Homélie du dimanche 18 octobre 2020 - Dimanche de la semaine missionnaire Enregistrer au format PDF

Pordic (départ de Sr Jeanne et Sr Annick)
Mardi 20 octobre 2020

Frères et sœurs,

Ce dimanche, notre regard se porte davantage sur la mission que le Christ nous confie, chez nous et aussi dans les différents lieux du monde. M’appuyant sur les textes que la liturgie nous propose, je désire retenir deux idées pour soutenir notre méditation et ouvrir des chemins nouveaux pour la Mission.

Tout d’abord, dans la 1re lecture, le prophète Isaïe met dans la bouche de Dieu, la parole suivante : « Je t’ai appelé par ton nom. » (Is 45) Oui, dans toute histoire de croyant, c’est Dieu qui nous appelle en premier et porte sur nous un regard bienveillant pour nous donner de croire en Lui, pour nous donner de croire en nous, afin de mettre nos charismes, nos dons au service du plus grand nombre. Comme chrétien, de par notre baptême, nous sommes appelés par Dieu le Père à participer à la mission de Jésus son Fils. Il ne s’agit pas d’entrer dans une démarche de prosélytisme et de volonté de convertir toute personne que je rencontre. Il s’agit d’abord de se laisser soi-même, convertir, évangéliser, par la Parole de Dieu pour que je devienne, un peu plus jusqu’à jour un disciple du Christ et un missionnaire de la Bonne Nouvelle. Or, la mission se vit dans un peuple, dans une société donnée, dans une culture. Elle n’est pas ma propriété. Elle est ma contribution au service de la Mission de Jésus qui continue d’annoncer l’Evangile, qui continue de se faire proche des petits, des fragiles, des souffrants, qui continue d’enseigner la loi d’amour, qui continue de nous éduquer à la prière personnelle et communautaire. Sr Jeanne et Sr Annick, en répondant à l’appel du Christ, à vivre votre baptême dans la vie religieuse au sein de la congrégation des sœurs de la Providence de Ruillé sur Loir, vous avez accepté de suivre le Christ dans une vie de détachement et de simplicité, en vous consacrant à l’éducation et à tisser des relations de proximité avec vos semblables. Chacune, en fonction de vos charismes, de vos centres d’intérêt, vous avez poursuivi cette mission, ici à Pordic, durant 20 ans pour toi, Jeanne, durant 10 ans pour toi Annick. Vous avez pu tisser des relations interpersonnelles et de proximité pour faire reculer la solitude, pour prendre soin de ceux qui vivent des situations de détresse, de précarité. La présence d’une communauté religieuse au sein d’une paroisse, au sein d’une commune, est aussi témoin de la présence discrète et agissante de Dieu au cœur du monde et l’occasion de nous rappeler qu’au cœur de toutes nos actions, la place du centre doit être donnée à Celui qui, chaque jour, nous ouvre un chemin de résurrection et d’espérance. Merci d’avoir été une présence de fraternité.
Dans l’évangile, les chefs religieux souhaitent piéger Jésus et trouver un motif de l’éliminer. Et Jésus répond à cette controverse par cet adage que nous connaissons bien : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu. »
Par sa réponse, Jésus remet à sa juste place ce qui est de l’ordre du temporel et ce qui est de l’ordre du spirituel. En effet, il y a ce qui relève du pouvoir politique et ce qui relève de la vie intérieure qui est liée au respect des convictions et de la conscience de chacun. Dans ce monde, où la tentation de l’obscurantisme, du fondamentalisme et de l’extrémisme voudrait prendre le pas sur la liberté d’opinions, d’expression, de convictions, nous devons surtout veiller à ce que la mission du temporel et celle du spirituel ne soit pas en opposition, mais s’inscrit dans un dialogue constructif au service du Bien Commun et dans une réelle attitude de fraternité. Le pape François, évoquant la crise que nous vivons, écrit, notamment, dans son message pour ce dimanche de la Mission : « Comprendre ce que Dieu est en train de nous dire en ce temps de pandémie devient aussi un défi pour la mission de l’Eglise. La maladie, la souffrance, la peur, l’isolement nous interpellent. La pauvreté de qui meurt seul, de qui est abandonné à lui-même, de qui perd son travail et son salaire, de qui n’a pas de maison et de nourriture nous interroge. Obligés à la distance physique et à rester à la maison, nous sommes invités à redécouvrir que nous avons besoin de relations sociales, et aussi de la relation communautaire avec Dieu. Loin d’augmenter la méfiance et l’indifférence, cette condition devrait nous rendre plus attentifs à notre façon d’entretenir nos relations avec les autres. Et la prière, par laquelle Dieu touche et meut notre cœur, nous ouvre aux besoins d’amour, de dignité et de liberté de nos frères, de même qu’au soin de toute la création. » (Message pour le dimanche de la mission, du 31 mai 2020)

Frères et sœurs,
En ce dimanche (et avec Sr Jeanne et Sr Annick), rendons grâce à Dieu dans la prière de l’Eucharistie pour les merveilles qu’Il accomplit en chacun, en chacune, de nous et pour son appel à être de ces « disciples-missionnaires » qui soient des Prophètes de la Vie, de l’Amour, pour notre temps. « Seigneur, chaque jour tu nous conduis, Tu nous soutiens, toi l’Emmanuel, Dieu avec nous. Quelle joie quand tu nous bénis ! Tous ensemble, marchons vers le Royaume »