Homélie du 7e dimanche de Pâques - Année A - Enregistrer au format PDF

Dimanche 24 mai 2020
Samedi 23 mai 2020

Dimanche dernier, lors de la messe diffusée sur France 2 à l’émission « Le Jour du Seigneur », Mgr Pascal Gollnisch nous disait dans son homélie : « Frères et sœurs, en ce sixième dimanche de Pâques nous sommes invités à prier pour et avec les chrétiens d’Orient qui eux aussi prient pour notre pays. Vous connaissez leur situation, aggravée par le coronavirus et le confinement. La situation est catastrophique en Irak, au Liban et en Syrie où la guerre n’est pas finie. Ici ou là, le Daesh reconstitue ses moyens de violence. Une crise alimentaire sans précédent sévit dans ces pays. Plus de quarante pour cent des citoyens libanais sont tombés en-dessous du seuil de pauvreté. Pourtant ces chrétiens veulent être artisans de paix. Ils nous donnent un magnifique témoignage de respect et de douceur avec lesquels ils rendent compte de leur espérance ».
Nous avons souvent tendance à nous plaindre en regardant nos petits malheurs : « Je suis malheureux, je ne peux plus voir ceux que j’aime », « Je suis malheureux, je ne peux pas vivre la messe dans l’église et communier », …
Tout ce que nous vivons, d’autres l’ont vécu aussi et leur foi les a portés vers l’espérance, vers la confiance en Dieu. Nous venons de célébrer l’Ascension de notre Seigneur Jésus, chacun chez soi, devant nos écrans. Il y a presque deux mille ans, après l’Ascension, les Apôtres, Marie et quelques disciples, hommes et femmes sont réunis et tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, nous relate le texte des Actes des Apôtres.
Ils se sont réunis. Trop d’la chance !
Et pourtant, nous aussi, quelle chance nous avons. En étant devant nos écrans pour vivre ces temps d’Eglise, de célébrations, nous sommes tous en communion les uns avec les autres. Un ami prêtre me disait : « Quand je célèbre ma messe, seul, je prends le temps de fermer les yeux et de visualiser tous les paroissiens. Depuis qu’il m’a dit cette parole, tous les dimanches, devant ma télé, je prends aussi le temps de fermer les yeux pour être en communion avec vous tous. Cela me porte dans ce moment de solitude.
Ce temps de confinement, justement peut nous aider à prendre le temps de regarder comment nous vivons notre foi.
Comme nous tous, je crois que je n’ai jamais passé autant de temps à prendre des nouvelles de personnes que j’ai l’impression d’avoir délaissées alors que tout allait bien. Prendre le temps d’écouter les gens. Prendre le temps de répondre aux gens.
L’importance du dialogue.
L’année dernière, lors du Pardon de Notre-Dame de la Garde, j’avais commencé l’homélie en commentant une salutation classique : « Le Seigneur soit avec vous », et sa réponse : « Et avec votre Esprit »
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Je voudrais aujourd’hui vous proposer de méditer sur deux autres dialogues entre le Célébrant et l’assemblée.
Le premier est juste après le Lavabo, le moment où le prêtre se purifie les mains. Il nous dit : « Prions ensemble, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise ». Cette phrase est assez paradoxale, car elle commence par prions ensemble, alors que seul le célébrant va parler. Et pourtant, quelle beauté de savoir que le prêtre à ce moment précis parle en notre nom à tous. Non seulement ceux qui sont présents, mais aussi pour tous ceux qui ne sont pas là. Car il va offrir le sacrifice de toute l’Eglise. Et nous de répondre : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Oui, ce sacrifice que nous offrons est pour Dieu, mais aussi pour que chacun de nous ait la vie éternelle. Le Seigneur Jésus nous le dit par l’Évangile de Saint Jean que nous venons d’entendre : « Père glorifie le Fils afin que le Fils te glorifie ». Nous sommes tous des enfants de Dieu, sauvés par le Christ et nous glorifions le Père avec l’aide, la force, l’amour de l’Esprit-Saint. Ce don de l’Esprit-Saint que nous allons bientôt fêter.
Le deuxième dialogue est celui de la Préface de la prière Eucharistique.
Le prêtre commence par nous dire : « Le Seigneur soit avec vous ». Quel bonheur, quelle joie de s’entendre dire ces mots par celui qui préside notre assemblée, qui a reçu le sacrement de l’ordre, de celui qui est notre Berger, qui prie en notre nom à tous. Comment ne pas le porter nous aussi par notre prière : « Et avec votre esprit ». Que son esprit soit rempli du Seigneur, de sa grâce, de son Amour. Alors, pour nous amener à vivre cette Prière Eucharistique, notre pasteur nous encourage à nous préparer : « Élevons notre cœur ». Plus rien d’autre n’a d’importance pour ce que nous allons vivre et nous pouvons dire : « Nous le tournons vers le Seigneur ». Comme nous sommes disposés à prier Dieu, nous avons cet encouragement, cette exhortation : « Rendons grâce au Seigneur notre Dieu ». Confiant de cet échange que nous venons d’avoir, nous pouvons dire : « Cela est juste et bon ».
Oui, le Seigneur est juste et bon avec nous. C’est ce que nous avons dit en priant le Psaume : « le Seigneur est ma lumière et mon salut, … , le rempart de ma vie »
J’ai hâte de pouvoir être réunis à nouveau par nos assemblées et de pouvoir échanger dans tous ces dialogues que nous propose la célébration de l’Eucharistie et que nous disons parfois machinalement.
En attendant ce retour à la normale, prenons le temps de relire le déroulement complet d’une messe pour en mesurer la profondeur et nous permettre de comprendre complètement le fait que nous n’assistons pas à la messe, mais que nous y participons, tout au long, comme acteurs essentiels en enfants de Dieu le Père, qui célébrons la résurrection du Fils avec l’aide de L’Esprit-Saint.

Paul Plantet, diacre.

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