Homélie du 5e dimanche - Année C Enregistrer au format PDF

Dimanche 10 février 2019 - Dimanche de la Santé
Mardi 12 février 2019

Chers amis,

En ce dimanche, nous venons d’entendre un de ces évangiles qui nous parlent de l’abondance des grâces divines : nous sommes habitués aux récits de la multiplication des pains, de la transformation de l’eau en vin, des guérisons multiples et multiformes, de la prédication à temps et à contre temps … et aujourd’hui, la pêche miraculeuse ; il semble qu’il y avait dans le filet 153 gros poissons … Le Christ en venant dans le monde s’est rendu solidaire de la nature humaine en prenant sur ses "larges" épaules notre condition humaine, surtout dans sa plus grande fragilité et vulnérabilité.

Imaginons chers amis, un peu la peine des pêcheurs qui ont risqué toute la nuit sans attraper un menu fretin. Ils étaient certainement fatigués, mais surtout découragés d’avoir passé toute la nuit à veiller en vain. Et c’est dans cette déception qu’un promeneur s’emmène, sereinement et leur dit en toute assurance : « avancez au large et jetez vos filets pour la pêche » ce qu’ils firent sans trop chercher à comprendre. Et nous avons vu le miracle… Mais le plus intéressant dans ce récit de l’évangile c’est la suite.

La dernière phrase de notre péricope nous dit que laissant tout, ils le suivirent, en toute confiance, un peu comme Isaïe dans la première lecture ou Paul dans la deuxième. Tous, en se mettant immédiatement à la suite du Christ, reconnaissent leurs faiblesses, mais tout de même, offrent leur disponibilité et répondent en toute confiance. Et aujourd’hui, c’est à chacun de nous, dans l’état où nous sommes que le Seigneur s’adresse : « Qui vais-je envoyer ? Qui sera mon messager vers mon peuple dispersé à travers le monde ? »

Dans la célébration de ce dimanche, nous aurons la joie de vivre deux sacrements : Le sacrement des malades et celui de très sainte Eucharistie. C’est une occasion pour nous de réfléchir à nouveau sur le sens et l’importance des sacrements que nous recevons dans l’Eglise. Par sa définition, le sacrement est un signe visible et efficace de la grâce et de la miséricorde infinie de Dieu pour les hommes. Dans l’Eglise, nous avons sept, et les sept sacrements sont intrinsèquement liés et complémentaires. Notre vie chrétienne nous engage à les prendre tous au sérieux et à en vivre, chacun dans sa spécificité, et au plus haut niveau le saint sacrement de l’Eucharistie où le Christ lui-même se donne à nous en son corps et en son sang : « voici mon corps, prenez et mangez, voici mon sang, prenez et buvez ». Et tous les six autres sacrements y trouvent leur plus vrai sens.

Chers amis, la vie de foi à laquelle à laquelle nous avons souscrit depuis que nous avons demandé à être baptisé nous engage à une logique de vie qui nous donne le courage d’aller au Christ avec tout ce que nous sommes en nous engageant totalement en plénitude notre vie de foi et accueillir toutes les grâces que le Seigneur nous donne à chaque instant de notre existence.

Je voudrais féliciter nos frères et sœurs qui se sont inscrits pour vivre le sacrement des malades au cœur de cette célébration. Ce sacrement que nous voyons parfois avec d’appréhension doit être plutôt accueilli avec joie et sérénité. Le sacrement des malades, c’est comme celui de la confession – d’ailleurs les deux constituent les sacrements de guérison –. La démarche de celui qui demande le sacrement des malades est comme celle du pénitent, qui vient se jeter au pied de Jésus et lui présenter sa fragilité avec humilité et confiance. Nous avons avec les pêcheurs, la bonne volonté et l’ardeur du travail ne suffisent toujours pas… ils ont peiné toute la nuit et il a fallu que le Christ viennent à leur rencontre pour remplir en un coup leurs filets. Le Sacrement des malades, c’est quelque chose de pareil, c’est le Christ qui vient à la rencontre du malade pour l’apaiser, lui rendre confiance, lui pardonner ses faiblesses et le fortifier face à la maladie. Mais nous savons aussi le sacrement n’est donc pas de la magie. Il ne nous dispense aucunement des soins médicaux. Ce n’est pas non plus une formalité ou une mise en scène ! Virtus in medio stat.

A tous ceux qui se sentent faibles et s’approchent du Christ pour recevoir son secours, à tous ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre et qui ont parfois peur d’approcher le Christ, à nous tous qui avons constamment besoin de la grâce sanante et sanctifiante de Dieu, demandons au Seigneur de pencher vers nous son oreille toujours attentive pour nous tendre sa main secourable et nous guérir.

Documents à télécharger