vie que nous avons reçue de lui. Alors on s’enlise dans une vie purement matérialiste, hédoniste… On dort sans prendre le soin de prévoir de l’huile de rechange dans nos lampes. C’est alors que le Seigneur nous rappelle : « veillez ! » Mais comment veiller ? Dans la crainte du jour du Christ qui nous enverra périr en enfer si nous n’avons pas sa volonté ? Evidemment que non. Il est vrai que nous lisons dans beaucoup de passages bibliques des prophéties de rétribution de la vie éternelle pour les bons et de la géhenne de feu pour les mauvais. Mais laissons-nous dulcifier par la première lecture de ce jour : « la sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas, elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment » (Sg 6, 12) et par la première lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens dans la deuxième lecture : « il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4, 23). Quelle que soit la situation que nous traversons, ne désespérons jamais. Le Christ notre lumière est toujours là près de nous et pour nous.
En ce dimanche 08 novembre, 14 jeunes de notre communauté pastorale devraient recevoir le sacrement de confirmation … Mais nous voilà reconfinés, chacun chez soi, mais pas forcément pour soi. Nous les portons dans notre prière toute la journée. A eux, comme à nous tous, que le Seigneur nous donne la grâce de rester toujours éveillés et de ne jamais manquer d’huile pour recharger nos lampes pour continuer d’éclairer notre vie ainsi que celle des autres.

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