Homélie du Jeudi de l’Ascension - Année A - Enregistrer au format PDF

Jeudi 21 mai 2020
Mercredi 20 mai 2020

Chers amis,

Je suis très heureux de vous retrouver en cette très belle fête de l’Ascension de notre Seigneur ! Dans la belle prière d’ouverture de l’Eucharistie de ce jour, il est dit que nous sommes les membres du corps du Christ, qui nous a précédé dans la Gloire auprès de père et c’est là que nous vivons Espérance !
Oui Seigneur nous avons les yeux tournés vers toi dans ta gloire et nous savons que tu as initié ce chemin pour que nous aussi, chacun, nous participions à la divinité de celui qui a pris notre humanité !
Cette expérience des apôtres sans doute que certains d’entre vous l’ont déjà expérimentée par des moments de grâces, des moments où ils se sont sentis en plénitude avec le Seigneur, où ils ont ressenti un immense amour de Dieu pour eux-mêmes, une émotion envahissant leurs cœurs, la certitude que Dieu était présent dans leur vie à ce moment-là de manière très palpable, lors d’un office dans une abbaye, lors de la lecture d’un verset d’un psaume, lors d’une retraite ou simplement à l’occasion d’une ballade le long de notre si joli littoral ! Cette expérience de plénitude, souvent fugace, pourrait bien être un aperçu de ce que sera la vie en plénitude en Dieu lors de la Résurrection finale ! Savourons ces moments-là frères et sœurs. Néanmoins, dans le passage des Actes des Apôtres que nous avons lu, à travers les paroles de deux hommes en blanc (des anges ?), le Seigneur nous fait comprendre qu’il ne faut pas rester le regard tourné vers le haut, au contraire ! Si nous voulons aussi trouver le Ciel, il nous faut regarder ici-bas. En effet, depuis l’incarnation du Fils de Dieu, il n’y a plus de frontière entre Dieu et nous, entre le Ciel et la Terre. Dieu est présent en toute chose et surtout en chacun de nous qui sommes enfants de Dieu, frères et sœurs en Christ et temple de l’Esprit-Saint par notre baptême, cet Esprit qui a été donné en abondance à la Pentecôte que nous fêterons dans 10 jours. Il nous a été donné pour que nous soyons désormais les mains, les instruments du Seigneur dans notre monde, que nous soyons témoins de sa résurrection par notre vie.

Oui, frères et sœurs, regarder en bas autour de nous, c’est faire l’œuvre de Dieu comme nous y exhorte Jésus dans l’Évangile de ce jour. « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé ». Ces commandements, souvenons-nous, sont aimer Dieu de toutes ses forces, de toute son âme et le deuxième aimer son prochain comme soi-même. Voilà la mission frères et sœurs que le Christ nous confie en cette fête de l’Ascension ! Concrètement, nous n’avons que l’embarras du choix pour être en application ce commandement de l’Amour. Cette période de confinement nous a peut-être permis d’approfondir la présence réelle du Christ sous d’autres formes que le Pain et le Vin consacrés. Il semble en effet utile de rappeler que le Seigneur est aussi présent réellement dans la proclamation de la Parole et dans le service des autres. Concernant ce service, il m’est revenu en tête la vie de Sainte Mère Teresa qui, à l’âge de 39 ans, fit une expérience spirituelle intense qui la conduisit à suivre le Christ serviteur en se dévouant corps et âme pour les pauvres et les plus méprisés d’entre nous. Nous savons aussi maintenant qu’elle connut ensuite une « nuit de la foi », c’est-à-dire une sécheresse spirituelle, de près de 40 ans ! Malgré cela, se basant sur l’appel intense reçu du Seigneur, elle continua à être présence réelle du Christ avec ses sœurs auprès des miséreux. Alors, qu’en est-il pour nous chers amis ? Et bien, je crois que chacun à sa place, selon son charisme, selon son travail, sa situation familiale, peut répondre à l’appel à la mission que nous propose le Sauveur en ce jour. A titre d’exemple, prenons une famille, que pouvons-nous faire, vivre ? Déjà aimer profondément notre conjoint, nos enfants, nos parents, être réellement à l’écoute et revêtir le tablier de service, en clair donner de soi gratuitement. Et c’est déjà un bon challenge à renouveler chaque jour, car ce n’est pas toujours simple, nous le savons bien !

Chers amis, j’en terminerais en poursuivant sur ce mot du Christ : « Allez ! ». A la fin de la Messe, le diacre ou le prêtre vous invite à aller dans la paix du Christ. J’ai une petite anecdote sur ce point. On me raconta un jour qu’un prêtre d’une paroisse de Rennes avait dit dans son homélie : « je me suis laissé dire par des paroissiens que des fidèles quittaient la Messe avant l’envoi. Rassurez-vous, je ne les ai pas crus ! » Cette note d’ironie était bienvenue et s’adresse aussi à nous aujourd’hui. Alors peut-être que la formule « allez dans la paix du Christ » n’est pas suffisamment précise. D’ailleurs, Benoît XVI avait ajouté 2 autres formules dans le Missel (dans les formulations latines au moins) que nous n’utilisons hélas jamais : « allez porter l’Évangile du Seigneur » et « allez en paix, glorifiez le Seigneur par votre vie ». Cette dernière formulation montre que cet envoi a tout son sens à la fin de la Messe, car il s’agit ici d’aller vivre dans notre monde de l’énergie reçue par l’Eucharistie vécue en communauté en répondant à l’appel du Seigneur « à faire des disciples » par notre témoignage de vie. Pour cela, face aux difficultés et à un monde parfois loin de Dieu, nous devons garder confiance car le Christ nous rappelle dans cette page d’Évangile de Matthieu : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

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