Homélie du Dimanche 27 septembre 2020 Enregistrer au format PDF

26e dimanche ordinaire - Rentrée paroissiale et Profession de Foi
Mercredi 30 septembre 2020

Rentrée paroissiale, 1res communions, profession de foi

Chers amis,
Dans l’évangile de ce dimanche,
Nous avons entendu une invitation adressée à deux personnes : « va travailler à ma vigne ». Et à cette invitation, nous avons aussi entendu le croisement intempestif de deux réponses, l’une après l’autre : non … oui, oui … non. L’invitation, c’est un père qui l’adresse à ses deux enfants qui, apparemment ont le choix d’aller ou de ne pas aller travailler dans la vigne de leur père. Mais ce matin, dans cette Eglise, c’est à vous Paul, Aude, Noélie et Baptiste, qui allez communier pour la première fois que l’invitation est adressée ; c’est à vous les ados qui allez tout à l’heure professer officiellement et en grand votre foi chrétienne que l’invitation est adressée, et finalement, c’est à nous tous ici rassemblés, baptisés ou pas, enfants jeunes ou moins jeunes, que l’invitation est adressée par notre Père à tous : « va travailler à ma vigne ». Mais la vigne pour nous aujourd’hui, c’est évident que ce ne sont plus les grands champs de vendange comme dans le contexte de l’évangile, de toute façon, il n’y a pas de vigne en Bretagne (du moins pas dans ce sens-là).
Mais la vigne dans laquelle nous sommes envoyés, c’est le quotidien auquel nous sommes engagés par notre humanité et par notre foi. C’est le caté pour vous les enfants et les jeunes. C’est dans cette vigne que Dieu vous envoie pour apprendre à mieux le connaître, à mieux l’aimer, à mieux vivre avec lui, et ensuite à communiquer cette vie à vos frères et sœurs que vous croisez partout. Cette année, sur la paroisse, nous commençons l’expérience formidable, celle de l’enfance missionnaire, en partant d’abord des catéchumènes de la troisième année. Pour nous adultes, jeunes ou moins jeunes, la vigne où le Seigneur nous envoie c’est cette communauté paroissiale qui a besoin de la participation de chacun de nous pour vivre et sortir d’elle-même comme une communauté missionnaire, comme sel de la terre et lumière et du monde. Et pour le faire, elle a besoin de nous tous : elle a besoin des gens pour nous accueillir dans les maisons paroissiales, pour enseigner du caté à nos enfants, ou même à nous adultes, si ne l’avions pas encore fait. Elle a besoin de nous pour chanter à l’église, pour jouer aux instruments, ou pour mettre du gel dans les mains de ceux qui y entrent pour qu’ils n’attrapent pas le virus. Et quand nous allons mourir – je souhaite quand même que ce soit le plus tard possible – elle aura encore besoin des gens pour nous enterrer… et la liste n’est pas exhaustive. C’est donc dans ces différentes lignes de la vigne que nous nous voyons aujourd’hui, une fois encore envoyés.
Et comme pour ces deux enfants, le Maître attend de nous une réponse. Les enfants dans l’évangile ont répondu en deux temps : non - oui pour le premier et oui - non pour le second. _ Et nous, quelle est notre réponse ? Evidemment que la meilleure c’est oui-oui. La réponse que le Seigneur attend de nous, c’est toujours ce oui, de « me voici », comme Isaïe (Qui vais-je envoyer vers mon peuple, me voici, envoie-moi. Is 6, 8), comme tous ces prophètes, comme les 12 apôtres (Pierre, Jacques et Jean … Mt 4, 18-22), comme ces milliers d’hommes et de femmes de tous les temps et de tous les lieux qui à l’appel du Seigneur ont répondu « me voici », ou simplement comme ces jeunes qui à l’appel de leur nom pour professeur leur foi diront tout à l’heure « me voici ».
Oui chers amis, c’est la réponse que Dieu attend de nous aujourd’hui. Mais en écoutant l’évangile tout à l’heure nous avons aussi rapidement compris que même après avoir dit non, nous avons encore la chance de dire « oui », « finalement oui, me voici ». Ils sont encore nombreux ceux et celles qui ont longtemps dit non à Dieu et au chemin de l’Évangile … ils sont encore nombreux, ceux et celles qui disent non à l’Église. Nous sommes encore nombreux, nous qui, après avoir dit oui, pour une raison ou une autre, disons de temps en temps non, ou vivons dans un non permanent. La Bonne nouvelle pour nous aujourd’hui, du dehors comme du dedans, c’est que, tant que nous sommes vivants, tout est encore possible. Le prophète Ezéchiel nous dit dans la première lecture que “ l’homme peut toujours revenir de sa méchanceté ”. Et notre Dieu, comme un Père prodigue n’attend de nous que ce oui, ce retour.
Chers amis, accueillons cet évangile comme un vrai appel à la conversion. Se convertir, c’est changer de mentalité, c’est changer de conduite, c’est changer de voie. C’est retrouver cet amour inconditionnel et éternel de Dieu et l’accueillir dans notre vie.
Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet amour de Dieu qui nous envoyait à sa vigne, et nous avons dit ‘oui’. Et aujourd’hui, où en sommes-nous dans notre vécu quotidien de ce « oui » ? Et dans quelle vigne nous laissons-nous embaucher ? Pour y faire quel travail ? La semence, le nettoyage, la vendange, ou juste attendons-nous le moment de la dégustation ? Quelle part de travail acceptons-nous de prendre vraiment dans cette vigne où le Maître lui-même nous embauche ?

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