Homélie pour la fête de Ste Anne - St Quay-Portrieux Enregistrer au format PDF

Vendredi 26 juillet 2019 - (Ben Sirac le Sage 44 et Mt 13)
Samedi 27 juillet 2019

Frères et sœurs,

Deux idées retiennent mon attention ce soir pour soutenir notre prière en cette fête du pardon de Ste Anne, la mère de Marie, la patronne de notre chère Bretagne.

Tout d’abord, cette idée de faire l’éloge de nos ancêtres comme le souligne le sage de la Bible.
Faire l’éloge !
Faire l’éloge d’une personne peut avoir quelques fois des accents d’encensement. Mais est-ce la vérité, la qualité, la profondeur de l’être même de la personne qui sont mis en valeur ? En effet, nous pouvons entrer dans une dynamique que va jusqu’à faire l’éloge d’une personne jusqu’à une certaine grandiloquence.
Or, lorsque les croyants de la Bible font l’éloge de leurs ancêtres, ils situent cet éloge en fonction de leur foi au Dieu unique, au Dieu de l’alliance. Ainsi, cet éloge devient un acte d’humilité pour souligner comment dans la simplicité du quotidien, ces hommes et ces femmes de Dieu ont recherché à faire la volonté de Dieu, à entrer dans le projet de Dieu. Ainsi, Sainte Anne et son époux Joachim s’inscrivent dans cette lignée de croyants qui ont permis que notre Dieu vienne nous visiter, nous rencontrer, en prenant notre chair humaine, en nous donnant son Fils Jésus, né de la Vierge Marie. Faire l’éloge aujourd’hui des personnes qui comptent, qui ont compté dans notre vie, dans notre éducation, c’est reconnaître en ces personnes la grandeur des valeurs qui les animent et qu’elles nous transmettent, c’est reconnaître la confiance qui leur permet d’avancer sereinement dans la vie, c’est mesurer la qualité de l’être, du service, de l’ouverture aux autres et renoncer à ce qui va dans le sens de l’avoir, de la possession, du pouvoir, de l’égoïsme.

Dans l’évangile, le Christ Jésus nous invite à mesurer la joie que les prophètes, le peuple hébreu, attendaient, lorsqu’ils étaient dans l’annonce de la venue du Messie, du Sauveur. Cette joie est aussi celle de Ste Anne lorsqu’elle découvre que Marie, sa fille, a été choisie par Dieu pour donner au monde le Sauveur tant attendu. Cette joie est celle de Marie qui la partage avec sa cousine Elisabeth et qu’elle exprime par son chant du Magnificat. Cette joie est aussi celle des personnes que le Christ rencontre sur les routes et les chemins de Galilée et qui devient une source de libération, une source de bonheur, un élan d’espérance.
C’est cette même joie que le Christ nous offre aujourd’hui en nous invitant à mettre nos pas dans les siens, et dans ceux de sa famille humaine, pour que nous puissions témoigner, dans ce monde quelque peu désemparé, de ce Dieu de la Vie qui désire unifier nos vies, y donner sens, et nous inscrire sur un chemin de sainteté. Or, comme le dit le Pape François dans son exhortation sur la sainteté : « la sainteté n’est rien d’autre que la charité pleinement vécue. » (n°21) et il ajoute : « Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même ». (n°11)

Frères et sœurs,

A l’intercession de Sainte Anne, mère de Marie, à l’intercession de Marie, mère de Jésus le Sauveur, portons ce soir dans notre prière tous ceux et celles qui nous ont marqués sur le chemin de l’existence et ceux et celles qui sont pour nous des éducateurs de vie et de foi, rendons grâce aussi dans la prière de l’Eucharistie, pour toutes les rencontres et les joies vécues et partagées durant cette période estivale, qui nous permettent de donner du temps au temps, qui nous permettent de mieux nous apprécier et de faire œuvre de vérité, de respect, de bienveillance.

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