Homélie du dimanche du Saint-Sacrement Enregistrer au format PDF

Eglise Saint Kê de Saint Quay Portrieux
Jeudi 7 juin 2018 — Dernier ajout mardi 5 juin 2018

Un jour, un homme de 78 ans pique une crise. On le transporte dans un hôpital aux urgences. Il est reçu rapidement. Après 24 heures de prises d’oxygène, il se retrouvait parfaitement rétabli. On lui remet alors la facture de l’hospitalisation et des soins : 50 euros. Le monsieur regarde la facture et tombe en sanglots. Tous les visiteurs s’étonnent, certains se proposent même de l’aider à régler la facture. Mais d’une voix ferme et posée, il s’explique : « Cinquante euros, ce n’est pas trop pour moi. Je peux les dépenser dans un bar. Mais ce qui me fait pleurer, c’est que pour m’avoir donné de l’oxygène pendant une journée, je dois payer 50 euros. Mon angoisse c’est combien d’euros devrais-je alors payer à celui qui, depuis 78 ans me fait respirer de l’oxygène tous les jours ? que je m’assois ou que je me lève, que je dorme ou que je sois éveillé ? »

Chers amis, en cette fête du saint Sacrement, c’est la réelle question que je me pose alors. Combien devons-nous payer pour tout ce que nous recevons de celui qui nous donne la vie, de celui qui nous donne l’oxygène, la lumière, le soleil, l’eau … Aujourd’hui, nous célébrons le corps et le sang du Christ. Dieu ne nous donne pas que de l’oxygène, il ne nous donne pas notre vie. Il nous donne sa propre vie à lui. Combien allons-nous alors payer ? Nous répondrons évidemment que c’est gratuit. Et c’est vrai. Le Christ nous donnant son corps et sang, le fait dans un geste gratuit. Mais je crois que même à un don gratuit, il est conseillé de dire au moins merci. Quel mot de merci avons-nous alors à dire à Jésus qui s’offre pour nous, qui donne son corps et son sang ?

Je crois que la première reconnaissance que nous avons vis-à-vis de lui, c’est d’abord la foi. C’est de croire que dans ce bout de pain et dans cette goûte de vin, le Christ est réellement présent et actuel. Chaque fois que l’Eucharistie est célébrée, c’est l’événement de la veille de la passion tel que décris dans l’évangile que nous reprenons. Tout à l’heure, nous allons encore le reprendre : prenez et mangez, ceci est mon corps, prenez et buvez ceci est mon sang.

La deuxième reconnaissance, c’est que nous ayons vis-à-vis de ce corps et de sang un minimum de respect, un minimum de considération. Je suis souvent « écœuré » devant des gens qui s’avançant pour communier « arrache » l’hostie consacrée de la main du prêtre comme si c’était un simple biscuit du super U. C’est quand même le corps du Christ ! Dans l’ancienne alliance, le peuple de Dieu offrait continuellement en sacrifice le sang des animaux pour implorer la bénédiction de Dieu. Avec le Christ, ce n’est plus le sang des animaux, c’est le sang de l’homme, et bien plus, c’est le sang du Christ, le sang de Dieu. Nous avons vu tout le rituel décrit pour offrir ce sacrifice de sang des animaux. Pour nous aujourd’hui, en approchant pour communier au corps du Christ, on ne nous demandera certainement pas de nous rouler par terre, même s’il mérite bien plus ! Mais on nous demande quand même d’avoir pour le Corps sacré du Christ, un respect, une considération, une adoration. On nous demande de nous préparer intérieurement et extérieurement pour aller à la rencontre de celui qui se donne à nous. Je profite pour féliciter les quelques âmes qui viennent adorer le très saint-Sacrement dans cette église de Saint-Quay une fois par mois. Je félicite aussi ceux qui se donnent de la peine et de la joie à entretenir les lieux saints, les chapelles, les églises, les oratoires, les grottes …, lieu de présence par excellence du Christ, je félicite tous les fidèles qui n’hésitent pas à faire un tour une fois en passant pour dire bonjour à Jésus, réellement présent dans l’Eucharistie au tabernacle. La prière, l’adoration, le service, c’est l’âme du chrétien.

La troisième reconnaissance au Christ pour le don eucharistique qu’il nous fait, c’est de devenir ce que nous avons reçu. Le corps du Christ que nous recevons ne peut plus être extérieur à nous. Il doit pouvoir nous transformer et nous rendre agréable, simples, gentils, attentifs aux autres. Communier au Corps du Christ, c’est vivre en communion avec les autres, c’est avoir un esprit de communauté.

Chers amis, qui allez tout à l’heure être baptisé et communier au corps Christ. Soyez heureux d’être les invités à ce repas éternel. J’imagine que vous attendiez ce moment comme un veilleur attend l’aurore. J’ai lu les lettres de demandes que vous avez faites. Vous y avez montré clairement votre vif désir et votre conviction de recevoir en vous, non pas l’hostie, mais le corps du Christ. Quand vous approcherez tout à l’heure, en vous montrant le saint Sacrement, le ministre vous dira le corps du Christ, et vous répondrez Amen. Amen signifie : « je crois, je crois que c’est Jésus qui est effectivement présent dans cette hostie, je crois que c’est lui qui rentre en moi. Je crois que dès à présent, je suis lié à lui à jamais. Je crois et je me donne à lui toute la vie. » Que ne s’éteignent jamais en vous cette flamme de foi et de vie pour vous-mêmes, pour vos parents, vos amis et pour nous si nombreux rassemblés dans cette église pour honorer le Corps et le Sang du Christ.

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