Homélie du Mercredi des Cendres 26 février 2020 Enregistrer au format PDF

Église Saint Kè à Saint Quay Portrieux
Lundi 2 mars 2020

Homélie du Mercredi des Cendres - 26 février 2020 -

Chers amis,

En ce temps de grâce qui s’ouvre à nous par cette liturgie des cendres, je voudrais nous inviter à nous laisser éclairer par le message des textes bibliques que nous méditons en ce jour. Je nous propose d’accueillir cette célébration du mercredi des cendres comme la feuille de route de ces quarante jours que nous voulons passer avec le Christ dans un esprit de conversion profonde, sincère et concrète. Saint Paul nous a rappelés dans sa lettre aux Corinthiens que nous sommes les ambassadeurs du Christ, et comme tels, nous devons travailler sans cesse à être effectivement de vrais messagers et témoins du Christ. Et ce temps de Carême, c’est le moment favorable où tous, nous sommes invités à bouger notre vie, à cheminer avec le Christ au désert, à vaincre avec lui le mal sous toutes ses formes en nous et autour de nous. Le prophète Joël dans la première lecture appelle tout le monde, et sans exception à rentrer dans ce mouvement de conversion : il parle des anciens, des jeunes, des enfants et même des nourrissons. Evidemment, chacun est appelé à rentrer dans ce mouvement de pénitence et à le vivre selon son niveau et ses réelles possibilités. Tous, qui que nous soyons, nous sommes invités à accueillir ce temps, non avec contrainte, mais comme un temps de grâce qui nous est accordé pour prendre soin au mieux notre vie humaine et surtout de notre vie de chrétien.

Traditionnellement, et entre autres, il nous est proposé de manière fondamentale l’application de trois exercices essentiels en ce temps de Carême. Et nous avons encore entendu dans l’Évangile le Christ nous en parler : le jeûne, la prière et l’aumône.
Le jeûne : c’est la privation partielle ou totale de ce qui ne nous est pas indispensable pour vivre. Habituellement, quand on parle de jeûne, on pense directement au repas et à la boisson. Ce qui n’est pas faux ! Mais le jeûne chrétien est beaucoup plus que ça. Il prend en compte toutes ces choses auxquelles nous tenons souvent et qui ne nous sont pas si indispensables ! On peut se résoudre par exemple à moins critiquer les autres, à moins se plaindre, à moins s’énerver, à moins insulter et dans le même temps à avoir un visage plus rayonnant, plus souriant, plus joyeux… Et plus il nous est difficile de faire ces efforts, plus cela vaudra pour nous de le faire.
La prière : c’est le moteur de la vie du chrétien. Un chrétien qui ne prie pas est un naufragé qui se noie ! La prière nous permet de sortir de nous-mêmes, et de nous élancer à la rencontre de ce Dieu aimant et miséricordieux à l’infini. Le Pape Jean-Paul II disait que celui qui prie ne perd pas son temps. Le carême peut-être pour nous l’occasion de revenir à cette habitude de prier plus souvent seul ou en groupe. L’aumône, comme le dit le Pape François, est un moyen de « se libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas. Il s’agit ainsi de retrouver la joie du dessein de Dieu sur la création et sur notre cœur, celui de L’aimer, d’aimer nos frères et le monde entier, et de trouver dans cet amour le vrai bonheur ».
Chers amis, je nous invite instamment à ne pas laisser sans effet ce temps favorable. Plusieurs pistes nous sont proposés et sont tous autant importants, mais je nous conseillerais peut-être, sans négliger tout le reste de choisir un effort concret à faire pendant tout ce temps. 40 jours de jeûne, 40 jours de prière, 40 jours d’aumône, 40 jours avec le Christ sur le chemin de salut pour l’humanité. Et pour reprendre encore le Pape, cette fois-ci dans son message pour le carême 2020, ce message que j’invite à lire dans son intégralité : que ces jours de grâces nous donne l’occasion de nous laisser réconcilier avec notre Dieu, avec notre prochain et avec nous-mêmes.

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