Homélie du Jeudi 10 mai 2018 Enregistrer au format PDF

Ascension du Seigneur
Vendredi 11 mai 2018 — Dernier ajout mercredi 23 mai 2018

Chers amis,

Chacun de nous ici a certainement fait au moins une fois dans sa vie l’expérience de la séparation. Aujourd’hui on voyage beaucoup, pour étudier, pour travailler, pour les vacances… Pour toutes ces raisons, on est obligé de quitter les siens au moins pour un temps. Selon les circonstances, selon la nature et la durée de la séparation, le sentiment peut être plus ou moins douloureux. Quand on perd un proche ou un ami, on est très triste. On voit quelqu’un qui s’en va définitivement, on imagine qu’on ne le verra plus jamais. Cette séparation ne nous donne évidemment donc pas le même sentiment que lorsque le proche voyage. Là, malgré la douleur de la séparation, on est nourri de l’espoir qu’on la reverra dans quelques jours, quelques mois… Mais il peut aussi arriver que malgré les bonnes raisons, les bonnes conditions du départ et l’assurance des retrouvailles, la séparation cause une grande tristesse. _ Quand je devais voyager pour venir en France, tous ceux à qui je l’annonçais, étaient devenus subitement tristes. Ils redoutaient cette séparation. Ils voyaient que pour un bon moment, ils ne pouvaient plus me voir.

L’événement que nous célébration aujourd’hui, certes est une grande fête pour nous, mais comme nous l’avons écouté dans la première lecture, pour les apôtres, c’est d’abord une séparation. Et s’ils n’étaient pas si tristes. Ils n’étaient pas non plus très heureux de voir le Maître s’en aller et les laisser. Et pourtant, ils devaient s’y attendre. Les dernières recommandations de l’évangile avec l’assurance de tout dominer devraient les préparer à cette séparation. La mission a été accomplie jusqu’à terme. Et même après la Résurrection le Christ fit encore quarante jours pour expliquer, réconforter et former à la nouvelle ère qui arrive. Désormais, le nouveau peuple de Dieu est fortement établi. Il ne lui reste qu’à aller dans le monde entier et à faire des disciples, à annoncer la Bonne Nouvelle, à venir en aide à tous ceux qui seront dans le besoin. Comme aux apôtres levant interminablement les yeux vers le ciel, ce n’est pas la peine de lever continuellement les yeux. Il faut nous mouvoir, bouger et vivre à pleins poumons notre foi. On entend souvent des gens dire : « je crois, mais je ne suis pas pratiquant ; je crois, mais c’est à la maison que je prie ; je crois mais je n’ai pas le temps… » Quelqu’un m’a dit l’autre jour : « même si le dimanche, je trouvais le temps, la priorité pour moi n’est pas de venir à l’église. Pourtant, je crois, et je veux les sacrements »… Chers amis, la solennité de l’Ascension que nous célébrons aujourd’hui est une fête qui nous invite fermement à réfléchir sur la vérité de notre foi. C’est un appel à discerner sur Celui en qui nous croyons, ce qui nous lie à lui, et surtout ce qu’il peut attendre de nous. Le message est assez clair : « il ne faut pas lever les yeux continuellement au ciel comme si la terre n’existait pas. Dans le même temps, nous ne sommes pas faits pour la terre. Notre patrie, c’est le Royaume des cieux ». Le comprendre, l’accepter, le vivre, c’est que le Royaume des cieux a déjà commencé pour nous. Nous avons passé 40 jours à faire pénitence pour accueillir la gloire de la Résurrection du Seigneur, nous avons aussi passé 40 jours à vivre de la joie du Ressuscité. Pendant tout ce temps, nous avons suivi pas à pas le Christ dans sa passion, sa mort et sa résurrection. Maintenant, nous sommes mûrs dans notre conviction de foi. Il ne nous reste qu’à la vivre profondément et à la faire vivre autour de nous. Comme vous, j’ai été particulièrement sensible à certains mots très forts de l’Évangile : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien ».
Chers amis, comme moi, j’imagine que vous réalisez que nous sommes encore loin de cet idéal. Le Christ a mis la barre assez haute. Mais ce qui nous rassure encore, c’est qu’il ne nous a pas laissé seuls. Il nous a envoyé le Défenseur, l’Esprit de vérité qui continue de nous faire scruter le mystère et nous donne la force de témoigner de celui en qui nous croyons. Dans 10 jours nous célébrerons plus particulièrement cet Esprit Paraclet. Mais avant, laissons-nous guider par lui, ouvrons nos cœurs et toute vie pour l’accueillir. Vivons en esprit en esprit et en vérité ce que nous croyons.

Solennité de l’Ascension

Chers amis, il y a quarante jours, nous célébrions avec joie la grande fête de Pâques. Depuis ce temps, nous avons côtoyé le Ressuscité, nous l’avons entendu nous rassurer qu’il est vraiment victorieux de la mort et du péché. Aujourd’hui, toujours dans cette même gloire il s’élève aux cieux. Pour nous comme pour tous ceux qui croient en lui, la vie éternelle est déjà commencée.

Au début de cette célébration de la gloire, tournons-nous vers le Christ et implorons sa miséricorde

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