Homélie du dimanche 11 février 2018 Enregistrer au format PDF

6e dimanche du temps ordinaire B - Lv 13,1-2.45-46 ; 1Co 10,31-11,1 ; Mc 1, 40-45
Lundi 12 février 2018 — Dernier ajout mercredi 14 février 2018

Dimanche de la Santé Paroisse Notre Dame de la Mer - Avec sacrement des malades.

Chers amis,

La liturgie de ce dimanche nous met en face d’un phénomène un peu étrange. Dans le livre du lévitique, nous avons pu voir combien la lèpre était devenue symbole du péché grave qui dégrade l’homme et fait de lui un exclu, un indésirable, un mort vivant. Quand on ne peut plus être appelé par son nom (Pierre, Jacques, Jean…), mais celui de la maladie qu’on porte, quand on est condamné à vivre en dehors de la communauté humaine, quand on doit sonner la clochette partout où on s’avance en s’écriant contre soi-même "impur, impur", quand on exclu par sa famille propre, sa société et sa religion, de quelle vie peut-on encore vivre, si ce n’est celle d’un cadavre ambulant, condamné à transporter son deuil partout et toujours. Ce statut injuste du lépreux dans la culture juive subsista au temps de Jésus où des lépreux étaient encore condamnés à vivre hors de la communauté humaine. Bouleversé par la situation du lépreux, Jésus va bouleverser cette manière de voir. Sans doute, le lépreux avait-il entendu parler des nombreuses guérisons que Jésus accomplissait. Il croyait que la force de vie qui émanait de lui l’emporterait sur la force de mort de la maladie qui menaçait sa personne. Il enfreint alors à la grande loi de Moïse et s’approche de Jésus en tombant à ses genoux. A son tour Jésus enfreint aussi à la loi et touche le lépreux, dans un acte audacieux voire scandaleux. Ainsi, en accédant à la demande du lépreux qui tombe à genoux et le supplie, Jésus instaure un nouvel ordre de rapport avec cette maladie et d’abord une nouvelle perception, ne prenant en compte que la foi du lépreux : « Si tu le veux tu peux me purifier ». Cet élan de foi a suffi pour que Jésus brise toutes les barrières et le guérisse. Désormais personne ne doit plus être déclaré impur et être exclu au nom de Dieu. Et jusqu’à sa mort, Jésus s’engagera contre vents et marrées à faire tomber tous les murs de séparation et luttera contre toutes les formes d’exclusions.

Chers amis, ce que Jésus a fait autrefois en terre de Palestine, il le continue aujourd’hui. Il nous rejoint dans toutes les lèpres et les bouleversements de notre vie et de notre monde, les lèpres corporelles, les maladies, les cancers, le sida, l’alcool, la drogue, la délinquance. Il nous rejoint ainsi dans toutes les lèpres physiques, psychologiques et morales. Cette cinquième semaine du temps ordinaire qui s’est achevée, nous a donné l’occasion de méditer sur les notions de pur et d’impur. Et nous avons compris que la vraie impureté, c’est celle qui sort de nous et qui nous éloigne de Dieu et du prochain, c’est l’égoïsme, l’orgueil, l’incrédulité, toutes sortes de péchés qui nous rongent et nous excluent de la cité sainte de Dieu. Quelle que soit notre situation, quelle que soit la lèpre dont nous souffrons, l’Évangile de ce dimanche nous invite à sauter les murs de nos exclusions et de nos enfermements. Il nous invite à nous tourner vers le Seigneur et à nous ouvrir à lui. Lui seul connaît vraiment notre détresse et peut nous sauver.

Dans la célébration de ce dimanche, nous aurons la joie de vivre deux sacrements. Le sacrement des malades et celui de très sainte Eucharistie. C’est une occasion pour nous de réfléchir à nouveau sur le sens et l’importance de la pratique sacramentaire. Par sa définition, le sacrement est un signe visible et efficace de la grâce et la de miséricorde infinie de Dieu pour les hommes. Les sept sacrements de l’Église sont intrinsèquement liés et complémentaires. Notre vie chrétienne nous engage à les prendre tous au sérieux et à en vivre. Ce n’est donc pas évangélique de choisir ceux qui nous arrangent ou qui nous semblent plus simples : je veux le baptême, mais je ne veux pas la confirmation… Je veux me mariage, mais je ne veux pas communier… Je veux communier, mais je ne veux pas me confesser… et pour beaucoup, je suis chrétien, mais pas engagé, je crois en Dieu, mais je ne vais pas à la messe.

Chers amis, la vie de foi à laquelle à laquelle nous avons souscrit nous engage à une logique de vie qui nous donne le courage d’aller au Christ avec tout ce que nous sommes en nous engageant totalement à vivre toutes les exigences de notre foi et accueillir toutes les grâces que le Seigneur nous donne à chaque instant de notre existence.

Je voudrais féliciter nos frères et sœurs qui se sont inscrits pour vivre le sacrement des malades au cœur de cette célébration. Ce sacrement que nous voyons souvent avec beaucoup de honte ou d’appréhension doit être plutôt accueilli avec joie et sérénité. Dans ce sacrement, c’est le Christ vient vers le malade pour l’apaiser, lui rendre confiance, lui pardonner ses faiblesses et le fortifier ainsi moralement face à la maladie. Le sacrement des malades s’inscrit dans la ligne de la pastorale du Christ qui vient au secours du malade pour le relever de sa misère comme nous l’avons vu dans l’Évangile de ce jour face au lépreux. Toutefois, le sacrement n’est donc pas une magie. Il ne nous dispense aucunement des soins hospitaliers. Ce n’est pas non plus une formalité ou une mise en scène. Il faut y croire ! Virtus in medio stat. A tous ceux qui se sentent faibles et s’approchent du Christ pour recevoir son secours, à tous ceux qui souffrent d’une manière ou d’une autre et qui ont parfois peur d’approcher le Christ, à nous tous qui avons constamment besoin de la grâce sanante et sanctifiante de Dieu, demandons au Seigneur de pencher vers nous son oreille attentive pour nous tendre sa main secourable.

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