Homélie du Samedi 15 août 2020 Enregistrer au format PDF

Pardon de Notre Dame de la Cour à Lantic
Mardi 18 août 2020

Homélie pour la fête de l’Assomption de la Vierge Marie - 14 et 15 août 2020 -

Frères et sœurs,

Nous célébrons en ce jour la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Par cette fête, nous manifestons que Marie, Mère du Sauveur et fille de Nazareth, est accueillie pleinement dans la gloire de Dieu au moment où elle fait le passage par la mort de cette vie terrestre au monde de l’éternité de Dieu.

De l’évangile que nous venons d’entendre je voudrais retenir deux idées pour soutenir notre méditation (en ce jour où nous faisons ce pèlerinage auprès de Marie Notre Dame de la Cour).

Tout d’abord, l’évangéliste Saint Luc nous dit : « Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse ». Marie vient de recevoir la visite de l’ange Gabriel qui lui a annoncée qu’elle a été choisie par Dieu pour donner au monde son Fils, le Sauveur attendu. Marie se révèle alors la « servante du Seigneur ». Nous aurions pu penser que la première visite que Marie allait effectuer, ce serait celle de se rendre à Jérusalem, dans le Temple pour offrir un sacrifice d’action de grâce. Or, la première démarche de Marie qui porte en son sein le Sauveur du Monde est de rendre visite à sa cousine Elisabeth, elle aussi enceinte depuis 6 mois, portant le prophète Jean-Baptiste. (Et nous aussi, aujourd’hui, pour respecter les barrières sanitaires, nous célébrons dans ce champ plutôt dans la chapelle. Une chance de vivre ce pèlerinage comme étant nous-mêmes une « Eglise en sortie ») En Jésus, Fils de Dieu qui vient épouser notre histoire, qui vient rétablir le lien éternel de l’Alliance entre Dieu le Père et l’humanité, ce qui devient premier c’est la rencontre avec l’être humain, car « tout homme, toute femme, devient une histoire sacrée, devient temple de l’Esprit, temple de la présence de Dieu au milieu du monde. » Quelle chance pour nous, en cette période troublée, de savoir que le Christ Jésus se fait présent à nos angoisses, à nos peurs, à nos craintes, mais aussi nous invite à continuer d’espérer, à prendre soin de chacun et de chacune d’entre nous, à convertir notre cœur pour accepter de changer nos habitudes de vie, pour nous aider à prendre résolument le chemin du développement d’une écologie intégrale car comme nous le dit le Pape François dans son encyclique Laudato Si : « La spiritualité chrétienne propose une autre manière de comprendre la qualité de la vie, et encourage un style de vie prophétique et contemplatif, capable d’aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation. (…). Il s’agit de la conviction que « moins est plus ». (…) La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité à jouir avec peu. C’est un retour à la simplicité » (LS 222)

Marie exprime sa joie et cet esprit de contemplation dans la prière du Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante. Il élève les humbles et renverse les puissants de leurs trônes ! » En célébrant Marie, (Notre Dame de la Cour), dans son Assomption, nous reconnaissons que cette femme de Palestine, durant toute sa vie, a fait la volonté de Dieu en mettant en pratique la Parole de Vie. En effet, dans la première lecture de cette messe, le livre de l’Apocalypse affirme, de façon imagée et symbolique : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » (Ap 12) Voici qu’au terme de sa vie terrestre, Marie est accueillie dans la gloire de Dieu. Non pas une gloire qui correspondrait à des honneurs, à des remises de médailles. Mais une gloire qui signifie que toute la vie de Marie est transformée, transfigurée de l’Amour de Dieu et illuminée de la clarté de la Résurrection de son Fils Jésus. A la suite de Marie, nous sommes invités à la même destinée, Oui, en prenant Marie comme modèle de croyant, en se laissant conduire par l’Esprit Saint et en discernant dans ce monde les signes des temps, son Fils, Jésus-Christ nous invite à être des « disciples-missionnaires ». Qu’est-ce à dire ? Etre, dans ce monde, comme le fut Marie durant sa vie en Palestine, des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants, qui prenons Jésus « pour Maître et pour Ami », en se nourrissant de sa Parole, du Pain de Vie de l’Eucharistie, et de la rencontre avec tout homme, toute femme, qui est mon frère, ma sœur en humanité. Etre aussi dans ce monde des témoins vivants de la bonté de Dieu, de sa miséricorde, et de Celui qui nous ouvre dès aujourd’hui les portes du Ciel.

Frères et sœurs,
En ce jour de l’Assomption, rendons grâce à Dieu dans la prière de l’Eucharistie pour le OUI de Marie à faire la volonté du Père. Rendons grâce aussi pour son attitude de simplicité et d’humilité qu’elle nous propose comme « disciple-missionnaire ». Et continuons de nous tourner vers elle pour lui confier nos intentions de prière pour nous-mêmes et pour le monde afin qu’elle intercède auprès de son Fils pour qu’adviennent dans nos cœurs et dans ce monde, la Paix, la Confiance et le souci du plus petit, du plus faible, du plus fragile.

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