Homélie du dimanche 02 février 2020 - Pordic Enregistrer au format PDF

Fête de la présentation de Jésus au Temps et Journée de la vie consacrée
Mercredi 5 février 2020 — Dernier ajout vendredi 7 février 2020

Frères et sœurs,

Tout le monde espère bénéficier de la retraite. Ça semble le graal, le but à atteindre pour jouir pleinement de l’existence. Mais prenons-nous conscience que le passage à la retraite est aussi un nouveau cap à franchir ?
Quand la retraite s’allonge, il faut construire des EHPAD pour les personnes âgées et surtout prendre en charge la dépendance et la longévité de la vie…
Il faut penser des maisons pour les seniors !
Il faut envisager des moyens et des services pour le maintien à domicile !
Nous avons le sentiment parfois que la vieillesse est une charge pour chacun : une charge pour les familles, un fardeau dont on souhaiterait se décharger sur la société !
Et quelle place continuons-nous à donner à nos aînés lorsqu’ils sont placés dans ces structures ou lorsqu’ils demeurent chez eux, mais quelque peu à l’écart de la vie en société ?
Dans l’évangile que nous venons d’entendre, ce sont deux personnes âgées : un homme et une femme, le vieillard Syméon et la prophétesse Anne, qui sont là, au Temple, pour accueillir Jésus accompagné de Marie et de Joseph, mais aussi pour reconnaître en Lui, le Messie attendu, l’Envoyé de Dieu.
Ces deux personnes, complémentaires, ont un rôle dans la communauté de Jérusalem.
Ce sont d’abord des priants : « Syméon est qualifié d’homme juste et religieux et Anne est décrite comme celle qui sert Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. »
Puis, dans leur complémentarité, ils témoignent de la Sagesse de Dieu et de l’action de Dieu dans leur vie et au cœur de l’histoire d’Israël. Tous les deux sont dans l’attente : attente de la venue du Messie, attente de cette Lumière qui va venir combler leurs cœurs et toutes leurs vies à un moment où ils approchent du passage de cette terre à la vie d’éternité. Animés de l’Esprit Saint, ils reconnaissent en Jésus Celui qui vient, par toute sa personne, inaugurer le Règne de Dieu. Syméon et Anne sont vraiment de ces personnes croyantes qui ne s’enferment pas dans la nostalgie du passé et dans le repli sur soi, mais de ces croyants en mouvement qui nous tournent vers le Royaume de Dieu, vers l’A-Venir.
En ce dimanche, nous avons commencé notre liturgie par la procession de la lumière. A la suite du Christ, nous sommes chacun, chacune, porteurs de cette lumière : une flamme fragile qui brille, brûle et vacille au cœur de notre quotidien. Reconnaître en Jésus, cette « lumière des nations », c’est reconnaître que le Christ est cette lumière intérieure qui éclaire notre vie et qui fait venir à la lumière, la vérité de tout notre être dans un long processus de maturation humaine et spirituelle. (Jésus, le Christ, Lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler. Jésus, le Christ, Lumière intérieure, donne-moi d’accueillir ton amour. Taizé)


Ce dimanche est aussi le dimanche de la vie consacrée. Nous avons la chance de bénéficier sur notre paroisse de la présence de trois communautés religieuses (Plérin/Le Légué/Pordic).
Chacune, en fonction du charisme de leur fondateur et des forces dont elle dispose, témoigne, par leur vie donnée entièrement au Christ pour le service des frères et des sœurs en humanité, par la célébration de l’office des heures, par une vie fraternelle à ajuster chaque jour, (témoigne) de ce Dieu qui nous tourne vers les réalités de son Royaume. Or, le premier élément qui atteste que le Royaume est déjà présent au milieu de nous mais qu’il tarde encore à venir, c’est la mesure de notre charité en faveur des plus démunis, des plus fragiles, des plus pauvres. D’ailleurs, au début de la fondation des filles du St Esprit, la maison de Marie Balavenne et Renée Burel, au Légué, portait le beau nom de « Maison de la Charité ». Ceci rejoint la parole de Jésus : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ses petits qui sont les miens c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25)
Ceci est vraie pour une communauté religieuse où la plus fragile doit avoir autant de place et de considération que la plus solide.
Ceci est vraie pour une communauté paroissiale où le plus fragile doit pouvoir bénéficier de sa place, de respect, d’écoute et de considération autant que celui qui semble en pleine forme.
Frères et sœurs,
Alors que nous faisons mémoire de ce jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph et qu’ils présentèrent à Dieu leur offrande pour le don de la venue de Jésus dans ce monde et dans leur foyer, présentons maintenant à Dieu, Père de Jésus, sous le signe du pain et du vin, l’offrande de toute notre vie pour qu’elle soit éclairée et nourrie de la vie du Ressuscité.

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